Vitamine B5 (acide pantothénique) : bienfaits, peau, cheveux, acné et dosage (le guide complet 2026)

De Nutrition pro
Vitamine B5 (acide pantothénique) : bienfaits, peau, cheveux, acné et dosage (le guide complet 2026)
L'équipe Nutrition•pro
Mis à jour en août 2026
12 sources scientifiques vérifiées

La vitamine B5 porte son destin dans son nom. Acide pantothénique, du grec pantothen, « de partout » : elle est présente dans presque tous les aliments, l'intestin en fabrique, et la carence isolée n'existe pratiquement pas chez l'humain. Un scientifique pourrait s'arrêter là et conclure que le sujet est clos. Sauf que cette vitamine dont personne ne manque est aussi l'une des plus vendues, sous un autre nom : le panthénol, ingrédient star des crèmes réparatrices depuis soixante-dix ans et des shampooings depuis presque autant. Le paradoxe mérite d'être démêlé, parce qu'il contient une leçon qui vaut pour beaucoup de nutriments : ce qu'une molécule fait appliquée sur la peau et ce qu'elle fait avalée sont deux questions différentes.

Ce guide fait le tour : ce qu'est l'acide pantothénique et pourquoi tout passe par le coenzyme A, ce qu'il fait selon les allégations reconnues, combien il en faut, où le trouver, à quoi ressemblait la seule carence jamais décrite chez l'homme, ce que le panthénol apporte réellement à la peau, ce que vaut le seul essai sur l'acné, d'où vient le mythe des cheveux, ce que la pantéthine change au cholestérol, pourquoi on l'appelle « vitamine anti-stress », et enfin un point utile sur les fausses vitamines B qui circulent (B4, B10, B15, B17). Il complète notre dossier sur les vitamines B et nos guides de la vitamine B3, de la biotine et de la vitamine B2.

Complexe Vitamines B Nutrition•pro, 30 gélules, les 8 vitamines B dont l'acide pantothénique (vitamine B5) à 50 mg
★ Vitamine B5 : 50 mg par gélule
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La vitamine B5 fabrique le coenzyme A, plaque tournante du métabolisme des sucres et des graisses. Elle n'agit qu'entourée des sept autres vitamines du groupe, réunies ici en formes actives dans une gélule végétale quotidienne fabriquée en France.

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En bref

L'acide pantothénique sert à fabriquer le coenzyme A, la molécule qui transporte les groupements acétyle dans presque toutes les voies du métabolisme : combustion des sucres et des graisses, fabrication du cholestérol donc des hormones stéroïdiennes et de la vitamine D, synthèse de l'acétylcholine. Le besoin est de 5 mg par jour, et l'alimentation courante en apporte 4 à 7 sans effort : la carence isolée est pratiquement inexistante, le seul tableau documenté étant le syndrome des pieds brûlants observé chez des prisonniers de guerre dénutris. Aucune limite de sécurité n'a été fixée, la tolérance étant excellente. Sur la peau, le dexpanthénol appliqué localement a de vraies données : hydratation, réparation de la barrière, cicatrisation, apaisement des irritations. Par voie orale, un seul essai randomisé de petite taille soutient un effet sur l'acné légère à modérée, et rien ne soutient l'effet sur les cheveux, qui vient des shampooings au panthénol. La pantéthine, un dérivé à dose élevée, abaisse modestement le LDL dans deux essais financés par son fabricant. Pour un apport quotidien, un complexe B suffit largement.

« De partout »
Sens du grec pantothen, à l'origine de son nom : elle est dans presque tous les aliments
5mg / jour
Apport satisfaisant chez l'adulte, couvert par l'alimentation courante
70ans
D'utilisation du dexpanthénol en dermatologie, l'un des actifs les mieux documentés
1
Seul essai randomisé publié sur l'acné, sur 41 participants évaluables

1. Acide pantothénique, coenzyme A, panthénol

À retenir
La vitamine B5 n'a qu'un seul rôle, mais il est central : fabriquer le coenzyme A, la molécule qui manipule les groupements acétyle dans tout le métabolisme. Le panthénol est sa version alcoolique, stable et pénétrante, utilisée en cosmétique.

Isolé en 1933 par Roger Williams à partir de levure, l'acide pantothénique a reçu son nom du grec pantothen, « de partout », parce que le chercheur le trouvait dans absolument tous les tissus qu'il analysait. Sa structure est simple : un acide relié à un dérivé d'acide aminé, la bêta-alanine. Sa fonction, elle, est tout sauf mineure : elle est le point de départ obligatoire de la synthèse du coenzyme A, souvent abrégé CoA.

Ce coenzyme est probablement la molécule la plus sollicitée du métabolisme après l'ATP. Sous forme d'acétyl-CoA, il constitue le carrefour où convergent la dégradation des sucres, des graisses et de certains acides aminés, avant l'entrée dans le cycle de Krebs qui produit l'énergie. Il alimente aussi les voies de construction : la synthèse des acides gras, celle du cholestérol et donc de tout ce qui en dérive (hormones stéroïdiennes, vitamine D, sels biliaires), et celle de l'acétylcholine, neurotransmetteur de la mémoire et de la commande musculaire. Il intervient enfin dans l'acétylation des protéines, un mécanisme de régulation qui touche jusqu'à l'expression des gènes. Une autre partie de la vitamine sert à fabriquer la protéine porteuse d'acyle, indispensable à la construction des acides gras.

La cosmétique, elle, n'utilise pas l'acide pantothénique mais le dexpanthénol, aussi appelé provitamine B5 ou panthénol : la même molécule dont la fonction acide a été remplacée par un alcool. Ce petit changement rend le composé plus stable, moins irritant et surtout capable de traverser la couche cornée, où il se retransforme en acide pantothénique. C'est cette version que vous trouvez dans les pommades réparatrices, les crèmes apaisantes et les soins capillaires, et dont nous verrons les données en section 6.

2. À quoi sert la vitamine B5 ? Les allégations reconnues par l'EFSA

À retenir
Cinq allégations autorisées, dont une exclusive et souvent mal comprise : la synthèse des hormones stéroïdiennes, de la vitamine D et de certains neurotransmetteurs. C'est de là que vient l'étiquette de « vitamine anti-stress », qui va bien au-delà de ce que dit l'allégation.

Le règlement européen n° 432/2012 autorise cinq allégations pour l'acide pantothénique, à condition que le produit en apporte au moins 15 % de la VNR (0,9 mg) par portion. La vitamine B5 contribue :

  • à un métabolisme énergétique normal ;
  • à la synthèse et au métabolisme normal des hormones stéroïdiennes, de la vitamine D et de certains neurotransmetteurs ;
  • à des performances intellectuelles normales ;
  • à réduire la fatigue ;
  • au métabolisme énergétique normal dans le cadre des formulations combinées.

La deuxième mérite un mot, parce qu'elle est unique dans toute la liste européenne. Elle traduit le fait que le coenzyme A est indispensable à la fabrication du cholestérol, matière première des hormones stéroïdiennes (cortisol, œstrogènes, testostérone, aldostérone) et de la vitamine D, ainsi qu'à celle de l'acétylcholine. C'est une allégation de possibilité, pas de puissance : sans B5, ces synthèses ne se font pas ; avec plus de B5 que nécessaire, elles ne se font pas mieux. Toute la section 10 découle de cette nuance.

Ce que la vitamine B5 ne fait pas

Elle ne fait pas pousser les cheveux : l'effet du panthénol capillaire est un lissage de surface obtenu par les shampooings, pas une action sur le follicule (section 8). Elle ne booste pas les surrénales ni ne « recharge » les glandes fatiguées, une notion qui n'existe pas en médecine. Elle ne fait pas baisser le cholestérol à dose nutritionnelle : c'est la pantéthine, un dérivé à dose bien supérieure, qui a été étudiée (section 9). Et elle ne guérit pas l'acné : un essai unique de petite taille ne fait pas une preuve.

3. Combien de vitamine B5 par jour ?

À retenir
5 mg par jour chez l'adulte, 7 mg pendant l'allaitement. VNR d'étiquetage : 6 mg. Aucune limite de sécurité, aucune toxicité connue. L'alimentation courante en apporte 4 à 7 mg, ce qui rend la supplémentation isolée rarement nécessaire.
Profil Apport satisfaisant (mg par jour) Source
Nourrissons de 7 à 11 mois 3 EFSA
Enfants de 1 à 10 ans 4 EFSA
Adolescents et adultes 5 ANSES, EFSA
Femmes enceintes 5 ANSES, EFSA
Femmes allaitantes 7 ANSES, EFSA
VNR d'étiquetage 6 Règlement UE n° 1169/2011
Limite supérieure de sécurité Non établie EFSA

Comme pour la biotine, les besoins sont exprimés en « apport satisfaisant » plutôt qu'en référence nutritionnelle, faute de données permettant de fixer un besoin moyen précis : la valeur retenue correspond à ce que consomment des populations en bonne santé. Les enquêtes alimentaires européennes situent les apports moyens entre 4 et 7 mg par jour chez l'adulte, c'est-à-dire autour ou au-dessus de la cible.

L'absence de limite de sécurité repose sur une innocuité remarquable. Des doses de plusieurs grammes par jour ont été administrées dans des essais, notamment sur l'acné et le cholestérol, sans effet notable hormis des troubles digestifs légers et parfois des diarrhées à très forte dose. Le pantothénate de calcium, forme utilisée dans les compléments, est stable et bien absorbé. Cela dit, absence de danger ne veut pas dire présence d'intérêt : au-delà du besoin, rien n'indique qu'un supplément change quoi que ce soit chez une personne bien nourrie.

4. Les aliments riches en vitamine B5

À retenir
Foie, levure, champignons (surtout le shiitake), jaune d'œuf, graines de tournesol, avocat, poulet, légumineuses, céréales complètes. Aucun aliment n'en est spectaculairement riche, mais tous en contiennent un peu : c'est la stratégie inverse de la B12.
Aliment Teneur (mg pour 100 g) Repère
Foie (veau, volaille) 6 à 8 Une portion couvre plus d'une journée ; à limiter en grossesse
Levure alimentaire 3 à 12 Selon les marques et l'enrichissement
Champignons shiitake séchés 20 (secs), 1,5 (frais) La meilleure source végétale, très concentrée à l'état sec
Graines de tournesol 1,1 à 7 Une poignée de 30 g : 0,3 à 2 mg selon les analyses
Jaune d'œuf 3 à 4 Deux œufs : environ 1 mg
Avocat 1,4 Un demi-avocat : environ 1 mg, l'un des fruits les plus riches
Poulet, dinde, poissons 0,8 à 1,3 Une portion de 150 g : 1,2 à 2 mg
Légumineuses, patate douce, brocoli 0,3 à 0,8 Contributions modestes mais quotidiennes
Céréales complètes, lait, yaourt 0,3 à 0,8 Le raffinage des céréales retire environ la moitié de la vitamine

Ordres de grandeur d'après les tables de composition (Ciqual, USDA) ; les écarts entre sources sont importants pour cette vitamine, dont le dosage est délicat.

La logique de la B5 est l'inverse de celle de la vitamine B12, concentrée dans quelques aliments d'origine animale : ici, presque tout en contient un peu, et le total se fait sans y penser. Un régime végétalien varié couvre le besoin sans difficulté, contrairement à ce qui se passe pour la B12 ou la riboflavine.

Deux facteurs réduisent tout de même les apports. Le raffinage retire environ la moitié de la vitamine des céréales, avec le son et le germe. Et la transformation industrielle pèse plus lourd qu'on ne croit : la vitamine B5 est sensible à la chaleur prolongée, à la congélation-décongélation et aux milieux acides ou alcalins, avec des pertes de 30 à 50 % pour les conserves, les plats préparés et les cuissons longues. Une alimentation majoritairement industrielle apporte donc nettement moins de B5 que ne le suggèrent les tables, sans que cela suffise à créer une carence.

5. Le syndrome des pieds brûlants : la seule carence connue

À retenir
Une carence isolée n'a jamais été observée en dehors de la dénutrition extrême et d'expériences volontaires. Le seul tableau documenté, décrit chez des prisonniers de guerre en Asie, associe des brûlures des pieds insupportables qui cèdent à l'acide pantothénique et à lui seul.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des médecins constatent chez des prisonniers de guerre détenus en Asie du Sud-Est un syndrome étrange : des brûlures intenses des pieds, avec fourmillements et douleurs lancinantes qui empêchent de marcher et de dormir, chez des hommes gravement dénutris. Les autres vitamines B ne changent rien. L'acide pantothénique, lui, fait céder les symptômes. Ce syndrome des pieds brûlants reste, quatre-vingts ans plus tard, la seule manifestation clairement attribuée à un manque de vitamine B5 chez l'humain.

Les chercheurs ont ensuite confirmé le tableau par des expériences délibérées, en administrant à des volontaires un régime dépourvu de B5 ou un antagoniste de la vitamine. Les symptômes observés ont été : fatigue intense, maux de tête, troubles du sommeil, irritabilité, apathie, nausées, crampes abdominales, engourdissements et brûlures des extrémités, et une réponse anormale au stress. Rien de spécifique, sauf les pieds.

En pratique clinique aujourd'hui, la carence en B5 ne se rencontre que dans des contextes de dénutrition majeure, et jamais seule : elle accompagne alors les carences en thiamine, en niacine et en autres micronutriments, dans les situations d'alcoolisme sévère, d'anorexie, de malabsorption ou de nutrition artificielle sans supplémentation. Le dosage sanguin ou urinaire existe mais n'est ni standardisé ni disponible en routine, ce qui explique qu'on le pratique presque uniquement en recherche.

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Information santé. Des brûlures ou des fourmillements persistants des pieds ont, en France, des causes bien plus fréquentes qu'une carence en vitamine B5 : diabète, carence en vitamine B12, excès de vitamine B6, alcool, thyroïde, compression nerveuse. Ce symptôme justifie une consultation et un bilan, pas une supplémentation à l'aveugle.

6. Panthénol et peau : ce qui est vraiment prouvé

À retenir
Appliqué localement, le dexpanthénol hydrate la couche cornée, réduit la perte en eau, apaise les irritations, accélère la réparation de l'épiderme et calme les démangeaisons. Soixante-dix ans d'usage, des essais contrôlés, une tolérance excellente : c'est l'un des rares actifs cosmétiques avec de vraies données.

Le dexpanthénol est arrivé en dermatologie en 1944, dans une pommade dont le nom est devenu générique dans plusieurs pays européens. Sa logique est simple : l'acide pantothénique est indispensable au renouvellement de l'épiderme, mais il pénètre mal ; sa version alcoolique, elle, traverse la couche cornée et se retransforme en vitamine une fois à l'intérieur. Le résultat est une concentration locale élevée là où elle sert.

Revue des mécanismes et des essais cliniques 2002

Le dexpanthénol topique agit comme un hydratant : il améliore l'hydratation de la couche cornée, réduit la perte insensible en eau et maintient la souplesse et l'élasticité de la peau. Une activation de la prolifération des fibroblastes, importante dans la cicatrisation, a été observée in vitro comme in vivo, ainsi qu'une accélération de la réépithélialisation. Un effet anti-inflammatoire a été montré sur l'érythème expérimental induit par les ultraviolets. Dans des essais cliniques en double aveugle contre placebo, les plaies épidermiques traitées par une émulsion de dexpanthénol ont montré une réduction de l'érythème et une régénération tissulaire plus élastique et plus solide. Dans un modèle d'irritation, un prétraitement par une crème au dexpanthénol a significativement limité l'atteinte de la barrière cornée. Les soins adjuvants au dexpanthénol ont nettement amélioré les symptômes d'irritation cutanée, sécheresse, rugosité, desquamation, prurit, érythème et fissures, sur trois à quatre semaines.

Ebner F, Heller A, Rippke F, Tausch I. Am J Clin Dermatol 2002;3(6):427-433. DOI : 10.2165/00128071-200203060-00005 ; Proksch E, de Bony R, Trapp S, Boudon S. J Dermatolog Treat 2017;28(8):766-773. DOI : 10.1080/09546634.2017.1325310

Les usages où le dexpanthénol a le plus de sens sont ceux où la barrière cutanée est abîmée : peaux sèches et rugueuses, irritations, rougeurs après une exposition ou un traitement agressif, zones frottées ou macérées, suites de petits soins, lèvres gercées, mamelons irrités de l'allaitement, dermatite atopique en soin d'appoint entre les poussées. Deux nuances honnêtes : c'est un réparateur et un apaisant, pas un anti-âge ni un dépigmentant, et une part des travaux disponibles émane du fabricant historique de la pommade, ce qui invite à lire les conclusions les plus enthousiastes avec réserve. Cela ne remet pas en cause l'essentiel, confirmé par des décennies d'usage : ça marche, c'est sûr, et c'est peu cher.

La comparaison avec les autres vitamines B de la peau est instructive. Le niacinamide agit sur la pigmentation, le sébum et les ridules ; le dexpanthénol sur la barrière, la réparation et l'apaisement. Les deux se complètent bien et se retrouvent souvent dans les mêmes formules. Aucun des deux ne remplace une protection solaire, et aucun des deux ne s'avale pour agir sur la peau.

7. Vitamine B5 et acné : que vaut le seul essai publié ?

À retenir
Un essai randomisé en double aveugle contre placebo, positif sur douze semaines, avec 41 participants évaluables et un financement industriel. C'est un signal, pas une preuve. Pour l'acné, le zinc et l'avis dermatologique passent devant.

L'idée d'utiliser l'acide pantothénique contre l'acné vient d'une hypothèse formulée dans les années 1990 : le coenzyme A étant nécessaire à la dégradation des acides gras, un déficit relatif entraînerait leur accumulation et donc une production accrue de sébum. La théorie est séduisante mais n'a jamais été démontrée, et elle a longtemps servi à justifier des doses de plusieurs grammes par jour, sans le moindre essai contrôlé. Puis, en 2014, un essai a été publié.

Essai randomisé en double aveugle contre placebo, 2014

Quarante-huit adultes présentant une acné vulgaire légère à modérée ont été répartis par tirage au sort entre un complément à base d'acide pantothénique et un placebo pendant douze semaines ; 41 étaient évaluables. Le groupe traité a montré une réduction moyenne significative du nombre total de lésions par rapport au placebo à la douzième semaine, ainsi qu'une réduction significative des lésions inflammatoires et un score de qualité de vie dermatologique plus favorable. Le produit étudié était sûr et bien toléré. Les auteurs concluent que d'autres essais randomisés contrôlés contre placebo sont justifiés.

Yang M, Moclair B, Hatcher V, et al. Dermatol Ther (Heidelb) 2014;4(1):93-101. DOI : 10.1007/s13555-014-0052-3

Ce résultat mérite d'être connu, et il mérite aussi d'être lu avec précision. Quarante et un participants évaluables, c'est peu : à cette taille, une différence peut apparaître ou disparaître selon les hasards du recrutement. La durée de douze semaines est correcte pour l'acné mais courte pour juger d'une stratégie de fond. Le produit testé n'était pas de l'acide pantothénique seul mais un complément à base de cette vitamine, ce qui ne permet pas d'attribuer l'effet à la seule B5. L'étude a été conduite et financée par le fabricant du produit. Et surtout, douze ans plus tard, elle n'a toujours pas été reproduite par une équipe indépendante, alors qu'un essai positif sur un sujet aussi commercial attire habituellement les réplications.

Que faire de cela ? Si vous avez une acné légère et que vous souhaitez essayer, le rapport bénéfice-risque est favorable : la vitamine est inoffensive, le coût est faible, et vous saurez en trois mois. Mais ne le faites pas à la place d'une prise en charge : l'acné inflammatoire qui laisse des cicatrices se traite, et le zinc, dont plusieurs essais soutiennent l'effet sur les lésions inflammatoires, a un dossier plus solide, tout comme les traitements locaux et généraux que prescrit un dermatologue. Notre Zinc apporte 14 mg de zinc élément sous forme de gluconate, avec de la vitamine B6.

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Information santé. Une acné inflammatoire, kystique, étendue ou qui laisse des marques justifie un avis dermatologique : les traitements existants évitent des cicatrices définitives, et aucun complément alimentaire ne peut revendiquer de traiter l'acné. Les doses de plusieurs grammes d'acide pantothénique parfois conseillées sur internet n'ont pas été validées et n'ont aucun cadre réglementaire.

8. Cheveux : d'où vient le mythe du panthénol

À retenir
Le panthénol des shampooings se dépose sur la fibre, la lisse, la fait briller et réduit la casse en surface : c'est un effet cosmétique réel, local et temporaire. Aucune étude ne montre qu'avaler de la vitamine B5 fasse pousser ou repousser les cheveux.

Depuis les années 1940, le panthénol est l'un des ingrédients les plus utilisés en cosmétique capillaire, à tel point que des marques entières ont bâti leur communication dessus. Ce qu'il fait est documenté et n'a rien de mystérieux : molécule humectante et de petite taille, il pénètre légèrement dans la cuticule, retient l'eau, gaine la fibre, augmente sa souplesse, réduit les frottements et donc la casse mécanique, et améliore la brillance. Un cheveu traité paraît plus épais et plus lisse. Tout cela est vrai, mesurable, et s'arrête au lavage suivant.

Le glissement s'est fait naturellement : puisque le panthénol « fait du bien aux cheveux », on a supposé qu'en avaler ferait mieux encore. C'est la même confusion que pour la biotine, à ceci près que la biotine a au moins une allégation européenne sur le maintien de cheveux normaux, quand la vitamine B5 n'en a aucune. Il n'existe aucun essai randomisé montrant qu'une supplémentation orale en acide pantothénique modifie la densité, le diamètre, la vitesse de pousse ou la chute des cheveux chez une personne non carencée. Les formules capillaires qui en contiennent l'associent d'ailleurs toujours à d'autres actifs, ce qui rend son rôle propre indémontrable.

Si vos cheveux tombent, la démarche utile est celle que nous détaillons dans notre article sur les actifs prouvés contre la chute : chercher une cause (ferritine, thyroïde, vitamine D, hormones, effluvium après un choc), la corriger, et assurer un apport nutritionnel complet en attendant. Notre Sublimateur® joue sur ce registre en réunissant dix-neuf vitamines et minéraux avec des acides aminés soufrés, du MSM, de la prêle et du bambou, plutôt que de miser sur une vitamine unique à forte dose.

Les 8 vitamines B, dose nutritionnelle
La vitamine B5 travaille avec les sept autres

50 mg d'acide pantothénique, la thiamine, la riboflavine, la niacine, le pyridoxal-5-phosphate, la biotine, le Quatrefolic® et la méthylcobalamine : le Complexe Vitamines B couvre le groupe entier en formes actives, dans une gélule végétale quotidienne fabriquée en France, sans allergène.

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9. Pantéthine et cholestérol : un dérivé à part

À retenir
La pantéthine n'est pas la vitamine B5 : c'est un dérivé plus proche du coenzyme A, utilisé à 600 à 900 mg par jour. Deux essais nord-américains montrent des baisses de LDL de 4 à 11 %, modestes mais réelles, avec un financement par le fabricant. La vitamine B5 d'un complexe, elle, n'a aucun effet sur le cholestérol.

La pantéthine est un intermédiaire situé entre l'acide pantothénique et le coenzyme A. Utilisée depuis les années 1980 au Japon et en Italie comme hypolipémiant, elle agirait en modulant l'activité des enzymes de la synthèse du cholestérol et des acides gras. Les premiers essais, menés chez des patients à haut risque, montraient des effets importants ; restait à savoir ce qu'il en était dans une population occidentale à risque plus modéré, sous alimentation contrôlée.

Deux essais randomisés en triple aveugle, 120 puis 32 participants

Dans le premier essai, 120 sujets nord-américains à risque cardiovasculaire faible à modéré, sous régime contrôlé pendant quatre semaines avant randomisation, ont reçu de la pantéthine (600 mg par jour de la semaine 1 à 8, puis 900 mg de la semaine 9 à 16) ou un placebo : la pantéthine a entraîné des réductions significatives et soutenues du cholestérol total (3 %), du LDL (4 %) et de l'apolipoprotéine B (5 %) par rapport au placebo. Dans le second essai, mené chez 32 sujets éligibles à une statine selon les recommandations américaines, la baisse du LDL atteignait 11 % par rapport aux valeurs de départ, avec une différence significative par rapport au placebo aux semaines 8 et 16, tandis que les participants sous placebo ne montraient aucune amélioration.

Rumberger JA, Napolitano J, Azumano I, Kamiya T, Evans M. Nutr Res 2011;31(8):608-615. DOI : 10.1016/j.nutres.2011.08.001 ; Evans M, Rumberger JA, Azumano I, et al. Vasc Health Risk Manag 2014;10:89-100. DOI : 10.2147/VHRM.S57116

Trois remarques pour situer ces résultats. Les effectifs sont petits, surtout dans le second essai, et les baisses obtenues dans le premier (4 à 6 mg/dL) sont d'une ampleur très inférieure à celle d'une statine, qui abaisse le LDL de 30 à 50 %. Les deux essais ont été financés par le fabricant japonais de la molécule, et plusieurs auteurs lui sont liés. Enfin, ce que ces travaux évaluent est la pantéthine à 600-900 mg, un produit spécifique, et non l'acide pantothénique d'un complexe de vitamines B à 5 ou 50 mg, qui n'a jamais montré le moindre effet lipidique.

Si le cholestérol est votre sujet, les leviers documentés sont ailleurs : alimentation, activité physique, et traitement prescrit quand il est indiqué. Notre article sur le cholestérol LDL élevé passe en revue les nutriments et plantes qui ont des données, et notre formule Cholisine s'appuie sur la levure de riz rouge, le guggul, l'ail et le policosanol, dans une logique d'accompagnement et non de traitement.

10. La « vitamine anti-stress » : ce qui est vrai

À retenir
Le coenzyme A permet de fabriquer le cortisol, et l'animal carencé a des surrénales abîmées : voilà toute la base de l'appellation. L'allégation européenne dit « contribue à la synthèse normale des hormones stéroïdiennes », pas « réduit le stress ». Aucun essai n'a montré d'effet chez une personne non carencée.

L'étiquette de « vitamine anti-stress » colle à la B5 depuis les années 1970, et elle repose sur un enchaînement logique qui n'est pas faux, seulement incomplet. Le coenzyme A est nécessaire à la fabrication du cholestérol ; le cholestérol est la matière première du cortisol, l'hormone que les glandes surrénales produisent en réponse au stress ; les surrénales sont d'ailleurs l'un des organes les plus riches en coenzyme A du corps ; et chez l'animal rendu carencé en B5, on observe une atteinte des surrénales avec baisse de la production hormonale. Conclusion apparente : la B5 « soutient les surrénales ».

Le problème est le saut logique final. Tout ce qui précède décrit une condition nécessaire : sans B5, pas de cortisol. Cela ne dit rien de ce qui se passe quand on en ajoute à quelqu'un qui n'en manque pas, et la réponse, comme pour la plupart des vitamines, est : rien. Aucun essai contrôlé n'a montré qu'une supplémentation en acide pantothénique réduise le stress ressenti, la fatigue ou les niveaux de cortisol chez une personne dont les apports sont normaux. L'allégation européenne est d'ailleurs formulée avec une prudence qui devrait alerter : « contribue à la synthèse et au métabolisme normal des hormones stéroïdiennes ». Normal, pas augmenté.

Un mot sur la « fatigue surrénalienne », concept très présent en ligne et souvent associé à la B5 : il ne correspond à aucune entité reconnue en endocrinologie. Les sociétés savantes ont examiné la question et n'ont trouvé aucune preuve qu'un épuisement des surrénales explique la fatigue chronique. Ce qui existe en revanche, c'est l'insuffisance surrénale, une maladie rare, grave et parfaitement diagnostiquable, qui se traite par hormones et non par vitamines. Si vous êtes épuisé, notre guide de la fatigue chronique détaille les causes à explorer en priorité, et les plantes adaptogènes comme l'ashwagandha ont, elles, des essais contrôlés sur le stress perçu.

11. Vitamines B4, B10, B15, B17 : le grand ménage

À retenir
Le groupe B compte huit vitamines : B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9, B12. Les numéros manquants correspondent à des molécules qu'on a crues vitamines à tort. Certaines sont utiles (choline, inositol), une est franchement dangereuse (B17).

La numérotation en trous du groupe B intrigue toujours : pourquoi passe-t-on de B3 à B5, de B6 à B8, de B9 à B12 ? Parce que les chimistes du début du XXe siècle numérotaient au fur et à mesure des découvertes, avant de s'apercevoir que certains composés n'étaient pas des vitamines : soit le corps sait les fabriquer, soit ils ne sont pas indispensables, soit ils correspondaient à une molécule déjà nommée. Ces numéros orphelins continuent pourtant de circuler dans le commerce.

Appellation De quoi s'agit-il Statut réel
Vitamine B4 Adénine, parfois la choline selon les sources Pas une vitamine : l'organisme fabrique l'adénine, composant de l'ADN et de l'ATP
Vitamine B7 Autre nom de la biotine dans les pays anglo-saxons Vraie vitamine, appelée B8 en France : voir notre guide de la biotine
Vitamine B10 Acide para-aminobenzoïque (PABA), présent dans certaines formules capillaires Pas une vitamine pour l'humain : c'est un précurseur des folates chez les bactéries. Sans besoin établi
Vitamine B11 Selon les sources, une forme de folate ou la carnitine Terme abandonné, source de confusion avec la vitamine B9
Vitamine B13, B14, B15, B16 Acide orotique, acide pangamique et divers composés Aucun statut vitaminique, aucun besoin démontré, promesses commerciales sans fondement
Vitamine B17 Amygdaline ou laetrile, extraite des noyaux d'abricot Ni vitamine ni traitement : libère du cyanure dans l'organisme, des intoxications graves ont été rapportées. À éviter absolument
Choline et inositol Composés apparentés, présents dans de nombreuses formules Utiles et parfois indispensables, mais pas des vitamines B au sens réglementaire ; la choline a une référence nutritionnelle propre

Deux de ces molécules méritent une nuance, parce qu'elles figurent dans des formules sérieuses : le PABA et l'inositol ne sont pas des vitamines, mais ce ne sont pas non plus des ingrédients fantaisistes. Le PABA a été étudié dans certaines fibroses cutanées et absorbe les ultraviolets, ce qui lui a valu un usage en écran solaire aujourd'hui abandonné pour cause d'allergies. L'inositol a des données réelles dans le syndrome des ovaires polykystiques. Les trouver dans un complément n'est donc pas un signal d'alarme ; ce qui doit alerter, c'est de les voir présentés comme des « vitamines B » avec un numéro à la clé.

12. Quand la voie du coenzyme A se casse

À retenir
Une maladie génétique rare, la PKAN, touche l'enzyme qui transforme la vitamine B5 en coenzyme A dans les mitochondries. Elle provoque une neurodégénérescence avec accumulation de fer dans le cerveau, et illustre à quel point cette voie est vitale.

La PKAN, pour pantothenate kinase-associated neurodegeneration, est due à des mutations du gène PANK2, qui code l'unique forme mitochondriale de la pantothénate kinase, l'enzyme qui lance la transformation de la vitamine B5 en coenzyme A. C'est la plus fréquente des neurodégénérescences avec accumulation de fer dans le cerveau, un groupe de maladies rares qui touchent enfants et adultes jeunes.

Le tableau associe un trouble du mouvement progressif avec dystonie et rigidité, des difficultés d'élocution, une atteinte cognitive et une rétinite pigmentaire. L'imagerie montre un signe caractéristique dans le globus pallidus, décrit comme un « œil du tigre », qui correspond à l'accumulation de fer (Hayflick, Handb Clin Neurol, 2018 ; Hartig, Curr Drug Targets, 2012). Il n'existe pas de traitement curatif : la prise en charge est symptomatique, avec un bénéfice démontré de la stimulation cérébrale profonde sur la dystonie, et des recommandations consensuelles publiées en 2016 (Hogarth, Mol Genet Metab, 2016). Des pistes explorent la pantéthine, susceptible d'alimenter une voie alternative de synthèse du coenzyme A, et les chélateurs du fer.

Pourquoi en parler ici ? Parce que cette maladie apporte une information que la nutrition ordinaire ne donne jamais : elle montre ce qui se passe quand la voie du coenzyme A est réellement défaillante, et à quel point le cerveau en dépend. Elle rappelle aussi la différence entre un défaut génétique d'une enzyme et un manque d'apport alimentaire : dans la PKAN, la vitamine est présente, c'est la serrure qui est cassée, et donner plus de clé ne suffit pas.

13. Bien choisir : quelle forme, quelle voie ?

À retenir
Pour la peau, appliquez du panthénol. Pour un apport quotidien, un complexe B suffit. Pour l'acné, consultez et regardez du côté du zinc. Pour le cholestérol, c'est la pantéthine qui a été étudiée, pas la vitamine B5. Une B5 seule à forte dose n'a presque jamais de justification.
  • La forme : le pantothénate de calcium est la forme des compléments, stable et bien absorbée ; le dexpanthénol ou panthénol est la forme cosmétique, à appliquer ; la pantéthine est un dérivé distinct, à réserver aux usages étudiés.
  • La dose : de 5 à 50 mg par jour couvrent tous les besoins nutritionnels avec une marge confortable. Les grammes utilisés dans certains essais ne relèvent pas d'un usage courant.
  • La voie : peau irritée, sèche ou en réparation, c'est le local qui a les données. Avaler de la B5 pour la peau ou les cheveux n'a jamais été démontré.
  • L'entourage : la B5 produit de l'énergie avec la B1, la B2 et la B3 ; un complexe équilibré est plus cohérent qu'une vitamine isolée.
  • Les promesses : « soutient les glandes surrénales », « anti-stress », « fait pousser les cheveux », « traite l'acné » ne sont pas des allégations autorisées. Les cinq allégations valides figurent en section 2.
Votre objectif, la bonne réponse
Peau sèche, irritée, rougeurs, zone en cours de réparation, lèvres gercées
Du dexpanthénol ou du panthénol en application locale : c'est l'usage qui a soixante-dix ans de recul et des essais contrôlés. Pas besoin d'en avaler.
Une acné légère à modérée
Un avis dermatologique d'abord, le zinc ensuite. L'acide pantothénique oral peut s'essayer trois mois, en sachant qu'un seul essai de petite taille le soutient.
Des cheveux ternes ou cassants
Les soins au panthénol lissent et protègent la fibre, temporairement. Pour la chute, cherchez la cause (ferritine, thyroïde, hormones) et assurez un apport nutritionnel complet.
Un cholestérol élevé
La vitamine B5 d'un complexe n'y change rien. La pantéthine à 600-900 mg a montré des baisses modestes dans deux essais financés par son fabricant. Le sujet se traite avec un médecin.
Une fatigue persistante, un stress chronique
La B5 ne « recharge » pas les surrénales, notion qui n'existe pas en médecine. Bilan sanguin, sommeil, magnésium, et adaptogènes documentés si besoin.
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Profil A : appliquez, n'avalez pas

C'est le terrain de jeu du dexpanthénol, et l'un des rares où un actif cosmétique dispose de vraies données : hydratation de la couche cornée, réduction de la perte en eau, apaisement des irritations, réparation plus rapide de l'épiderme, moins de démangeaisons, le tout mesuré dans des essais contrôlés et confirmé par soixante-dix ans d'usage. Une crème ou une pommade au panthénol, matin et soir sur les zones concernées, pendant deux à quatre semaines. Si la sécheresse persiste ou s'accompagne de lésions, un avis dermatologique s'impose : eczéma, psoriasis et dermatite séborrhéique se traitent autrement.

Profil B : consultez, puis regardez le zinc

Un essai randomisé en double aveugle a montré qu'un complément à base d'acide pantothénique réduisait le nombre de lésions chez des adultes ayant une acné légère à modérée, sur douze semaines. Mais l'effectif était de 41 participants évaluables, l'étude a été financée par le fabricant, et personne ne l'a reproduite depuis. C'est un signal, pas une preuve. Avant d'essayer, prenez un avis dermatologique : une acné inflammatoire qui laisse des marques se traite, et les cicatrices, elles, sont définitives. Côté nutrition, notre Zinc a un dossier plus solide sur les lésions inflammatoires.

Profil C : l'étiquette est trompeuse

La vitamine B5 permet de fabriquer le cortisol, et une carence expérimentale abîme les surrénales : c'est de là que vient l'appellation « anti-stress ». Mais permettre n'est pas augmenter, et aucun essai n'a montré qu'en ajouter réduise le stress chez une personne qui n'en manque pas. Quant à la « fatigue surrénalienne », elle ne correspond à aucune maladie reconnue. Ce qui aide vraiment : un bilan sanguin pour écarter fer, thyroïde et vitamine D, un travail sur le sommeil, un magnésium bien absorbé, et éventuellement un adaptogène avec des essais contrôlés comme l'ashwagandha. Notre guide de la fatigue chronique détaille la démarche.

Profil D : vous y êtes déjà, probablement

La vitamine B5 est celle dont on ne manque pratiquement jamais : elle est présente dans presque tous les aliments, votre flore intestinale en produit, et les apports moyens en Europe dépassent le besoin de 5 mg par jour. Une alimentation variée avec des œufs, du poulet, des champignons, un avocat de temps en temps et des céréales complètes fait le travail sans y penser. Si vous prenez déjà un complexe de vitamines B, la question est réglée. Les seules situations à surveiller sont la dénutrition, l'alcoolisme et les alimentations très majoritairement industrielles, où la transformation détruit une part de la vitamine.

Ce test oriente, il ne remplace pas un bilan sanguin ni l'avis d'un professionnel de santé.

Questions fréquentes sur la vitamine B5

À quoi sert la vitamine B5 ?

L'acide pantothénique sert à fabriquer le coenzyme A, la molécule qui transporte les groupements acétyle dans presque toutes les voies du métabolisme : combustion des sucres et des graisses, fabrication du cholestérol et donc des hormones stéroïdiennes et de la vitamine D, synthèse de l'acétylcholine, un neurotransmetteur. Selon les allégations autorisées par l'EFSA, elle contribue à un métabolisme énergétique normal, à la synthèse et au métabolisme normal des hormones stéroïdiennes, de la vitamine D et de certains neurotransmetteurs, à des performances intellectuelles normales et à la réduction de la fatigue.

Combien de vitamine B5 par jour ?

L'apport satisfaisant est de 5 milligrammes par jour pour un adulte, 7 milligrammes pendant l'allaitement (ANSES, EFSA). La valeur nutritionnelle de référence des étiquettes est de 6 milligrammes. Aucune limite supérieure de sécurité n'a été fixée : la vitamine est très bien tolérée, et même à plusieurs grammes par jour dans les essais, les seuls effets rapportés ont été des troubles digestifs légers. Une alimentation normale apporte 4 à 7 milligrammes par jour sans effort particulier.

Pourquoi dit-on qu'on ne manque jamais de vitamine B5 ?

Son nom le dit : pantothénique vient du grec pantothen, qui signifie « de partout ». Elle est présente dans presque tous les aliments d'origine animale et végétale, et les bactéries de l'intestin en produisent aussi. La carence isolée n'existe pratiquement pas chez l'humain en dehors de la dénutrition sévère ou d'expérimentations volontaires. Le seul tableau clinique documenté est le syndrome des pieds brûlants, observé chez des prisonniers de guerre gravement dénutris pendant la Seconde Guerre mondiale.

Quels aliments contiennent de la vitamine B5 ?

Les plus riches sont le foie et les abats, la levure alimentaire, les champignons (surtout le shiitake), le jaune d'œuf, les graines de tournesol, l'avocat, le poulet, les poissons, les légumineuses, le lait et les céréales complètes. Les teneurs sont modestes prises isolément, mais l'omniprésence de la vitamine fait le travail. Deux ennemis en revanche : le raffinage, qui retire jusqu'à la moitié de la vitamine des céréales, et la cuisson prolongée, qui en dégrade une part importante.

Le panthénol est-il efficace sur la peau ?

Oui, en application locale, et c'est l'un des actifs cosmétiques les mieux documentés. Le dexpanthénol, forme alcoolique stable de la vitamine B5, pénètre bien dans la peau où il se transforme en acide pantothénique. Les études montrent qu'il hydrate la couche cornée, réduit la perte en eau, améliore la souplesse et l'élasticité, apaise les irritations, accélère la réparation de l'épiderme et diminue les démangeaisons. Il est utilisé depuis soixante-dix ans dans les pommades réparatrices, avec un excellent profil de tolérance.

La vitamine B5 est-elle efficace contre l'acné ?

Il existe un essai randomisé en double aveugle contre placebo, mené chez 48 adultes présentant une acné légère à modérée du visage : après douze semaines, le complément à base d'acide pantothénique a réduit significativement le nombre total de lésions et les lésions inflammatoires par rapport au placebo, avec une bonne tolérance. Ce résultat mérite d'être connu, mais il reste isolé : l'effectif était petit, 41 participants évaluables, l'étude a été financée par le fabricant du complément, et elle n'a pas été reproduite. Pour l'acné, le zinc et les traitements dermatologiques restent devant.

La vitamine B5 fait-elle pousser les cheveux ?

Aucune étude ne le montre. Le mythe vient de la cosmétique : le panthénol est utilisé depuis des décennies dans les shampooings et les soins capillaires, où il se dépose sur la fibre, la lisse, améliore la brillance et réduit la casse en surface. C'est un effet cosmétique réel, mais purement local et transitoire, qui n'a rien à voir avec la croissance du cheveu ni avec une prise orale. Chez une personne dont les apports sont normaux, avaler de la vitamine B5 ne modifie ni la densité, ni la vitesse de pousse, ni la chute.

Qu'est-ce que le syndrome des pieds brûlants ?

C'est la seule manifestation clairement attribuée à une carence en vitamine B5 chez l'humain. Décrit chez des prisonniers de guerre gravement dénutris en Asie pendant la Seconde Guerre mondiale, il associe des brûlures intenses des pieds, des fourmillements et des douleurs qui empêchent de marcher et de dormir, avec une réponse spectaculaire à l'acide pantothénique alors que les autres vitamines B restaient sans effet. Aujourd'hui, ce tableau ne s'observe que dans des situations de dénutrition majeure, et jamais de façon isolée.

Qu'est-ce que la pantéthine et fait-elle baisser le cholestérol ?

La pantéthine est un dérivé de la vitamine B5, plus proche du coenzyme A que la vitamine elle-même. Deux essais randomisés menés en Amérique du Nord, à des doses de 600 à 900 milligrammes par jour pendant seize semaines, ont montré des baisses modestes mais significatives du cholestérol total et du LDL, de l'ordre de 4 à 11 % selon les études, chez des personnes à risque cardiovasculaire faible à modéré. Ces deux essais ont été financés par le fabricant japonais de la molécule et portaient sur des effectifs limités. La pantéthine à ces doses est un complément spécifique, sans rapport avec la vitamine B5 d'un complexe classique, qui n'a aucun effet sur le cholestérol.

La vitamine B5 est-elle une vitamine anti-stress ?

L'appellation vient d'un raisonnement biochimique : le coenzyme A est nécessaire à la fabrication du cholestérol, lui-même précurseur du cortisol produit par les glandes surrénales, et des travaux anciens chez l'animal carencé ont montré une atteinte des surrénales. De là est née l'idée d'une vitamine qui soutiendrait la réponse au stress. L'allégation européenne autorisée est plus mesurée : la vitamine B5 contribue à la synthèse et au métabolisme normal des hormones stéroïdiennes. Aucun essai n'a montré qu'une supplémentation réduise le stress ressenti chez une personne non carencée.

Vitamine B10, B4, B15 : ces vitamines existent-elles ?

Non. Seules huit molécules ont le statut de vitamine du groupe B : B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9 et B12. Les autres numéros correspondent à des composés qui ont été appelés vitamines à tort, avant qu'on découvre que le corps sait les fabriquer ou qu'ils ne sont pas indispensables. Ainsi la vitamine B10 désigne le PABA, la B4 l'adénine ou la choline selon les sources, la B15 l'acide pangamique et la B17 l'amygdaline, cette dernière étant toxique et sans aucun intérêt démontré. La choline et l'inositol sont utiles mais ne sont pas des vitamines B au sens réglementaire.

Quels sont les effets secondaires de la vitamine B5 ?

La vitamine B5 est l'une des mieux tolérées de toutes : aucune toxicité documentée, aucune limite supérieure de sécurité fixée, et une marge considérable entre le besoin de 5 milligrammes et les doses de plusieurs grammes utilisées dans certains essais. Les seuls effets rapportés à très forte dose sont des troubles digestifs légers et des diarrhées. Elle n'a pas d'interaction médicamenteuse notable. Comme toujours, l'avis d'un professionnel de santé reste utile en cas de grossesse, d'allaitement ou de traitement en cours.

Faut-il prendre un complément de vitamine B5 ?

Rarement de façon isolée, puisque la carence alimentaire est pratiquement inexistante. Un complexe de vitamines B à dose nutritionnelle en apporte de toute façon, ce qui est cohérent car la B5 travaille avec les autres dans la production d'énergie. Si votre objectif est la peau, le panthénol s'applique localement plutôt qu'il ne s'avale. Si c'est l'acné, parlez-en à un dermatologue et regardez d'abord du côté du zinc. Et si c'est le cholestérol, c'est la pantéthine, un dérivé spécifique, qui a été étudiée, pas la vitamine B5 ordinaire.

Glossaire
Acide pantothénique (vitamine B5)
Vitamine hydrosoluble présente dans presque tous les aliments, d'où son nom issu du grec pantothen, « de partout ». Son unique rôle connu est la fabrication du coenzyme A.
Coenzyme A
Molécule fabriquée à partir de la vitamine B5, qui transporte les groupements acétyle et acyle dans le métabolisme des sucres, des graisses, du cholestérol et de l'acétylcholine.
Dexpanthénol (panthénol, provitamine B5)
Version alcoolique de la vitamine B5, stable et capable de pénétrer la peau où elle se retransforme en acide pantothénique. Utilisée en dermatologie depuis 1944.
Pantothénate de calcium
Forme utilisée dans les compléments alimentaires : sel de calcium de l'acide pantothénique, stable et bien absorbé.
Pantéthine
Dérivé situé plus loin dans la voie du coenzyme A, étudié à 600 à 900 milligrammes par jour pour son effet sur le cholestérol. Distinct de la vitamine B5 des compléments courants.
Syndrome des pieds brûlants
Brûlures et douleurs intenses des pieds décrites chez des prisonniers de guerre dénutris, seule manifestation clinique attribuée à une carence isolée en vitamine B5.
PKAN
Neurodégénérescence associée à la pantothénate kinase : maladie génétique rare touchant l'enzyme qui transforme la vitamine B5 en coenzyme A, avec accumulation de fer dans le cerveau.
Apport satisfaisant (AS)
Valeur de référence utilisée quand les données manquent pour établir un besoin moyen : 5 milligrammes par jour pour la vitamine B5 chez l'adulte.
Sources scientifiques
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  3. Ebner F, Heller A, Rippke F, Tausch I. Topical use of dexpanthenol in skin disorders. Am J Clin Dermatol. 2002;3(6):427-433. doi:10.2165/00128071-200203060-00005
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  5. Rumberger JA, Napolitano J, Azumano I, Kamiya T, Evans M. Pantethine, a derivative of vitamin B5 used as a nutritional supplement, favorably alters low-density lipoprotein cholesterol metabolism. Nutr Res. 2011;31(8):608-615. doi:10.1016/j.nutres.2011.08.001
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Pour aller plus loin

À propos de cet article. Rédigé par l'équipe Nutrition•pro à partir d'essais randomisés, de revues cliniques et des avis de l'EFSA et de l'ANSES, selon notre méthodologie éditoriale. Les informations publiées ici ont une vocation informative et ne remplacent pas l'avis d'un médecin, d'un dermatologue ou d'un pharmacien. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments : ils ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. En cas d'acné inflammatoire, de fatigue persistante, de troubles cutanés, de grossesse ou de traitement en cours, demandez conseil à un professionnel de santé.

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