Endométriose : c’est quoi exactement et comment la reconnaître

Endométriose : c’est quoi exactement et comment la reconnaître
Sommaire :

  • 1. Définition claire de l'endométriose
  • 2. Pourquoi l'endométriose apparaît-elle ?
  • 3. Comment reconnaître les symptômes de l'endométriose
  • 4. Quand suspecter une endométriose ?
  • 5. Comment pose-t-on le diagnostic ?
  • 6. Comment différencier l'endométriose d'autres pathologies
  • Conclusion
  • FAQ
  • Références scientifiques

L’endométriose est une maladie dont on entend de plus en plus parler, mais qui reste encore mal comprise par le grand public. Beaucoup la résument à de simples règles douloureuses, sans saisir ce qui se passe réellement dans l’organisme. Pourtant, comprendre précisément ce qu’est l’endométriose est essentiel pour reconnaître ses signes et éviter de banaliser des symptômes parfois invalidants.

Cette maladie gynécologique chronique touche environ une femme sur dix en âge de procréer. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à l’endomètre — la muqueuse qui tapisse normalement l’intérieur de l’utérus — en dehors de la cavité utérine. Sous l’effet des hormones du cycle menstruel, ce tissu réagit, s’enflamme et peut provoquer des douleurs, de la fatigue et diverses complications.

Savoir ce qu’est l’endométriose exactement et comment la reconnaître permet d’agir plus tôt, de consulter de manière ciblée et de limiter l’errance diagnostique. Cet article vous apporte des explications claires pour mieux identifier la maladie et comprendre ses manifestations.

1. Définition claire de l’endométriose

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique caractérisée par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de la cavité utérine. L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Chaque mois, sous l’effet des hormones, il s’épaissit en préparation d’une éventuelle grossesse, puis est éliminé lors des règles en l’absence de fécondation.

Dans le cas de l’endométriose, des cellules proches de celles de l’endomètre se développent ailleurs dans l’organisme, le plus souvent dans la région pelvienne. Ces cellules ne sont pas strictement identiques à l’endomètre normal, mais elles partagent une propriété essentielle : elles réagissent aux variations hormonales du cycle menstruel, notamment à la stimulation des œstrogènes.

Où se situent les lésions ?

Les lésions d’endométriose peuvent se localiser à différents endroits. Les zones les plus fréquemment touchées sont :

  • les ovaires
  • les trompes de Fallope
  • le péritoine (membrane qui tapisse l’abdomen)
  • les ligaments situés autour de l’utérus

Dans certaines formes plus avancées, l’endométriose peut atteindre l’intestin, la vessie ou les ligaments profonds du bassin. Plus rarement, des localisations extra-pelviennes sont observées.

Cette implantation en dehors de l’utérus constitue le cœur même de la définition médicale.

Pourquoi cette présence provoque-t-elle des problèmes ?

Chaque mois, les cellules d’endométriose réagissent comme le ferait l’endomètre intra-utérin : elles s’épaississent et peuvent saigner. Contrairement aux règles normales, ce sang ne peut pas être évacué vers l’extérieur lorsqu’il se situe dans la cavité abdominale.

Il en résulte :

  • une inflammation locale
  • une irritation des tissus environnants
  • la formation possible d’adhérences
  • une stimulation des nerfs pelviens

C’est cette réaction inflammatoire répétée qui explique en grande partie les douleurs associées à la maladie.

Une maladie chronique et hormonodépendante

L’endométriose est considérée comme une maladie chronique, car elle évolue sur plusieurs années. Elle est également dite hormonodépendante : les lésions sont stimulées par les œstrogènes. C’est pourquoi les symptômes apparaissent généralement après la puberté et diminuent souvent après la ménopause.

Cette dépendance hormonale constitue également la base des traitements médicaux proposés, qui visent à réduire la stimulation des lésions.

Une maladie aux manifestations variables

Il est important de comprendre que l’endométriose ne se manifeste pas de manière identique chez toutes les femmes. Certaines présentent des douleurs importantes avec peu de lésions visibles, tandis que d’autres ont des atteintes étendues avec des symptômes modérés.

Cette variabilité explique en partie la difficulté du diagnostic et la confusion fréquente autour de la maladie.

Le saviez-vous ?
L’endométriose ne correspond pas à une simple migration de l’endomètre. Les cellules implantées hors de l’utérus présentent des particularités biologiques spécifiques, notamment une activité inflammatoire accrue et une sensibilité hormonale particulière.

2. Pourquoi l’endométriose apparaît-elle ?

La question des causes de l’endométriose reste complexe. À ce jour, il n’existe pas une cause unique clairement identifiée. La maladie est considérée comme multifactorielle, c’est-à-dire qu’elle résulte de l’interaction entre plusieurs mécanismes biologiques, hormonaux, immunitaires et génétiques.

Cette complexité explique pourquoi certaines femmes développent une endométriose, tandis que d’autres, exposées à des phénomènes similaires, ne présentent aucun symptôme.

La théorie des menstruations rétrogrades

La théorie la plus connue est celle des menstruations rétrogrades. Selon cette hypothèse, une partie du sang menstruel remonterait par les trompes de Fallope vers la cavité abdominale au lieu d’être totalement évacuée par le vagin. Ce reflux transporterait des cellules endométriales capables de s’implanter sur les organes pelviens.

Cependant, les menstruations rétrogrades sont fréquentes chez de nombreuses femmes, sans que toutes développent une endométriose. Cela signifie que ce mécanisme ne suffit pas à expliquer l’apparition de la maladie. Il s’agit probablement d’un facteur parmi d’autres.

Le rôle du système immunitaire

Le système immunitaire joue un rôle clé dans l’élimination des cellules anormales. Chez certaines femmes atteintes d’endométriose, des anomalies de la réponse immunitaire ont été observées.

Il pourrait exister :

  • une capacité réduite à éliminer les cellules implantées hors de l’utérus
  • une production excessive de médiateurs inflammatoires
  • une activation persistante de cellules immunitaires favorisant l’inflammation

Ces perturbations créent un environnement propice à la survie et à la prolifération des lésions.

L’influence des hormones

Les œstrogènes sont essentiels au développement de l’endométriose. Les lésions sont particulièrement sensibles à la stimulation hormonale. Certaines études suggèrent que ces cellules peuvent produire localement des enzymes favorisant la synthèse d’œstrogènes, ce qui entretient leur croissance.

Cette dépendance hormonale explique pourquoi la maladie apparaît après la puberté et tend à s’atténuer après la ménopause.

Les facteurs génétiques

Le risque d’endométriose est plus élevé chez les femmes ayant une mère ou une sœur atteinte. Cette observation suggère une prédisposition génétique.

Les recherches ont identifié plusieurs variations génétiques associées à un risque accru, mais aucun gène unique responsable n’a été mis en évidence. Il s’agit probablement d’une susceptibilité polygénique associée à d’autres facteurs environnementaux.

Les facteurs environnementaux

Certaines études explorent le rôle des perturbateurs endocriniens, des substances capables d’interférer avec le système hormonal. Bien que les données restent en cours d’évaluation, ces facteurs pourraient influencer la réponse hormonale et immunitaire.

D’autres éléments peuvent moduler le terrain biologique :

  • le stress chronique
  • l’exposition à certaines toxines
  • le mode de vie

Ces facteurs ne causent pas directement l’endométriose, mais peuvent contribuer à un terrain favorable.

Une interaction de plusieurs mécanismes

L’endométriose ne résulte donc pas d’un seul mécanisme isolé. Elle apparaît probablement lorsque plusieurs facteurs convergent : reflux menstruel, susceptibilité génétique, réponse immunitaire altérée et stimulation hormonale excessive.

Cette interaction explique la grande variabilité des formes cliniques et des évolutions individuelles.

3. Comment reconnaître les symptômes de l’endométriose

Reconnaître les symptômes de l’endométriose est essentiel pour éviter la banalisation des douleurs et réduire le retard diagnostique. La maladie ne se manifeste pas de manière identique chez toutes les femmes. Certaines présentent des douleurs intenses dès l’adolescence, tandis que d’autres découvrent la pathologie plus tard, parfois lors d’un bilan d’infertilité.

Il est important de rappeler que l’intensité des symptômes ne reflète pas toujours l’étendue des lésions. Une forme dite « minime » peut être très invalidante, alors qu’une atteinte plus étendue peut être relativement silencieuse.

Des règles très douloureuses

La douleur menstruelle intense, appelée dysménorrhée, est le symptôme le plus fréquent de l’endométriose. Contrairement aux crampes habituelles, la douleur peut être :

  • très intense
  • résistante aux antalgiques classiques
  • accompagnée de nausées ou de vertiges
  • irradiant vers le bas du dos ou les jambes

Lorsque les règles empêchent de travailler, d’aller en cours ou de mener une activité normale, cela doit alerter.

Des douleurs pelviennes persistantes

Avec le temps, la douleur peut devenir chronique et ne plus être limitée à la période des règles. On parle alors de douleur pelvienne chronique lorsqu’elle dure plus de six mois.

Cette évolution s’explique par l’inflammation répétée et la sensibilisation progressive du système nerveux. Le corps devient plus réactif aux signaux douloureux.

Des douleurs pendant les rapports

La dyspareunie, c’est-à-dire la douleur lors des rapports sexuels, est fréquente dans les formes profondes d’endométriose. Elle peut être ressentie lors de pénétrations profondes et provoquer une appréhension des rapports.

Ce symptôme a souvent un retentissement important sur la vie de couple et l’estime de soi.

Des troubles digestifs cycliques

Lorsque l’endométriose touche ou irrite l’intestin, des symptômes digestifs peuvent apparaître :

  • ballonnements
  • douleurs à la défécation
  • alternance diarrhée-constipation
  • aggravation des troubles pendant les règles

Ces manifestations peuvent être confondues avec un syndrome de l’intestin irritable, ce qui retarde parfois la reconnaissance de la maladie.

Des symptômes urinaires

Plus rarement, l’endométriose peut affecter la vessie ou les uretères. Les signes incluent :

  • douleurs à la miction
  • sensation de brûlure
  • besoin fréquent d’uriner
  • majoration des douleurs pendant les menstruations

Ces symptômes nécessitent une évaluation spécialisée.

Une fatigue importante

La fatigue est un symptôme souvent sous-estimé. Elle peut être liée à l’inflammation chronique, aux troubles du sommeil dus à la douleur ou à l’impact psychologique de la maladie.

Certaines femmes décrivent un épuisement persistant qui affecte leur vie professionnelle et sociale.

Des difficultés à concevoir

L’endométriose est retrouvée chez environ un tiers des femmes consultant pour infertilité. L’inflammation locale, les adhérences ou l’atteinte ovarienne peuvent perturber la fertilité.

Cependant, la maladie n’entraîne pas systématiquement une infertilité. De nombreuses femmes atteintes conçoivent naturellement.

Une maladie parfois invisible

L’un des défis majeurs de l’endométriose est son invisibilité. Les douleurs ne se voient pas et les examens peuvent être normaux dans certaines formes.

Cette invisibilité contribue à la banalisation des symptômes et à l’errance diagnostique.

Conseil de nutritionniste
Une alimentation riche en oméga-3, en fibres et en antioxydants peut contribuer à soutenir la modulation de l’inflammation associée à l’endométriose. Cette approche ne remplace pas un traitement médical, mais peut s’intégrer dans une stratégie globale de gestion des symptômes.

4. Quand suspecter une endométriose ?

Savoir quand suspecter une endométriose est essentiel pour éviter des années d’errance médicale. Beaucoup de femmes considèrent leurs douleurs comme « normales » parce qu’elles ont toujours connu des règles difficiles. Pourtant, certaines manifestations doivent alerter et conduire à une évaluation spécialisée.

L’endométriose ne se résume pas à une gêne passagère. Lorsque les symptômes deviennent invalidants, persistants ou inhabituels, il est important de consulter.

Des règles qui empêchent de vivre normalement

Une douleur menstruelle qui :

  • oblige à rester alitée
  • entraîne des absences répétées au travail ou à l’école
  • nécessite des antalgiques puissants
  • ne s’améliore pas malgré les traitements habituels

ne doit pas être banalisée.

Des règles très douloureuses depuis l’adolescence peuvent constituer un signal d’alerte précoce d’endométriose.

Des douleurs qui s’aggravent avec le temps

Une évolution progressive des douleurs au fil des années est un autre élément important. Lorsque la douleur :

  • devient plus intense
  • apparaît en dehors des règles
  • s’étend au bas du dos ou aux jambes
  • s’accompagne de troubles digestifs ou urinaires

une investigation médicale est justifiée.

Des symptômes digestifs ou urinaires cycliques

Des ballonnements, des douleurs à la défécation ou des troubles urinaires qui s’aggravent systématiquement pendant les règles doivent faire évoquer une endométriose.

La cyclicité des symptômes constitue un indice clé. Lorsque les troubles suivent le rythme menstruel, cela oriente vers une origine hormonale.

Des douleurs pendant les rapports

La dyspareunie profonde, en particulier si elle est récurrente et localisée, peut être un signe d’endométriose profonde. Ce symptôme ne doit pas être ignoré, surtout s’il s’accompagne d’autres douleurs pelviennes.

Des difficultés à concevoir

En cas d’infertilité inexpliquée après plusieurs mois d’essais, l’endométriose peut être recherchée, même en l’absence de douleurs très marquées.

Certaines formes sont peu symptomatiques mais peuvent altérer la fertilité.

Un impact sur la qualité de vie

Lorsque les douleurs entraînent :

  • une fatigue persistante
  • une limitation des activités sociales
  • une baisse de performance professionnelle
  • une détresse psychologique

il est important d’explorer la possibilité d’une pathologie sous-jacente.

Pourquoi consulter tôt ?

Plus le diagnostic d’endométriose est posé tôt, plus la prise en charge peut être adaptée. Un repérage précoce permet :

  • de limiter la progression des lésions
  • de mieux contrôler la douleur
  • d’anticiper les projets de maternité
  • d’améliorer la qualité de vie

La reconnaissance des signaux d’alerte constitue donc une étape essentielle.

5. Comment pose-t-on le diagnostic ?

Le diagnostic de l’endométriose repose sur une combinaison d’éléments cliniques et d’examens d’imagerie. Contrairement à certaines maladies, il n’existe pas de prise de sang simple permettant de confirmer formellement la présence d’endométriose. La démarche diagnostique repose donc avant tout sur l’écoute des symptômes et sur une évaluation spécialisée.

Pendant longtemps, la maladie a été diagnostiquée tardivement. Aujourd’hui, la sensibilisation progresse, mais le délai entre les premiers symptômes et la confirmation peut encore être long.

L’interrogatoire médical

La première étape du diagnostic consiste en un interrogatoire précis. Le professionnel de santé s’intéresse notamment :

  • à l’intensité des douleurs menstruelles
  • à leur évolution dans le temps
  • à la présence de douleurs pelviennes chroniques
  • aux symptômes digestifs ou urinaires
  • aux douleurs pendant les rapports
  • à un éventuel projet de grossesse

La description détaillée des symptômes est essentielle. Une douleur qui empêche de mener une vie normale ne doit jamais être considérée comme anodine.

L’examen clinique

L’examen gynécologique peut permettre d’identifier :

  • une sensibilité pelvienne
  • des zones douloureuses localisées
  • des nodules dans les formes profondes

Toutefois, un examen normal n’exclut pas une endométriose, notamment dans les formes superficielles.

L’échographie pelvienne

L’échographie pelvienne est généralement l’examen de première intention. Elle permet de détecter les endométriomes ovariens et certaines formes profondes.

La qualité de l’examen dépend fortement de l’expertise du praticien. Une échographie réalisée par un spécialiste formé à l’endométriose augmente la probabilité de détection.

Il est important de rappeler qu’une échographie normale ne signifie pas absence de maladie.

L’IRM pelvienne

L’IRM pelvienne est particulièrement utile pour explorer les formes profondes infiltrantes. Elle permet de cartographier les lésions et d’évaluer leur extension vers l’intestin, la vessie ou les ligaments pelviens.

Cet examen est souvent recommandé lorsque :

  • les symptômes digestifs ou urinaires sont importants
  • l’échographie est non concluante
  • une intervention chirurgicale est envisagée

La coelioscopie

La coelioscopie est une intervention chirurgicale mini-invasive qui permet de visualiser directement les lésions d’endométriose. Elle n’est plus systématiquement utilisée à visée diagnostique seule, mais elle peut être réalisée lorsqu’un traitement chirurgical est nécessaire.

Elle permet également une confirmation histologique.

Pourquoi le diagnostic peut être long ?

Plusieurs facteurs expliquent le retard diagnostique :

  • banalisation des douleurs menstruelles
  • confusion avec des troubles digestifs fonctionnels
  • invisibilité partielle des lésions à l’imagerie
  • méconnaissance des formes atypiques

L’endométriose étant une maladie invisible, les plaintes peuvent être minimisées.

À éviter
Ignorer des douleurs menstruelles invalidantes ou accepter des symptômes persistants sans chercher d’avis spécialisé peut retarder le diagnostic de l’endométriose. Une douleur répétée et handicapante mérite toujours une évaluation adaptée.

6. Comment différencier l’endométriose d’autres pathologies

L’un des défis majeurs de l’endométriose est qu’elle peut imiter d’autres maladies. Ses symptômes sont parfois proches de ceux de troubles digestifs, urinaires ou gynécologiques plus courants. Cette similarité explique en partie les retards diagnostiques.

Différencier l’endométriose d’autres pathologies repose sur une analyse précise des symptômes, de leur cyclicité et des examens complémentaires.

Endométriose ou règles douloureuses simples ?

Les règles douloureuses sont fréquentes, surtout à l’adolescence. Cependant, plusieurs éléments permettent de suspecter une endométriose plutôt qu’une dysménorrhée fonctionnelle :

  • douleur très intense et invalidante
  • résistance aux antalgiques classiques
  • aggravation progressive au fil des années
  • apparition de douleurs en dehors des règles

Lorsque la douleur perturbe significativement la vie quotidienne, une exploration est justifiée.

Endométriose ou syndrome de l’intestin irritable ?

Les troubles digestifs liés à l’endométriose peuvent ressembler à un syndrome de l’intestin irritable. La différence clé réside souvent dans la cyclicité des symptômes.

Si les ballonnements, douleurs abdominales ou troubles du transit s’aggravent systématiquement pendant les règles, cela peut orienter vers une endométriose digestive.

L’imagerie spécialisée peut permettre de trancher en cas de doute.

Endométriose ou infection urinaire ?

Certaines formes d’endométriose peuvent provoquer des douleurs à la miction. Contrairement à une infection urinaire classique :

  • il n’y a pas toujours de fièvre
  • les analyses d’urine peuvent être normales
  • les douleurs sont souvent cycliques

Une récidive de symptômes urinaires sans infection documentée doit faire évoquer une atteinte endométriosique.

Endométriose ou troubles psychologiques ?

La douleur chronique peut entraîner anxiété ou fatigue psychologique. Cependant, l’endométriose est une maladie organique objectivable.

Attribuer systématiquement les douleurs à une cause psychologique sans investigation approfondie peut retarder le diagnostic.

Le rôle de la cyclicité

La cyclicité constitue un indice majeur. Lorsque les symptômes suivent le rythme menstruel, cela suggère une influence hormonale.

La combinaison de douleurs pelviennes, de troubles digestifs ou urinaires et de règles invalidantes oriente plus fortement vers une endométriose.

L’importance d’un avis spécialisé

En cas de doute, un avis spécialisé permet de réaliser les examens adaptés et d’écarter d’autres causes possibles de douleurs pelviennes chroniques.

Différencier l’endométriose d’autres pathologies nécessite une approche globale et rigoureuse.

Conclusion

L’endométriose est une maladie chronique complexe qui ne se limite pas à de simples règles douloureuses. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus, entraînant une inflammation répétée et des symptômes parfois invalidants. Comprendre précisément ce qu’est l’endométriose permet de mieux reconnaître ses manifestations et d’éviter la banalisation de douleurs persistantes.

Savoir identifier les signes d’alerte — douleurs menstruelles intenses, troubles digestifs cycliques, douleurs pendant les rapports ou fatigue inhabituelle — constitue une étape essentielle pour consulter rapidement. Un diagnostic précoce favorise une prise en charge adaptée et améliore la qualité de vie.

Mieux informer sur l’endométriose, c’est réduire l’errance médicale, légitimer l’expérience des femmes concernées et favoriser une approche globale et personnalisée. Une connaissance claire de la maladie reste aujourd’hui l’un des leviers les plus importants pour agir efficacement.

FAQ
L’endométriose est-elle une maladie fréquente ?

Oui, l’endométriose touche environ une femme sur dix en âge de procréer. Elle reste toutefois souvent sous-diagnostiquée.

Comment savoir si mes règles sont anormales ?

Des règles qui empêchent de travailler, d’étudier ou de mener une vie normale ne doivent pas être considérées comme habituelles. Une douleur intense et persistante mérite une consultation.

L’endométriose est-elle toujours visible à l’échographie ?

Non. Certaines formes superficielles peuvent passer inaperçues. Une IRM ou une échographie spécialisée peut être nécessaire.

Peut-on avoir une endométriose sans douleurs importantes ?

Oui. Certaines femmes présentent peu de symptômes et découvrent la maladie lors d’un bilan d’infertilité ou d’un examen d’imagerie.

L’endométriose entraîne-t-elle toujours une infertilité ?

Non. De nombreuses femmes atteintes d’endométriose conçoivent naturellement. Toutefois, la maladie peut altérer la fertilité dans certains cas.

Références scientifiques

  • Zondervan KT, Becker CM, Missmer SA. Endometriosis. New England Journal of Medicine. 2020;382:1244-1256.
  • Zondervan KT, Becker CM, Koga K, Missmer SA, Taylor RN, Viganò P. Endometriosis. Nature Reviews Disease Primers. 2018;4:9.
  • Horne AW, Missmer SA. Pathophysiology, diagnosis, and management of endometriosis. BMJ. 2022;379:e070750.
  • European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE). ESHRE Guideline: Endometriosis. 2022 update.

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