Qu’est-ce que l’endométriose ? Causes, symptômes, diagnostic

Qu’est-ce que l’endométriose ? Causes, symptômes, diagnostic
Sommaire :

  • 1. Définition de l'endométriose
  • 2. Les causes possibles de l'endométriose
  • 3. Les symptômes de l'endométriose
  • 4. Comment diagnostiquer-t-on l'endométriose ?
  • 5. Les différentes formes et leur évolution
  • 6. Pourquoi un diagnostic précoce est essentiel
  • Conclusion
  • FAQ
  • Références scientifiques

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique encore trop souvent mal comprise et diagnostiquée tardivement. Elle touche environ une femme sur dix en âge de procréer et peut avoir un impact majeur sur la qualité de vie, la fertilité et le quotidien professionnel. Pourtant, malgré une médiatisation croissante, de nombreuses idées reçues persistent autour de cette pathologie.

Cette maladie se caractérise par la présence de tissu semblable à l’endomètre — la muqueuse qui tapisse normalement l’intérieur de l’utérus — en dehors de la cavité utérine. Sous l’effet des hormones du cycle menstruel, ce tissu réagit, s’enflamme et peut provoquer des douleurs parfois intenses ainsi que diverses complications.

Comprendre ce qu’est réellement l’endométriose, identifier ses causes possibles, reconnaître ses symptômes et connaître les étapes du diagnostic est essentiel pour réduire l’errance médicale et améliorer la prise en charge. Cet article vous propose une approche claire et structurée pour mieux appréhender la maladie.

1. Définition de l’endométriose

L’endométriose est définie médicalement comme la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de la cavité utérine. L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus et qui s’épaissit chaque mois sous l’effet des hormones en vue d’une éventuelle grossesse. En l’absence de fécondation, cette muqueuse est éliminée lors des règles.

Dans le cas de l’endométriose, des cellules comparables à celles de l’endomètre se développent en dehors de leur localisation normale. Ces cellules ne sont pas strictement identiques à l’endomètre intra-utérin, mais elles partagent une caractéristique essentielle : elles répondent aux variations hormonales du cycle menstruel, notamment à la stimulation des œstrogènes.

Une localisation anormale du tissu endométrial

Les lésions d’endométriose se situent le plus souvent dans la région pelvienne. Les localisations les plus fréquentes sont :

  • les ovaires
  • les trompes de Fallope
  • le péritoine (membrane qui tapisse l’intérieur de l’abdomen)
  • les ligaments situés autour de l’utérus

Dans certaines formes plus complexes, les lésions peuvent atteindre l’intestin, la vessie, les uretères ou les ligaments profonds du bassin. Plus rarement, des localisations extra-pelviennes sont décrites, notamment au niveau du diaphragme.

La définition centrale repose donc sur cette notion de tissu ectopique, c’est-à-dire implanté en dehors de son emplacement normal.

Une maladie chronique et inflammatoire

L’endométriose est classée parmi les maladies chroniques, car elle évolue sur plusieurs années et peut persister tant que l’activité hormonale est présente. Elle est également considérée comme une maladie inflammatoire.

Chaque mois, les cellules d’endométriose réagissent aux hormones du cycle. Elles s’épaississent, puis peuvent saigner. Contrairement aux règles normales, ce sang ne peut pas être évacué vers l’extérieur lorsqu’il se trouve dans la cavité abdominale. Il en résulte une réaction inflammatoire locale.

Cette inflammation répétée peut entraîner :

  • des douleurs pelviennes
  • la formation d’adhérences
  • une fibrose des tissus
  • une altération de la mobilité des organes

C’est cette dimension inflammatoire qui explique en grande partie la symptomatologie de l’endométriose.

Une maladie œstrogéno-dépendante

Les œstrogènes jouent un rôle central dans le développement et la persistance des lésions. On parle ainsi de maladie œstrogéno-dépendante. Les symptômes apparaissent généralement après la puberté, lorsque la production hormonale débute, et tendent à diminuer après la ménopause.

Certaines études montrent que les lésions d’endométriose peuvent produire localement des enzymes favorisant la synthèse d’œstrogènes, créant un cercle d’auto-entretien. Cette production locale contribue à maintenir l’inflammation et la croissance des lésions.

Cette dépendance hormonale constitue également la base des traitements médicaux actuels, qui visent à réduire la stimulation œstrogénique.

Une maladie aux formes variées

L’endométriose ne se présente pas de manière uniforme. On distingue plusieurs formes anatomiques :

  • les lésions superficielles péritonéales
  • les endométriomes ovariens
  • les formes profondes infiltrantes

L’intensité des symptômes n’est pas toujours proportionnelle à l’étendue des lésions. Certaines femmes présentant peu de lésions peuvent souffrir intensément, tandis que d’autres ayant des atteintes plus étendues peuvent être peu symptomatiques.

Cette variabilité complique parfois la compréhension de la maladie et peut retarder le diagnostic.

Une maladie systémique

Bien que souvent perçue comme une pathologie strictement gynécologique, l’endométriose peut avoir des répercussions plus larges. Elle peut influencer :

  • le système digestif
  • le système urinaire
  • la sphère sexuelle
  • l’équilibre psychologique

Cette dimension systémique renforce la nécessité d’une approche globale.

Une définition qui dépasse les idées reçues

Réduire l’endométriose à une simple douleur menstruelle est inexact. La définition médicale insiste sur la présence de lésions spécifiques et sur leur comportement biologique. Les douleurs menstruelles peuvent être un symptôme, mais elles ne résument pas la maladie.

Comprendre précisément ce qu’est l’endométriose permet de distinguer cette pathologie d’autres causes de douleurs pelviennes chroniques.

L'endométriose ne correspond pas à une simple migration de l'endomètre. Les cellules retrouvées hors de l'utérus présentent des particularités biologiques spécifiques, notamment une activité inflammatoire accumulée et une sensibilité hormonale particulière.

2. Les causes possibles de l’endométriose

Comprendre ce qu’est l’endométriose implique également de s’interroger sur ses causes. À ce jour, il n’existe pas une explication unique et définitive. La maladie est considérée comme multifactorielle : plusieurs mécanismes interagissent entre eux, combinant facteurs hormonaux, immunitaires, génétiques et environnementaux.

Cette complexité explique pourquoi certaines femmes développent une endométriose tandis que d’autres, exposées à des mécanismes similaires, ne présentent aucun symptôme.

La théorie des menstruations rétrogrades

La théorie la plus connue est celle des menstruations rétrogrades. Elle suggère qu’une partie du sang menstruel remonte par les trompes de Fallope vers la cavité abdominale au lieu d’être totalement évacuée par le vagin. Ce reflux transporterait des cellules endométriales capables de s’implanter sur les organes pelviens.

Toutefois, ce phénomène est fréquent chez de nombreuses femmes sans qu’elles développent d’endométriose. Cela signifie que la présence de cellules endométriales hors de l’utérus ne suffit pas à déclencher la maladie. D’autres facteurs interviennent pour permettre l’implantation et la survie des lésions.

Le rôle du système immunitaire

Le système immunitaire joue un rôle central dans la régulation des cellules anormales. Chez certaines femmes atteintes d’endométriose, des anomalies de la réponse immunitaire ont été observées.

Il pourrait exister :

  • une diminution de la capacité à éliminer les cellules endométriales ectopiques
  • une production excessive de cytokines pro-inflammatoires
  • une activation persistante de cellules immunitaires favorisant l’inflammation

Ces déséquilibres créent un environnement favorable à la survie et à la prolifération des lésions.

L’influence des hormones

Les hormones, en particulier les œstrogènes, sont indispensables au développement des lésions. L’endométriose est dite œstrogéno-dépendante car la croissance du tissu ectopique est stimulée par ces hormones.

Certaines recherches suggèrent que les lésions peuvent produire localement des enzymes favorisant la synthèse d’œstrogènes. Cette production autonome crée un cercle d’auto-entretien : plus il y a de lésions, plus l’environnement hormonal local favorise leur maintien.

Ce mécanisme explique en partie pourquoi la maladie apparaît après la puberté et s’atténue souvent après la ménopause.

Les facteurs génétiques

Le risque d’endométriose est plus élevé chez les femmes ayant une mère ou une sœur atteinte. Cette observation soutient l’hypothèse d’une prédisposition génétique.

Les études génomiques ont identifié plusieurs variations génétiques associées à un risque accru. Toutefois, aucun gène unique responsable n’a été identifié. Il s’agit probablement d’une susceptibilité polygénique combinée à d’autres facteurs.

La génétique n’est donc pas une cause directe, mais un terrain favorisant.

Les facteurs environnementaux

Les perturbateurs endocriniens sont des substances capables d’interférer avec le système hormonal. Certains chercheurs explorent leur rôle potentiel dans le développement de l’endométriose.

Bien que les preuves ne soient pas encore définitives, ces substances pourraient influencer la réponse hormonale et immunitaire, augmentant la susceptibilité à la maladie.

Les facteurs environnementaux incluent également :

  • l’exposition à certaines toxines
  • les habitudes de vie
  • le niveau de stress chronique

Ces éléments ne causent pas directement l’endométriose, mais peuvent moduler le terrain biologique.

L’inflammation comme moteur central

Une fois les lésions implantées, l’inflammation devient un élément clé. Les cellules endométriosiques libèrent des médiateurs inflammatoires qui favorisent leur propre survie.

Cette inflammation chronique stimule :

  • la croissance des lésions
  • la formation d’adhérences
  • la sensibilisation des nerfs

Avec le temps, elle contribue à l’installation d’une douleur persistante.

Une maladie aux causes multiples

Il n’existe donc pas une cause unique de l’endométriose, mais une combinaison de facteurs :

  • hormonaux
  • immunitaires
  • génétiques
  • environnementaux
  • inflammatoires

Cette multiplicité explique la diversité des formes cliniques et la difficulté à prévenir la maladie.

3. Les symptômes de l’endométriose

Les symptômes de l’endométriose sont extrêmement variables d’une femme à l’autre. Certaines présentent des douleurs sévères dès l’adolescence, tandis que d’autres découvrent la maladie au moment d’un bilan d’infertilité. Cette diversité explique en partie le retard diagnostique souvent observé.

Il est important de comprendre que l’intensité des symptômes ne reflète pas toujours l’étendue des lésions. Une forme peu visible à l’imagerie peut être très douloureuse, tandis qu’une atteinte plus étendue peut rester relativement silencieuse.

Les règles douloureuses (dysménorrhée)

La douleur menstruelle intense constitue le symptôme le plus fréquent de l’endométriose. Contrairement aux crampes habituelles, la douleur peut être :

  • très intense
  • résistante aux antalgiques classiques
  • accompagnée de nausées ou de malaises
  • irradiant vers le bas du dos ou les jambes

Lorsque les règles empêchent de travailler, d’aller en cours ou de mener une activité normale, une évaluation médicale est nécessaire.

Les douleurs pelviennes chroniques

Avec le temps, la douleur peut devenir persistante et ne plus être strictement liée aux menstruations. On parle alors de douleur pelvienne chronique lorsqu’elle dure plus de six mois.

Cette évolution s’explique par l’installation d’une inflammation répétée et par une sensibilisation du système nerveux. Le corps devient plus réactif aux signaux douloureux.

Les douleurs pendant les rapports (dyspareunie)

La dyspareunie est fréquente dans les formes profondes d’endométriose. La douleur est généralement ressentie lors de pénétrations profondes et peut entraîner une appréhension des rapports.

Ce symptôme peut avoir un retentissement important sur la vie de couple et la qualité de vie.

Les troubles digestifs

Lorsque l’endométriose atteint ou irrite l’intestin, des symptômes digestifs peuvent apparaître :

  • ballonnements
  • alternance diarrhée-constipation
  • douleurs à la défécation
  • aggravation des troubles pendant les règles

Ces manifestations peuvent être confondues avec un syndrome de l’intestin irritable, ce qui retarde parfois le diagnostic.

Les symptômes urinaires

Plus rares, les atteintes urinaires peuvent provoquer :

  • douleurs à la miction
  • sensation de brûlure
  • envie fréquente d’uriner
  • aggravation pendant les menstruations

Ces symptômes doivent être évalués en cas de suspicion d’endométriose profonde.

La fatigue chronique

La fatigue est un symptôme souvent sous-estimé. Elle peut être liée à l’inflammation chronique, aux troubles du sommeil causés par la douleur ou à l’impact psychologique de la maladie.

Certaines femmes décrivent un épuisement constant qui altère leurs capacités professionnelles et sociales.

L’infertilité

L’endométriose est retrouvée chez environ un tiers des femmes consultant pour infertilité. Les mécanismes impliqués sont multiples : inflammation locale, altération de l’anatomie pelvienne, adhérences ou atteinte ovarienne.

Cependant, la maladie n’entraîne pas systématiquement une infertilité. De nombreuses femmes conçoivent naturellement.

Une maladie parfois invisible

L’un des défis majeurs de l’endométriose est son invisibilité. Les douleurs ne se voient pas et les examens peuvent être normaux dans certaines formes.

Cette invisibilité contribue à la banalisation des plaintes et à l’errance diagnostique.

Conseil de nutritionniste
Une alimentation riche en fibres, en oméga-3 et en antioxydants peut contribuer à moduler l’inflammation associée à l’endométriose. Elle ne remplace pas un traitement médical, mais peut soutenir une approche globale de gestion des symptômes.

4. Comment diagnostique-t-on l’endométriose ?

Le diagnostic de l’endométriose reste aujourd’hui un enjeu majeur. Malgré les progrès de la recherche et une meilleure reconnaissance institutionnelle, le délai entre les premiers symptômes et la confirmation diagnostique peut encore s’étendre sur plusieurs années. Cette errance s’explique par la diversité des manifestations cliniques, la banalisation des douleurs menstruelles et parfois le manque d’orientation vers des professionnels formés.

Comprendre le parcours diagnostique permet d’anticiper les étapes et de mieux dialoguer avec les soignants.

L’interrogatoire clinique : une étape essentielle

Le diagnostic de l’endométriose commence par un interrogatoire précis. Le professionnel de santé s’intéresse à :

  • l’intensité et la fréquence des douleurs
  • leur évolution dans le temps
  • leur caractère cyclique
  • l’existence de troubles digestifs ou urinaires
  • la présence de douleurs pendant les rapports
  • un éventuel projet de grossesse

La description détaillée des symptômes constitue un élément central. Une douleur menstruelle invalidante, résistante aux traitements classiques, doit alerter.

L’examen clinique peut révéler une sensibilité pelvienne localisée ou des nodules dans les formes profondes. Toutefois, un examen normal n’exclut pas une endométriose.

L’échographie pelvienne

L’échographie pelvienne est généralement l’examen d’imagerie de première intention. Réalisée par voie abdominale ou endovaginale, elle permet surtout de détecter les endométriomes ovariens.

Sa fiabilité dépend fortement de l’expertise du praticien. Une échographie spécialisée réalisée par un professionnel formé à l’endométriose augmente la probabilité de détection.

Il est important de souligner qu’une échographie normale ne signifie pas absence de maladie.

L’IRM pelvienne

L’IRM pelvienne est particulièrement utile pour identifier les formes profondes infiltrantes. Elle permet de cartographier précisément les lésions et d’évaluer leur extension vers l’intestin, la vessie ou les ligaments pelviens.

Cet examen est souvent recommandé lorsque :

  • les symptômes digestifs ou urinaires sont importants
  • une chirurgie est envisagée
  • l’échographie est non concluante

L’IRM offre une vision détaillée qui facilite la planification thérapeutique.

La coelioscopie

La coelioscopie est une intervention chirurgicale mini-invasive permettant de visualiser directement les lésions d’endométriose. Pendant longtemps, elle était considérée comme le seul moyen de poser un diagnostic définitif.

Aujourd’hui, grâce aux progrès de l’imagerie, elle est principalement réservée aux situations nécessitant un traitement chirurgical ou une confirmation histologique.

Les examens biologiques

Il n’existe pas de prise de sang simple permettant de diagnostiquer l’endométriose de manière fiable. Certains biomarqueurs sont étudiés, mais ils ne sont pas encore validés pour une utilisation courante.

Des tests innovants sont en cours de développement, notamment des analyses moléculaires visant à identifier des signatures biologiques spécifiques.

Les difficultés du diagnostic

Plusieurs facteurs expliquent le retard diagnostique :

  • banalisation des règles douloureuses
  • confusion avec des troubles digestifs fonctionnels
  • variabilité des symptômes
  • invisibilité partielle des lésions à l’imagerie

L’absence de signe visible peut conduire à une minimisation des plaintes.

L’importance d’un diagnostic précoce

Un diagnostic précoce de l’endométriose permet d’adapter plus rapidement la prise en charge, de limiter la progression des lésions et de mieux gérer la douleur.

Il favorise également une meilleure planification des projets de maternité et une réduction de l’impact sur la qualité de vie.

5. Les différentes formes et leur évolution

L’endométriose ne se présente pas de manière uniforme. Il existe plusieurs formes anatomiques, dont la localisation et la profondeur influencent les symptômes, l’évolution et les choix thérapeutiques. Comprendre ces formes permet de mieux anticiper les complications potentielles et d’adapter la prise en charge.

Il est essentiel de rappeler que la gravité anatomique n’est pas toujours proportionnelle à l’intensité des douleurs. Certaines femmes présentent des lésions minimes mais très symptomatiques, tandis que d’autres ont des atteintes plus étendues avec peu de douleurs.

Les lésions superficielles péritonéales

Les lésions superficielles sont les plus fréquentes. Elles se développent à la surface du péritoine, la membrane qui tapisse l’intérieur de l’abdomen et recouvre les organes pelviens.

Ces lésions peuvent être discrètes et parfois difficiles à identifier à l’imagerie standard. Malgré leur petite taille, elles peuvent provoquer une inflammation importante et des douleurs significatives.

Elles représentent souvent les premiers stades de l’endométriose, mais leur évolution est variable : certaines restent stables pendant des années, d’autres progressent vers des formes plus infiltrantes.

Les endométriomes ovariens

Les endométriomes sont des kystes situés sur les ovaires. Ils résultent de l’accumulation de sang ancien à l’intérieur d’une cavité formée par du tissu endométriosique.

Ils sont généralement visibles à l’échographie pelvienne et constituent un élément diagnostique fréquent. Lorsqu’ils sont volumineux, ils peuvent altérer la réserve ovarienne ou entraîner des douleurs chroniques.

Leur évolution dépend de plusieurs facteurs, notamment de la stimulation hormonale et de la prise en charge médicale.

L’endométriose profonde infiltrante

La forme profonde infiltrante correspond à des lésions qui pénètrent sous la surface des tissus. Elle peut atteindre :

  • les ligaments utéro-sacrés
  • le rectum
  • le côlon
  • la vessie
  • les uretères

Cette forme est souvent associée à des douleurs plus intenses et à des symptômes digestifs ou urinaires.

L’IRM pelvienne permet de cartographier précisément ces atteintes et d’évaluer leur évolution.

L’évolution de la maladie

L’endométriose est une maladie évolutive, mais son évolution est imprévisible. Elle peut :

  • rester stable pendant plusieurs années
  • progresser lentement
  • s’aggraver plus rapidement dans certains cas

Plusieurs facteurs influencent cette évolution : activité hormonale, terrain génétique, réponse immunitaire et qualité de la prise en charge.

Les stades de l’endométriose

La classification la plus utilisée est celle de l’American Society for Reproductive Medicine (ASRM). Elle distingue quatre stades : minimal, léger, modéré et sévère.

Cette classification repose sur le nombre, la taille et la profondeur des lésions ainsi que sur la présence d’adhérences. Toutefois, elle ne reflète pas toujours l’intensité des symptômes.

Elle est principalement utilisée pour évaluer le retentissement sur la fertilité.

Les risques de complications

Dans certaines formes évoluées, l’endométriose peut entraîner :

  • des adhérences importantes
  • une altération de la fertilité
  • une atteinte digestive nécessitant une intervention
  • une atteinte urinaire pouvant affecter les reins

Ces complications restent minoritaires mais justifient un suivi adapté.

À éviter
Attendre que les douleurs deviennent insupportables avant de consulter peut retarder la prise en charge de l’endométriose. Une douleur menstruelle invalidante ou persistante mérite une évaluation spécialisée, même si les examens initiaux semblent rassurants.

6. Pourquoi un diagnostic précoce est essentiel

Le diagnostic précoce de l’endométriose constitue un enjeu majeur de santé publique. Pendant longtemps, la maladie a été sous-estimée, ce qui a conduit à des retards parfois importants entre l’apparition des premiers symptômes et la confirmation médicale. Or, plus le diagnostic est posé tôt, plus la prise en charge peut être adaptée et efficace.

Un diagnostic précoce ne signifie pas uniquement identifier la maladie rapidement. Il implique aussi reconnaître la légitimité des symptômes et proposer un suivi structuré.

Limiter l’errance médicale

L’errance diagnostique correspond à la période pendant laquelle une patiente consulte plusieurs professionnels sans obtenir de réponse claire. Dans le cas de l’endométriose, cette période peut durer plusieurs années.

Les causes sont multiples :

  • banalisation des douleurs menstruelles
  • confusion avec des troubles digestifs fonctionnels
  • absence d’imagerie spécialisée
  • méconnaissance des formes atypiques

Un diagnostic précoce permet de réduire cette période d’incertitude, souvent source d’anxiété et de frustration.

Prévenir l’aggravation des lésions

L’endométriose étant une maladie potentiellement évolutive, une prise en charge adaptée peut contribuer à limiter la progression des lésions. Les traitements hormonaux visent notamment à réduire la stimulation œstrogénique et donc l’activité des implants endométriosiques.

Une intervention précoce peut également éviter la formation d’adhérences importantes ou la survenue de complications digestives et urinaires.

Préserver la fertilité

La question de la fertilité est centrale pour de nombreuses femmes. Un diagnostic précoce permet :

  • d’évaluer la réserve ovarienne
  • d’anticiper un projet de grossesse
  • d’adapter les stratégies thérapeutiques

Dans certaines situations, un suivi spécialisé peut être proposé afin d’optimiser les chances de conception.

Améliorer la qualité de vie

La douleur chronique et la fatigue associées à l’endométriose peuvent altérer profondément la qualité de vie. Un diagnostic précoce permet de mettre en place plus rapidement :

  • un traitement adapté
  • une prise en charge de la douleur
  • un accompagnement psychologique si nécessaire
  • des ajustements professionnels

Reconnaître la maladie améliore également la compréhension de l’entourage et réduit le sentiment d’isolement.

Adapter la prise en charge à long terme

L’endométriose est une pathologie chronique. Une fois le diagnostic posé, un suivi régulier peut être organisé afin d’adapter la stratégie thérapeutique en fonction de l’évolution des symptômes.

Cette approche personnalisée repose sur une collaboration étroite entre la patiente et les professionnels de santé.

Sensibilisation et information

Informer sur l’endométriose contribue à un repérage plus précoce. Une meilleure connaissance des symptômes et des mécanismes permet aux femmes de consulter plus rapidement et de décrire précisément leurs douleurs.

La sensibilisation participe également à une reconnaissance institutionnelle plus large, facilitant l’accès à des centres spécialisés.

Conclusion

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique complexe, dont les mécanismes associent facteurs hormonaux, immunitaires et inflammatoires. Définir clairement ce qu’est l’endométriose, comprendre ses causes possibles, identifier ses symptômes et connaître les étapes du diagnostic permet de dépasser les idées reçues et de mieux reconnaître les situations à risque.

La diversité des formes cliniques et la variabilité des symptômes expliquent en partie le retard diagnostique encore fréquent. Pourtant, une douleur menstruelle invalidante, des troubles digestifs cycliques ou des douleurs pelviennes persistantes ne doivent pas être banalisés. Une évaluation spécialisée permet d’adapter la prise en charge et d’améliorer significativement la qualité de vie.

Mieux informer sur l’endométriose, c’est favoriser un repérage plus précoce, réduire l’errance médicale et légitimer l’expérience des femmes concernées. Une compréhension précise de la maladie constitue aujourd’hui un levier essentiel pour améliorer le parcours de soins et accompagner durablement les patientes.

FAQ
Qu’est-ce que l’endométriose exactement ?

L’endométriose est une maladie chronique caractérisée par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus. Ce tissu réagit aux hormones du cycle menstruel et peut provoquer inflammation et douleurs.

Quelles sont les causes de l’endométriose ?

Il n’existe pas une cause unique. Les hypothèses incluent les menstruations rétrogrades, des facteurs immunitaires, hormonaux, génétiques et environnementaux. L’endométriose est considérée comme une maladie multifactorielle.

Quels sont les symptômes les plus fréquents ?

Les symptômes incluent des règles très douloureuses, des douleurs pelviennes chroniques, des troubles digestifs cycliques, des douleurs pendant les rapports et parfois des difficultés à concevoir.

Comment se déroule le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur l’analyse des symptômes, l’examen clinique et des examens d’imagerie comme l’échographie spécialisée ou l’IRM pelvienne. La coelioscopie peut être envisagée dans certains cas.

L’endométriose est-elle toujours visible à l’échographie ?

Non. Certaines formes superficielles ou profondes peuvent ne pas être détectées à l’échographie standard. Une IRM ou une imagerie spécialisée peut être nécessaire.

Pourquoi un diagnostic précoce est-il important ?

Un diagnostic précoce permet d’adapter plus rapidement la prise en charge, de limiter l’évolution des lésions et d’améliorer la qualité de vie.

Références scientifiques

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