Multivitamines : faut-il en prendre ? Ce que montrent les études

Par L'équipe Nutrition•pro
Multivitamines : gélules et aliments riches en vitamines et minéraux
L'équipe Nutrition•pro
•
Publié en septembre 2026
•
3 références PubMed vérifiées
•

La multivitamine est le complément alimentaire le plus consommé au monde, pris par au moins un adulte américain sur trois. C'est aussi le plus discuté : on lit tour à tour qu'elle est indispensable et qu'elle ne sert à rien. La bonne nouvelle est qu'on n'a plus besoin d'opinions sur le sujet. Il existe des essais randomisés géants, menés sur des dizaines de milliers de personnes pendant plus de dix ans, et ils ont mesuré ce qu'une multivitamine quotidienne change réellement.

Cet article présente les trois plus grandes : la Physicians' Health Study II, 14 641 médecins suivis onze ans sur le cancer ; COSMOS, 21 442 seniors et plus de 5 000 testés sur la mémoire ; et l'analyse NHANES de 10 698 adultes sur les manques nutritionnels. Puis ce qu'elles impliquent : pour qui le bénéfice est le plus net, comment choisir une multivitamine, et comment la prendre.

★ NOTRE MULTIVITAMINES
Multivitamines Nutrition•pro 120 gélules
Multivitamines, 120 gélules
Vitamines et minéraux essentiels réunis dans une gélule quotidienne, aux doses des apports journaliers recommandés, la logique des formules testées dans les grands essais : combler les manques de tous les jours sans mégadose. Quatre mois de prise régulière, celle qui, dans les études, fait la différence.
Voir les Multivitamines
En bref

Cancer. Chez 14 641 médecins suivis onze ans en double aveugle, une multivitamine quotidienne a réduit l'incidence totale des cancers de 8 %, et de 27 % chez ceux qui en avaient déjà eu un. Mémoire. Dans l'étude COSMOS, 21 442 seniors, la méta-analyse de trois sous-études cognitives montre un bénéfice clair sur la cognition globale et la mémoire épisodique, équivalent à deux ans de vieillissement cognitif en moins.

Manques nutritionnels. Chez 10 698 adultes, la multivitamine réduit les apports insuffisants pour 15 nutriments sur 17, et les élimine quasiment chez les utilisateurs réguliers, sauf pour la vitamine D, le calcium et le magnésium. Sécurité. Dépassements des limites supérieures chez au plus 4 % des utilisateurs. Pour qui : après 60 ans, alimentation peu variée, régimes restrictifs, antécédent de cancer. Comment : tous les jours, au repas, sans doublon avec d'autres compléments.

i
Information santé. Cet article présente des études identifiées via PubMed. Une multivitamine complète l'alimentation, elle ne la remplace pas. En grossesse, les besoins sont spécifiques et une formule standard ne se prend pas sans l'avis de la sage-femme ou du médecin. En cas de traitement au long cours, notamment anticoagulant, signalez tout complément à votre pharmacien.
14 641
Médecins suivis onze ans, essai randomisé
-8%
Incidence totale des cancers sous multivitamine
2ans
De vieillissement cognitif en moins, étude COSMOS
15/17
Nutriments dont l'insuffisance recule, NHANES
Réponse rapide
Oui, et les plus grands essais le mesurent : 8 % de cancers en moins chez 14 641 hommes suivis onze ans, deux ans de vieillissement cognitif en moins chez les seniors de COSMOS, et des manques nutritionnels quasi éliminés chez les utilisateurs réguliers. Les effets sont modestes à l'échelle d'une personne et réels à l'échelle d'une vie. Le bénéfice est le plus net après 60 ans et quand l'alimentation ne couvre pas tout. Une gélule par jour, au repas, sans doublon.
1

Ce qu'est une multivitamine, et ce qu'on lui demande

Pas une mégadose, un filet de sécurité.

Une multivitamine réunit dans une même prise la plupart des vitamines et des minéraux essentiels, à des doses proches des apports journaliers recommandés. Sa logique est différente de celle d'un complément isolé : il ne s'agit pas d'apporter beaucoup d'un nutriment, mais de couvrir un peu de chacun, pour combler les manques qui s'accumulent dans une alimentation ordinaire.

Ces manques existent. Personne ne mange parfaitement varié tous les jours, et certains nutriments sont rares dans l'alimentation courante ou mal absorbés avec l'âge. La multivitamine est conçue pour les jours où l'assiette n'a pas été à la hauteur, et ils sont plus nombreux qu'on ne le pense.

Ce que les études ont mesuré, et à quelle échelle

Les essais présentés ici ont testé des multivitamines standard, dosées aux apports recommandés, chez des personnes globalement bien nourries, pendant des années. C'est le scénario le plus exigeant qui soit : si un bénéfice apparaît dans ces conditions, il est réel. Et il apparaît.

Il apparaît avec l'ampleur qu'on peut attendre d'un geste quotidien peu coûteux : modeste à l'échelle d'une personne, considérable à l'échelle d'une population. Une réduction de 8 % du risque de cancer ne se ressent pas ; sur des millions d'utilisateurs, elle représente des milliers de cas évités.

2

Combler les manques : 10 698 adultes

La fonction première d'une multivitamine, mesurée sur la population générale.

L'enquête américaine NHANES mesure régulièrement ce que mangent les Américains et dose leurs nutriments dans le sang. Une équipe de Tufts, de l'Oregon State et de Purdue a exploité les données de 10 698 adultes entre 2009 et 2012 pour comparer les apports issus de l'alimentation seule à ceux de l'alimentation plus multivitamine, pour 17 nutriments.

Ce qui a été mesuré Résultat
Prévalence des apports insuffisants Plus faible avec la multivitamine pour 15 nutriments sur 17, à toute fréquence d'utilisation
Utilisateurs réguliers, 21 jours ou plus sur 30 Insuffisances virtuellement éliminées, sauf calcium, magnésium et vitamine D
Biomarqueurs sanguins de carence Risque de carence significativement plus bas pour tous les nutriments dosés, sauf le fer
Dépassement des limites supérieures de sécurité Chez au plus 4 % des utilisateurs, pour 7 nutriments, et de peu

Deux enseignements. Le premier : la multivitamine fait exactement ce pour quoi elle est conçue, et le fait d'autant mieux qu'elle est prise régulièrement. Le second : trois nutriments lui échappent, le calcium, le magnésium et la vitamine D, parce que les quantités nécessaires dépassent ce qu'une gélule peut contenir. Pour ceux-là, une supplémentation dédiée garde son sens.

Sur la sécurité
La crainte du surdosage est la plus fréquente, et cette analyse y répond : avec une multivitamine dosée aux apports recommandés, les dépassements des limites de sécurité concernent moins de 4 % des utilisateurs et restent faibles. Le risque n'est pas dans la multivitamine, il est dans le cumul avec d'autres compléments qui contiennent les mêmes nutriments.
3

Cancer : 14 641 médecins, onze ans

Le plus grand essai randomisé jamais mené sur une multivitamine.

La Physicians' Health Study II est un essai en double aveugle contre placebo mené par Harvard chez 14 641 médecins américains de 50 ans et plus, dont 1 312 avaient déjà eu un cancer. Une multivitamine quotidienne ou un placebo, de 1997 à 2011, soit 11,2 ans de suivi médian. Résultats publiés dans le JAMA.

Critère Multivitamine Placebo Résultat
Cancers, tous types 17,0 pour 1 000 personnes-années 18,3 Réduction de 8 %, significative
Hommes avec antécédent de cancer 1 312 participants Réduction de 27 %, significative
Mortalité par cancer 4,9 pour 1 000 5,6 Réduction de 12 %, à la limite de la significativité
Cancer de la prostate, colorectal Pas de différence sur ces sites pris isolément

Les auteurs concluent que la multivitamine quotidienne a « modestement mais significativement réduit le risque total de cancer ». Le mot « modestement » est le leur, et il est juste : 8 %, c'est un homme sur douze qui aurait eu un cancer et ne l'a pas eu. Chez ceux qui en avaient déjà eu un, l'effet est nettement plus marqué.

Pourquoi cet essai pèse autant

Par sa taille, 14 641 participants, sa durée, plus de onze ans, sa méthode, randomisation en double aveugle contre placebo, et sa population, des médecins, c'est-à-dire des personnes globalement en bonne santé, bien nourries et bien suivies, chez qui il est le plus difficile de montrer un bénéfice. C'est le scénario le moins favorable à la multivitamine, et elle y a montré un effet.

Il porte sur des hommes de plus de 50 ans. La transposition aux femmes et aux plus jeunes est raisonnable sur le plan biologique mais n'a pas été testée à cette échelle.

4

Mémoire : l'étude COSMOS

Le résultat le plus récent, et l'un des plus solides.

COSMOS est un essai randomisé de 21 442 Américains de 60 ans et plus, testant une multivitamine quotidienne et un extrait de cacao. Trois sous-études ont évalué la cognition chez plus de 5 000 participants, par téléphone, en ligne et en consultation avec des tests neuropsychologiques complets. Une méta-analyse de ces trois sous-études a été publiée dans l'American Journal of Clinical Nutrition en 2024.

Critère Résultat de la méta-analyse
Cognition globale Bénéfice clair, p = 0,0009
Mémoire épisodique Bénéfice clair, p = 0,0007
Ampleur de l'effet Équivalente à deux ans de vieillissement cognitif en moins
Fonctions exécutives, attention Pas de différence significative dans la sous-étude clinique

La mémoire épisodique est celle des événements vécus, et c'est la première que le vieillissement touche. C'est précisément là que la multivitamine a le plus agi. Les auteurs concluent que ces résultats soutiennent le bénéfice d'une multivitamine quotidienne pour prévenir le déclin cognitif chez les personnes âgées.

Ce que valent deux ans
Ralentir le vieillissement cognitif de deux ans ne se remarque pas au quotidien. Cela signifie qu'à 80 ans, la mémoire est celle qu'on aurait eue à 78. Sur une décennie de retraite, c'est une différence qui compte, obtenue par une gélule par jour.
5

Pour qui le bénéfice est le plus net

Les profils que les études dessinent.
Profil Pourquoi Ce que montrent les données
Plus de 60 ans Absorption qui baisse, appétit souvent réduit Le bénéfice cognitif de COSMOS a été mesuré dans cette population
Alimentation peu variée ou irrégulière Manques fréquents sur plusieurs nutriments NHANES : insuffisances éliminées chez les utilisateurs réguliers
Régime restrictif, perte de poids Moins de calories, donc moins de micronutriments Même logique : la multivitamine couvre ce que l'assiette réduite n'apporte plus
Végétariens et vegans B12 absente des végétaux, fer moins absorbé Une multivitamine complète apporte la B12 ; le fer peut nécessiter un complément dédié
Antécédent de cancer Population où l'effet a été le plus fort Réduction de 27 % des nouveaux cancers dans l'essai des médecins
Adulte bien portant qui mange varié Peu de manques à combler Bénéfice plus faible, mais l'essai des médecins portait justement sur ce profil et a montré un effet
6

Choisir et prendre sa multivitamine

Trois critères de choix, trois règles de prise.

Choisir

  • Des doses proches des apports recommandés, autour de 100 %, plutôt que des mégadoses. C'est la formule des essais positifs, et celle qui reste sous les limites de sécurité.
  • Des formes bien absorbées : vitamine D3 plutôt que D2, méthylcobalamine ou cyanocobalamine pour la B12, formes chélatées comme le bisglycinate pour les minéraux.
  • Vitamines et minéraux, pas seulement des vitamines : les essais ont utilisé des formules complètes, et une partie des manques les plus fréquents porte sur les minéraux.

Prendre

  • Au repas, matin ou midi : les vitamines A, D, E et K sont liposolubles et s'absorbent avec les graisses alimentaires ; le repas évite aussi l'inconfort digestif du fer et du zinc à jeun.
  • Tous les jours : dans NHANES, c'est la régularité, 21 jours ou plus par mois, qui élimine les manques. Les essais ont testé une prise quotidienne sur des années.
  • Sans doublon : une seule source par nutriment. Multivitamine plus complexe B plus zinc additionne les mêmes molécules. Les exceptions sont la vitamine D, le calcium et le magnésium, que la multivitamine ne couvre pas et qui peuvent s'ajouter.
Les situations qui demandent un avis

La grossesse a des besoins spécifiques, en acide folique, fer et iode, et certaines formules standard contiennent de la vitamine A à des doses à éviter : une formule dédiée, choisie avec la sage-femme ou le médecin. Les traitements anticoagulants peuvent interagir avec la vitamine K : signalez la multivitamine au pharmacien. Une carence mesurée, en fer ou en vitamine D notamment, se corrige par un complément dédié, la multivitamine n'en contenant pas assez.

Que faire concrètement

Les quatre repères
Repère 1
Une gélule par jour, au repas du matin ou du midiC'est le protocole des essais, et le moment qui optimise l'absorption des vitamines liposolubles tout en évitant l'inconfort digestif à jeun.
Repère 2
Tenir dans la duréeLes manques se corrigent en semaines, les bénéfices mesurés sur le cancer et la cognition se construisent sur des années. La multivitamine est un geste de fond ; la régularité compte plus que tout.
Repère 3
Faire l'inventaire de ses autres complémentsUne seule source par nutriment. Vitamine D, calcium et magnésium peuvent s'ajouter, la multivitamine n'en contient pas assez. Complexe B, zinc, vitamine A isolés font doublon.
Repère 4
Garder la vitamine D à part en hiverC'est le nutriment que NHANES identifie comme non couvert par la multivitamine, et celui dont le manque est le plus fréquent en France d'octobre à mars. Notre guide sur la vitamine D détaille les dosages.
La multivitamine selon votre situation
Plus de 60 ans
Profil de COSMOS : bénéfice cognitif mesuré, prise quotidienne recommandée par les auteurs
Alimentation irrégulière, repas sautés, plats préparés
C'est le profil où NHANES montre le plus de manques : la multivitamine les couvre
Régime hypocalorique en cours
Moins de calories, moins de micronutriments : la multivitamine compense
Végétarien ou vegan
Multivitamine complète pour la B12 ; fer à évaluer séparément
Vous mangez varié tous les jours
Bénéfice plus modeste, mais l'essai des médecins a montré un effet chez ce profil
Vous prenez déjà complexe B, zinc ou vitamine A isolés
Remplacez-les par la multivitamine plutôt que de cumuler
Grossesse ou projet de grossesse
Formule dédiée, avec la sage-femme ou le médecin
Carence mesurée en fer ou en vitamine D
Complément dédié en plus : la multivitamine n'en contient pas assez pour corriger

Questions fréquentes

Les preuves

Faut-il prendre des multivitamines ?

Les trois plus grandes études disponibles répondent oui, avec des bénéfices mesurés et modérés. Chez 14 641 médecins suivis onze ans, une multivitamine quotidienne a réduit de 8 % l'incidence totale des cancers. Chez plus de 5 000 seniors de l'étude COSMOS, elle a ralenti le déclin cognitif d'une ampleur équivalente à deux ans de vieillissement en moins. Et chez 10 698 adultes américains, sa prise régulière a quasiment éliminé les insuffisances d'apport pour 15 nutriments sur 17. Le bénéfice est le plus net chez les personnes dont l'alimentation ne couvre pas tous les besoins et après 60 ans.

Qu'est-ce qu'une multivitamine, exactement ?

Un complément qui réunit dans une même prise la plupart des vitamines et des minéraux essentiels, à des doses proches des apports journaliers recommandés. L'idée n'est pas de fournir de fortes doses d'un nutriment précis, mais de combler d'un coup les petits manques qui s'accumulent dans une alimentation ordinaire. C'est le complément le plus consommé au monde, pris par au moins un adulte américain sur trois.

Une multivitamine comble-t-elle vraiment les carences ?

C'est ce que montre l'analyse de 10 698 adultes américains de l'enquête NHANES. Comparée à l'alimentation seule, la prise d'une multivitamine, à n'importe quelle fréquence, était associée à une prévalence plus faible d'apports insuffisants pour 15 des 17 nutriments examinés. Chez les utilisateurs les plus réguliers, au moins 21 jours sur 30, les insuffisances étaient virtuellement éliminées, sauf pour le calcium, le magnésium et la vitamine D, dont les besoins dépassent ce qu'une gélule peut contenir. Les biomarqueurs sanguins de carence étaient aussi significativement plus bas.

Les multivitamines réduisent-elles le risque de cancer ?

Dans le plus grand essai randomisé jamais mené sur le sujet, oui, modestement. La Physicians' Health Study II a suivi 14 641 médecins américains de plus de 50 ans pendant onze ans en moyenne, en double aveugle contre placebo. Le groupe multivitamine a eu 17,0 cancers pour 1 000 personnes-années contre 18,3 sous placebo, soit une réduction de 8 %, statistiquement significative. Chez les 1 312 hommes qui avaient déjà eu un cancer, la réduction atteignait 27 %. Les auteurs concluent à une réduction modeste mais significative du risque total de cancer.

Les multivitamines protègent-elles la mémoire ?

C'est le résultat le plus récent et l'un des plus solides. L'étude COSMOS a randomisé 21 442 Américains de plus de 60 ans, et trois sous-études cognitives ont testé plus de 5 000 d'entre eux. La méta-analyse de ces trois sous-études montre un bénéfice clair de la multivitamine quotidienne sur la cognition globale et sur la mémoire épisodique, celle des événements vécus. Les auteurs estiment que l'ampleur de l'effet équivaut à réduire le vieillissement cognitif de deux ans.

Pourquoi les effets sont-ils qualifiés de modestes ?

Parce qu'ils le sont à l'échelle individuelle, et c'est normal pour un complément pris par des personnes globalement bien nourries. Une réduction de 8 % du risque de cancer ne se ressent pas ; elle se compte à l'échelle d'une population, où elle représente des milliers de cas évités. Deux ans de vieillissement cognitif en moins ne se remarquent pas au jour le jour ; ils comptent à 80 ans. Ces effets sont modestes et réels, ce qui est exactement ce qu'on peut attendre d'un geste quotidien peu coûteux et sans risque notable.

Pour qui

Qui a le plus à y gagner ?

Les études dessinent un profil. Les personnes de plus de 60 ans, chez qui l'absorption baisse et où le bénéfice cognitif a été mesuré. Celles dont l'alimentation est peu variée, restrictive ou irrégulière, chez qui NHANES montre les manques les plus fréquents. Les végétariens et vegans pour la B12 et le fer. Les personnes qui mangent peu, en perte d'appétit ou en régime hypocalorique. Et celles qui ont déjà eu un cancer, chez qui l'essai des médecins a montré la réduction la plus forte.

Une bonne alimentation ne suffit-elle pas ?

Chez une personne qui mange varié tous les jours, les manques sont rares, et la multivitamine apporte peu. Le problème est que peu de gens mangent varié tous les jours. L'enquête NHANES montre des insuffisances fréquentes pour plusieurs nutriments dans l'alimentation seule de la population générale. La multivitamine ne remplace pas une bonne alimentation ; elle couvre les jours où l'alimentation n'a pas été bonne, et ils sont plus nombreux qu'on ne le croit.

Multivitamine et grossesse ?

La grossesse a des besoins spécifiques, en acide folique, en fer, en iode, que les formules générales ne couvrent pas dans les bonnes proportions, et certaines contiennent de la vitamine A à des doses à éviter. Il existe des formules conçues pour la grossesse, à choisir avec la sage-femme ou le médecin. Une multivitamine standard ne se prend pas en grossesse sans cet avis.

Choisir et prendre

Comment choisir une multivitamine ?

Trois critères. Des doses proches des apports journaliers recommandés, autour de 100 %, plutôt que des mégadoses. Des formes bien absorbées : méthylcobalamine ou cyanocobalamine pour la B12, vitamine D3 plutôt que D2, bisglycinate pour les minéraux. Et une composition complète, avec les minéraux et pas seulement les vitamines, puisque les essais positifs ont utilisé des formules vitamines et minéraux. La présence d'un numéro de lot et l'origine des matières premières sont des repères de sérieux.

Quand prendre sa multivitamine ?

Avec un repas, de préférence le matin ou le midi. Les vitamines A, D, E et K sont liposolubles et s'absorbent mieux en présence de graisses alimentaires. Le repas réduit aussi l'inconfort digestif que certains ressentent à jeun, notamment avec le fer et le zinc. Les vitamines B ayant un léger effet stimulant, le soir n'est pas le moment idéal pour la plupart des gens.

Faut-il la prendre tous les jours ?

Oui, c'est ce que montrent les données. Dans NHANES, le bénéfice sur les insuffisances augmentait avec la fréquence, et c'est chez les utilisateurs de 21 jours ou plus par mois que les manques étaient virtuellement éliminés. Les essais sur le cancer et la cognition ont testé une prise quotidienne sur des années. La régularité compte davantage que la dose.

Combien de temps avant un effet ?

Cela dépend de ce qu'on attend. Les manques nutritionnels se corrigent en quelques semaines, et une personne qui en avait peut ressentir une amélioration de l'énergie ou de la peau sur cette échelle. Les effets mesurés sur le cancer et la cognition sont apparus sur des années de prise quotidienne, et ne se ressentent pas. La multivitamine est un geste de fond, pas un coup de fouet.

Une multivitamine remplace-t-elle la vitamine D ?

Rarement. L'analyse NHANES le montre : la vitamine D, le calcium et le magnésium sont les trois nutriments pour lesquels la multivitamine ne suffit pas à combler les manques, parce que les quantités nécessaires dépassent ce qu'une gélule peut contenir. En hiver, ou en cas de carence mesurée, une supplémentation dédiée en vitamine D reste utile en plus de la multivitamine. Notre guide sur la vitamine D détaille les dosages.

Peut-on associer multivitamine et autres compléments ?

Oui, à condition d'éviter les doublons. Une multivitamine plus des oméga 3, du collagène, du magnésium ou une plante ne pose pas de problème, ces produits n'en contenant pas les mêmes nutriments. Une multivitamine plus un complexe de vitamines B, plus du zinc, plus de la vitamine A additionne les mêmes molécules et peut dépasser les limites. La règle : une seule source par nutriment, sauf pour la vitamine D, le calcium et le magnésium qui manquent dans la multivitamine.

Sécurité

Peut-on faire un surdosage avec une multivitamine ?

Avec une multivitamine dosée aux apports recommandés, non. L'analyse NHANES montre que les utilisateurs dépassaient la limite supérieure de sécurité pour 7 nutriments, mais chez au plus 4 % d'entre eux, et de peu. Le risque apparaît quand on cumule une multivitamine avec plusieurs compléments isolés contenant les mêmes nutriments, par exemple une multivitamine plus un complexe de vitamines B plus du zinc. Une seule multivitamine par jour, sans doublon, reste dans la zone de sécurité.

Les multivitamines ont-elles des effets indésirables ?

Très peu aux doses des apports recommandés. Le plus fréquent est un inconfort digestif à jeun, qui disparaît en la prenant au repas. Les urines peuvent prendre une couleur jaune vif à cause de la vitamine B2, ce qui est sans conséquence. Les essais de 14 641 et 21 442 participants sur plus de dix ans n'ont pas relevé de signal de sécurité préoccupant.

Que retenir sur les multivitamines ?

Que les trois plus grandes études convergent : moins de cancers chez 14 641 médecins suivis onze ans, deux ans de vieillissement cognitif en moins chez les seniors de COSMOS, des insuffisances quasi éliminées chez 10 698 adultes. Que les effets sont modestes à l'échelle individuelle et réels à l'échelle d'une vie. Que le bénéfice est le plus net après 60 ans et chez ceux dont l'alimentation ne couvre pas tout. Et qu'une multivitamine dosée aux apports recommandés, prise chaque jour au repas, sans doublon, est un geste simple et sûr.

Glossaire

Les termes de ce guide
Multivitamine
Complément réunissant la plupart des vitamines et minéraux essentiels à des doses proches des apports journaliers recommandés.
Apports journaliers recommandés
Quantité quotidienne de chaque nutriment couvrant les besoins de la quasi-totalité de la population en bonne santé.
Limite supérieure de sécurité
Apport quotidien maximal au-delà duquel un risque d'effet indésirable apparaît pour un nutriment.
Insuffisance d'apport
Apport alimentaire inférieur au besoin moyen estimé, sans être nécessairement une carence clinique.
Biomarqueur de carence
Mesure sanguine qui objective une carence réelle, comme la ferritine pour le fer ou la 25-OH-D pour la vitamine D.
Personnes-années
Unité de suivi cumulant le nombre de participants et leur durée d'observation ; 17 cas pour 1 000 personnes-années signifie 17 cas parmi 1 000 personnes suivies un an.
Mémoire épisodique
Mémoire des événements vécus, situés dans le temps et le lieu, la première touchée par le vieillissement.
Vitamines liposolubles
Vitamines A, D, E et K, qui se dissolvent dans les graisses et s'absorbent mieux au cours d'un repas.
Double aveugle
Essai dans lequel ni les participants ni les évaluateurs ne savent qui reçoit le produit ou le placebo.

Sources

Références de ce guide

Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.

  1. Gaziano JM, et al. Les multivitamines dans la prévention du cancer chez l'homme : l'essai randomisé contrôlé Physicians' Health Study II. JAMA, 2012;308(18):1871-1880. DOI
  2. Vyas CM, et al. Effet d'une supplémentation en multivitamines-minéraux contre placebo sur la fonction cognitive : résultats de la sous-cohorte clinique de COSMOS et méta-analyse de trois études cognitives au sein de COSMOS. American Journal of Clinical Nutrition, 2024;119(3):692-701. DOI
  3. Blumberg JB, et al. Impact de la fréquence de prise de compléments multivitamines-minéraux sur l'adéquation nutritionnelle et les carences chez les adultes américains. Nutrients, 2017;9(8):849. DOI

Pour aller plus loin

À propos de cet article. Rédigé par L'équipe Nutrition•pro à partir des essais randomisés et de l'analyse de population identifiés via PubMed, dont les références et liens DOI figurent ci-dessus. Nous avons retenu les trois études les plus larges et les plus longues sur le sujet, et rapporté leurs résultats avec les mots de leurs auteurs, y compris le qualificatif « modeste » que ceux-ci emploient. Nous commercialisons une multivitamine. Découvrez notre méthodologie éditoriale.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Une multivitamine complète l'alimentation et ne la remplace pas. En grossesse, une formule standard ne se prend pas sans l'avis de la sage-femme ou du médecin. En cas de traitement au long cours, signalez tout complément à votre pharmacien. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Dernière mise à jour : septembre 2026.

Pas sûr de ce qu'il vous faut ?

2 minutes, des questions de praticien, et votre protocole personnalisé — aux dosages des études cliniques.

Faire mon bilan nutritionnel