On le voit partout : dans les smoothies, les pâtisseries d'un violet éclatant, les laits végétaux colorés. L'ube, ou igname violet, est passé d'ingrédient traditionnel philippin à phénomène mondial. Mais derrière cette couleur spectaculaire, qu'y a-t-il vraiment d'intéressant sur le plan nutritionnel, et qu'est-ce qui relève du simple effet de mode ?
Dans ce guide complet, on fait le tri entre la tendance et les faits. Vous découvrirez ce qu'est réellement l'ube, comment le distinguer du taro et de la patate douce violette, ce que dit la science sur ses anthocyanes, son profil nutritionnel réel, ses effets sur la digestion et la satiété, comment bien le choisir et le consommer, notamment sous forme de poudre. Un super-aliment coloré, oui, mais expliqué honnêtement, sources à l'appui.
Toute la couleur et les anthocyanes de l'ube, dans un format simple à doser. Une cuillère dans un smoothie, un yaourt ou une pâte à gâteau, et vos préparations prennent une teinte violette naturelle, sans colorant.
L'ube (Dioscorea alata) est un igname violet d'Asie du Sud-Est, emblème de la cuisine philippine. Sa couleur pourpre vient de ses anthocyanes, des pigments antioxydants : selon PubMed, leur activité antioxydante a été confirmée sur l'ube (Moriya 2015), et une méta-analyse associe les anthocyanes alimentaires à un risque cardiovasculaire réduit (Kimble 2018). À ne pas confondre avec le taro (chair blanche, neutre) ou la patate douce violette (autre espèce). Côté nutrition, c'est un féculent coloré qui apporte glucides, fibres et un peu de potassium. Ses fibres soutiennent la digestion (Barber 2020). On le consomme en cuisine ou, plus simplement, en poudre. Ce n'est ni un produit minceur ni un médicament : un bon aliment, à intégrer dans une alimentation variée.
- Qu'est-ce que l'ube ?
- Ube, taro, patate douce violette : ne plus confondre
- D'où vient l'ube ? Histoire et expansion
- Le profil nutritionnel réel de l'ube
- Les anthocyanes, le vrai trésor de l'ube
- Ce que dit la science sur ses bienfaits
- Ube, fibres et digestion
- Ube, glucides et glycémie : la nuance
- Comment consommer l'ube ?
- Comment choisir une bonne poudre d'ube
- Précautions et bon usage
- Questions fréquentes
1. Qu'est-ce que l'ube ?
L'ube (parfois écrit ubé en français) est un tubercule de l'espèce Dioscorea alata, aussi appelé purple yam en anglais. Ce qui le distingue au premier regard, c'est sa couleur violette intense, allant du lavande au pourpre profond, due à sa richesse en anthocyanes, des pigments naturels de la famille des flavonoïdes. Une fois cuit, il développe une texture fondante et un goût doux, légèrement sucré et vanillé, très différent d'une igname classique plus farineuse et neutre.
Cette douceur naturelle est l'une des clés de son succès : elle permet de réaliser des desserts savoureux en limitant le sucre ajouté. Longtemps consommé comme aliment de base dans les régions tropicales, l'ube est aujourd'hui redécouvert en Occident comme super-aliment, autant pour sa couleur photogénique que pour son profil nutritionnel. On le trouve désormais sous forme de purée, mais surtout de poudre, format pratique qui permet d'en profiter sans avoir à se procurer le tubercule frais, rare en Europe.
Il faut toutefois rester mesuré dès le départ : l'ube est un aliment intéressant, pas une potion magique. Son intérêt nutritionnel est réel, mais il s'inscrit dans une alimentation équilibrée, et non comme un remède. C'est précisément ce que nous allons détailler, point par point, en nous appuyant sur les données scientifiques disponibles.
2. Ube, taro, patate douce violette : ne plus confondre
La confusion est fréquente, car ces trois tubercules se ressemblent visuellement et sont souvent vendus ou cuisinés de façon interchangeable. Pourtant, ils n'ont ni la même botanique, ni le même goût, ni le même profil. Voici comment les distinguer clairement.
Ube (Dioscorea alata)
Le vrai igname violet d'Asie.
Chair naturellement pourpre, goût légèrement sucré et vanillé, riche en anthocyanes. C'est lui qui colore les desserts philippins et les préparations tendance. Star de la pâtisserie healthy, il est le sujet de cet article.
Patate douce violette (Okinawa)
Ipomoea batatas, pas un igname.
Famille botanique totalement différente. Chair plus ferme, goût plus terreux et moins sucré. Souvent confondue avec l'ube dans les recettes occidentales, mais c'est un autre aliment, avec un autre profil de pigments.
Taro
Chair blanche, pas violette.
Sa chair est blanche ou grise mouchetée, son goût neutre et féculent. Riche en amidon, mais bien moins riche en anthocyanes que l'ube. La teinte violette des préparations au taro vient souvent d'ajouts ou de confusion avec l'ube.
Cette distinction n'est pas qu'un détail de botaniste. Si vous cherchez spécifiquement l'apport en anthocyanes et la couleur violette naturelle, c'est bien l'ube qu'il vous faut, pas le taro (qui n'est pas violet) ni nécessairement la patate douce violette (dont les pigments diffèrent). C'est un point important quand on choisit une poudre : assurez-vous qu'il s'agit bien d'ube (Dioscorea alata), et non d'un mélange ou d'un substitut.
3. D'où vient l'ube ? Histoire et expansion
L'ube est cultivé depuis très longtemps dans les îles du Pacifique et l'Asie du Sud-Est, où il a constitué un aliment de base précieux, capable de pousser dans des climats tropicaux et de se conserver. Mais c'est surtout aux Philippines qu'il a acquis un statut emblématique, presque culturel. Là-bas, il est au cœur de desserts traditionnels célèbres comme l'ube halaya (une confiture épaisse d'igname violet, cuite avec du lait et du sucre), mais aussi des gâteaux, des pains, des glaces et de la fameuse crème glacée à l'ube. Cette popularité profondément ancrée dans la cuisine quotidienne a servi de tremplin.
L'expansion mondiale est plus récente. Avec l'essor des réseaux sociaux et l'engouement pour les aliments colorés et naturels, l'ube a séduit bien au-delà de l'Asie. Sa couleur violette, spectaculaire et impossible à reproduire fidèlement avec des colorants naturels courants, en a fait une star d'Instagram et de TikTok : lattes violets, smoothie bowls, gâteaux à étages, donuts. Au-delà de l'effet visuel, son intérêt nutritionnel, et notamment ses anthocyanes, a ensuite attiré l'attention des amateurs de nutrition et des marques. Pour approfondir cette histoire fascinante, voyez notre article dédié sur l'origine de l'ube aux Philippines.
Il faut aussi souligner pourquoi l'ube a explosé visuellement là où d'autres super-aliments sont restés discrets : sa couleur. Obtenir un violet aussi franc et naturel en cuisine est rare, et presque impossible avec des colorants naturels classiques sans virer au gris ou au bleu. L'ube offre cette teinte sans artifice, ce qui en a fait un favori des pâtissiers et des créateurs de contenu. Cette dimension esthétique, souvent moquée, a une vertu : elle a popularisé un aliment réellement nutritif auprès d'un large public, là où un légume vert peinerait à devenir viral. Reste à ne pas s'arrêter à l'image, et à comprendre ce qu'il y a vraiment dedans.
Ce parcours, d'aliment ancestral à tendance mondiale, explique en partie la confusion qui l'entoure : entre le marketing qui le présente comme un remède miracle et la réalité d'un tubercule nutritif mais ordinaire, il y a un écart que cet article cherche à combler. Voyons maintenant ce qu'il apporte concrètement.
4. Le profil nutritionnel réel de l'ube
Soyons précis et honnêtes, car beaucoup d'articles exagèrent. L'ube est d'abord un féculent : sa principale fonction nutritionnelle est d'apporter des glucides complexes, donc de l'énergie. À cela s'ajoutent des fibres intéressantes pour le transit, un peu de potassium et de vitamine C. Voici les ordres de grandeur, pour 100 g d'ube cuit.
Profil nutritionnel de l'ube (pour 100 g, cuit)
Valeurs moyennes indicatives, variables selon la variété, la maturité et la cuisson.
Que retenir de ce tableau ? Que l'ube est comparable à d'autres féculents racines comme la patate douce ou l'igname classique : une bonne source d'énergie, des fibres correctes, un peu de potassium. Il n'est pas extraordinairement riche en vitamines (sa teneur en vitamine C, par exemple, est modeste et diminue à la cuisson). Le marketing qui en fait une bombe vitaminique exagère. Le vrai point d'intérêt, ce sont les anthocyanes, ces pigments responsables de la couleur, que l'on ne trouve pas dans un féculent ordinaire. C'est là que la science apporte des éléments concrets, et c'est le sujet des deux prochaines sections.
5. Les anthocyanes, le vrai trésor de l'ube
Si l'ube mérite une attention particulière, c'est grâce à ses anthocyanes. Ces composés appartiennent à la grande famille des flavonoïdes, des molécules végétales étudiées pour leur rôle antioxydant. Ce sont eux qui colorent en rouge, violet et bleu de nombreux fruits et légumes : myrtilles, cassis, chou rouge, raisin noir, et donc l'ube.
Une particularité de l'ube est intéressante : ses anthocyanes sont en partie acylées, c'est-à-dire liées à des groupements qui les rendent plus stables, notamment à la chaleur et à la lumière. Cette stabilité est un atout, car elle permet aux pigments de mieux résister à la transformation et à la cuisson. C'est précisément ce qu'ont étudié des chercheurs sur l'ube des Philippines.
Des anthocyanes acylées ont été isolées de l'igname violet des Philippines, et leur activité antioxydante a été évaluée et confirmée par des tests de capacité antioxydante.
Selon PubMed, Moriya C et al. 2015, Bioscience Biotechnology and Biochemistry (analyse des pigments de Dioscorea alata). DOI : 10.1080/09168451.2015.1027652
Pour bien comprendre l'intérêt des antioxydants, un mot sur le stress oxydatif. Notre organisme produit en permanence des radicaux libres, des molécules instables issues de la respiration cellulaire, de la pollution, du tabac ou d'une alimentation déséquilibrée. En excès, ils peuvent endommager les cellules. Les antioxydants, dont les anthocyanes font partie, aident à neutraliser ces radicaux libres et à maintenir un équilibre. C'est un mécanisme général et bien établi en biologie, qui explique pourquoi les aliments riches en antioxydants suscitent autant d'intérêt. Cela dit, en avoir dans son assiette est utile, mais ne dispense en rien d'une bonne hygiène de vie globale : aucun antioxydant isolé ne compense un mode de vie déséquilibré.
En clair : la couleur de l'ube n'est pas qu'un atout esthétique, elle traduit la présence réelle de composés à activité antioxydante mesurable en laboratoire. Reste à savoir ce que cela signifie pour la santé, et c'est là qu'il faut être rigoureux sur ce que la science permet, ou non, d'affirmer.
6. Ce que dit la science sur ses bienfaits
Restons rigoureux, car c'est ce qui fait la différence entre une information fiable et une promesse marketing. Ce qui est étudié, ce sont surtout les anthocyanes en tant que famille de composés, pas l'ube spécifiquement en essai clinique. Deux niveaux de preuve coexistent, et il faut les distinguer.
Premier niveau : l'ube contient bien des anthocyanes actives, comme on vient de le voir (Moriya 2015). Deuxième niveau, plus large : que sait-on de l'effet des anthocyanes alimentaires sur la santé à long terme ? Une méta-analyse d'études de cohorte apporte un éclairage mesuré.
Un apport alimentaire plus élevé en anthocyanes est associé à une réduction du risque de maladie coronarienne et de mortalité cardiovasculaire, sans association significative observée pour l'AVC ou l'infarctus isolés.
Selon PubMed, Kimble R et al. 2018, Critical Reviews in Food Science and Nutrition (méta-analyse d'études de cohorte prospectives). DOI : 10.1080/10408398.2018.1509835
La nuance est capitale : il s'agit d'une association observée sur les anthocyanes alimentaires en général, pas d'une preuve que manger de l'ube protège le cœur. L'ube est une source intéressante d'anthocyanes parmi d'autres. On ne peut donc pas dire que l'ube « prévient les maladies cardiovasculaires » : ce serait une allégation abusive. On peut dire, honnêtement, que l'ube apporte des anthocyanes, et que les anthocyanes alimentaires font l'objet d'associations favorables dans la recherche épidémiologique.
Enfin, un troisième travail confirme l'intérêt de l'ube comme source d'antioxydants dans l'alimentation transformée. Selon PubMed, des chercheurs ont montré que substituer une partie de la farine de blé par de la farine d'ube augmente la teneur en anthocyanes, en composés phénoliques et la capacité antioxydante du pain obtenu (Tamaroh 2021, DOI : 10.1155/2021/5586316). Autrement dit, l'ube peut enrichir une recette en antioxydants, ce qui est cohérent avec son profil. Là encore, il s'agit de mesures en laboratoire sur l'aliment, pas d'un effet santé démontré chez l'humain.
7. Ube, fibres et digestion
Au-delà des anthocyanes, l'ube apporte des fibres alimentaires (autour de 4 g pour 100 g cuit), à la fois solubles et insolubles. Or les fibres sont l'un des piliers les mieux documentés d'une alimentation saine. Une revue de référence en fait le point.
L'apport en fibres alimentaires est associé à la santé métabolique globale, notamment via la sensibilité à l'insuline, et le microbiote intestinal joue un rôle de médiateur dans les effets bénéfiques des fibres, y compris la régulation de l'appétit.
Selon PubMed, Barber TM et al. 2020, Nutrients (revue sur les bienfaits des fibres alimentaires). DOI : 10.3390/nu12103209
Concrètement, les fibres de l'ube participent à un transit régulier, nourrissent le microbiote intestinal (les bonnes bactéries du côlon les fermentent) et contribuent à la satiété, cette sensation de rassasiement qui aide à ne pas manger au-delà de sa faim. C'est un atout réel, mais à mettre en perspective : l'ube n'est pas plus riche en fibres qu'un légume vert, des légumineuses ou un fruit comme la poire. Il participe à l'apport global en fibres, sans être une source exceptionnelle à lui seul. Pour augmenter nettement les fibres, on peut aussi compter sur des aliments dédiés comme le psyllium.
8. Ube, glucides et glycémie : la nuance
Voici un point souvent passé sous silence par le marketing, et qui mérite d'être dit clairement. L'ube est riche en glucides (environ 27 g pour 100 g cuit). C'est un féculent, au même titre que la pomme de terre, le riz ou l'igname classique. Il fait donc monter la glycémie quand on le consomme.
Ses fibres et la nature de son amidon peuvent modérer légèrement cette montée par rapport à un glucide raffiné, mais cela n'en fait pas un aliment « anti-sucre » ou adapté sans limite. Affirmer que l'ube « régule la glycémie » serait trompeur : il apporte des glucides, point. Pour une personne diabétique ou simplement attentive à sa glycémie, le bon réflexe est de compter l'ube dans sa portion de féculents du repas, et non en plus. C'est un point de prudence important, sur lequel nous revenons dans la section précautions.
9. Comment consommer l'ube ?
En cuisine, l'ube est un régal visuel et gustatif : purée (l'ube halaya, base de nombreux desserts), glaces naturellement colorées, gâteaux, pancakes, et bien sûr les fameux lattes et smoothies violets. Son goût naturellement sucré permet souvent de limiter le sucre ajouté, ce qui séduit les amateurs de cuisine plus naturelle. Pour des idées concrètes et testées, voyez nos recettes faciles à base d'ube.
Mais en Europe, le tubercule frais est rare et cher. C'est là que la poudre d'ube prend tout son sens : elle offre la couleur et les anthocyanes dans un format simple, sans préparation et avec une longue conservation. Une à deux cuillères à café suffisent à colorer et parfumer un yaourt, un porridge, un smoothie ou une pâte à gâteau. C'est la façon la plus accessible de profiter de l'ube au quotidien.
Quelques idées concrètes pour intégrer la poudre sans effort : une cuillère dans votre smoothie du matin (banane, lait végétal, ube), saupoudrée sur un bowl ou un yaourt, mélangée à une pâte à pancakes ou à gaufres pour une couleur spectaculaire, ou battue dans un latte chaud avec du lait moussé. Côté conservation, gardez la poudre à l'abri de la lumière et de l'humidité, dans un contenant bien fermé : les anthocyanes sont sensibles à la lumière, et un bon stockage préserve la couleur. Évitez de la faire bouillir longuement, une incorporation en fin de préparation suffit.
Pour l'expérience culinaire complète, les desserts authentiques, le plaisir de cuisiner. Idéal si vous trouvez du tubercule ou de la purée importée, en acceptant un coût et une disponibilité variables.
Pour la simplicité et la régularité au quotidien. Dosage facile, longue conservation, parfait pour smoothies, yaourts et pâtisseries express. Le choix pratique et économique en Europe.
Notre ube bio en poudre entre dans cette logique : profiter de l'igname violet sans contrainte, avec une matière première bio d'origine philippine. Pour savoir s'il mérite vraiment son statut de super-aliment, lisez aussi notre analyse dédiée : l'ube est-il un super-aliment efficace ?
10. Comment choisir une bonne poudre d'ube
Toutes les poudres d'ube ne se valent pas. Voici les critères concrets pour bien choisir, que ce soit chez nous ou ailleurs.
100 % ube, rien d'autre
L'étiquette doit indiquer uniquement de l'ube (Dioscorea alata). Méfiez-vous des mélanges, des ajouts de sucre, d'arômes ou de colorants. La vraie poudre d'ube n'a pas besoin d'être colorée artificiellement : sa teinte vient de ses anthocyanes.
Une provenance claire
Une origine indiquée, idéalement les Philippines, terre historique de l'ube, est un gage de sérieux. Une poudre bio garantit en plus l'absence de pesticides de synthèse et un cahier des charges de production.
Un violet naturel
La couleur doit être un violet à mauve naturel, ni délavé (signe d'une matière première pauvre ou dégradée), ni fluo (signe possible d'un colorant ajouté). La couleur est un bon indicateur de la richesse en anthocyanes.
Notre ube bio en poudre répond à ces critères : 100 % igname violet bio, d'origine philippine, sans additif. C'est la garantie de retrouver la vraie couleur et les vrais pigments de l'ube. Pour compléter une démarche antioxydante plus large, on peut l'associer à d'autres super-aliments comme l'açaï, lui aussi riche en anthocyanes, ou à un complexe d'antioxydants en gélules.
Ube et autres aliments violets : comment se situe-t-il ?
L'ube est souvent présenté comme un super-aliment exceptionnel, mais il est utile de le replacer parmi ses cousins riches en anthocyanes. La myrtille et le cassis sont des références en la matière, avec des teneurs en anthocyanes souvent supérieures. L'açaï, baie amazonienne, est également réputé pour sa richesse en pigments antioxydants. Le chou rouge, le raisin noir ou la mûre complètent la liste.
Qu'est-ce qui distingue alors l'ube ? Pas une supériorité antioxydante absolue, mais sa nature : c'est un féculent, pas un fruit. Il apporte donc à la fois de l'énergie, des fibres et des anthocyanes, dans un format qui se cuisine comme une pomme de terre ou se boit en latte. Cette polyvalence culinaire, et sa couleur spectaculaire et stable, font son originalité, plus que des records de teneur. Le bon réflexe nutritionnel n'est pas de chercher l'aliment violet « le plus puissant », mais de varier les sources : un peu d'ube, des myrtilles, du chou rouge, de l'açaï. La diversité bat la concentration sur un seul produit. C'est d'ailleurs le principe d'un complexe d'antioxydants bien formulé : combiner plusieurs apports complémentaires.
Cette mise en perspective est importante pour consommer l'ube intelligemment : ni le bouder (il a de vrais atouts), ni le sacraliser (il n'est pas miraculeux). Un bon aliment de plus dans une alimentation colorée et variée, voilà sa juste place.
11. Précautions et bon usage
Il faut garder la tête froide face à l'engouement. L'ube est un bon aliment, mais ce n'est pas un remède. Quelques repères de bon sens : c'est un féculent, donc il compte dans votre apport en glucides ; ses fibres peuvent contribuer à la satiété, mais il ne fait pas maigrir par magie ; et aucune allégation thérapeutique (anti-inflammatoire, détox, prévention de maladies) ne peut lui être attribuée, les données disponibles portant sur les anthocyanes en général et non sur l'ube en essai clinique.
Sur le plan digestif, comme tout aliment riche en fibres, une consommation excessive et soudaine peut occasionner des ballonnements : augmentez les quantités progressivement. Et gardez à l'esprit le point glycémique vu plus haut : l'ube apporte des glucides.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'ube ?
L'ube est une variété d'igname violet de l'espèce Dioscorea alata, originaire d'Asie du Sud-Est et très populaire aux Philippines. Sa chair naturellement pourpre doit sa couleur à sa richesse en anthocyanes, des pigments aux propriétés antioxydantes. Cuit, il développe une texture moelleuse et un goût légèrement sucré et vanillé, ce qui explique son succès en pâtisserie et dans les préparations dites healthy.
Quelle est la différence entre l'ube, la patate douce violette et le taro ?
Ces trois aliments sont violets mais appartiennent à des familles botaniques différentes. L'ube (Dioscorea alata) est un igname violet au goût légèrement sucré. La patate douce violette (Ipomoea batatas, variété Okinawa) vient d'une autre espèce, avec une chair plus ferme et un goût plus terreux. Le taro a une chair blanche mouchetée, un goût plus neutre et est riche en amidon. C'est l'ube qui se distingue par sa teneur en anthocyanes.
Quels sont les bienfaits de l'ube ?
L'ube est surtout étudié pour sa richesse en anthocyanes, des antioxydants. Selon PubMed, des travaux ont isolé et confirmé l'activité antioxydante des anthocyanes de l'ube (Moriya 2015). Par ailleurs, une méta-analyse sur les anthocyanes alimentaires en général (Kimble 2018) a observé une association avec un risque cardiovasculaire réduit. L'ube apporte aussi des fibres et des micronutriments comme le potassium. Ces données concernent surtout les anthocyanes et ne constituent pas des allégations de santé propres au tubercule.
Comment consommer l'ube ?
En cuisine, l'ube se consomme en purée (ube halaya), en glaces, gâteaux, pancakes, lattes ou smoothies, où il apporte couleur et goût sucré naturel. Sous forme de poudre, il s'incorpore facilement dans un yaourt, un smoothie, un porridge ou une préparation pâtissière, pour profiter de sa couleur et de ses anthocyanes sans avoir à cuisiner le tubercule frais, peu disponible en Europe.
L'ube fait-il maigrir ?
L'ube n'est pas un produit minceur. Comme tout féculent, il apporte des glucides et des calories. Ses fibres peuvent contribuer à la satiété dans le cadre d'une alimentation équilibrée, mais il ne fait pas maigrir à lui seul. La perte de poids dépend d'un déficit calorique global. Mieux vaut voir l'ube comme un féculent coloré et intéressant nutritionnellement que comme un aliment amincissant.
Peut-on consommer de l'ube tous les jours ?
Oui, dans le cadre d'une alimentation variée et de portions raisonnables. L'ube est un aliment, pas un médicament : il s'intègre comme n'importe quel féculent. Sous forme de poudre en complément, il convient de respecter les doses indiquées. En cas de pathologie, de traitement, de grossesse ou de doute, il est préférable de demander l'avis d'un professionnel de santé.
L'ube est-il bon pour les diabétiques ?
L'ube est un féculent riche en glucides : il fait monter la glycémie comme le riz ou la pomme de terre. Ses fibres modèrent légèrement cette montée, mais il doit être compté dans la portion de féculents du repas, pas considéré comme un aliment libre. Une personne diabétique peut en consommer en quantité maîtrisée, idéalement après avis de son médecin ou de son diététicien.
- Ube
- Igname violet de l'espèce Dioscorea alata, originaire d'Asie du Sud-Est, à chair pourpre.
- Dioscorea alata
- Nom scientifique de l'igname violet (ube), aussi appelé purple yam en anglais.
- Anthocyanes
- Pigments végétaux de la famille des flavonoïdes, responsables des couleurs rouge, violette et bleue, dotés de propriétés antioxydantes.
- Anthocyanes acylées
- Forme particulière d'anthocyanes, plus stable à la chaleur et à la lumière, présente notamment dans l'ube.
- Antioxydant
- Composé qui aide à neutraliser les radicaux libres et à limiter le stress oxydatif des cellules.
- Féculent
- Aliment riche en glucides complexes (amidon), source d'énergie. L'ube en fait partie.
- Ube halaya
- Confiture épaisse d'igname violet, dessert traditionnel emblématique des Philippines.
Informations issues de PubMed. Les données décrivent l'état de la recherche sur l'ube et les anthocyanes, et ne constituent pas des allégations de santé attribuées à un produit.
- Moriya C, Hosoya T, Agawa S, et al. New acylated anthocyanins from purple yam and their antioxidant activity. Biosci Biotechnol Biochem 2015;79(9):1484-92. DOI : 10.1080/09168451.2015.1027652
- Kimble R, Keane KM, Lodge JK, Howatson G. Dietary intake of anthocyanins and risk of cardiovascular disease: a systematic review and meta-analysis of prospective cohort studies. Crit Rev Food Sci Nutr 2019;59(18):3032-3043. DOI : 10.1080/10408398.2018.1509835
- Tamaroh S, Sudrajat A. Antioxidative characteristics and sensory acceptability of bread substituted with purple yam. Int J Food Sci 2021;2021:5586316. DOI : 10.1155/2021/5586316
- Barber TM, Kabisch S, Pfeiffer AFH, Weickert MO. The Health Benefits of Dietary Fibre. Nutrients 2020;12(10):3209. DOI : 10.3390/nu12103209







