Chaque année, à la même période, la brosse se remplit, la douche se bouche, et la question revient : est-ce que je perds mes cheveux ? La réponse, pour la grande majorité des gens, est non. Vous perdez les cheveux que votre corps avait programmés pour tomber en été, et qui tombent maintenant. C'est mesuré, c'est cyclique, et cela repousse.
Cet article explique le mécanisme tel qu'une étude de six ans sur 823 femmes l'a établi, donne les repères de durée et d'intensité, apprend à distinguer une chute saisonnière d'un autre problème, puis passe en revue ce que les études montrent pour accompagner le cycle : la kératine biodisponible, avec un essai randomisé de 90 jours, le zinc, la biotine et le fer. Et il dit quand commencer, parce que la chute d'automne a un avantage sur les autres : elle est prévisible.
Le mécanisme. Chez 823 femmes suivies six ans, la proportion de cheveux en phase de repos est maximale en été et minimale en fin d'hiver. Un cheveu en repos tombe deux à trois mois plus tard : le pic de l'été devient la chute de septembre à novembre. La durée. Quatre à huit semaines, diffuse, sans zone dégarnie, puis retour à la normale. Les cheveux repoussent : le follicule est intact.
Ce qui aide. Une kératine biodisponible à 500 mg, testée 90 jours chez 50 femmes en double aveugle : chute, croissance, résistance et brillance significativement améliorées face au placebo. Le zinc, plus bas chez 312 patients qui perdent leurs cheveux, tous types confondus. La biotine, cofacteur de la synthèse de kératine. Le fer, à vérifier si la chute s'installe. Quand : dès début septembre, pour trois mois. Quand consulter : plus de trois mois, plaques, recul localisé, cuir chevelu irrité.
- Pourquoi l'automne : le cycle mesuré chez 823 femmes
- Combien, combien de temps, et est-ce que ça repousse
- Saisonnier ou autre chose : les signes qui distinguent
- La kératine biodisponible : l'essai de 90 jours
- Zinc, biotine, fer : les cofacteurs
- Quand commencer, et la routine des semaines de chute
- Questions fréquentes
Pourquoi l'automne : le cycle mesuré chez 823 femmes
Un cheveu vit en trois temps : une phase de croissance, l'anagène, qui dure de deux à six ans ; une courte transition ; puis une phase de repos, le télogène, de deux à trois mois, au terme de laquelle il tombe, poussé par le nouveau cheveu qui se forme dessous. À tout moment, 10 à 15 % des cheveux sont en repos. La question de l'automne est simple : cette proportion varie-t-elle avec les saisons ?
L'équipe de dermatologie de l'hôpital universitaire de Zurich y a répondu de la façon la plus solide qui existe : en analysant pendant six ans les trichogrammes de femmes venues consulter pour une chute, après avoir exclu toutes celles qui avaient une maladie ou un traitement expliquant la chute. Il en est resté 823 femmes en bonne santé, la plus grande série jamais étudiée sur ce point.
| Saison | Proportion de cheveux en repos | Ce qui en découle |
|---|---|---|
| Été | Maximale | Ces cheveux tombent deux à trois mois plus tard : septembre à novembre |
| Printemps | Second pic, moins marqué | Petite chute en début d'été |
| Fin d'hiver | Minimale | La densité est au plus haut : la repousse a fait son travail |
Les auteurs concluent à une périodicité annuelle de la croissance et de la chute des cheveux, et notent que cela confirme les observations plus anciennes, mais pour la première fois sur un nombre représentatif de femmes. Le mécanisme sous-jacent est probablement lié à la lumière : les jours longs de l'été font basculer davantage de follicules en repos, une adaptation héritée d'ancêtres qui muaient.
Ce qui tombe en octobre était déjà mort en juillet. Le cheveu en repos ne pousse plus, ne se nourrit plus, attend d'être remplacé. Rien de ce que vous faites en octobre ne peut le retenir, et rien n'a besoin de le retenir : sous chaque cheveu qui tombe, un nouveau pousse. La chute d'automne n'est pas une perte, c'est un renouvellement visible.
Et parce qu'elle découle d'un pic estival mesurable, elle est prévisible. C'est la seule chute de cheveux dont on connaît la date à l'avance, et cela change la façon de s'y préparer.
Combien, combien de temps, et est-ce que ça repousse
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Chute normale toute l'année | 50 à 100 cheveux par jour, sur environ 100 000 |
| Chute en automne | Sensiblement plus, pendant quelques semaines, concentrée au shampooing et au brossage |
| Durée | Quatre à huit semaines, pic fin septembre et octobre |
| Aspect | Diffuse, sur tout le cuir chevelu, sans zone dégarnie |
| Repousse | Immédiate sous chaque cheveu tombé ; visible en deux à trois mois ; densité maximale en fin d'hiver |
| Récurrence | Chaque année, à la même période |
La sensation est toujours plus forte que la réalité, pour une raison mécanique : on ne compte pas les cheveux qui tombent dans la journée, on les découvre par paquets dans la douche et la brosse, où plusieurs jours s'additionnent. Un test simple : passer les doigts dans les cheveux propres et secs, de la racine aux pointes, sur trois zones. Quelques cheveux dans la main, c'est normal ; une dizaine à chaque passage, pendant plus de deux mois, mérite un avis.
Saisonnier ou autre chose : les signes qui distinguent
| Chute saisonnière | Autre chose | |
|---|---|---|
| Répartition | Diffuse, partout | Plaques, tempes, sommet, raie qui s'élargit |
| Durée | Quatre à huit semaines | Plus de trois mois, ou qui s'aggrave |
| Cuir chevelu | Normal | Démangeaisons, rougeur, squames, douleur |
| Déclencheur | La saison, chaque année | Accouchement, régime sévère, opération, fièvre, nouveau médicament, choc |
| Autres signes | Aucun | Fatigue, ongles cassants, règles abondantes, frilosité, prise de poids |
| Ce qu'il faut faire | Accompagner le cycle, attendre la repousse | Médecin ou dermatologue, prise de sang |
Une chute qui dure plus de trois mois. Des plaques sans cheveux, même petites. Un recul des tempes ou un éclaircissement du sommet qui progresse, chez l'homme comme chez la femme. Un cuir chevelu qui démange, rougit ou desquame. Une chute brutale après un événement, accouchement, régime, opération, fièvre, médicament. Des ongles ou une peau qui changent en même temps. Une fatigue inhabituelle ou des règles abondantes, qui orientent vers le fer ou la thyroïde. Dans ces cas, un médecin, et une prise de sang avec ferritine et thyroïde.
La kératine biodisponible : l'essai de 90 jours
Le cheveu est fait à 95 % de kératine, une protéine riche en acides aminés soufrés, cystéine en tête, qui lui donnent sa solidité. Le follicule qui fabrique un cheveu neuf a besoin de ces briques. Le problème de la kératine ordinaire, celle des plumes ou de la laine, est qu'elle est indigeste : ses acides aminés sont verrouillés par des ponts que l'intestin ne sait pas ouvrir. Les kératines solubilisées sont traitées pour rendre ces acides aminés absorbables, et c'est cette forme qui a été testée.
Un essai randomisé, en double aveugle, contre placebo, a inclus 50 femmes : 25 ont reçu pendant 90 jours deux gélules par jour de Cynatine HNS, une kératine solubilisée à 500 mg associée à des vitamines et minéraux, 25 des gélules identiques de placebo.
| Ce qui a été mesuré | Résultat, kératine contre placebo |
|---|---|
| Chute des cheveux | Amélioration statistiquement significative |
| Croissance | Amélioration statistiquement significative |
| Résistance de la fibre | Amélioration statistiquement significative |
| Composition en acides aminés, brillance | Améliorées |
| Solidité et aspect des ongles | Améliorés significativement |
| Enregistrement | Essai enregistré, numéro EudraCT public |
Les auteurs concluent que Cynatine HNS est un complément efficace pour améliorer les cheveux et les ongles en 90 jours ou moins. Le fait que la chute, la croissance et la résistance bougent ensemble est cohérent avec le mécanisme : apporter la matière première au follicule qui fabrique le cheveu neuf, au moment où il le fabrique.
L'un des auteurs est affilié au fabricant de l'ingrédient, ce que nous signalons, comme pour la plupart des essais sur des ingrédients brevetés. L'essai est randomisé, en double aveugle, enregistré, et ses critères sont objectifs ; cela ne l'annule pas. L'effectif, 50 femmes, est celui d'un essai de taille modeste, et il n'a pas été mené spécifiquement sur la chute saisonnière : il porte sur des femmes avec des cheveux et des ongles fragiles, ce qui est le terrain sur lequel la chute d'automne se voit le plus.
Zinc, biotine, fer : les cofacteurs
Le zinc : 312 patients, 30 témoins
Le zinc intervient dans la division des cellules du follicule, parmi les plus rapides du corps, et dans les enzymes qui assemblent la kératine. Une équipe de dermatologie coréenne a dosé le zinc sanguin de 312 patients souffrant de quatre types de chute de cheveux et de 30 témoins.
| Groupe | Zinc sanguin | Résultat |
|---|---|---|
| Témoins sans chute | 97,9 µg/dl | Référence |
| Tous les patients avec chute | 84,3 µg/dl | Significativement plus bas, p = 0,002 |
| Chaque type de chute, séparément | Plus bas dans les quatre | Le zinc est bas quel que soit le type de chute |
| Chute diffuse télogène, la plus proche de la saisonnière | Zinc sous 70 µg/dl plus fréquent | Significatif |
Les auteurs concluent qu'une perturbation du métabolisme du zinc joue un rôle clé dans la chute de cheveux, en particulier la chute diffuse télogène. Le cuivre, lui, ne différait pas. C'est une étude d'association, pas un essai de supplémentation ; elle dit que le zinc manque chez ceux qui perdent leurs cheveux, et que le follicule en a besoin.
La biotine : le cofacteur de la kératine
La biotine, vitamine B8, est le cofacteur des enzymes qui fabriquent la kératine. La revue de référence sur les vitamines et la chute de cheveux, publiée dans Dermatology and Therapy par une équipe incluant Antonella Tosti, l'une des spécialistes mondiales du cheveu, rappelle que sa carence donne des cheveux fins et une chute, que le bénéfice de la supplémentation est le plus net quand l'apport est insuffisant, et que des essais plus larges sont attendus pour la population générale. Sa place dans une formule est logique : elle est le cofacteur de l'actif principal. Notre guide de la biotine détaille dosages et limites.
Le fer : le chiffre à regarder si ça dure
La même revue identifie le fer comme le nutriment dont le manque est le plus souvent associé à une chute diffuse, surtout chez la femme, et la ferritine, sa forme de réserve, comme le premier chiffre à regarder. Une chute d'automne qui ne se calme pas peut cacher une réserve trop basse, en particulier avec des règles abondantes ou une alimentation pauvre en viande. Notre article sur la ferritine et la chute de cheveux donne le taux à viser.
Quand commencer, et la routine des semaines de chute
Parce qu'elle découle d'un pic estival mesuré, la chute d'automne se prépare. Le follicule qui redémarre en septembre a besoin de ses matériaux en septembre, pas en novembre quand la chute est déjà visible. L'essai sur la kératine a duré 90 jours : une cure de septembre à novembre couvre la fenêtre de chute et le début de la repousse. Commencer en octobre reste utile, la repousse se prolongeant tout l'hiver.
| Quand | Ce qui se passe | Ce qu'il faut faire |
|---|---|---|
| Début septembre | Les cheveux passés en repos en été commencent à se détacher | Démarrer la cure : kératine, zinc, biotine, une gélule par jour |
| Fin septembre, octobre | Pic de chute, brosse et douche pleines | Continuer, douceur mécanique, ne pas paniquer : c'est prévu |
| Novembre | La chute se calme, les cheveux neufs sont sous le cuir chevelu | Terminer les trois mois ; les premiers signes se voient dans la brosse |
| Décembre à février | Repousse visible, densité qui remonte, minimum de repos en fin d'hiver | Vérifier la ferritine si la chute n'a pas cédé |
La routine des semaines de chute
- Ne pas espacer les shampooings : un lavage n'arrache pas un cheveu vivant, il fait tomber ceux qui étaient déjà détachés. Espacer les concentre, ce qui impressionne davantage pour le même nombre.
- Douceur mécanique : brushings moins chauds, pas de coiffures serrées, colorations décalées de quelques semaines. La chute est inévitable ; la casse, elle, s'évite.
- Masser le cuir chevelu : sans risque, agréable, et la stimulation mécanique du follicule est le geste le plus ancien de la routine capillaire.
- Dormir, et manger des protéines : le cheveu est une protéine, et le follicule est l'un des tissus les plus sensibles au manque de sommeil et au stress de la rentrée, qui peut prolonger la chute.
Que faire concrètement
Questions fréquentes
Comprendre
Pourquoi perd-on plus de cheveux en automne ?
Parce que le cheveu a un cycle et que ce cycle suit les saisons. Une étude de l'hôpital universitaire de Zurich a analysé pendant six ans les trichogrammes de 823 femmes en bonne santé et retrouve une périodicité annuelle nette : la proportion de cheveux en phase télogène, la phase de repos qui précède la chute, est maximale en été, et minimale en fin d'hiver. Un cheveu en télogène tombe deux à trois mois plus tard. Le pic estival de repos devient donc un pic de chute de septembre à novembre.
Combien de cheveux perd-on par jour normalement ?
Entre 50 et 100 par jour, ce qui correspond au renouvellement naturel d'environ 100 000 cheveux dont 10 à 15 % sont en repos à tout moment. En automne, ce chiffre peut augmenter sensiblement pendant quelques semaines, et la sensation est amplifiée parce que la chute se voit surtout au shampooing et au brossage, quand plusieurs jours de cheveux tombent d'un coup.
Combien de temps dure la chute saisonnière ?
Quatre à huit semaines dans la plupart des cas, avec un pic vers la fin septembre et le mois d'octobre, puis un retour progressif à la normale. Une chute qui se prolonge au-delà de trois mois, qui s'aggrave, ou qui laisse apparaître le cuir chevelu par endroits n'est plus une chute saisonnière et appelle un avis médical.
Est-ce grave ? Les cheveux repoussent-ils ?
Non, ce n'est pas grave, et oui, ils repoussent. La chute saisonnière est une chute dite télogène : le cheveu tombe en fin de cycle, mais le follicule est intact et entame un nouveau cycle. Les cheveux qui tombent en octobre sont remplacés par des cheveux qui poussent dès l'hiver. La densité se rétablit d'elle-même, et c'est ce que confirme le creux de télogène observé en fin d'hiver dans l'étude de Zurich.
Comment savoir si c'est saisonnier ou autre chose ?
La chute saisonnière est diffuse, sur tout le cuir chevelu, sans zone dégarnie, sans démangeaison ni douleur, et elle se calme en quelques semaines. Elle revient chaque année à la même période. À l'inverse, des plaques sans cheveux, un recul des tempes ou du sommet, un cuir chevelu qui gratte ou desquame, une chute qui dure plus de trois mois ou qui suit un événement précis, accouchement, régime sévère, maladie, médicament, évoquent une autre cause et se consultent.
Les hommes sont-ils concernés ?
Oui, le cycle saisonnier existe chez l'homme aussi, même si l'étude de Zurich ne portait que sur des femmes. Chez l'homme, la difficulté est de ne pas confondre une chute saisonnière avec le début d'une chute androgénétique, qui touche les tempes et le sommet et ne se calme pas. Une chute diffuse qui revient chaque automne et se résout est saisonnière ; un recul localisé et progressif ne l'est pas.
Ce qui aide
Que montre la kératine sur la chute ?
Un essai randomisé en double aveugle contre placebo chez 50 femmes a testé pendant 90 jours une kératine biodisponible, Cynatine HNS à 500 mg, associée à des vitamines et minéraux. Les critères mesurés étaient la chute, la croissance, la résistance, la composition en acides aminés et la brillance des cheveux, ainsi que la solidité et l'aspect des ongles. Les femmes sous kératine ont montré des améliorations statistiquement significatives par rapport au placebo sur les cheveux et les ongles. Un auteur est affilié au fabricant de l'ingrédient.
Pourquoi une kératine biodisponible ?
Parce que la kératine ordinaire, celle des plumes ou de la laine, est indigeste : ses acides aminés soufrés sont verrouillés par des ponts disulfures que l'intestin ne sait pas ouvrir. Les kératines solubilisées comme Cynatine HNS sont traitées pour que ces acides aminés, cystéine en tête, soient absorbables et disponibles pour le follicule qui fabrique le cheveu. C'est la forme qui a été testée dans l'essai clinique, et c'est ce qui la distingue d'une kératine brute.
Que montre le zinc ?
Une étude coréenne a comparé le zinc sanguin de 312 patients souffrant de quatre types de chute de cheveux à celui de 30 témoins. Tous les groupes de chute avaient un zinc significativement plus bas, 84 contre 98 microgrammes par décilitre. Dans la chute diffuse télogène, celle qui ressemble à la chute saisonnière, la proportion de patients en dessous de 70 était significativement plus élevée. Les auteurs en concluent qu'une perturbation du métabolisme du zinc joue un rôle clé dans ces chutes. Le zinc intervient dans la division des cellules du follicule et la synthèse de kératine.
La biotine aide-t-elle vraiment ?
La biotine, vitamine B8, est le cofacteur des enzymes qui fabriquent la kératine, et la revue de référence sur les vitamines et la chute rappelle que sa carence donne des cheveux fins et une chute. Le bénéfice d'une supplémentation est le plus net quand l'apport est insuffisant, et les auteurs appellent à des essais plus larges. Sa place dans une formule est logique : elle est le cofacteur de l'actif principal, la kératine. Notre article dédié à la biotine détaille dosages et limites.
Et le fer ?
Le fer est le nutriment dont le manque est le plus souvent associé à une chute diffuse chez la femme, et la ferritine, sa forme de réserve, est le premier chiffre à regarder si la chute s'installe. Une chute saisonnière qui ne se calme pas peut cacher une réserve en fer trop basse, surtout chez une femme avec des règles abondantes ou une alimentation pauvre en viande. Notre article sur la ferritine et la chute de cheveux détaille le taux à viser.
En pratique
Quand commencer une cure d'automne ?
Début septembre, avant le pic. La chute d'automne est prévisible, puisqu'elle découle du pic de repos de l'été, et le follicule qui redémarre a besoin de ses matériaux au moment où il redémarre. L'essai sur la kératine a duré 90 jours ; une cure de septembre à novembre couvre exactement la fenêtre de chute et le début de la repousse. Commencer en octobre reste utile, la repousse se prolongeant tout l'hiver.
Combien de temps dure une cure ?
Trois mois, la durée de l'essai clinique sur la kératine et le temps qu'il faut pour qu'un cheveu neuf devienne visible. Les premiers signes, moins de cheveux dans la brosse, apparaissent souvent en trois à quatre semaines ; la densité et la brillance demandent deux à trois mois. Une cure de septembre à novembre ou d'octobre à décembre correspond au cycle.
Faut-il changer sa routine capillaire en automne ?
Doucement. Les cheveux qui tombent tomberaient de toute façon, un shampooing ne les arrache pas ; espacer les lavages ne change rien à la chute, il la concentre. En revanche, limiter les brushings très chauds, les coiffures serrées et les colorations agressives pendant les semaines de chute évite d'ajouter de la casse à la chute. Le cuir chevelu, lui, se masse volontiers : la stimulation mécanique est sans risque et agréable.
Le stress aggrave-t-il la chute d'automne ?
Le stress est l'une des causes classiques de chute télogène, et la rentrée en cumule souvent plusieurs : reprise du travail, rythme, sommeil plus court. Il ne crée pas la chute saisonnière, mais il peut s'y ajouter et la prolonger. Une chute d'automne qui traîne et coïncide avec une période difficile est un signal à écouter, sur le sommeil et la charge autant que sur les cheveux.
Quand consulter
Quels signes doivent faire consulter ?
Une chute qui dure plus de trois mois. Des plaques sans cheveux, même petites. Un recul des tempes ou un éclaircissement du sommet qui progresse. Un cuir chevelu qui démange, rougit ou desquame. Une chute brutale après un événement, accouchement, régime sévère, opération, fièvre, nouveau médicament. Des ongles ou une peau qui changent en même temps. Une fatigue inhabituelle ou des règles abondantes, qui orientent vers le fer ou la thyroïde. Dans ces cas, un médecin ou un dermatologue, et une prise de sang.
Que retenir sur la chute de cheveux d'automne ?
Qu'elle est normale, mesurée chez 823 femmes, et qu'elle découle du pic de repos des cheveux en été. Qu'elle dure quatre à huit semaines et que les cheveux repoussent. Qu'un essai randomisé de 90 jours montre l'effet d'une kératine biodisponible sur la chute, la croissance, la résistance et la brillance, que le zinc est plus bas chez les personnes qui perdent leurs cheveux et que la biotine est le cofacteur de la kératine. Que la cure se commence début septembre pour trois mois. Et qu'une chute qui dure, qui fait des plaques ou qui suit un événement se consulte.
Glossaire
- Anagène
- Phase de croissance du cheveu, de deux à six ans, pendant laquelle il pousse d'environ un centimètre par mois.
- Télogène
- Phase de repos de deux à trois mois au terme de laquelle le cheveu tombe, poussé par le nouveau cheveu qui se forme dessous.
- Effluvium télogène
- Chute diffuse et transitoire par passage simultané de nombreux cheveux en phase de repos ; la chute saisonnière en est la forme la plus douce.
- Trichogramme
- Examen au microscope d'une centaine de cheveux prélevés, permettant de compter la proportion en croissance et en repos.
- Follicule
- Structure du cuir chevelu qui fabrique le cheveu ; intact dans la chute saisonnière, il entame un nouveau cycle.
- Kératine
- Protéine riche en acides aminés soufrés qui constitue 95 % du cheveu et l'essentiel de l'ongle.
- Kératine biodisponible, solubilisée
- Kératine traitée pour que ses acides aminés soufrés soient absorbables par l'intestin ; forme testée dans l'essai clinique.
- Cystéine
- Acide aminé soufré dont les ponts donnent au cheveu sa solidité ; le plus abondant dans la kératine.
- Ferritine
- Protéine de réserve du fer, dont le dosage sanguin est le premier repère en cas de chute qui s'installe.
- Chute androgénétique
- Chute progressive et localisée, tempes et sommet, d'origine hormonale et génétique ; ne se calme pas avec les saisons.
Sources
Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.
- Kunz M, Seifert B, Trüeb RM. Saisonnalité de la chute des cheveux chez des femmes en bonne santé se plaignant d'une perte de cheveux. Dermatology, 2009;219(2):105-110. DOI
- Beer C, Wood S, Veghte RH. Essai clinique évaluant l'effet de Cynatine HNS sur les paramètres des cheveux et des ongles. The Scientific World Journal, 2014;2014:641723. Un auteur affilié au fabricant de l'ingrédient. DOI
- Kil MS, Kim CW, Kim SS. Analyse des concentrations sériques de zinc et de cuivre dans la chute de cheveux. Annals of Dermatology, 2013;25(4):405-409. DOI
- Almohanna HM, Ahmed AA, Tsatalis JP, Tosti A. Le rôle des vitamines et minéraux dans la chute de cheveux : une revue. Dermatology and Therapy, 2019;9(1):51-70. DOI


