L'onagre et la bourrache n'ont pas grand-chose en commun botaniquement : l'une est une fleur jaune venue d'Amérique du Nord, l'autre une plante méditerranéenne à fleurs bleues. Ce qui les réunit dans la même capsule tient à une seule molécule, et elle est rare : l'acide gamma-linolénique, le GLA. Ni l'huile d'olive, ni l'huile de tournesol, ni les noix n'en apportent. Le corps le fabrique lui-même, mais par une enzyme lente qui constitue le goulot d'étranglement de toute la chaîne.
Cet article regarde ce que les essais ont réellement mesuré. Un essai randomisé de 12 semaines sur la peau avec des mesures instrumentales d'hydratation et de perte en eau, une méta-analyse de 13 essais sur le confort mammaire, une étude sur 1 015 patientes qui explique pourquoi certaines femmes répondent et d'autres pas, les données de ménopause, et une revue Cochrane dont la conclusion sur l'eczéma est nette. Avec les doses, le moment de prise et les vraies précautions.
La molécule. Le GLA saute l'étape la plus lente du métabolisme des oméga-6, la delta-6-désaturase, et devient du DGLA, précurseur de médiateurs anti-inflammatoires comme la prostaglandine E1. La bourrache en est la source végétale la plus concentrée, l'onagre la plus étudiée. La peau, domaine le mieux mesuré. Essai randomisé de 12 semaines avec huile de bourrache : hydratation cutanée significativement augmentée, perte insensible en eau réduite d'environ 10 % dès la sixième semaine, rugosité et desquamation significativement diminuées, rougeur après irritation atténuée. Le placebo ne bouge pas.
Le confort mammaire. Méta-analyse de 13 essais et 1 752 patientes : l'onagre fait jeu égal avec le placebo, mais aussi avec les AINS topiques, le danazol et la vitamine E, sans surcroît d'effets indésirables. Une étude sur 1 015 patientes la place au-dessus du paracétamol et identifie ce qui bloque la réponse : carence en fer et hypothyroïdie. La ménopause. Essais positifs, mais sur des associations. L'eczéma. Cochrane 2013, 27 essais : non. Les précautions : grossesse, allaitement, anticoagulants.
- Le GLA, une molécule que l'alimentation ne fournit pas
- Peau : l'essai de 12 semaines et ses mesures
- Confort mammaire : ce que dit vraiment la méta-analyse
- Pourquoi certaines femmes ne répondent pas
- Cycle et ménopause : le point honnête
- Ce que les essais ne montrent pas
- Onagre ou bourrache : la différence
- Dosage, moment de prise et durée
- Sécurité et précautions
- Questions fréquentes
Le GLA, une molécule que l'alimentation ne fournit pas
Le corps fabrique lui-même du GLA. Il part de l'acide linoléique, l'oméga-6 abondant dans les huiles de tournesol, de maïs ou de pépins de raisin, et le transforme grâce à une enzyme appelée delta-6-désaturase. Cette étape est le goulot d'étranglement de toute la chaîne. Le GLA obtenu est ensuite allongé en DGLA, qui est le point de bascule du système : il peut donner des médiateurs anti-inflammatoires comme la prostaglandine E1, ou être converti en acide arachidonique, précurseur de médiateurs pro-inflammatoires.
Une revue de 2023 dans l'International Journal of Molecular Sciences décrit précisément ce carrefour : le rapport entre acide arachidonique et DGLA est probablement un facteur critique des processus inflammatoires de l'organisme, et un défaut d'activité de la delta-6 ou de la delta-5-désaturase pourrait participer au déclenchement de plusieurs états. Plusieurs situations se caractérisent par des taux anormalement bas de DGLA. Une revue dermatologique japonaise note d'ailleurs que les taux sériques de GLA et de DGLA sont bas chez les patients atteints de dermatite atopique.
Manger davantage d'huile de tournesol n'augmente pas le GLA de manière fiable, puisque la conversion dépend d'une enzyme dont l'activité varie d'une personne à l'autre et diminue avec l'âge. Les graines d'onagre et de bourrache font partie des très rares sources alimentaires qui apportent le GLA déjà formé. C'est la logique de la supplémentation : entrer dans la chaîne après l'étape lente, comme on le fait ailleurs avec le DHA des oméga-3 plutôt qu'avec son précurseur végétal.
Peau : l'essai de 12 semaines et ses mesures
Des femmes ont reçu pendant 12 semaines de l'huile de bourrache, de l'huile de lin ou un placebo contenant des acides gras à chaîne moyenne, à raison de 2,2 g d'acides gras totaux par jour. Dans le groupe bourrache, le GLA plasmatique a augmenté. Après une irritation cutanée provoquée au nicotinate, la rougeur et le flux sanguin étaient diminués par rapport au départ. L'hydratation cutanée était significativement augmentée à 12 semaines, et la perte insensible en eau réduite d'environ 10 % dès 6 semaines de supplémentation. L'évaluation de surface de la peau vivante montrait une réduction significative de la rugosité et de la desquamation. À l'exception de l'hydratation, aucun de ces paramètres n'était modifié dans le groupe placebo.
De Spirt S, Stahl W, Tronnier H, et al. Br J Nutr 2009;101(3):440-445. DOI : 10.1017/S0007114508020321
Ce qui rend cet essai intéressant tient à la nature des mesures. La perte insensible en eau est le marqueur de référence de l'étanchéité de la barrière cutanée en dermatologie expérimentale : elle se mesure à l'appareil, pas au questionnaire. La rugosité et la desquamation ont été évaluées par imagerie de surface. Autrement dit, ce ne sont pas des impressions rapportées mais des paramètres physiques, et ils bougent dans la bonne direction alors que le placebo reste stable.
Le mécanisme est cohérent avec ce que l'on sait de la peau. La couche cornée fonctionne comme un mur dont les cellules seraient les briques et les lipides le mortier : céramides, cholestérol et acides gras libres. Les acides gras essentiels sont des composants structurels de ce ciment. Une revue de dermo-cosmétique publiée en 2022 dans l'International Journal of Cosmetic Science conclut que l'huile d'onagre est un ingrédient efficace pour renforcer l'intégrité du stratum corneum, sa récupération et son ratio lipidique. Et la revue systématique de 2024 sur l'huile d'onagre relève que chez les volontaires en bonne santé, si aucun effet significatif n'apparaît sur l'atrophie épidermique, des effets positifs sont bien obtenus sur l'hydratation et la fonction barrière.
C'est le terrain d'une peau qui tiraille, qui pèle par plaques en hiver, qui reste sèche malgré les crèmes. Pas celui d'une pathologie dermatologique. Et l'échelle de temps est celle de la peau : les premiers effets mesurés apparaissent à six semaines, les effets complets à douze. Une crème agit en surface et immédiatement ; un apport lipidique agit dans la fabrication des cellules suivantes. Les deux se cumulent plutôt qu'ils ne se concurrencent.
Confort mammaire : ce que dit vraiment la méta-analyse
Treize essais randomisés totalisant 1 752 patientes ont été inclus. L'huile d'onagre ne montre pas de différence pour réduire la douleur mammaire par rapport aux AINS topiques, au danazol ou à la vitamine E. Le nombre de patientes obtenant un soulagement n'était pas différent de celui observé sous placebo ou sous les autres traitements. L'huile d'onagre n'augmente pas les effets indésirables tels que nausées, ballonnements abdominaux, maux de tête ou vertiges, ni la prise de poids ou l'altération du goût, par rapport au placebo ou aux autres traitements. Les auteurs concluent qu'il s'agit d'un traitement sûr, d'efficacité similaire au placebo, aux AINS topiques, au danazol ou à la vitamine E pour le contrôle de la douleur.
Ahmad Adni LL, Norhayati MN, Mohd Rosli RR, Muhammad J. Int J Environ Res Public Health 2021;18(12):6295. DOI : 10.3390/ijerph18126295
Cette conclusion mérite d'être lue en entier plutôt que résumée d'un côté ou de l'autre. Elle dit deux choses simultanément. D'abord que sur cette indication, l'onagre ne se sépare pas nettement du placebo, ce qui doit être dit. Ensuite qu'elle fait jeu égal avec le danazol, un médicament de prescription, et avec les AINS topiques, tout en présentant un profil de tolérance qui reste celui d'une huile alimentaire. Le danazol est efficace dans la mastalgie mais son usage est limité par ses effets androgéniques. Deux traitements équivalents en efficacité ne le sont pas en contraintes.
Mille quinze patientes de 14 à 82 ans suivies dans une clinique du sein ont reçu soit de l'huile d'onagre à 1 300 mg deux fois par jour, soit du paracétamol à 500 mg deux fois par jour, avec évaluation de la douleur sur échelle visuelle analogique à l'admission, à 2 semaines et à 6 semaines. L'efficacité thérapeutique de l'huile d'onagre sur la mastalgie était significativement supérieure à celle du paracétamol. Les effets indésirables rapportés étaient rares et sans différence statistique entre les groupes.
Balci FL, Uras C, Feldman S. Ann Surg Oncol 2020;27(12):4844-4852. DOI : 10.1245/s10434-020-08949-x
Ce n'est pas un essai randomisé en double aveugle, et cela compte dans la hiérarchie des preuves. Mais l'effectif est considérable pour ce sujet, le suivi est clinique, et l'étude apporte quelque chose que les essais randomisés n'avaient pas cherché : une explication des non-réponses.
Pourquoi certaines femmes ne répondent pas
La même équipe a analysé les facteurs qui modifient l'efficacité de l'huile d'onagre chez ces 1 015 patientes. Cinq ressortent de façon significative : le traitement hormonal substitutif, le dispositif intra-utérin au lévonorgestrel, la carence en fer, l'hypothyroïdie avérée et la thyroïdite de Hashimoto. Et le point décisif : chez les patientes qui ne répondaient pas à l'huile d'onagre, corriger le fer ou l'hormone thyroïdienne a traité efficacement la douleur mammaire.
Une absence de résultat après deux ou trois mois n'est pas nécessairement le signe d'un produit inefficace : c'est souvent le signe d'un terrain à explorer. Une ferritine basse et une thyroïde ralentie sont fréquentes chez les femmes en âge de procréer, souvent silencieuses, et toutes deux figurent parmi les facteurs identifiés. Deux dosages sanguins simples règlent la question, et notre article sur la carence en fer détaille les seuils à viser.
Cycle et ménopause : le point honnête
Le syndrome prémenstruel dans son ensemble
Sur le SPM global, l'essai le plus rigoureux dont nous disposons est ancien et décevant. Un essai croisé randomisé en double aveugle chez 38 femmes, suivi sur six cycles, a mesuré dix symptômes prémenstruels. Les scores se sont améliorés, mais de façon identique sous huile d'onagre et sous placebo, à toutes les catégories de symptômes, psychologiques comme mammaires ou de rétention d'eau. Les auteurs concluent que l'amélioration observée chez ces femmes atteintes de SPM modéré relevait uniquement de l'effet placebo. Une revue de 2021 sur les plantes utilisées en gynécologie place d'ailleurs le gattilier devant l'onagre pour cette indication précise, avec des données plus solides.
La ménopause
Cent une femmes ménopausées de 45 à 60 ans ont reçu pendant 12 semaines soit une association d'isoflavones de soja, d'actée à grappes, de gattilier et d'extrait d'huile d'onagre, soit un placebo. La supplémentation a produit une réduction statistiquement significative des bouffées de chaleur et des sueurs, des troubles du sommeil, de l'humeur dépressive et des symptômes d'irritabilité par rapport au groupe placebo. Les taux hormonaux n'étaient pas modifiés, mais la protéine C réactive était significativement abaissée, de même que le LDL et les triglycérides par rapport au départ. Aucun effet indésirable n'a été rapporté.
Rattanatantikul T, Maiprasert M, Sugkraroek P, Bumrungpert A. J Diet Suppl 2020;19(2):168-183. DOI : 10.1080/19390211.2020.1853648
Un second travail, mené en ouvert sur 156 femmes avec une formule contenant de l'huile d'onagre, du houblon, du safran, du tryptophane et plusieurs vitamines B, rapporte à 12 semaines une réduction de 48 % des bouffées de chaleur, de 46 % des troubles du sommeil et de 45 % de l'humeur dépressive sur l'échelle MRS. Le résultat est franc, mais l'absence de groupe placebo dans une indication où l'effet placebo est notoirement fort impose de le lire comme une observation, pas comme une démonstration.
La conclusion loyale est donc celle-ci : sur la ménopause, l'onagre apparaît dans des formules qui fonctionnent, sans qu'on puisse isoler sa contribution propre. Les actifs dont l'effet est le mieux établi individuellement dans cette indication restent l'actée à grappes et le trèfle rouge. Notre guide de la ménopause et notre article sur les bouffées de chaleur font le tri par niveau de preuve.
Ce que les essais ne montrent pas
Une revue Cochrane de 2013 a regroupé 27 essais et 1 596 participants, 19 sur l'huile d'onagre et 8 sur l'huile de bourrache. Ni l'une ni l'autre, prises par voie orale, n'améliorent les symptômes globaux d'eczéma plus qu'un placebo, que l'évaluation soit faite par les participants ou par les médecins. Les auteurs vont plus loin : les intervalles de confiance étant étroits, de nouvelles études sur ce sujet seraient difficiles à justifier. Des essais isolés restent positifs, dont un essai indien de 2008 chez 50 patients, mais le niveau de preuve global est sans ambiguïté. L'eczéma relève d'un dermatologue.
Un essai en double aveugle contre placebo de 24 semaines chez 39 patients, avec 600 mg de GLA par jour, a mesuré non seulement la clinique mais aussi la composition lipidique du plasma, des globules rouges et de l'épiderme, ainsi que l'ultrastructure de la bicouche lipidique en microscopie électronique. Les deux groupes se sont améliorés, sans différence significative entre eux, et aucun changement lipidique ou ultrastructural n'a été détecté.
Un usage traditionnel voudrait que l'huile d'onagre prépare le col en fin de grossesse. Un essai randomisé en triple aveugle chez 80 femmes à 40 semaines, avec 1 000 mg deux fois par jour pendant 7 jours, n'a trouvé aucune différence sur le score de Bishop, le terme d'accouchement, le besoin de déclenchement, la durée des différentes phases du travail ni les scores du nouveau-né. Les auteurs recommandent d'en limiter l'usage aux essais cliniques. Une revue de référence conclut que l'usage pendant la grossesse n'est pas soutenu par la littérature et devrait être évité.
Onagre ou bourrache : la différence
| Critère | Huile d'onagre | Huile de bourrache |
|---|---|---|
| Plante | Oenothera biennis, fleur jaune d'origine nord-américaine | Borago officinalis, plante méditerranéenne à fleurs bleues |
| Teneur en GLA | Plus modeste, compensée par une forte teneur en acide linoléique | La plus concentrée du règne végétal, souvent le double de l'onagre |
| Volume de recherche | Largement la plus étudiée, notamment en gynécologie et en inflammation | Moins d'essais, mais celui de référence sur l'hydratation cutanée |
| Ce qui est le mieux documenté | Confort mammaire cyclique, formules de ménopause | Hydratation, perte en eau, rugosité et desquamation de la peau |
| Intérêt de l'association | Couvrir les deux profils d'acides gras, le GLA concentré de la bourrache et l'apport linoléique de l'onagre, dans une prise unique | |
Une précision utile sur la vitamine E, présente dans notre formule à hauteur de 10 mg par jour. Son rôle premier ici n'est pas cosmétique mais technique : les acides gras polyinsaturés s'oxydent facilement, et un tocophérol naturel protège l'huile dans la capsule. Cela dit, un essai pilote randomisé de six mois chez 85 femmes souffrant de mastalgie cyclique a testé la vitamine E seule, l'huile d'onagre seule et l'association des deux ; les trois bras montraient une amélioration de la douleur maximale par rapport au départ, contrairement au placebo, avec une tendance à la réduction sans significativité entre groupes.
Dosage, moment de prise et durée
| Objectif | Dose des essais | Durée | Population |
|---|---|---|---|
| Peau, hydratation et barrière | Environ 2,2 g d'acides gras par jour, huile de bourrache | 12 semaines | Femmes en bonne santé |
| Dermatologie | 500 mg d'huile d'onagre par jour | 5 mois | Essai randomisé chez 50 patients |
| Confort mammaire | 2 600 mg par jour en deux prises | 6 semaines | 1 015 patientes |
| Mastalgie cyclique, essai pilote | 3 000 mg par jour, seuls ou avec vitamine E | 6 mois | 85 femmes |
| Ménopause | Onagre en association, doses variables | 12 semaines | Femmes ménopausées |
Lire une étiquette. Deux capsules apportant 500 mg d'onagre et 500 mg de bourrache donnent 1 g d'huiles riches en GLA par jour. Cela place la prise dans la zone basse à moyenne des protocoles, précisément celle de l'essai sur la peau. Ce qui compte davantage que le poids d'huile est la qualité de l'extraction : une première pression à froid préserve les acides gras et la vitamine E naturelle, là où un raffinage à chaud les dégrade.
Sécurité et précautions
Le profil de tolérance est l'un des points forts du dossier. La méta-analyse sur 1 752 patientes ne trouve pas d'augmentation des nausées, des ballonnements, des maux de tête, des vertiges, de la prise de poids ni de l'altération du goût par rapport au placebo ou aux traitements de comparaison. La revue Cochrane note que dans les essais, l'huile d'onagre, l'huile de bourrache et leurs placebos partageaient les mêmes effets indésirables, légers, transitoires et principalement digestifs.
Grossesse et allaitement : déconseillé. Les essais sur le déclenchement du travail ne soutiennent pas cet usage, et une revue de référence conclut que l'usage pendant la grossesse n'est pas étayé par la littérature et devrait être évité.
Traitement anticoagulant ou antiagrégant : avis médical indispensable. Un essai chez des femmes ménopausées a montré que la supplémentation en huile d'onagre atténue l'agrégation plaquettaire induite, la sécrétion des granules denses et l'activation de l'intégrine plaquettaire, avec un effet persistant après la période de sevrage. C'est un effet potentiellement cardioprotecteur chez ces femmes, mais qui impose la prudence en cas de traitement fluidifiant. La revue Cochrane signale par ailleurs un travail rapportant une augmentation du saignement chez des personnes sous warfarine.
Chirurgie programmée : il est prudent de suspendre à l'avance, pour la même raison, et de le signaler à l'anesthésiste comme tout complément.
Usage très prolongé : la revue Cochrane rappelle qu'un cas publié évoque, après plus d'un an de prise continue, un risque théorique d'inflammation, de thrombose et d'immunosuppression, et que les essais courts ne renseignent pas sur l'usage au long cours. Des cures de deux à trois mois avec une fenêtre restent le cadre documenté.
60 capsules apportant chaque jour 500 mg d'huile d'onagre et 500 mg d'huile de bourrache issues de l'agriculture biologique, obtenues par première pression à froid pour préserver les acides gras, avec 10 mg de vitamine E naturelle qui protège l'huile de l'oxydation. Deux capsules au cours d'un repas, 30 jours de cure, également disponible en abonnement.
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C'est exactement ce que l'essai de 12 semaines a mesuré : hydratation en hausse, perte en eau en baisse, rugosité et desquamation réduites. Deux capsules au repas, jugement à trois mois. L'acide hyaluronique et le collagène agissent par d'autres mécanismes et se combinent sans redondance.
Les données sont partagées : jeu égal avec le placebo dans la méta-analyse, mais aussi jeu égal avec le danazol et les AINS topiques, et supérieure au paracétamol dans une étude sur 1 015 patientes. Prise en continu sur deux à trois cycles avant de juger. Et si rien ne bouge, faites doser ferritine et thyroïde : ce sont les deux facteurs qui bloquent la réponse.
Sur la sécheresse cutanée qui accompagne la baisse hormonale, le bénéfice mesuré est le même que chez les autres femmes. Sur les bouffées de chaleur, l'onagre apparaît dans des formules qui marchent sans qu'on isole sa part ; les actifs les mieux documentés seuls sont ailleurs, et notre guide de la ménopause fait le tri.
La revue Cochrane est claire : ni l'onagre ni la bourrache par voie orale n'améliorent l'eczéma plus qu'un placebo, sur 27 essais et 1 596 participants. Une peau très réactive ou des plaques qui reviennent relèvent d'un dermatologue. Les acides gras essentiels restent utiles pour le confort d'une peau sèche, ce qui est un autre sujet.
Ce test oriente, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.
Questions fréquentes
Comprendre
Qu'est-ce que l'huile d'onagre et l'huile de bourrache ?
Deux huiles végétales obtenues par pression des graines. L'onagre (Oenothera biennis) est une plante originaire d'Amérique du Nord, la bourrache (Borago officinalis) une plante méditerranéenne à fleurs bleues. Leur point commun est rare dans le monde végétal : elles contiennent de l'acide gamma-linolénique, ou GLA, un oméga-6 que la plupart des huiles alimentaires ne fournissent pas. La bourrache en est la source végétale la plus concentrée, l'onagre la plus étudiée.
Qu'est-ce que le GLA et pourquoi est-il particulier ?
L'acide gamma-linolénique est le produit d'une étape que le corps réalise lui-même : la conversion de l'acide linoléique, l'oméga-6 abondant dans l'alimentation, par une enzyme appelée delta-6-désaturase. Cette étape est la plus lente de la chaîne. Le GLA est ensuite transformé en DGLA, précurseur de médiateurs anti-inflammatoires comme la prostaglandine E1. Apporter du GLA revient donc à entrer dans la chaîne après son goulot d'étranglement, ce que l'huile de tournesol ou l'huile d'olive ne permettent pas.
Quelle différence entre l'onagre et la bourrache ?
La différence tient surtout à la concentration et à l'historique de recherche. La bourrache est la source végétale la plus riche en GLA, souvent autour du double de l'onagre à poids égal, et c'est elle qui a été utilisée dans l'essai de référence sur l'hydratation cutanée. L'onagre est nettement plus étudiée au total, notamment sur le confort mammaire et l'inflammation, et apporte davantage d'acide linoléique. Les associer permet de couvrir les deux profils d'acides gras.
La peau
Que montre l'essai sur la peau ?
Un essai randomisé publié dans le British Journal of Nutrition a donné à des femmes 2,2 g d'acides gras par jour sous forme d'huile de bourrache pendant 12 semaines, contre un placebo. L'hydratation cutanée a significativement augmenté, la perte insensible en eau a baissé d'environ 10 % dès la sixième semaine, la rugosité et la desquamation ont significativement diminué, et la rougeur après une irritation contrôlée était atténuée. Le groupe placebo n'a bougé sur aucun de ces paramètres, sauf légèrement sur l'hydratation.
L'huile d'onagre ou de bourrache hydrate-t-elle vraiment la peau ?
C'est le domaine où les mesures sont les plus nettes. Au-delà de l'essai de 12 semaines, une revue systématique de 2024 conclut que chez des volontaires en bonne santé, l'huile d'onagre améliore l'hydratation et la fonction barrière de la peau. Une revue de dermo-cosmétique de 2022 la décrit comme efficace pour renforcer l'intégrité du stratum corneum, sa récupération et son ratio lipidique. Le mécanisme est cohérent : les acides gras essentiels sont des composants structurels du ciment lipidique entre les cellules de la couche cornée.
L'huile d'onagre traite-t-elle l'eczéma ?
Non, et c'est important de le dire clairement. Une revue Cochrane de 2013 a regroupé 27 essais et 1 596 participants : ni l'huile d'onagre ni l'huile de bourrache prises par voie orale n'améliorent l'eczéma plus qu'un placebo, et les auteurs jugent que de nouvelles études seraient difficiles à justifier. Des essais isolés restent positifs, mais le niveau de preuve global est clair. L'eczéma atopique relève d'un dermatologue.
Le cycle et la ménopause
L'huile d'onagre soulage-t-elle les seins douloureux avant les règles ?
Les données sont partagées et méritent d'être lues en entier. Une méta-analyse de 2021 portant sur 13 essais et 1 752 patientes conclut que l'huile d'onagre ne fait pas mieux qu'un placebo, mais aussi qu'elle fait jeu égal avec les AINS topiques, le danazol et la vitamine E, sans augmenter les effets indésirables. À l'inverse, une étude sur 1 015 patientes suivies en clinique du sein a trouvé l'huile d'onagre à 2 600 mg par jour significativement plus efficace que le paracétamol. Le signal existe, l'ampleur reste discutée.
Pourquoi l'huile d'onagre marche-t-elle chez certaines femmes et pas chez d'autres ?
C'est l'apport le plus utile de l'étude sur 1 015 patientes : cinq facteurs modifient significativement la réponse, dont la carence en fer et l'hypothyroïdie avérée ou la thyroïdite de Hashimoto. Chez les patientes qui ne répondaient pas, corriger le fer ou l'hormone thyroïdienne a traité efficacement la douleur mammaire. Autrement dit, une absence de résultat oriente souvent vers un terrain à explorer plutôt que vers un produit inefficace.
L'huile d'onagre agit-elle sur le syndrome prémenstruel dans son ensemble ?
Sur le SPM global, l'essai le plus rigoureux est décevant : un essai croisé en double aveugle chez 38 femmes sur six cycles a trouvé une amélioration des symptômes, mais identique sous huile d'onagre et sous placebo, concluant à un effet placebo. Une revue de 2021 sur les plantes en gynécologie considère que le gattilier a des données plus solides pour cette indication. Le confort mammaire est mieux documenté que le SPM pris dans son ensemble.
Est-ce utile pendant la ménopause ?
Les données positives existent, mais elles portent presque toujours sur des associations. Un essai randomisé en double aveugle contre placebo chez 101 femmes ménopausées a montré, avec une formule combinant isoflavones de soja, actée à grappes, gattilier et huile d'onagre, une réduction significative des bouffées de chaleur et des sueurs, des troubles du sommeil, de l'humeur dépressive et de l'irritabilité sur 12 semaines. Une étude ouverte sur 156 femmes avec une formule contenant de l'huile d'onagre rapporte une baisse de 48 % des bouffées de chaleur. La part revenant à l'onagre seule ne peut pas être isolée.
En pratique
Quelle dose par jour ?
Les essais couvrent une large fourchette selon l'objectif : environ 2,2 g d'acides gras par jour dans l'essai sur la peau, 500 mg d'huile d'onagre par jour dans un essai dermatologique, 2 600 mg par jour dans l'étude sur la mastalgie, jusqu'à 3 000 mg dans un essai pilote sur la douleur mammaire cyclique. Deux capsules apportant 500 mg d'onagre et 500 mg de bourrache placent la prise quotidienne dans la zone basse à moyenne de ces protocoles, celle de l'essai sur la peau.
Quand prendre les capsules et pour combien de temps ?
Au cours d'un repas, parce que ce sont des huiles et que la présence de matière grasse favorise leur absorption tout en limitant les remontées. Pour la durée, l'essai de référence mesure ses premiers effets à six semaines et ses effets complets à douze : trois mois est le repère honnête avant de juger. Sur le confort mammaire, les essais font prendre l'huile en continu sur plusieurs cycles et non seulement les jours douloureux.
Peut-on en prendre toute l'année ?
Les essais cliniques durent généralement de 6 semaines à 6 mois, ce qui borne nos connaissances. La revue Cochrane note qu'un cas publié évoque, après plus d'un an d'usage continu, un risque théorique d'inflammation et de thrombose, et rappelle que les études courtes ne renseignent pas sur l'usage prolongé. En pratique, des cures de deux à trois mois avec une fenêtre restent le cadre le mieux documenté.
Sécurité
Y a-t-il des effets secondaires ?
Ils sont peu fréquents et bénins : troubles digestifs légers, remontées huileuses, maux de tête occasionnels. La revue Cochrane souligne que dans les essais, ces effets étaient les mêmes sous huile et sous placebo. La méta-analyse sur la mastalgie ne trouve pas d'augmentation des nausées, des ballonnements, des maux de tête ni de la prise de poids par rapport au placebo ou aux traitements de comparaison.
Qui doit éviter l'huile d'onagre et de bourrache ?
Les femmes enceintes et allaitantes, en l'absence de données de sécurité et parce que les essais sur le déclenchement du travail ne soutiennent pas cet usage. Les personnes sous anticoagulant ou antiagrégant, un essai ayant montré que l'huile d'onagre atténue la réactivité plaquettaire, et un signalement ayant décrit une augmentation du saignement sous warfarine. Il est prudent de suspendre avant une chirurgie programmée, comme pour tout complément agissant sur les plaquettes.
Que retenir sur l'onagre et la bourrache ?
Que leur intérêt tient à une molécule que l'alimentation courante ne fournit pas, le GLA, qui saute l'étape la plus lente du métabolisme des oméga-6. Que le domaine le mieux mesuré est la peau : hydratation, perte en eau, rugosité et desquamation améliorées dans un essai randomisé de 12 semaines. Que le confort mammaire a des données réelles mais discutées, avec un enseignement précieux sur le rôle du fer et de la thyroïde. Que la ménopause repose sur des associations. Que l'eczéma est un non clair. Et que la vraie précaution concerne la grossesse et les anticoagulants.
Glossaire
- GLA (acide gamma-linolénique)
- Oméga-6 rare, produit de la conversion de l'acide linoléique par la delta-6-désaturase ; abondant dans les graines d'onagre et de bourrache.
- Delta-6-désaturase
- Enzyme qui transforme l'acide linoléique en GLA ; étape la plus lente de la chaîne des oméga-6, et donc limitante.
- DGLA
- Acide dihomo-gamma-linolénique, métabolite direct du GLA ; point de bascule vers des médiateurs anti-inflammatoires ou vers l'acide arachidonique.
- Prostaglandine E1
- Médiateur dérivé du DGLA, aux propriétés anti-inflammatoires, par opposition aux prostaglandines issues de l'acide arachidonique.
- Perte insensible en eau
- Quantité d'eau qui s'évapore à travers l'épiderme ; marqueur instrumental de référence de l'étanchéité de la barrière cutanée.
- Stratum corneum
- Couche cornée, partie la plus superficielle de l'épiderme ; ses cellules sont liées par un ciment lipidique dont les acides gras font partie.
- Mastalgie cyclique
- Douleur ou tension mammaire rythmée par le cycle, maximale avant les règles.
- Danazol
- Médicament de prescription utilisé dans la mastalgie sévère ; efficace mais limité par ses effets androgéniques.
- Première pression à froid
- Extraction mécanique sans chauffage, qui préserve les acides gras polyinsaturés et les tocophérols naturels de l'huile.
Sources
Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.
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