Glutamine et récupération musculaire : ce que les essais montrent, à quelle dose, et pour qui

Par L'équipe Nutrition•pro
Glutamine et récupération musculaire : ce que les essais montrent, à quelle dose, et pour qui

L'équipe Nutrition•pro
Mis à jour en septembre 2026
8 essais et méta-analyses vérifiés sur PubMed

La glutamine est dans presque tous les rayons de nutrition sportive depuis trente ans, avec la même promesse : récupérer plus vite, protéger le muscle, soutenir l'immunité du sportif qui s'entraîne dur. C'est aussi l'un des compléments dont le rapport entre la réputation et les preuves est le plus déséquilibré, dans les deux sens : sur-vendue pour la masse musculaire, où elle n'a rien montré, et sous-dosée pour la récupération, où elle a un essai positif à une dose que presque personne ne prend.

Cette page fait le tri entre ce que la glutamine a montré dans des essais randomisés et ce qu'elle n'a pas montré, donne les doses réelles des études face aux 5 g des pots, les nôtres compris, et replace la glutamine à son rang parmi les leviers de récupération, derrière des choses moins vendeuses et bien plus prouvées.

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100 % L-glutamine, sans additif, sans arôme, dose conseillée de 5 g par jour. C'est la dose standard du marché et une dose d'appoint alimentaire ; l'essai positif sur les courbatures en utilise quatre fois plus, ce que le tableau plus bas détaille. La poudre permet justement d'ajuster la dose à son poids, ce qu'une gélule ne permet pas. 3 avis vérifiés à 4,7 sur 5.
Voir la L-Glutamine
En bref

Ce que la glutamine a montré : après un effort excentrique intense, 0,3 g par kilo pendant 72 heures accélère la récupération de la force et réduit les courbatures (essai randomisé croisé, 16 sujets). Associée à la cystine, elle réduit les marqueurs de perméabilité intestinale après une heure de course intense. Chez des femmes de 60 à 80 ans qui s'entraînent, elle améliore la force du genou.

Ce qu'elle n'a pas montré : aucun effet sur la masse maigre, la force ou la dégradation protéique en six semaines de musculation à 50 g par jour ; aucun effet sur l'immunité, la performance aérobie ou la composition corporelle dans la méta-analyse de 25 essais. La dose qui compte : les essais positifs sont à 14 g et plus par jour. Les 5 g des pots, dont le nôtre, sont en dessous. Ce qui marche mieux : protéines totales, sommeil, glucides post-effort, créatine.

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Information. Cet article rapporte des essais cliniques publiés chez des sportifs et des adultes en bonne santé. Il ne constitue pas un avis médical. La glutamine à forte dose n'est pas anodine en cas de maladie hépatique, rénale, d'épilepsie ou de traitement anticancéreux : ces situations relèvent d'un médecin.
0,3 g/kg
Dose de l'essai positif sur les courbatures
21 g
Ce que cela représente pour 70 kg
0
Effet sur la masse musculaire
25
Essais dans la méta-analyse sportive
Réponse rapide
La glutamine accélère la récupération de la force et réduit les courbatures après un effort excentrique intense dans un essai randomisé, à 0,3 g par kilo soit environ 21 g par jour. Elle ne fait pas prendre de muscle et n'améliore ni l'immunité ni la performance dans la méta-analyse de référence. Les 5 g habituels sont trois à quatre fois sous la dose des essais. Protéines, sommeil et créatine ont des preuves bien supérieures.
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Ce qu'est la glutamine, et pourquoi le muscle en perd à l'effort

L'acide aminé le plus abondant du corps, et le carburant de l'intestin.

La glutamine est l'acide aminé libre le plus abondant du sang et du muscle. Le corps la fabrique lui-même, en grande quantité, à partir d'autres acides aminés : on la dit non essentielle. Elle sert de transporteur d'azote entre les organes, de carburant privilégié aux cellules de la paroi intestinale et à plusieurs cellules immunitaires, et de précurseur au glutathion, le principal antioxydant cellulaire.

Elle devient conditionnellement essentielle quand la demande dépasse la synthèse : brûlures graves, chirurgie lourde, sepsis, où la glutamine plasmatique s'effondre et où la nutrition clinique la supplémente. C'est de cette médecine intensive que vient sa réputation, transférée au sport dans les années 1990 avec l'hypothèse suivante : l'effort prolongé fait baisser la glutamine sanguine, cette baisse affaiblirait l'immunité du sportif, et la supplémentation la restaurerait.

L'hypothèse était élégante. Les essais qui l'ont testée sont ceux qui suivent.

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Récupération : l'essai positif, et ses limites

Le seul cas où la glutamine a montré quelque chose sur le muscle.
Essai randomisé croisé en double aveugle

16 adultes sains, 8 hommes et 8 femmes, après 8 séries de 10 extensions de genou excentriques à 125 % de la force maximale : 0,3 g de glutamine par kilo et par jour pendant 72 heures donne une meilleure récupération du couple de force immédiatement après (71 % contre 66 %) et à 72 heures (91 % contre 86 %), et des courbatures plus faibles à 24, 48 et 72 heures (1,7 contre 2,9 sur 10 à 72 heures). Effet plus marqué chez les hommes.

Legault Z et al., International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 2015. DOI 10.1123/ijsnem.2014-0209

C'est un résultat propre, avec un format solide et un critère objectif, le couple de force mesuré au dynamomètre. Il dit quelque chose de précis : après un effort excentrique intense et inhabituel, celui qui produit les grosses courbatures, la glutamine à forte dose aide le muscle à retrouver sa force plus vite et fait moins mal. Trois limites : 16 participants, un seul essai de ce type, et une dose de 0,3 g par kilo, soit environ 21 g par jour pour 70 kg, quatre fois la dose habituelle des pots.

Ce que l'essai ne dit pas : que la glutamine améliore la progression sur des semaines d'entraînement. C'est une autre question, et elle a une autre réponse.

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Masse et force : l'essai négatif, et la méta-analyse

La promesse la plus vendue, et la plus clairement démentie.
Essai randomisé en double aveugle, 6 semaines de musculation

31 adultes de 18 à 24 ans, 0,9 g de glutamine par kilo de masse maigre et par jour (soit environ 50 g) ou placebo, pendant 6 semaines d'entraînement complet en résistance : force au squat et au développé couché, couple d'extension du genou, masse maigre et dégradation des protéines musculaires augmentent avec l'entraînement, sans aucune différence entre les groupes.

Candow DG et al., European Journal of Applied Physiology, 2001. DOI 10.1007/s00421-001-0523-y

Méta-analyse de 25 essais chez des athlètes

Aucun effet de la glutamine sur la masse maigre, le pourcentage de masse grasse, le VO2 max, ni sur les lymphocytes et leucocytes. Seuls signaux : une baisse de poids moyenne de 1,36 kg, une baisse des neutrophiles au-delà de 200 mg par kilo, et une glycémie post-effort plus élevée avec le dipeptide. Conclusion des auteurs : la glutamine n'a généralement pas d'effet sur l'immunité, la performance aérobie ni la composition corporelle des athlètes.

Ramezani Ahmadi A et al., Clinical Nutrition, 2019. DOI 10.1016/j.clnu.2018.05.001

L'essai de Candow est particulièrement parlant parce qu'il ne lésine pas : 50 g par jour pendant six semaines, dix fois la dose du marché, chez des jeunes adultes qui s'entraînent sérieusement. Si la glutamine construisait du muscle, c'est là qu'on l'aurait vu. On n'a rien vu. La méta-analyse, quinze ans plus tard, confirme sur 25 essais. Un pot de glutamine vendu pour la prise de masse ne s'appuie sur rien.

Le point que le marché préfère taire

La glutamine n'est pas un anabolisant. Elle ne stimule pas la synthèse protéique au-delà de ce que fait un apport protéique normal, et elle ne freine pas la dégradation musculaire chez le sportif sain, comme le montre le marqueur urinaire de l'essai de Candow. Un sportif qui consomme 1,6 à 2,2 g de protéines par kilo absorbe déjà plus de glutamine que n'importe quel pot n'en ajoute : elle est abondante dans toutes les protéines animales. C'est la raison de fond pour laquelle les essais à faible dose ne trouvent rien.

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Immunité et intestin du sportif

L'hypothèse historique et la piste actuelle.

Immunité : l'hypothèse des années 1990 n'a pas tenu

La méta-analyse ci-dessus est nette : aucun effet sur les lymphocytes ni les leucocytes. La baisse de glutamine plasmatique après un effort prolongé est réelle, mais la corriger par la supplémentation n'a pas réduit les infections ni modifié les marqueurs immunitaires dans les essais. Le seul signal, une baisse des neutrophiles au-delà de 200 mg par kilo, n'a pas de traduction clinique établie.

Intestin : la piste qui reste ouverte, à forte dose

Essai randomisé croisé, course d'une heure à 75 % du VO2 max

16 hommes actifs, supplémentation cystine et glutamine trois fois par jour pendant 5 jours puis 30 minutes avant la course : ratio lactulose/mannitol (perméabilité) et I-FABP (dommage de la muqueuse) significativement plus bas qu'avec le placebo après l'effort.

Tataka Y et al., European Journal of Nutrition, 2022. DOI 10.1007/s00394-022-02806-1

Méta-analyse de 10 essais sur la perméabilité intestinale

352 participants, populations diverses : aucun effet global de la glutamine sur la perméabilité intestinale. En sous-groupe, réduction significative uniquement au-delà de 30 g par jour et sur des durées courtes.

Abbasi F et al., Amino Acids, 2024. DOI 10.1007/s00726-024-03420-7

Voilà l'usage le plus cohérent avec la biologie de la glutamine : elle est le carburant des cellules intestinales, et l'effort prolongé abaisse le débit sanguin intestinal, ce qui produit les troubles digestifs bien connus des coureurs de fond. L'essai de Tataka est positif, mais avec une association cystine et glutamine, et la méta-analyse ne trouve un effet qu'au-delà de 30 g par jour. La piste existe. La dose est élevée.

Seniors : un résultat à confirmer

Essai randomisé, femmes de 60 à 80 ans

44 femmes, actives ou sédentaires, 30 jours de glutamine ou placebo : hausse du couple de force du genou, de la puissance moyenne chez celles qui s'entraînent, meilleur contrôle glycémique et capacité antioxydante plasmatique augmentée dans les groupes glutamine.

Amirato GR et al., Nutrients, 2021. DOI 10.3390/nu13031025

Chez les seniors, la synthèse de glutamine et l'apport protéique sont souvent plus faibles, ce qui rend un effet plus plausible que chez le jeune sportif bien nourri. Un essai, une population spécifique, un résultat à reproduire.

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Doses des essais face aux 5 g des pots, le nôtre compris

La colonne que les fiches produit n'affichent pas.
Source Dose par jour Pour 70 kg Résultat
Courbatures et force (Legault) 0,3 g/kg, 72 h 21 g Positif
Masse et force (Candow) 0,9 g/kg de masse maigre, 6 semaines Environ 50 g Aucun effet
Neutrophiles (méta-analyse) Plus de 200 mg/kg Plus de 14 g Baisse, signification incertaine
Perméabilité intestinale (méta-analyse) Plus de 30 g Plus de 30 g Réduction, courte durée
Apport alimentaire courant 3 à 6 g 3 à 6 g Davantage avec un régime riche en protéines
Notre L-Glutamine 5 g (dose conseillée) 5 g Dose d'appoint alimentaire, sous les essais positifs

Lecture honnête : 5 g par jour est une dose d'appoint, du même ordre que ce qu'un repas protéiné apporte déjà. Pour reproduire l'essai positif sur les courbatures, il faudrait quatre fois cette dose, pendant trois jours autour d'un effort inhabituel. C'est possible avec une poudre, qui se dose au gramme et au poids corporel, et c'est impossible avec des gélules. C'est aussi pour cela que nous vendons la poudre : elle permet de suivre un protocole d'essai. Elle ne le fait pas à la dose écrite sur le pot.

Notre position
Une glutamine pure, une dose à ajuster, un usage à préciser

Nous vendons de la glutamine, et cette page dit qu'elle ne construit pas de muscle, qu'elle n'a pas d'effet sur l'immunité du sportif, et que la dose du pot est sous celle des essais. Ce qu'elle a pour elle : un essai positif sur la récupération après effort intense, une piste intestinale pour l'endurance, et une forme poudre qui permet d'atteindre les doses étudiées si c'est votre objectif. Si vous cherchez à prendre de la masse, la réponse est ailleurs, et la section suivante la donne.

Voir la L-Glutamine
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Ce qui marche mieux que la glutamine pour récupérer

Dans l'ordre des preuves, pas dans l'ordre des rayons.
  • Les protéines totales, 1,6 à 2,2 g par kilo et par jour réparties en 3 à 5 prises. C'est le levier nutritionnel de la récupération musculaire le mieux documenté, et il contient toute la glutamine dont un sportif sain a besoin.
  • Le sommeil, 7 à 9 heures. La synthèse protéique, la sécrétion d'hormone de croissance et la consolidation des adaptations se font la nuit. Aucune poudre ne compense une dette de sommeil.
  • Les glucides après les séances longues, pour restaurer le glycogène et limiter le catabolisme.
  • La créatine monohydrate, 3 à 5 g par jour, qui dispose de centaines d'essais sur la force, la puissance et la récupération entre les séries. Notre article sur ce que la science prouve sur la créatine détaille ce niveau de preuve.
  • La progressivité : les courbatures massives viennent d'un effort inhabituel. Une charge qui progresse par paliers en produit moins qu'aucun complément n'en supprime.

La glutamine vient après tout cela, pour un cas d'usage précis, l'effort excentrique intense et inhabituel, ou une piste, l'intestin du coureur de fond, à des doses que peu de gens prennent. Notre comparatif BCAA ou créatine replace les acides aminés isolés dans cette hiérarchie.

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Sécurité et précautions

Bien tolérée chez le sportif sain, pas anodine ailleurs.

Dans les essais, la glutamine est très bien tolérée, y compris à 0,9 g par kilo pendant six semaines. Des inconforts digestifs sont possibles à forte dose, surtout en prise unique. Les précautions concernent des situations précises :

Les précautions qui découlent de la biologie de la glutamine

Maladie hépatique ou rénale : le métabolisme de la glutamine produit de l'ammoniaque, dont l'élimination dépend du foie et des reins ; forte dose déconseillée sans avis médical. Épilepsie : la glutamine est le précurseur direct du glutamate, neurotransmetteur excitateur ; prudence. Traitement anticancéreux : la glutamine nourrit aussi les cellules tumorales ; avis de l'oncologue indispensable, dans un sens comme dans l'autre. Grossesse et allaitement : pas de données suffisantes à dose de complément. Glutamate : les personnes sensibles au glutamate alimentaire peuvent l'être à la glutamine à forte dose.

Le bon réflexe selon la situation
Vous voulez prendre du muscle
Pas la glutamine : protéines à 1,6 à 2,2 g/kg, créatine, sommeil, progressivité
Vous préparez une séance excentrique intense et inhabituelle
C'est le cadre de l'essai positif : 0,3 g/kg le jour même et les deux jours suivants
Vous courez longtemps et votre intestin souffre
Piste documentée, avec de la cystine et à forte dose ; à tester, sans garantie
Vous prenez 5 g par jour pour l'immunité
La méta-analyse ne montre aucun effet immunitaire, à aucune dose usuelle
Vous avez plus de 60 ans et reprenez l'entraînement
Un essai positif sur la force du genou ; l'apport protéique total passe avant
Vous avez une maladie du foie, des reins, une épilepsie ou un cancer
Pas de glutamine sans avis médical

Questions fréquentes

Efficacité

La glutamine aide-t-elle à récupérer après l'entraînement ?

Dans un cas précis, oui. Un essai randomisé croisé en double aveugle chez 16 sujets montre qu'après un effort excentrique intense du quadriceps, 0,3 g de glutamine par kilo et par jour pendant 72 heures accélère la récupération de la force maximale et réduit les courbatures à 24, 48 et 72 heures. C'est un effet sur la récupération aiguë après un effort inhabituel, pas sur la progression à long terme, où la glutamine n'a rien montré.

La glutamine fait-elle prendre du muscle ?

Non. L'essai de référence, six semaines de musculation avec 0,9 g de glutamine par kilo de masse maigre par jour, soit environ 50 g quotidiens, n'a trouvé aucune différence avec le placebo sur la force, la masse maigre ni la dégradation des protéines musculaires. La méta-analyse de 25 essais confirme l'absence d'effet sur la composition corporelle. La glutamine n'est pas un anabolisant, et les pages qui la vendent pour la prise de masse ne s'appuient sur rien.

La glutamine renforce-t-elle l'immunité du sportif ?

Pas d'après la méta-analyse de référence, qui ne trouve aucun effet global sur les marqueurs immunitaires des athlètes. Le seul signal est une baisse du nombre de neutrophiles à des doses supérieures à 200 mg par kilo, dont la signification clinique est incertaine. L'idée que la glutamine prévient les infections du sportif surentraîné est une hypothèse des années 1990 que les essais n'ont pas confirmée.

La glutamine protège-t-elle l'intestin du sportif ?

C'est la piste la plus intéressante pour les coureurs de fond. Un essai randomisé croisé chez 16 hommes montre qu'une association cystine et glutamine, prise cinq jours puis avant une course d'une heure à 75 % du VO2 max, réduit les marqueurs de perméabilité et de dommage intestinal. La méta-analyse sur la perméabilité intestinale en général ne trouve un effet qu'au-delà de 30 g par jour. L'effet existe, la dose est élevée.

La glutamine est-elle utile aux seniors ?

Un essai randomisé chez des femmes de 60 à 80 ans montre qu'un mois de glutamine associé à l'exercice améliore la force et la puissance des muscles du genou, la glycémie et la capacité antioxydante, avec un effet plus marqué chez celles qui s'entraînaient. C'est une population différente du sportif jeune, où les besoins de synthèse sont moins bien couverts, et le résultat mérite d'être confirmé.

Doses et usage

Quelle dose de glutamine pour la récupération ?

L'essai positif sur les courbatures utilise 0,3 g par kilo et par jour, soit environ 21 g pour un adulte de 70 kg, pendant 72 heures autour de l'effort. La méta-analyse observe un effet sur les neutrophiles au-delà de 200 mg par kilo, soit 14 g. Les 5 g par jour de la plupart des pots, dont le nôtre, sont trois à quatre fois en dessous : c'est une dose d'appoint alimentaire, pas la dose des essais.

Quand prendre la glutamine ?

Les essais sur la récupération la donnent le jour de l'effort et les jours suivants, en une prise quotidienne, sans que le moment exact ait été comparé. Après la séance ou au repas suivant est le choix le plus logique. Pour la barrière intestinale, l'essai positif la donnait trois fois par jour pendant cinq jours puis trente minutes avant l'effort.

Combien de glutamine apporte l'alimentation ?

Entre 3 et 6 g par jour pour une alimentation courante, davantage avec un apport protéique élevé. La glutamine est abondante dans toutes les protéines animales et dans les légumineuses et le blé. Un sportif à 2 g de protéines par kilo en absorbe déjà plus qu'un pot de 5 g n'en ajoute. C'est une des raisons pour lesquelles les essais à faible dose ne montrent rien.

Pourquoi la glutamine est-elle dite conditionnellement essentielle ?

Parce que l'organisme la fabrique en quantité suffisante au repos, mais que certaines situations dépassent sa capacité de synthèse : brûlures graves, chirurgie lourde, sepsis, et dans une moindre mesure l'effort très prolongé. C'est l'acide aminé libre le plus abondant du sang et du muscle, le carburant principal des cellules intestinales et de plusieurs cellules immunitaires. Chez un sportif en bonne santé qui mange assez de protéines, la carence est exceptionnelle.

Comparaisons et sécurité

Glutamine ou BCAA pour la récupération ?

Ni l'un ni l'autre ne remplace un apport protéique total suffisant, qui contient les deux. Les BCAA ont des données sur les courbatures à des doses de 10 à 20 g, la glutamine un essai positif à 21 g. Chez quelqu'un qui atteint déjà 1,6 à 2,2 g de protéines par kilo, les deux apportent peu. La créatine, elle, a un niveau de preuve bien supérieur sur la force et la récupération.

Qu'est-ce qui marche mieux que la glutamine pour récupérer ?

Dans l'ordre des preuves : un apport protéique de 1,6 à 2,2 g par kilo réparti sur la journée, un sommeil de sept à neuf heures, des glucides après les séances longues, et la créatine monohydrate, qui dispose de centaines d'essais sur la force et la récupération. La glutamine vient après, pour un cas d'usage précis et à une dose que peu de gens prennent.

La glutamine a-t-elle des effets secondaires ?

Elle est très bien tolérée dans les essais, y compris à 0,3 à 0,9 g par kilo sur plusieurs semaines. Des inconforts digestifs sont possibles à forte dose. La prudence s'impose en cas de maladie hépatique ou rénale, où l'excrétion de l'ammoniaque issu de son métabolisme est altérée, en cas d'épilepsie, la glutamine étant précurseur du glutamate, et pendant un traitement anticancéreux où l'avis de l'oncologue est indispensable. Pas de données suffisantes pendant la grossesse.

Glossaire

Les termes de ce guide
Effort excentrique
Phase où le muscle s'allonge sous charge, comme la descente d'un squat ou la course en descente. C'est la phase qui produit le plus de micro-lésions et de courbatures, et celle de l'essai positif sur la glutamine.
Couple de force
Force de rotation mesurée au dynamomètre isocinétique, critère objectif de récupération musculaire utilisé dans les essais.
Masse maigre
Poids du corps hors masse grasse, mesuré par absorptiométrie (DEXA). Les doses de certains essais sont exprimées par kilo de masse maigre.
3-méthylhistidine
Marqueur urinaire de la dégradation des protéines musculaires, utilisé dans l'essai de Candow pour montrer que la glutamine ne freine pas le catabolisme.
Perméabilité intestinale
Passage anormal de molécules à travers la paroi de l'intestin, mesuré par le ratio lactulose/mannitol. Augmente après un effort prolongé intense.
I-FABP
Protéine libérée dans le sang quand les cellules de la muqueuse intestinale sont endommagées, marqueur de souffrance intestinale à l'effort.
Conditionnellement essentiel
Nutriment que le corps fabrique normalement en quantité suffisante, mais qui devient limitant dans certaines situations de stress métabolique intense.

Sources

Références de ce guide, consultées sur PubMed
  1. Legault Z, Bagnall N, Kimmerly DS. The influence of oral L-glutamine supplementation on muscle strength recovery and soreness following unilateral knee extension eccentric exercise. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2015;25(5):417-426. doi.org/10.1123/ijsnem.2014-0209
  2. Candow DG, Chilibeck PD, Burke DG, Davison KS, Smith-Palmer T. Effect of glutamine supplementation combined with resistance training in young adults. Eur J Appl Physiol. 2001;86(2):142-149. doi.org/10.1007/s00421-001-0523-y
  3. Ramezani Ahmadi A, Rayyani E, Bahreini M, Mansoori A. The effect of glutamine supplementation on athletic performance, body composition, and immune function: a systematic review and a meta-analysis of clinical trials. Clin Nutr. 2019;38(3):1076-1091. doi.org/10.1016/j.clnu.2018.05.001
  4. Tataka Y, Haramura M, Hamada Y et al. Effects of oral cystine and glutamine on exercise-induced changes in gastrointestinal permeability and damage markers in young men. Eur J Nutr. 2022;61(5):2331-2339. doi.org/10.1007/s00394-022-02806-1
  5. Abbasi F, Haghighat Lari MM, Khosravi GR et al. A systematic review and meta-analysis of clinical trials on the effects of glutamine supplementation on gut permeability in adults. Amino Acids. 2024;56(1):60. doi.org/10.1007/s00726-024-03420-7
  6. Amirato GR, Borges JO, Marques DL et al. L-glutamine supplementation enhances strength and power of knee muscles and improves glycemia control and plasma redox balance in exercising elderly women. Nutrients. 2021;13(3):1025. doi.org/10.3390/nu13031025
  7. Alipanah-Moghadam R, Molazadeh L, Jafari-Suha Z et al. Glutamine supplementation can reduce some atherosclerosis markers after exhaustive exercise in young healthy males. Nutrition. 2022;94:111506. doi.org/10.1016/j.nut.2021.111506
  8. Ma S, Ono M, Mizugaki A et al. Cystine/glutamine mixture supplementation attenuated fatigue during endurance exercise in healthy young men by enhancing fatty acid utilization. Sports (Basel). 2022;10(10):147. doi.org/10.3390/sports10100147

Pour aller plus loin

À propos de cet article. Rédigé par L'équipe Nutrition•pro à partir des essais randomisés et méta-analyses indexés sur PubMed, cités avec leur DOI. Transparence sur nos intérêts : nous vendons de la glutamine, et cet article dit qu'elle ne construit pas de muscle, qu'elle n'agit pas sur l'immunité du sportif dans la méta-analyse de référence, et que la dose de notre pot est sous celle des essais positifs. Découvrez notre méthodologie éditoriale.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et ne diagnostiquent, ne traitent ni ne préviennent aucune maladie. Réservé à l'adulte. Avis médical indispensable en cas de maladie hépatique ou rénale, d'épilepsie, de traitement anticancéreux, de grossesse ou d'allaitement. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Dernière mise à jour : septembre 2026.

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