Kudzu : ce que les essais cliniques montrent vraiment, en combien de temps, à quelle dose

Par L'équipe Nutrition•pro
Kudzu : ce que les essais cliniques montrent vraiment, en combien de temps, à quelle dose

L'équipe Nutrition•pro
Mis à jour en septembre 2026
7 essais et publications vérifiés sur PubMed

Le kudzu est l'une des rares plantes de la phytothérapie dont l'usage traditionnel a été mis à l'épreuve d'essais randomisés en double aveugle, par une équipe de Harvard, sur plus de dix ans. C'est aussi une plante à laquelle on prête beaucoup plus que ce que ces essais montrent : sevrage, envies de sucre, tabac, bouffées de chaleur.

Cette page fait le tri. Ce que les essais ont mesuré, chez qui, en combien de temps, à quelle dose, et ce qu'ils n'ont pas trouvé. Puis la question que les fiches produit évitent : les doses des essais face à ce que contiennent les gélules du marché, les nôtres comprises.

★ NOTRE KUDZU
Kudzu Nutrition•pro, racine de Pueraria montana var. lobata, 60 gélules végétales
Kudzu, 60 gélules
750 mg de racine de Pueraria montana var. lobata par jour, en gélule végétale, sans excipient. C'est la racine entière, la partie de la plante utilisée dans les essais, mais pas un extrait standardisé en isoflavones : les essais positifs dosent 520 à 1 200 mg d'isoflavones par jour, et une racine brute en contient une fraction. Nous le disons ici et dans le tableau plus bas.
Voir le Kudzu
En bref

Ce que les essais montrent : chez des gros buveurs qui ne cherchent pas à se soigner, le kudzu réduit le nombre de verres bus de 30 à 57 %, dans quatre essais randomisés en double aveugle. Il agit vite : une dose unique deux heures et demie avant, sept jours de prise, ou quatre semaines dans l'essai le plus long. Il agit sur le rythme (gorgées plus petites, verres plus lents), pas sur l'envie.

Ce qu'ils ne montrent pas : aucun effet sur le craving dans aucun essai, aucun effet chez des personnes alcoolo-dépendantes en traitement, aucun bénéfice général démontré à la ménopause, et aucun essai clinique sur le tabac ni sur le sucre. La dose qui compte est en milligrammes d'isoflavones, et la plupart des gélules du marché, dont les nôtres, sont loin des essais.

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Information. Cet article rapporte des essais cliniques publiés. Il ne constitue pas un avis médical. Une consommation d'alcool qui pose problème relève d'un médecin ou d'un addictologue, qui disposent de traitements dont l'efficacité est démontrée. Aucune plante ne remplace cette prise en charge, et l'essai mené chez des personnes dépendantes le confirme.
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Essais randomisés positifs sur l'alcool
2 h 30
Délai d'action d'une dose unique
34 à 57 %
Verres en moins par semaine, sur 4 semaines
0
Effet sur l'envie de boire
Réponse rapide
Le kudzu réduit la quantité d'alcool bue par des gros buveurs non dépendants, de 30 à 57 % dans quatre essais randomisés, en ralentissant la consommation. Il agit en quelques heures à quelques jours. Il n'agit pas sur l'envie, ne fait rien chez les personnes dépendantes en traitement, et n'a pas fait ses preuves à la ménopause. Les essais utilisent 520 à 1 200 mg d'isoflavones par jour ; une racine brute en apporte beaucoup moins.
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Alcool : ce que quatre essais randomisés montrent

Le laboratoire de psychopharmacologie du McLean Hospital, Harvard, a testé le kudzu pendant dix ans.

Le dispositif est le même dans tous ces essais : des buveurs réguliers, un salon reconstitué avec télévision et réfrigérateur, jusqu'à six bières de leur marque préférée à disposition, et une balance cachée dans la table basse qui enregistre chaque gorgée. Personne ne sait s'il a reçu le kudzu ou le placebo.

Essai randomisé croisé en double aveugle, 7 jours

Gros buveurs traités 7 jours par kudzu ou placebo : réduction significative du nombre de bières consommées, avec plus de gorgées par bière, des gorgées plus petites et plus de temps pour finir chaque verre. Aucun effet sur l'envie de boire. Aucun effet secondaire rapporté.

Lukas SE et al., Alcoholism: Clinical and Experimental Research, 2005. DOI 10.1097/01.alc.0000163499.64347.92

Essai randomisé croisé en double aveugle, puérarine seule, 7 jours

Dix volontaires, 1 200 mg de puérarine par jour pendant une semaine : 2,4 bières consommées contre 3,5 sous placebo. Sous placebo, quatre participants ont bu cinq ou six bières ; sous puérarine, aucun. Gorgées plus petites, verres plus lents, délai plus long avant d'ouvrir le suivant.

Penetar DM et al., Drug and Alcohol Dependence, 2012. DOI 10.1016/j.drugalcdep.2012.04.012

Essai randomisé en double aveugle, 4 semaines, en ambulatoire

17 hommes de 21 à 33 ans buvant 27,6 verres par semaine, avec un diagnostic d'abus ou de dépendance : extrait standardisé à 250 mg d'isoflavones trois fois par jour. Réduction de 34 à 57 % des verres hebdomadaires, moins de jours de forte consommation, plus de jours d'abstinence consécutifs. Aucun effet sur le craving. Aucun effet indésirable, bilan hépatique et rénal inchangés.

Lukas SE et al., Psychopharmacology, 2013. DOI 10.1007/s00213-012-2884-9

Essai randomisé en double aveugle, dose unique

20 hommes, 2 g d'extrait (520 mg d'isoflavones) ou placebo pris 2 h 30 avant une session de 90 minutes : le groupe kudzu passe de 3,0 à 1,9 bières, le groupe placebo de 2,7 à 3,4. Le groupe kudzu a ouvert 21 bières après traitement contre 32 avant ; le groupe placebo 38 contre 33. Consommation plus lente.

Penetar DM et al., Drug and Alcohol Dependence, 2015. DOI 10.1016/j.drugalcdep.2015.05.025

Quatre essais, quatre résultats dans le même sens, une seule équipe. C'est à la fois la force et la limite de ces données : la cohérence est remarquable, mais aucune équipe indépendante ne les a reproduites, et les effectifs sont petits, de 10 à 20 participants par essai. Les auteurs eux-mêmes qualifient l'effet de modeste et appellent à des études chez des personnes en demande de soin.

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En combien de temps le kudzu agit

La question la plus posée, et l'une des rares où les essais répondent précisément.
Délai Ce que l'essai a observé Dose et forme
2 h 30 Une dose unique suffit à réduire la consommation lors de la session qui suit : 3,0 à 1,9 bières 2 g d'extrait, 520 mg d'isoflavones, en une prise
7 jours Consommation réduite lors de la session test, rythme ralenti, dans deux essais distincts Extrait standardisé quotidien, ou 1 200 mg de puérarine par jour
4 semaines Verres hebdomadaires réduits de 34 à 57 %, plus de jours sans alcool consécutifs, en vie réelle 250 mg d'isoflavones trois fois par jour, soit 750 mg par jour
Au-delà Aucune donnée. Il n'existe pas d'essai de plus d'un mois Inconnu

Le kudzu est donc une plante à action rapide, ce qui le distingue de la plupart des plantes adaptogènes qui demandent plusieurs semaines. Cela s'explique par le mécanisme supposé, détaillé plus bas : il ne modifie pas un terrain, il modifie la façon dont l'alcool est ressenti au moment où on le boit. Cela signifie aussi qu'il n'y a aucune raison de l'accumuler pendant des mois en attendant un effet : s'il ne change rien en quatre semaines, les essais ne donnent aucune raison de penser qu'il changera quelque chose en quatre mois.

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Ce que les essais ne montrent pas

Cinq usages très vendus, zéro essai positif.

L'envie de boire : aucun effet, dans aucun essai

C'est le résultat le plus constant de toute la littérature, et le plus contraire à ce que disent les emballages. Dans les quatre essais positifs, le kudzu réduit ce que les gens boivent, pas ce qu'ils ont envie de boire. Les échelles de craving sont inchangées partout. Un produit présenté comme « coupe-envie » ne s'appuie sur aucune de ces données.

La dépendance installée : un essai négatif

Essai randomisé en double aveugle, patients alcoolo-dépendants en traitement

38 vétérans en programme de soin, 1,2 g d'extrait de racine deux fois par jour : aucune différence significative avec le placebo sur le craving ni sur la sobriété après un mois, ni aux étapes suivantes. Le kudzu n'a pas fait mieux que le placebo.

Shebek J, Rindone JP, Journal of Alternative and Complementary Medicine, 2000. DOI 10.1089/acm.2000.6.45

La population fait toute la différence. Les essais positifs portent sur des gens qui boivent trop sans être dépendants et sans chercher à se soigner. Le seul essai chez des personnes dépendantes en traitement est négatif. Le kudzu n'est ni un traitement du sevrage ni un substitut à une prise en charge, et présenter la plante ainsi fait perdre du temps à des gens qui en ont besoin.

La ménopause : l'essai de référence n'a rien démontré

Essai randomisé à trois bras, 3 mois

127 femmes ménopausées de 50 à 65 ans, réparties entre traitement hormonal, Pueraria lobata (équivalent 100 mg d'isoflavones) et absence de traitement : aucun changement significatif des lipides, de la FSH ni de la LH dans le groupe kudzu. Seuls des indices cognitifs se sont améliorés. Les auteurs concluent ne pas avoir pu démontrer de base scientifique à l'usage du kudzu pour la santé des femmes ménopausées en général.

Woo J et al., Menopause, 2003. DOI 10.1097/01.GME.0000054764.94658.33

Une confusion entretient la réputation du kudzu sur ce terrain : Pueraria mirifica, une espèce thaïlandaise différente, très riche en phyto-oestrogènes spécifiques, dispose de données plus fournies sur les bouffées de chaleur. Ce n'est pas le kudzu vendu en Europe, qui est Pueraria lobata. Notre article sur le kudzu et la ménopause détaille cette distinction.

Tabac et sucre : aucun essai clinique

Nous avons cherché un essai randomisé chez l'humain sur le kudzu et le sevrage tabagique, et sur le kudzu et les envies de sucre. Il n'en existe aucun indexé sur PubMed. Ces deux usages, omniprésents sur les pages de vente, sont des extrapolations du mécanisme supposé sur l'alcool, appuyées au mieux sur des modèles animaux. Ils ne sont pas documentés cliniquement, et nous ne les revendiquons pas.

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Comment il agit, d'après ce qu'on observe

Deux hypothèses, dont une contredite par les données.

L'hypothèse historique vient de la médecine chinoise et de la biochimie : la daïdzine, une isoflavone du kudzu, inhibe l'enzyme ALDH2 qui dégrade l'acétaldéhyde, métabolite désagréable de l'alcool. C'est le mécanisme du disulfirame, et celui de l'intolérance génétique à l'alcool fréquente en Asie de l'Est, qui protège de l'alcoolisme. Le problème : dans les essais, les participants ne rapportent aucun malaise, et l'étude sur la puérarine seule, qui n'inhibe pas cette enzyme, obtient le même effet.

L'hypothèse qui colle aux observations est différente. Sous kudzu, les participants boivent par plus petites gorgées, mettent plus de temps à finir chaque verre et attendent plus longtemps avant d'ouvrir le suivant. L'équipe de Harvard propose que les isoflavones accélèrent l'arrivée de l'alcool au cerveau, probablement en augmentant le flux sanguin cérébral : la sensation recherchée vient plus tôt, avec moins de verres, et le besoin d'enchaîner diminue. Cela expliquerait à la fois la rapidité d'action, l'absence d'effet sur l'envie, et l'absence d'effet chez les personnes dépendantes, chez qui la consommation n'est plus pilotée par la sensation.

Cette hypothèse a une conséquence pratique que nous préférons écrire : si l'alcool atteint le cerveau plus vite, chaque verre peut être ressenti plus fortement. Prudence avec la conduite et toute activité à risque.

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Doses des essais face aux doses vendues, la nôtre comprise

La bonne unité est le milligramme d'isoflavones, pas le milligramme de racine.

Tous les essais positifs utilisent soit un extrait standardisé dont la teneur en isoflavones est connue, soit la puérarine pure. La racine de kudzu brute contient des isoflavones, mais en proportion variable selon l'origine, la récolte et le séchage, généralement quelques pour cent. Comparer 750 mg de racine à 750 mg d'isoflavones, c'est comparer une orange à un comprimé de vitamine C.

Source Dose par jour Isoflavones par jour Résultat
Essai 4 semaines (Lukas 2013) Extrait standardisé, 3 prises 750 mg Verres hebdomadaires réduits de 34 à 57 %
Essai dose unique (Penetar 2015) 2 g d'extrait, une prise 520 mg 3,0 à 1,9 bières
Essai puérarine (Penetar 2012) Puérarine pure 1 200 mg 3,5 à 2,4 bières
Essai négatif (Shebek 2000) 2,4 g de racine, non standardisée Inconnue Aucun effet chez des dépendants
Essai ménopause (Woo 2003) Pueraria lobata 100 mg Aucun bénéfice général
Notre Kudzu 750 mg de racine, non standardisée Non dosée, vraisemblablement quelques dizaines de mg Très en dessous des essais positifs

La conclusion est inconfortable et nous la tirons quand même : notre Kudzu, comme la quasi-totalité des kudzu vendus en France sous forme de racine en gélule, n'apporte pas la dose d'isoflavones des essais. Il apporte la plante traditionnelle, sous sa forme traditionnelle, ce qui est une chose ; il ne reproduit pas le protocole de Harvard, ce qui en est une autre. Un lecteur qui cherche l'effet des essais doit chercher un extrait affichant sa teneur en isoflavones, idéalement 500 mg par jour ou plus, et vérifier qu'il s'agit bien de Pueraria lobata.

Notre position
Nous vendons du kudzu, et nous vous disons ce que le nôtre n'est pas

Le tableau ci-dessus dit que notre produit est loin des doses d'isoflavones des essais, que le kudzu n'agit pas sur l'envie et ne fait rien chez les personnes dépendantes. Nous préférons un client qui achète une racine traditionnelle en sachant ce qu'elle est, ou qui ne l'achète pas, à un client qui espère un sevrage que la plante n'a jamais montré. Si votre consommation d'alcool vous inquiète, la page utile n'est pas celle-ci, c'est celle de votre médecin.

Voir le Kudzu
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Sécurité : le foie, les hormones, les interactions

Bien toléré dans les essais, un cas publié à connaître.

Dans les quatre essais randomisés, aucun effet indésirable n'a été rapporté, et l'essai de quatre semaines, le seul à suivre la biologie, n'a observé aucune modification des enzymes hépatiques, de la fonction rénale ni des constantes vitales. C'est rassurant pour un mois d'utilisation à dose standardisée. Au-delà, on ne sait pas.

Cas clinique publié

Homme de 55 ans sans antécédent, prenant un extrait de gui depuis un mois et un extrait de racine de kudzu depuis dix jours : transaminases à plus de 1 000 UI/L, bilirubine à 9,4 mg/dL, hépatite sérologiquement négative. Normalisation progressive après arrêt des deux extraits. L'évaluation de causalité désigne le gui comme probable, le kudzu ne peut être exclu.

Kim HJ et al., Journal of Alternative and Complementary Medicine, 2015. DOI 10.1089/acm.2014.0228

Les précautions qui découlent des données

Le kudzu contient des isoflavones à activité oestrogénique faible : déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement, et sans avis médical en cas d'antécédent de cancer hormonodépendant. Interactions théoriques avec les anticoagulants et les traitements du diabète. Signes hépatiques à connaître : fatigue inhabituelle, urines foncées, douleur sous les côtes droites, jaunisse : arrêt immédiat et consultation. Et si vous prenez du kudzu avant de boire, souvenez-vous que chaque verre peut être ressenti plus fort : pas de volant.

Le bon réflexe selon la situation
Vous buvez trop en soirée sans être dépendant et voulez ralentir
C'est le cadre des essais positifs : extrait standardisé, dose d'isoflavones affichée, effet en heures ou jours
Vous cherchez à couper l'envie de boire
Aucun essai ne montre cet effet, ne l'attendez pas du kudzu
Vous n'arrivez plus à vous arrêter, ou vous tremblez le matin
C'est une dépendance : médecin ou addictologue, l'essai dans cette population est négatif
Vous voulez du kudzu pour les bouffées de chaleur
L'essai de référence est négatif ; vérifiez que vous ne confondez pas avec Pueraria mirifica
Vous voulez du kudzu pour le tabac ou le sucre
Aucun essai clinique n'existe, vous êtes hors de ce que la recherche a testé
Rien n'a changé après quatre semaines
Les essais ne donnent aucune raison de continuer plus longtemps

Questions fréquentes

Le kudzu et l'alcool

Qu'est-ce que le kudzu ?

Une légumineuse grimpante d'Asie de l'Est, Pueraria montana var. lobata, dont la racine est utilisée depuis des siècles en Chine, notamment contre les effets de l'alcool. Sa racine est riche en isoflavones, en particulier la puérarine, la daïdzine et la daïdzéine, qui sont les composés étudiés dans les essais cliniques. C'est la teneur en isoflavones, pas le poids de racine, qui définit la dose.

Le kudzu est-il efficace contre l'alcool ?

Sur un point précis, oui : quatre essais randomisés en double aveugle, menés chez des gros buveurs qui ne cherchaient pas à se soigner, montrent que le kudzu ou son isoflavone principale réduisent le nombre de verres bus lors d'une session, de 30 à 57 % selon les essais. Sur l'envie de boire, non : aucun essai n'observe d'effet sur le craving. Et chez des personnes alcoolo-dépendantes en programme de soin, un essai ne trouve aucune différence avec le placebo.

Le kudzu agit en combien de temps ?

Plus vite que la plupart des plantes. Dans un essai, une dose unique de 2 g d'extrait prise deux heures et demie avant une session a suffi à réduire la consommation de 3 à 1,9 bières. Dans deux autres, sept jours de prise ont produit l'effet. L'essai le plus long dure quatre semaines et montre une réduction hebdomadaire de 34 à 57 % des verres. Il n'existe aucune donnée au-delà d'un mois.

Comment le kudzu agit-il ?

Le mécanisme le plus soutenu est un changement de rythme : sous kudzu, les participants boivent par plus petites gorgées, mettent plus de temps à finir un verre et attendent plus longtemps avant d'en ouvrir un autre. L'hypothèse est que les isoflavones accélèrent l'arrivée de l'alcool au cerveau, ce qui donne plus tôt la sensation recherchée et réduit le besoin d'enchaîner. Une autre piste, l'inhibition de l'enzyme ALDH2 par la daïdzine, provoque une accumulation d'acétaldéhyde désagréable, mais elle n'explique pas tout ce qui est observé.

Le kudzu aide-t-il à arrêter de boire ?

Non, pas d'après les données. Le seul essai mené chez des patients alcoolo-dépendants en traitement, à 1,2 g deux fois par jour pendant un mois, ne trouve aucune différence avec le placebo sur le craving ni sur la sobriété. Le kudzu réduit la quantité bue par des gens qui boivent trop sans être dépendants. Ce n'est ni un traitement du sevrage ni un substitut à une prise en charge addictologique.

Le kudzu coupe-t-il l'envie de boire ?

Non. C'est le point le plus constant de tous les essais : aucun n'observe d'effet sur l'envie ou le craving. L'effet porte sur la quantité consommée et le rythme, pas sur le désir. Les pages qui présentent le kudzu comme un coupe-envie ne s'appuient sur aucune de ces études.

Peut-on prendre du kudzu en buvant de l'alcool ?

C'est précisément le cadre des essais : les participants prenaient le kudzu puis buvaient. Aucune réaction de type disulfirame sévère n'a été rapportée aux doses étudiées. En revanche, si le mécanisme passe par une arrivée plus rapide de l'alcool au cerveau, l'effet ressenti par verre peut être plus fort : prudence avec la conduite et les activités à risque.

Doses et autres usages

Quelle dose de kudzu prendre ?

Les essais positifs utilisent des extraits standardisés apportant 520 mg d'isoflavones en dose unique, 750 mg d'isoflavones par jour sur quatre semaines, ou 1 200 mg de puérarine pure par jour sur une semaine. La bonne unité est le milligramme d'isoflavones, pas le milligramme de racine. Une poudre de racine non standardisée contient une fraction seulement de ces quantités.

Le kudzu est-il efficace contre les bouffées de chaleur ?

L'essai de référence ne le montre pas. Chez 127 femmes ménopausées suivies trois mois, l'équivalent de 100 mg d'isoflavones de kudzu n'a modifié ni les lipides, ni les hormones, et les auteurs concluent qu'ils n'ont pas pu démontrer de base scientifique à son usage pour la santé des femmes ménopausées en général. Seuls des indices cognitifs se sont améliorés. Attention aussi à la confusion fréquente avec Pueraria mirifica, une espèce thaïlandaise différente, plus étudiée sur ce terrain.

Le kudzu aide-t-il à arrêter de fumer ou à réduire le sucre ?

Nous n'avons trouvé aucun essai clinique randomisé chez l'humain sur le kudzu et le tabac, ni sur le kudzu et les envies de sucre. Ces usages, très présents sur les pages de vente, reposent sur une extrapolation du mécanisme supposé sur l'alcool et sur des études animales. Ils ne sont pas documentés cliniquement.

Sécurité

Le kudzu est-il dangereux pour le foie ?

Dans les essais, quatre semaines de kudzu standardisé n'ont modifié ni les enzymes hépatiques ni la fonction rénale. Mais un cas d'atteinte hépatique sévère a été publié chez un homme de 55 ans qui associait extrait de gui pendant un mois et extrait de kudzu pendant dix jours, avec normalisation à l'arrêt. Le gui est le suspect principal, le kudzu ne peut pas être exclu. Fatigue inhabituelle, urines foncées, douleur sous les côtes droites : arrêt et consultation.

Quels sont les effets secondaires du kudzu ?

Dans les essais randomisés, aucun effet indésirable n'a été rapporté, et l'essai de quatre semaines n'a montré aucune modification des constantes vitales ni de la biologie. Le kudzu contient des isoflavones à activité oestrogénique faible : il est déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement, et en cas d'antécédent de cancer hormonodépendant sans avis médical. Il peut théoriquement interagir avec les anticoagulants et les traitements du diabète.

Quand faut-il consulter plutôt que prendre du kudzu ?

Dès que l'alcool pose un problème : incapacité à s'arrêter une fois commencé, consommation quotidienne, tremblements ou anxiété au réveil, conséquences sur le travail ou les relations, tentatives d'arrêt ratées. Ce sont les signes d'une dépendance, et l'essai mené dans cette population montre que le kudzu n'y fait rien. Un médecin généraliste ou un addictologue dispose de traitements efficaces et d'un accompagnement.

Glossaire

Les termes de ce guide
Isoflavones
Famille de composés végétaux à faible activité oestrogénique. Dans le kudzu : puérarine, daïdzine, daïdzéine. C'est leur teneur qui définit la dose d'un produit.
Puérarine
Isoflavone majoritaire et spécifique du kudzu, testée seule dans un essai à 1 200 mg par jour avec un résultat comparable à l'extrait complet.
Craving
Envie irrépressible de consommer. Mesurée par échelle dans tous les essais sur le kudzu, et jamais modifiée.
ALDH2
Enzyme qui dégrade l'acétaldéhyde, métabolite toxique de l'alcool. Son inhibition provoque rougeurs et malaise ; c'est le mécanisme du disulfirame, et l'hypothèse historique pour le kudzu, non confirmée par les essais.
Extrait standardisé
Préparation dont la teneur en composés actifs est mesurée et garantie, par opposition à une poudre de plante brute dont la teneur varie.
Pueraria mirifica
Espèce thaïlandaise différente du kudzu, riche en phyto-oestrogènes spécifiques, souvent confondue avec Pueraria lobata dans les discours sur la ménopause.

Sources

Références de ce guide, consultées sur PubMed
  1. Lukas SE, Penetar D, Berko J et al. An extract of the Chinese herbal root kudzu reduces alcohol drinking by heavy drinkers in a naturalistic setting. Alcohol Clin Exp Res. 2005;29(5):756-762. doi.org/10.1097/01.alc.0000163499.64347.92
  2. Penetar DM, Toto LH, Farmer SL et al. The isoflavone puerarin reduces alcohol intake in heavy drinkers: a pilot study. Drug Alcohol Depend. 2012;126(1-2):251-256. doi.org/10.1016/j.drugalcdep.2012.04.012
  3. Lukas SE, Penetar D, Su Z et al. A standardized kudzu extract (NPI-031) reduces alcohol consumption in nontreatment-seeking male heavy drinkers. Psychopharmacology. 2013;226(1):65-73. doi.org/10.1007/s00213-012-2884-9
  4. Penetar DM, Toto LH, Lee DY, Lukas SE. A single dose of kudzu extract reduces alcohol consumption in a binge drinking paradigm. Drug Alcohol Depend. 2015;153:194-200. doi.org/10.1016/j.drugalcdep.2015.05.025
  5. Shebek J, Rindone JP. A pilot study exploring the effect of kudzu root on the drinking habits of patients with chronic alcoholism. J Altern Complement Med. 2000;6(1):45-48. doi.org/10.1089/acm.2000.6.45
  6. Woo J, Lau E, Ho SC et al. Comparison of Pueraria lobata with hormone replacement therapy in treating the adverse health consequences of menopause. Menopause. 2003;10(4):352-361. doi.org/10.1097/01.GME.0000054764.94658.33
  7. Kim HJ, Kim H, Ahn JH, Suk HJ. Liver injury induced by herbal extracts containing mistletoe and kudzu. J Altern Complement Med. 2015;21(3):180-185. doi.org/10.1089/acm.2014.0228

Pour aller plus loin

À propos de cet article. Rédigé par L'équipe Nutrition•pro à partir des essais randomisés et publications indexés sur PubMed, cités avec leur DOI. Transparence sur nos intérêts : nous vendons du kudzu, et cet article dit que notre produit n'atteint pas les doses d'isoflavones des essais, que le kudzu n'agit pas sur l'envie de boire, qu'il ne fait rien chez les personnes dépendantes et qu'il n'a pas fait ses preuves à la ménopause. Découvrez notre méthodologie éditoriale.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Une consommation d'alcool qui pose problème relève d'une prise en charge médicale ou addictologique. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et ne diagnostiquent, ne traitent ni ne préviennent aucune maladie. Réservé à l'adulte, déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement. En cas de traitement en cours, demandez l'avis d'un professionnel de santé avant utilisation. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Dernière mise à jour : septembre 2026.

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