Tapez « plante libido homme » et vous obtiendrez la même liste partout : maca, ginseng, tribulus, fenugrec, muira puama, gingembre, ashwagandha, shilajit, tongkat ali. Ce que vous n'obtiendrez nulle part, c'est la réponse à la seule question qui compte : pour chacune, existe-t-il un essai randomisé chez l'homme, que mesure-t-il, et à quelle dose ?
Nous avons fait ce travail plante par plante, en ne retenant que les essais randomisés contrôlés et les revues systématiques indexés sur PubMed. Le résultat tient en trois niveaux : les plantes dont les essais convergent, celles qui ont un bon essai isolé, et celles qui n'en ont aucun. Deux des plantes les plus vendues sont dans la troisième catégorie. Et avant même d'arriver aux plantes, il y a une chose que la recherche place en tête et que les pages de vente placent en bas de page, quand elles la mentionnent.
Avant les plantes : un trouble de l'érection qui s'installe est un prédicteur indépendant de maladie cardiovasculaire (45 % de risque supplémentaire, 55 % pour l'infarctus) et précède souvent les symptômes cardiaques de plusieurs années. Un bilan médical passe avant tout achat.
Niveau 1, essais convergents : tongkat ali (interdit en France), fenugrec en extrait standardisé à 600 mg, ashwagandha KSM-66. Tous trois agissent sur la testostérone, ce qui n'est pas la libido. Niveau 2, un bon essai chacun : tribulus (le seul à mesurer directement le désir), maca (désir amélioré sans effet hormonal), shilajit purifié (testostérone), ginseng (effet jugé trivial par Cochrane). Niveau 3, aucun essai en monothérapie : muira puama et gingembre, malgré leur présence dans presque toutes les formules du marché, y compris la nôtre.
Ce qu'il faut retenir : une plante à la dose de son essai, pendant 8 à 12 semaines, après avoir écarté une cause médicale. Le reste est du marketing.
- Ce que la recherche met en tête, et que les vendeurs mettent en bas
- Notre méthode : trois questions par plante
- Niveau 1 : les plantes dont les essais convergent
- Niveau 2 : un bon essai, pas encore une certitude
- Niveau 3 : aucun essai en monothérapie
- Doses des essais face aux doses vendues, la nôtre comprise
- Ce qui marche en dehors des plantes
- Questions fréquentes
Ce que la recherche met en tête, et que les vendeurs mettent en bas
Une baisse de désir ou une érection moins fiable ne sont presque jamais un problème isolé. Ce sont des symptômes, et la recherche est très claire sur ce qu'ils peuvent annoncer :
Les hommes souffrant de dysfonction érectile présentent un risque accru de 45 % de maladie cardiovasculaire, de 50 % de maladie coronarienne, de 55 % d'infarctus, de 36 % d'AVC et de 25 % de mortalité toutes causes. La dysfonction érectile précède normalement la maladie cardiovasculaire symptomatique, ouvrant une fenêtre pour le dépistage.
Mostafaei H et al., BJU International, 2021. DOI 10.1111/bju.15313
La raison est mécanique : les artères du pénis ont un diamètre de un à deux millimètres, les coronaires trois à quatre. Quand l'endothélium se dégrade, les plus fines se bouchent en premier. Un trouble de l'érection chez un homme de 50 ans est, pour un cardiologue, une information au même titre qu'un cholestérol élevé.
Le désir, lui, obéit à d'autres logiques, mais rarement à une seule. Les causes que tout médecin écarte avant de parler de complément :
- La testostérone basse, qui existe et se mesure par une simple prise de sang le matin à jeun. Elle est bien moins fréquente que ce que le marché des « boosters » laisse croire.
- Les médicaments : antidépresseurs de la famille des ISRS, bêtabloquants, certains traitements de la prostate et de la chute des cheveux, antihistaminiques. Une baisse de libido qui suit un nouveau traitement de quelques semaines est rarement une coïncidence.
- La dépression et le stress chronique, qui coupent le désir avant tout le reste.
- Le sommeil : une seule semaine à cinq heures par nuit fait chuter la testostérone de façon mesurable chez des hommes jeunes et sains.
- L'alcool, le surpoids, la sédentarité, qui agissent à la fois sur les vaisseaux et sur les hormones.
- La relation elle-même, que ni une plante ni un médicament ne traitent.
Testostérone totale le matin à jeun (complétée par la testostérone libre ou la SHBG si le résultat est limite), glycémie à jeun ou HbA1c, bilan lipidique, tension artérielle, revue des médicaments en cours et évaluation de l'humeur. Ces éléments couvrent les causes hormonales, métaboliques et vasculaires les plus fréquentes. Ils se font en une consultation et une prise de sang. C'est cette étape, pas la suivante, qui change le plus souvent la situation.
Notre méthode : trois questions par plante
Pour chaque plante, nous avons cherché sur PubMed les essais randomisés contrôlés chez l'homme et les revues systématiques qui les rassemblent. Puis nous avons posé trois questions, toujours les mêmes :
| Question | Pourquoi elle compte |
|---|---|
| Y a-t-il un essai randomisé en double aveugle chez l'homme ? | Sans groupe placebo ni tirage au sort, un produit inerte produit des témoignages enthousiastes. C'est particulièrement vrai pour la sexualité, où l'effet placebo est massif. |
| Que mesure-t-il exactement ? | La testostérone n'est pas la libido. Un homme à testostérone normale qui gagne 10 % ne ressentira probablement rien. Les essais qui mesurent le désir, l'érection ou la satisfaction (questionnaire IIEF) répondent à la question ; ceux qui mesurent une hormone y répondent indirectement. |
| À quelle dose, sous quelle forme, pendant combien de temps ? | Un résultat obtenu avec 600 mg d'extrait standardisé pendant 12 semaines ne dit rien sur 150 mg de poudre pendant 10 jours. La dose fait la preuve. |
Ce filtre élimine les études animales, les études sur cellules, les études sans groupe témoin et les témoignages. Il élimine donc l'essentiel de ce qui est cité sur les pages de vente. Voici ce qui reste.
Niveau 1 : les plantes dont les essais convergent
Tongkat ali (Eurycoma longifolia) : les meilleures données, et une interdiction
Cinq essais randomisés : augmentation significative de la testostérone totale chez les hommes supplémentés (différence standardisée 1,35), confirmée dans le sous-groupe des hommes en hypogonadisme.
Leisegang K et al., Medicina, 2022. DOI 10.3390/medicina58081047
105 hommes de 50 à 70 ans avec une testostérone inférieure à 300 ng/dL : hausse significative de la testostérone totale à 200 mg par jour dès la quatrième semaine, baisse du score de symptômes du vieillissement masculin et de la fatigue, hausse de la force musculaire. Aucun signal de sécurité.
Chinnappan SM et al., Food and Nutrition Research, 2021. DOI 10.29219/fnr.v65.5647
45 hommes avec déficit androgénique lié à l'âge : 200 mg de tongkat ali associés à un entraînement concurrent trois fois par semaine ont donné la meilleure amélioration de la fonction érectile (IIEF-5) et de la testostérone. L'entraînement seul améliorait déjà la fonction érectile.
Leitão AE et al., Maturitas, 2020. DOI 10.1016/j.maturitas.2020.12.002
C'est la plante la mieux documentée de cette liste, et elle n'est pas autorisée dans les compléments alimentaires en France. Nous l'incluons parce qu'un classement honnête ne peut pas l'ignorer, et parce que le dernier essai contient une leçon : le groupe qui s'entraînait sans plante progressait aussi. Nous avons un article dédié à cette interdiction et aux alternatives.
Fenugrec en extrait standardisé : testostérone et fonction sexuelle, à 600 mg
120 hommes en bonne santé de 43 à 70 ans, 600 mg par jour d'extrait de graine standardisé : baisse significative du score de symptômes du vieillissement masculin, amélioration de la fonction sexuelle, du nombre d'érections matinales et de la fréquence des rapports, hausse de la testostérone totale et libre par rapport au placebo.
Rao A et al., The Aging Male, 2016. DOI 10.3109/13685538.2015.1135323
Quatre essais randomisés : l'extrait de fenugrec a un effet significatif sur la testostérone totale sérique chez l'homme.
Mansoori A et al., Phytotherapy Research, 2020. DOI 10.1002/ptr.6627
Le fenugrec est la plante autorisée en France qui se rapproche le plus d'une preuve sur la fonction sexuelle elle-même, puisque l'essai de Rao mesure les érections matinales et la fréquence des rapports, pas seulement l'hormone. Deux réserves : les essais utilisent un extrait standardisé en saponines, pas la graine entière en poudre, et l'effectif total des quatre essais reste modeste. Notre fenugrec bio est une poudre de graine, forme alimentaire intéressante mais qui ne reproduit pas la concentration de l'extrait testé. Nous le disons plutôt que de laisser croire l'inverse.
Ashwagandha : la plus grande méta-analyse de la liste
1 249 participants : l'ashwagandha augmente significativement la testostérone (différence standardisée 0,33) et la force musculaire (0,58), améliore la mémoire, l'attention et les fonctions exécutives, sans effet sur le poids ni la masse grasse. Qualité des études jugée élevée ou modérée pour la plupart.
Zhu X et al., Frontiers in Pharmacology, 2026. DOI 10.3389/fphar.2026.1799467
Chez des hommes oligospermiques traités 90 jours : hausse de la concentration spermatique (+167 %), du volume (+59 %), de la mobilité (+57 %) et de la testostérone (+17 %). Les auteurs soulignent qu'un seul essai randomisé est inclus et que les données, bien que prometteuses, restent trop limitées.
Durg S et al., Phytomedicine, 2018. DOI 10.1016/j.phymed.2017.11.011
L'effet sur la testostérone est réel, reproductible et modeste (0,33 est un effet de petite taille). L'ashwagandha est avant tout une plante du stress et du sommeil, et c'est probablement par là qu'il agit sur la sexualité quand il agit : en levant un frein plutôt qu'en appuyant sur un accélérateur. Les essais utilisent 600 mg par jour d'extrait de racine KSM-66 ; c'est la dose et l'extrait de notre Ashwagandha KSM-66.
Niveau 2 : un bon essai, pas encore une certitude
Tribulus terrestris : le seul essai qui mesure directement le désir
180 hommes de 18 à 65 ans avec une dysfonction érectile légère à modérée, avec ou sans baisse du désir : le score IIEF s'améliore de 2,70 points de plus que sous placebo, avec une différence significative sur la satisfaction des rapports (p = 0,0005), la fonction orgasmique (p = 0,03), le désir sexuel (p = 0,004) et la satisfaction globale (p = 0,003). Tolérance identique au placebo.
Kamenov Z et al., Maturitas, 2017. DOI 10.1016/j.maturitas.2017.01.011
Dix études cliniques, 483 participants : le tribulus à 400 à 750 mg par jour améliore la fonction érectile dans 3 des 5 études qui l'évaluent. Huit études sur dix ne rapportent aucun changement du profil androgénique. Niveau de preuve jugé faible, aucune preuve robuste d'une hausse de la testostérone.
Vilar Neto JO et al., Nutrients, 2025. DOI 10.3390/nu17071275
Deux enseignements à tenir ensemble. Le premier : l'essai de Kamenov est le seul de toute cette page à mesurer directement le désir sexuel dans un format solide, et il est positif. Le second : la revue systématique qui rassemble l'ensemble juge le niveau de preuve faible, parce que la moitié des études sont de qualité médiocre et que Kamenov reste isolé dans sa rigueur. Et un point que le marché préfère taire : le tribulus n'augmente pas la testostérone chez l'homme aux taux normaux. Son effet, quand il existe, passe par ailleurs, probablement par la voie du monoxyde d'azote. Quiconque vous le vend comme un booster hormonal ne lit pas les études.
L'essai de Kamenov utilisait 1 500 mg par jour d'extrait Tribestan, soit au moins 675 mg de saponines furostanoliques. Notre Tribulus apporte 471 mg d'extrait titré à 90 %, soit 424 mg de saponines : dans la fourchette de 400 à 750 mg de la revue systématique, mais à environ 63 % de la dose de saponines de l'essai de référence. Nous le mettons en tête de cette page parce que c'est la plante qui répond à la question posée, pas parce que la preuve est forte.
Maca : le désir amélioré, sans passer par les hormones
Hommes de 21 à 56 ans, 1 500 ou 3 000 mg de maca gélatinisée par jour : amélioration du désir sexuel à partir de la huitième semaine, indépendante de l'humeur et sans aucune modification de la testostérone ni de l'oestradiol.
Gonzales GF et al., Andrologia, 2002. DOI 10.1046/j.1439-0272.2002.00519.x
50 hommes avec une dysfonction érectile légère, 2 400 mg d'extrait sec : gain du score IIEF-5 de 1,6 point contre 0,5 sous placebo, avec une amélioration du bien-être physique et social que seul le groupe maca atteint. Effet qualifié de petit mais significatif.
Zenico T et al., Andrologia, 2009. DOI 10.1111/j.1439-0272.2008.00892.x
Quatre essais randomisés : preuves limitées d'un effet de la maca sur la fonction sexuelle. Nombre d'essais, effectifs et qualité méthodologique trop limités pour conclure fermement.
Shin BC et al., BMC Complementary and Alternative Medicine, 2010. DOI 10.1186/1472-6882-10-44
La maca est intéressante pour une raison que peu de vendeurs soulignent : elle agit sur le désir sans toucher aux hormones, ce qui en fait une option pour l'homme dont la testostérone est normale, c'est-à-dire la majorité. Les doses des essais vont de 1,5 à 3 g par jour : c'est une dose de poudre, pas de gélule unique. Notre maca bio en poudre à 3 à 5 g par jour couvre cette fourchette ; nos gélules à 1,28 g par jour sont légèrement en dessous.
Shilajit purifié : un essai propre sur la testostérone, à la dose exacte
Volontaires sains de 45 à 55 ans, 250 mg de shilajit purifié deux fois par jour : hausse significative de la testostérone totale, de la testostérone libre et de la DHEA-S par rapport au placebo, avec des taux de LH et FSH maintenus.
Pandit S et al., Andrologia, 2016. DOI 10.1111/and.12482
C'est un résultat propre : format rigoureux, durée correcte, hormones gonadotropes stables, ce qui suggère un effet sur la production testiculaire plutôt qu'une perturbation de l'axe hypophysaire. Deux limites, que nous préférons écrire : c'est un seul essai, et il ne mesure ni le désir ni la fonction sexuelle. Le passage de la testostérone à la libido reste une inférence, raisonnable chez un homme dont le taux est bas, beaucoup moins chez celui dont le taux est normal.
Ginseng : bien toléré, effet jugé trivial
Neuf essais, 587 hommes avec dysfonction érectile légère à modérée : le ginseng n'a probablement qu'un effet trivial sur la fonction érectile, avec un gain de 3,52 points sur le domaine érectile de l'IIEF, sous le seuil de 4 points considéré comme cliniquement perceptible. Il améliore la proportion d'hommes se déclarant capables d'avoir un rapport. Aucun essai ne le compare aux inhibiteurs de la PDE5.
Lee HW et al., Cochrane Database of Systematic Reviews, 2021. DOI 10.1002/14651858.CD012654.pub2
Le ginseng est la plante la plus étudiée de la liste et le verdict de la meilleure synthèse disponible est sans appel : un effet réel mais si petit que le patient ne le perçoit probablement pas. Les essais utilisent 1 à 3 g par jour de racine ou l'équivalent en extrait. Nous avons deux articles détaillés, sur le ginseng et l'érection et sur le ginseng rouge chez l'homme, qui développent ces nuances.
Niveau 3 : aucun essai en monothérapie
Muira puama et gingembre : une réputation, pas une preuve
Le muira puama (Ptychopetalum olacoides) est l'écorce amazonienne que l'on retrouve dans la quasi-totalité des compléments « libido homme ». Nous avons cherché un essai randomisé chez l'homme évaluant le muira puama seul sur le désir ou la fonction sexuelle. Il n'en existe aucun indexé sur PubMed. La seule donnée humaine est une association commerciale :
54 hommes recevant une association de gingembre, muira puama, guarana (500 mg au total) et 1 600 mg de L-citrulline. Amélioration du score érectile chez environ la moitié des participants restants. Attrition massive : 32 hommes à un mois, 22 à deux mois, 16 à trois mois. Les auteurs eux-mêmes appellent à des études contrôlées.
Nguyen S et al., Translational Andrology and Urology, 2018. DOI 10.21037/tau.2018.03.22
Trois raisons rendent cette étude inutilisable comme preuve pour le muira puama ou le gingembre. Il n'y a pas de groupe placebo, dans un domaine où le placebo fait des miracles. 38 participants sur 54 ont abandonné, et ceux qui restent à trois mois sont par construction ceux chez qui ça marchait. Et la formule contient 1 600 mg de L-citrulline, précurseur connu du monoxyde d'azote et seul composant de l'association à disposer d'un mécanisme documenté sur l'érection : si quelque chose agit, c'est probablement la citrulline. Les travaux de laboratoire du même groupe montrent que cette association active la voie du monoxyde d'azote sur des cellules en culture, ce qui est intéressant, mais qui reste une expérience sur cellules.
Le gingembre est dans la même situation : des données animales, une présence dans cette association, et aucun essai clinique en monothérapie sur la libido ou la fonction sexuelle masculine. Sa réputation aphrodisiaque est traditionnelle et culinaire. Elle n'est pas clinique.
La plupart des compléments « libido homme » associent muira puama, gingembre, tribulus et ginseng à des doses qui se partagent une gélule. Notre propre formule Libido Homme suit ce schéma : 300 mg de muira puama, 285 mg de gingembre, 285 mg de tribulus et 150 mg de ginseng. À la lumière de ce qui précède, deux de ces quatre plantes n'ont aucun essai en monothérapie, et les deux autres sont présentes en dessous des doses de leurs essais. Nous ne le cachons pas : c'est précisément pourquoi cette page met en avant le tribulus seul et le shilajit, et pas cette formule. Ses 83 avis à 4,5 sur 5 sont réels, et ils disent ce que disent des avis : une satisfaction, pas une preuve.
Doses des essais face aux doses vendues, la nôtre comprise
| Plante | Dose et forme des essais | Ce que mesure l'essai | Dans notre gamme |
|---|---|---|---|
| Tribulus | 1 500 mg d'extrait, au moins 675 mg de saponines (Kamenov) ; 400 à 750 mg dans la revue | Désir, orgasme, satisfaction, IIEF | 471 mg d'extrait, 424 mg de saponines : dans la fourchette, à 63 % de Kamenov |
| Shilajit | 500 mg par jour d'extrait purifié, 90 jours | Testostérone totale, libre, DHEA-S | PrimaVie 500 mg : dose et extrait identiques |
| Ashwagandha | 600 mg par jour d'extrait de racine KSM-66 | Testostérone, force, cognition | KSM-66 660 mg : dose et extrait identiques |
| Maca | 1 500 à 3 000 mg de poudre gélatinisée ou 2 400 mg d'extrait | Désir, IIEF-5 | Poudre bio 3 à 5 g : dans la fourchette. Gélules 1,28 g : légèrement en dessous |
| Fenugrec | 600 mg d'extrait standardisé en saponines | Testostérone, érections matinales, fréquence des rapports | Poudre de graine bio 3 à 5 g : forme différente, non comparable à l'extrait |
| Ginseng | 1 à 3 g de racine ou équivalent extrait | IIEF, effet jugé trivial | HRG80 200 mg d'extrait concentré ; poudre 2 g : dans la fourchette basse |
| Tongkat ali | 200 mg d'extrait aqueux standardisé | Testostérone, IIEF-5 avec entraînement | Non commercialisé : interdit en France |
| Muira puama | Aucun essai en monothérapie | Rien de mesuré seul | 300 mg dans Libido Homme |
| Gingembre | Aucun essai en monothérapie sur la libido | Rien de mesuré seul | 285 mg dans Libido Homme |
La lecture de ce tableau donne la règle : une plante à la dose de son essai vaut mieux que cinq plantes à un tiers de dose. Les formules qui empilent les noms le font parce que chaque nom vend, pas parce qu'une association a été testée. Aucune ne l'a été.
Cette page classe le muira puama et le gingembre au niveau zéro alors qu'ils sont dans notre propre formule libido. Elle dit que le tribulus n'augmente pas la testostérone et que notre dose est à 63 % de l'essai de référence. Elle dit que le shilajit n'a pas mesuré le désir. Nous préférons un lecteur qui achète une plante en sachant exactement ce qu'elle a montré, et qui consulte d'abord, à un client convaincu par une promesse que la recherche ne soutient pas.
Voir le Tribulus terrestrisCe qui marche en dehors des plantes
Le groupe qui s'entraînait sans plante dans l'essai de Leitão améliorait sa fonction érectile. Ce n'est pas un détail : c'est la démonstration que les leviers les plus puissants ne sont pas dans une gélule.
- L'activité physique, en particulier l'association force et endurance trois fois par semaine, agit sur l'endothélium, la testostérone, le poids et l'humeur en même temps. C'est le seul levier de cette page testé en essai randomisé de six mois avec un résultat positif seul.
- Le sommeil : la testostérone se fabrique la nuit. Une dette de sommeil chronique la fait baisser plus sûrement qu'aucune plante ne la fait monter.
- L'alcool, dépresseur du système nerveux et perturbateur hormonal, dont la réduction est souvent le changement le plus visible.
- Le poids : le tissu adipeux convertit la testostérone en oestrogènes. Perdre du tour de taille est une stratégie hormonale.
- Les traitements sur prescription : les inhibiteurs de la PDE5 ont une efficacité démontrée sur l'érection que la revue Cochrane rappelle en creux, aucune plante ne leur ayant été comparée. Une testostérone réellement basse se traite. Une dépression se traite.
- Le couple : quand la cause est relationnelle, ni la plante ni le médicament ne l'atteignent. Une thérapie de couple ou une sexothérapie le peuvent.
Questions fréquentes
Les plantes
Quelle est la plante la plus efficace pour la libido masculine ?
Aucune plante n'a de preuve forte sur la libido elle-même. Celle qui a l'essai le plus direct est le tribulus : un essai randomisé en double aveugle chez 180 hommes a mesuré une amélioration du désir sexuel, de l'orgasme et de la satisfaction par rapport au placebo. Mais une revue systématique de 2025 juge l'ensemble des preuves faible. La maca a deux essais positifs sur le désir et la fonction érectile légère. Les autres plantes ont surtout été étudiées sur la testostérone, ce qui n'est pas la même chose.
Le tribulus augmente-t-il la testostérone ?
Non chez l'homme dont la testostérone est normale. Sur dix études cliniques analysées en 2025, huit n'observent aucun changement du profil androgénique. Les deux seules hausses concernent des hommes en hypogonadisme et restent de faible ampleur. L'effet du tribulus sur la fonction sexuelle, quand il est observé, ne passe donc pas par la testostérone.
La maca est-elle un aphrodisiaque ?
Les données vont dans ce sens, avec prudence. Un essai de 12 semaines à 1,5 ou 3 g par jour a observé une amélioration du désir sexuel dès la huitième semaine, sans aucune modification de la testostérone ni de l'oestradiol. Un second essai chez 50 hommes avec une dysfonction érectile légère a montré un gain modeste mais significatif du score IIEF-5. La revue systématique qui les rassemble parle de preuves limitées, avec des effectifs trop petits pour conclure fermement.
Le ginseng fonctionne-t-il pour l'érection ?
Très peu. La revue Cochrane de 2021, qui porte sur neuf essais et 587 hommes, conclut à un effet trivial : le gain sur le score de fonction érectile reste en dessous du seuil considéré comme perceptible par le patient. Le ginseng améliore en revanche la proportion d'hommes qui se déclarent capables d'avoir un rapport. La tolérance est bonne. Ce n'est pas rien, mais c'est loin des promesses.
Le fenugrec augmente-t-il vraiment la testostérone ?
Oui, avec un extrait standardisé à 600 mg par jour. Un essai randomisé de 12 semaines chez 120 hommes de 43 à 70 ans a observé une hausse de la testostérone totale et libre, une amélioration des symptômes du vieillissement masculin, du nombre d'érections matinales et de la fréquence des rapports. Une méta-analyse de quatre essais confirme l'effet sur la testostérone totale. Attention : ces résultats portent sur un extrait de graine concentré, pas sur la poudre de graine entière.
L'ashwagandha agit-il sur la libido ?
Il agit sur la testostérone, ce qui est documenté par une méta-analyse de 20 études et 1 249 participants publiée en 2026 : hausse modeste mais significative. Il améliore aussi la force musculaire et plusieurs fonctions cognitives. Sur le désir sexuel lui-même, les données directes sont plus minces. C'est une plante du stress avant d'être une plante de la libido, et une part de son intérêt vient sans doute de là.
Que vaut le shilajit pour la testostérone ?
Un essai randomisé en double aveugle de 90 jours chez des hommes de 45 à 55 ans, à 250 mg de shilajit purifié deux fois par jour, a observé une hausse significative de la testostérone totale, libre et de la DHEA-S par rapport au placebo, avec des hormones gonadotropes stables. C'est un résultat propre, mais c'est un seul essai, et il ne mesure pas la fonction sexuelle. Le passage de la testostérone à la libido reste une inférence.
Pourquoi le tongkat ali est-il absent des rayons français ?
Parce qu'il n'est pas autorisé dans les compléments alimentaires en France, alors qu'il dispose des données les plus convergentes de cette liste : une méta-analyse de cinq essais randomisés montre une hausse de la testostérone, et un essai de 12 semaines chez 105 hommes de 50 à 70 ans à testostérone basse confirme l'effet à 200 mg par jour. Nous avons un article dédié à ce paradoxe et aux alternatives.
Le muira puama a-t-il des études ?
Aucun essai clinique en monothérapie chez l'homme n'est indexé sur PubMed. Le muira puama n'apparaît que dans une association commerciale avec du gingembre, du guarana et 1 600 mg de L-citrulline, testée dans une étude pilote de 54 hommes sans groupe placebo ni tirage au sort, dont 38 ont abandonné avant trois mois. Et la L-citrulline à cette dose est un précurseur connu du monoxyde d'azote, ce qui rend impossible d'attribuer quoi que ce soit au muira puama.
Le gingembre est-il aphrodisiaque ?
Chez l'animal, des données existent. Chez l'homme, nous n'avons trouvé aucun essai clinique évaluant le gingembre seul sur la libido ou la fonction sexuelle. Il figure dans la même association commerciale que le muira puama, avec les mêmes limites. Sa réputation aphrodisiaque est traditionnelle, pas clinique.
Les causes et le bilan
Une baisse de libido est-elle forcément hormonale ?
Non, et c'est même rarement le cas isolément. Les causes les plus fréquentes sont le stress chronique, le manque de sommeil, la dépression, l'alcool, certains médicaments (antidépresseurs, bêtabloquants, traitements de la prostate), le surpoids et les difficultés relationnelles. La testostérone basse existe, mais elle se mesure : un dosage sanguin le matin tranche la question en une prise de sang.
Pourquoi un trouble de l'érection doit-il faire consulter ?
Parce que c'est un prédicteur indépendant de maladie cardiovasculaire. Une revue de l'ensemble des méta-analyses publiée en 2021 chiffre le risque : 45 % de risque supplémentaire de maladie cardiovasculaire, 55 % d'infarctus, 36 % d'AVC et 25 % de mortalité toutes causes chez les hommes qui en souffrent. Les artères du pénis sont plus fines que les coronaires : elles se bouchent en premier. Le trouble précède souvent de plusieurs années les symptômes cardiaques.
Quel bilan demander à son médecin ?
Un dosage de testostérone totale le matin à jeun, complété par la testostérone libre ou la SHBG si le premier est limite, une glycémie à jeun ou une HbA1c, un bilan lipidique et une mesure de la tension. Ces quatre éléments couvrent les causes hormonales et vasculaires les plus fréquentes. Le médecin ajoutera une évaluation de l'humeur et des médicaments en cours.
Le sport agit-il sur la libido ?
Oui, et c'est l'un des rares leviers testés en essai randomisé. Dans une étude de six mois chez des hommes présentant un déficit androgénique lié à l'âge, l'entraînement concurrent (force et endurance, trois fois par semaine) a amélioré la fonction érectile, avec ou sans plante associée. Le sommeil, la réduction de l'alcool et la perte de poids agissent sur les mêmes mécanismes vasculaires et hormonaux.
Utilisation
Combien de temps faut-il pour qu'une plante agisse ?
Dans les essais positifs, 8 à 12 semaines. La maca améliore le désir à partir de la huitième semaine, le tribulus et le fenugrec sont évalués à 12 semaines, le shilajit à 90 jours. Aucun essai ne montre un effet en quelques jours. Un produit qui promet un effet immédiat ne s'appuie sur aucune de ces données.
Peut-on associer plusieurs de ces plantes ?
Rien ne l'interdit, mais aucune association n'a été testée dans un essai randomisé, et les formules qui mélangent quatre ou cinq plantes le font généralement à des doses très inférieures à celles des essais individuels. Une plante à la dose étudiée est plus défendable que cinq plantes à un tiers de dose chacune.
Ces plantes ont-elles des effets secondaires ?
Dans les essais cités, la tolérance est comparable au placebo pour le tribulus, la maca, le ginseng, le fenugrec, l'ashwagandha et le shilajit. Des troubles digestifs légers restent possibles. L'ashwagandha est déconseillé en cas de trouble thyroïdien non équilibré et pendant la grossesse. Le fenugrec peut modifier la glycémie et interagir avec les anticoagulants. Un avis médical est nécessaire en cas de traitement en cours.
Les plantes remplacent-elles le sildénafil ou le tadalafil ?
Non. Aucun essai ne compare une plante à un inhibiteur de la PDE5, et la revue Cochrane sur le ginseng le souligne explicitement. Ces médicaments ont une efficacité démontrée sur l'érection, sur prescription, après un bilan qui vérifie l'absence de contre-indication cardiaque. Les plantes se situent dans un autre registre : désir, vitalité, terrain. Les confondre retarde une prise en charge qui fonctionne.
Glossaire
- IIEF et IIEF-5
- International Index of Erectile Function, questionnaire de référence en 15 questions (ou 5 dans sa version courte) qui note l'érection, l'orgasme, le désir et la satisfaction. Utilisé dans tous les essais cités.
- Différence minimale cliniquement importante
- Le plus petit changement de score qu'un patient perçoit réellement. Pour l'IIEF, environ 4 points. Un gain statistiquement significatif mais inférieur à ce seuil est qualifié de trivial.
- Testostérone libre
- Fraction de la testostérone non liée aux protéines de transport, la seule biologiquement active. Elle peut être basse alors que la totale est normale.
- SHBG
- Protéine qui transporte la testostérone dans le sang. Plus elle est élevée, moins de testostérone reste libre.
- Hypogonadisme
- Production insuffisante de testostérone par les testicules, confirmée par au moins deux dosages bas le matin, avec des symptômes.
- Saponines
- Composés actifs du tribulus et du fenugrec sur lesquels les extraits sont standardisés. La dose de saponines, pas la dose de plante, est ce qui se compare entre un produit et un essai.
- Monoxyde d'azote
- Molécule qui dilate les vaisseaux et déclenche l'érection. C'est la cible des inhibiteurs de la PDE5 et le mécanisme supposé de la L-citrulline.
- Umbrella review
- Revue qui synthétise non pas des essais mais l'ensemble des méta-analyses existantes sur une question. Le niveau de synthèse le plus élevé.
Sources
- Mostafaei H, Mori K, Hajebrahimi S et al. Association of erectile dysfunction and cardiovascular disease: an umbrella review of systematic reviews and meta-analyses. BJU Int. 2021;128(1):3-11. doi.org/10.1111/bju.15313
- Kamenov Z, Fileva S, Kalinov K, Jannini EA. Evaluation of the efficacy and safety of Tribulus terrestris in male sexual dysfunction: a prospective, randomized, double-blind, placebo-controlled clinical trial. Maturitas. 2017;99:20-26. doi.org/10.1016/j.maturitas.2017.01.011
- Vilar Neto JO, de Moraes WMAM, Pinto DV et al. Effects of Tribulus terrestris supplementation on erectile dysfunction and testosterone levels in men: a systematic review of clinical trials. Nutrients. 2025;17(7):1275. doi.org/10.3390/nu17071275
- Gonzales GF, Córdova A, Vega K et al. Effect of Lepidium meyenii (maca) on sexual desire and its absent relationship with serum testosterone levels in adult healthy men. Andrologia. 2002;34(6):367-372. doi.org/10.1046/j.1439-0272.2002.00519.x
- Zenico T, Cicero AFG, Valmorri L, Mercuriali M, Bercovich E. Subjective effects of Lepidium meyenii (maca) extract on well-being and sexual performances in patients with mild erectile dysfunction: a randomised, double-blind clinical trial. Andrologia. 2009;41(2):95-99. doi.org/10.1111/j.1439-0272.2008.00892.x
- Shin BC, Lee MS, Yang EJ, Lim HS, Ernst E. Maca (L. meyenii) for improving sexual function: a systematic review. BMC Complement Altern Med. 2010;10:44. doi.org/10.1186/1472-6882-10-44
- Lee HW, Lee MS, Kim TH et al. Ginseng for erectile dysfunction. Cochrane Database Syst Rev. 2021;4(4):CD012654. doi.org/10.1002/14651858.CD012654.pub2
- Rao A, Steels E, Inder WJ, Abraham S, Vitetta L. Testofen, a specialised Trigonella foenum-graecum seed extract reduces age-related symptoms of androgen decrease, increases testosterone levels and improves sexual function in healthy aging males in a double-blind randomised clinical study. Aging Male. 2016;19(2):134-142. doi.org/10.3109/13685538.2015.1135323
- Mansoori A, Hosseini S, Zilaee M, Hormoznejad R, Fathi M. Effect of fenugreek extract supplement on testosterone levels in male: a meta-analysis of clinical trials. Phytother Res. 2020;34(7):1550-1555. doi.org/10.1002/ptr.6627
- Zhu X, Zeng Q, Lei Y, Xu D. Effects of Withania somnifera (ashwagandha) on cognitive and physical function in adults: a systematic review and meta-analysis. Front Pharmacol. 2026;17:1799467. doi.org/10.3389/fphar.2026.1799467
- Durg S, Shivaram SB, Bavage S. Withania somnifera (Indian ginseng) in male infertility: an evidence-based systematic review and meta-analysis. Phytomedicine. 2018;50:247-256. doi.org/10.1016/j.phymed.2017.11.011
- Pandit S, Biswas S, Jana U, De RK, Mukhopadhyay SC, Biswas TK. Clinical evaluation of purified shilajit on testosterone levels in healthy volunteers. Andrologia. 2016;48(5):570-575. doi.org/10.1111/and.12482
- Leisegang K, Finelli R, Sikka SC, Panner Selvam MK. Eurycoma longifolia (Jack) improves serum total testosterone in men: a systematic review and meta-analysis of clinical trials. Medicina. 2022;58(8):1047. doi.org/10.3390/medicina58081047
- Chinnappan SM, George A, Pandey P, Narke G, Choudhary YK. Effect of Eurycoma longifolia standardised aqueous root extract (Physta) on testosterone levels and quality of life in ageing male subjects: a randomised, double-blind, placebo-controlled multicentre study. Food Nutr Res. 2021;65. doi.org/10.29219/fnr.v65.5647
- Leitão AE, Vieira MCS, Pelegrini A, da Silva EL, Guimarães ACA. A 6-month, double-blind, placebo-controlled, randomized trial to evaluate the effect of Eurycoma longifolia (tongkat ali) and concurrent training on erectile function and testosterone levels in androgen deficiency of aging males. Maturitas. 2021;145:78-85. doi.org/10.1016/j.maturitas.2020.12.002
- Nguyen S, Rajfer J, Shaheen M. Safety and efficacy of daily Revactin in men with erectile dysfunction: a 3-month pilot study. Transl Androl Urol. 2018;7(2):266-273. doi.org/10.21037/tau.2018.03.22
- Ferrini MG, Abraham A, Graciano L et al. Activation of the iNOS/NO/cGMP pathway by Revactin in human corporal smooth muscle cells. Transl Androl Urol. 2021;10(7):2889-2898. doi.org/10.21037/tau-21-11



