Plus des deux tiers des femmes enceintes ont mal au dos, et six semaines après un premier accouchement, 60 % des femmes d'une cohorte norvégienne présentaient un écartement des grands droits de l'abdomen. Le Pilates, qui travaille le centre du corps, la respiration et la posture, attire donc les futures et jeunes mères : dans un essai iranien de 110 primipares, le travail a duré 170 minutes en moyenne après 8 semaines de Pilates, contre 248 sans exercice.
Ce guide rassemble les études identifiées via PubMed, des contre-indications au périnée, au diastasis et à la reprise après l'accouchement, avec une séance type et un plan de reprise.
Pendant la grossesse : sans contre-indication, une trentaine de recommandations visent 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine, renforcement et périnée compris. L'exercice réduit d'environ 40 % le risque de diabète gestationnel, d'hypertension gestationnelle et de prééclampsie. Les essais de Pilates prénatal, encore petits, montrent un travail plus court et des douleurs lombopelviennes atténuées. Après le premier trimestre, on limite la position sur le dos, les risques de chute et la chaleur.
Après l'accouchement : le périnée passe en premier ; entraîné dès la grossesse chez les femmes sans fuites, il réduit probablement de 62 % le risque d'incontinence en fin de grossesse. Dans une cohorte norvégienne, 60 % des femmes avaient un diastasis, le plus souvent léger, six semaines après un premier accouchement, et l'exercice ne réduit l'écart que de quelques millimètres. La reprise est progressive, plus prudente après une césarienne, et dans un essai randomisé l'exercice n'a pas modifié le lait maternel.
- Activité physique et grossesse : ce que recommandent les experts
- Contre-indications et signaux d'arrêt
- Pilates prénatal : ce que montrent les essais
- Dos, bassin et moral
- Trimestre par trimestre : adapter les séances
- Pilates reformer, ballon et Pilates au mur pendant la grossesse
- Périnée : l'entraînement le mieux étudié
- Diastasis des grands droits : ce que l'exercice peut faire
- Reprendre après l'accouchement : délais et étapes
- Pilates post-partum : fatigue, sommeil et moral
- Allaitement et nutrition : ce que disent les études
- Questions fréquentes
Activité physique et grossesse : ce que recommandent les experts
Une revue de 30 recommandations de santé publique, publiées en 11 langues, note une forte concordance : pour une grossesse sans complication, 150 à 300 minutes d'activité aérobie modérée par semaine, du renforcement musculaire et des exercices du périnée, une adaptation de certains exercices, notamment sur le dos, et aucune activité exposant aux chutes ou aux chocs. Le Pilates relève du renforcement, à côté de la marche, du vélo d'appartement ou de l'aquagym.
Selon la recommandation canadienne parue fin 2018, un effort modéré accélère nettement le cœur mais permet de parler, pas de chanter. Elle ne relie l'activité physique ni aux fausses couches, ni à la mortinatalité, ni à la prématurité, ni au petit poids de naissance ; les femmes déjà actives peuvent poursuivre, les autres progressent graduellement.
Les méta-analyses de la même équipe chiffrent les bénéfices : dans les essais randomisés, l'exercice seul réduit d'environ 40 % le risque de diabète gestationnel, d'hypertension gestationnelle et de prééclampsie, et une baisse d'au moins 25 % demandait 600 MET-minutes par semaine, soit environ 140 minutes de marche rapide. Il réduit aussi de 24 % le risque d'accouchement instrumental, sans lien retrouvé avec la césarienne ni avec la durée du travail. L'Organisation mondiale de la santé y ajoute, pour l'activité pendant la grossesse et après la naissance, un moindre risque de dépression du post-partum.
| Effet étudié | Résultat de l'exercice prénatal | Étude |
|---|---|---|
| Diabète gestationnel | Rapport de cotes de 0,62, 6 934 femmes | Davenport, 2018 |
| Hypertension et prééclampsie | 0,61 et 0,59 | Davenport, 2018 |
| Dépression prénatale | Rapport de cotes de 0,33, symptômes moins sévères (−0,38) | Davenport, 2018 |
| Prise de poids | −0,9 kg ; prise excessive moins fréquente (0,68), insuffisante un peu plus (1,32) | Ruchat, 2018 |
| Accouchement instrumental | −24 %, 20 essais, 3 819 femmes | Davenport, 2019 |
| Douleurs du dos et du bassin | Moins intenses (−1,03), mais pas moins fréquentes | Davenport, 2019 |
Une taille d'effet rapporte l'écart entre deux groupes à la dispersion des mesures : 0,2 indique un petit effet, 0,5 un effet moyen, 0,8 un grand effet. Un rapport de cotes inférieur à 1 signale un risque plus faible avec l'exercice.
Contre-indications et signaux d'arrêt
Dans une revue de 11 recommandations de 9 pays, dont la France, les six textes qui listent des contre-indications s'accordent sur un socle commun : anémie, saignements persistants, maladie cardiovasculaire, béance du col ou cerclage, grossesse multiple, prééclampsie ou hypertension de la grossesse, contractions ou travail prématurés, rupture prématurée des membranes, maladie thyroïdienne. Quatre ou cinq y ajoutent le diabète, les troubles du comportement alimentaire, l'obésité morbide et le placenta praevia.
Avec une contre-indication absolue, la recommandation canadienne conseille de garder ses activités quotidiennes sans effort plus soutenu ; avec une contre-indication relative, on pèse l'intérêt d'une activité modérée à intense avec le professionnel qui suit la grossesse. Une revue systématique de 2020 rappelle que ces listes reposent surtout sur l'avis d'experts : dans 11 situations, comme l'hypertension gestationnelle ou la grossesse gémellaire, une activité éventuellement adaptée pourrait être bénéfique. Elle réserve les contre-indications absolues aux maladies cardiorespiratoires sévères, au décollement placentaire, au vasa praevia, au diabète de type 1 non contrôlé, au retard de croissance intra-utérin, au travail prématuré, à la prééclampsie sévère et à l'insuffisance cervicale.
Les six recommandations qui listent des signaux d'arrêt s'accordent sur trois d'entre eux : vertiges ou malaise, essoufflement avant même l'effort, saignement vaginal. Cinq y ajoutent une douleur abdominale ou dorsale, une perte de liquide amniotique et un essoufflement excessif. Devant l'un de ces signes, on interrompt la séance, on s'assoit ou on s'allonge sur le côté, et l'on appelle sa sage-femme, son médecin ou la maternité.
Au premier trimestre, nausées et fatigue dominent : une ancienne recommandation canadienne, citée dans la même revue, jugeait le deuxième trimestre plus propice pour débuter, et la japonaise proposait d'attendre 12 semaines. Contre les nausées, voyez notre article sur le gingembre et les nausées de grossesse.
Pilates prénatal : ce que montrent les essais
Les essais de Pilates prénatal comparent le plus souvent deux séances par semaine, pendant 8 à 12 semaines, à un suivi habituel, chez des femmes en bonne santé souvent enceintes de leur premier enfant. Une méta-analyse de 2025 en a réuni 11 (538 participantes, dont 3 essais seulement à faible risque de biais) : le Pilates y est associé à un travail plus court (taille d'effet de −0,56), à une douleur de l'accouchement moindre (−0,76) et à un meilleur score d'Apgar à une minute (0,41), chaque résultat reposant sur 2 essais, sans effet significatif sur le poids ni sur le mode d'accouchement.
Chez des femmes enceintes en bonne santé, l'exercice a raccourci la phase active du travail de 56 minutes (8 essais, 1 195 femmes) et la durée totale du travail (8 essais, 898 femmes) par rapport à l'absence d'exercice. La phase d'expulsion n'a pas changé (7 essais, 1 135 femmes). Mais 5 des 8 essais testaient l'aérobie, l'aquagym ou le yoga, pas le Pilates.
Haseli A, Eghdampour F, Zarei H, et al. BMC Pregnancy Childbirth 2024;24(1):573. DOI : 10.1186/s12884-024-06785-5
En Iran, chez 110 primipares, 8 semaines de Pilates dès 26 à 28 semaines ont ramené le travail à 170 minutes en moyenne contre 248, sans différence significative pour la voie basse (88 % contre 81 %), l'épisiotomie ou l'Apgar. En Turquie, chez 126 femmes, une préparation à la naissance associant cours, Pilates et respiration a été suivie de 80,6 % de voies basses contre 54,2 %, sans que le Pilates y soit isolé.
Toutes formes d'exercice confondues, la méta-analyse canadienne de 113 études ne reliait pourtant l'exercice prénatal ni à la césarienne ni à la durée du travail : l'effet propre du Pilates sur le travail reste à confirmer. Aucun effet indésirable grave n'est rapporté ; dans un essai australien de faisabilité de 6 semaines, les 11 femmes du groupe Pilates ont toutes terminé l'essai, sans événement indésirable.
| Essai | Programme | Résultat principal |
|---|---|---|
| Ghandali, 2021, 110 primipares | 2 séances par semaine, 8 semaines | Travail de 170 contre 248 minutes ; césariennes non différentes |
| Buran, 2024, 126 nullipares | Préparation à la naissance avec Pilates, 8 semaines | 80,6 % de voies basses contre 54,2 % ; fuites moins sévères |
| Yıldırım, 2023, 34 femmes lombalgiques | 2 séances de 60 minutes par semaine, 12 semaines | Incapacité à 2,7 points contre 10,9 ; sommeil inchangé |
| Bulguroglu, 2025, 42 primipares | 8 semaines, dès 14 à 16 semaines | Laxité ligamentaire stable, gêne pelvienne limitée |
| Dias, 2018, 50 primipares | Pilates et contractions du périnée, 2 fois par semaine | Force du périnée au manomètre non différente du groupe témoin |
Dos, bassin et moral
Toutes formes d'exercice confondues, une méta-analyse de 32 études (52 297 femmes) montre que bouger pendant la grossesse ne rend pas les douleurs du dos ou du bassin moins fréquentes, mais nettement moins intenses (taille d'effet de −1,03, 15 essais ; preuves de qualité très faible à modérée). Pour le Pilates seul, une revue n'a retenu que 2 essais (65 femmes), où la douleur baissait davantage qu'avec le suivi habituel (différence moyenne de −23,09 points sur 100, preuves de qualité modérée).
Chez 34 femmes enceintes de 14 à 24 semaines souffrant de douleurs lombopelviennes, deux séances de Pilates de 60 minutes par semaine pendant 12 semaines, avec un ballon, genoux légèrement fléchis et sans position prolongée sur le dos, ont ramené le score d'incapacité à 2,7 points contre 10,9 chez les témoins, et la douleur médiane à 2 sur 10 contre 5. L'anxiété et la dépression ont diminué ; la qualité du sommeil n'a pas changé.
Yıldırım P, Basol G, Karahan AY. Turk J Phys Med Rehabil 2023;69(2):207-215. DOI : 10.5606/tftrd.2023.11054
Dans un autre essai turc de 42 primipares, 8 semaines de Pilates commencées à 14 à 16 semaines ont stabilisé la laxité du ligament croisé du genou et la mobilité articulaire, qui augmentaient chez les témoins, et limité la gêne liée aux douleurs de la ceinture pelvienne.
Sur le moral, une méta-analyse en réseau de 43 essais (3 843 femmes) attribue au Pilates (−1,50) et au yoga (−1,01) les effets les plus marqués sur les symptômes dépressifs périnataux, avec un intervalle encore large pour le Pilates (−2,70 à −0,34) ; chez les femmes atteintes de symptômes dépressifs, l'exercice aérobie faisait mieux.
Trimestre par trimestre : adapter les séances
Sur le dos, l'utérus peut comprimer l'aorte et la veine cave : hors France et Espagne, toutes les recommandations de la revue internationale déconseillent l'exercice dans cette position après le premier trimestre ou 16 semaines, la canadienne proposant le côté, l'assis ou le debout. Une revue de 7 études (1 759 femmes) ne relie pas ces exercices au petit poids de naissance, mais 20 fœtus sur 65 (31 %) ont présenté des anomalies du rythme cardiaque pendant un effort sur le dos, et le débit sanguin utérin baissait de 13 % par rapport au repos sur le côté gauche : les données ne permettent ni de rassurer ni d'interdire.
En pratique, le hundred, les abdominaux sur le dos ou le pont tenu longtemps cèdent la place à des versions sur le côté, à quatre pattes ou en position assise sur un ballon ; l'essai turc, lui, gardait le hundred et le pont, mais sans position prolongée sur le dos.
L'équilibre change aussi : dans une cohorte de 2 847 femmes qui travaillaient, 26,6 % étaient tombées pendant leur grossesse. Les recommandations écartent les activités à risque de chute ; deux rappellent que les hormones détendent les ligaments. On travaille près d'un mur pour les exercices debout, avec des transitions lentes et un tapis antidérapant plutôt qu'une surface molle ; notre Tapis de Pilates NP associe un revêtement en microsuède à une base en caoutchouc antidérapant.
Une revue de 12 études (347 femmes) n'a relevé aucune température centrale au-delà de 39 °C, seuil associé à un risque de malformation, même après 35 minutes d'effort à 80 à 90 % de la fréquence cardiaque maximale par 25 °C ; plusieurs recommandations déconseillent toutefois l'effort par temps chaud ou humide, donc les cours en salle chauffée. La recommandation canadienne de l'époque déconseillait aussi de bloquer sa respiration à l'effort.
Pilates reformer, ballon et Pilates au mur pendant la grossesse
Nous n'avons identifié dans PubMed aucun essai sur le reformer pendant la grossesse : les données de ce guide portent sur le Pilates au sol. Sur la machine, le chariot mobile sollicite l'équilibre, beaucoup d'exercices se font sur le dos et les ressorts invitent à charger. En pratique : chariot bloqué pour monter et descendre, exercices assis, à genoux ou sur le côté, ressorts légers et professeur formé au Pilates prénatal.
Le ballon figure en revanche dans plusieurs essais, dont l'essai turc sur les douleurs lombopelviennes : assise dessus, on mobilise le bassin sans charger le dos. Le Pilates au mur n'a pas été étudié ; le mur offre un appui utile pour les exercices debout, mais les exercices jambes au mur se pratiquent sur le dos.
Le Pilates sur tapis, celui de l'essai brésilien et des essais turcs, reste la forme la mieux documentée. Notre Tapis de Pilates NP, dont la base en caoutchouc antidérapant ancre chaque posture au sol, accompagne ces séances à la maison comme en studio.
Périnée : l'entraînement le mieux étudié
Environ une femme sur trois souffre d'incontinence urinaire après un accouchement, et jusqu'à une sur dix d'incontinence fécale, selon la revue Cochrane de 2020 (46 essais, 10 832 femmes) ; l'Organisation mondiale de la santé propose d'entraîner le plancher pelvien chaque jour.
Chez des femmes enceintes sans fuites au départ, un entraînement du périnée pendant la grossesse réduit probablement de 62 % le risque d'incontinence urinaire en fin de grossesse (6 essais, 624 femmes, qualité modérée), et de 29 % entre trois et six mois après la naissance (5 essais, 673 femmes, qualité élevée). Chez les femmes qui avaient déjà des fuites, son effet traitant reste incertain.
Woodley SJ, Lawrenson P, Boyle R, et al. Cochrane Database Syst Rev 2020;5(5):CD007471. DOI : 10.1002/14651858.CD007471.pub4
Pour la première année après la naissance, une méta-analyse de 2025 associe l'entraînement du périnée à un risque de fuites urinaires réduit de 37 % (rapport de cotes de 0,63, 7 essais, 1 930 femmes) et à un risque de prolapsus réduit de 56 %, ce dernier résultat reposant sur un seul essai de 123 femmes.
Chez 62 femmes, hors grossesse, sans trouble pelvien notable, 24 séances d'une heure de Pilates ont renforcé le périnée sans différence significative avec un entraînement spécifique (+6,2 et +6,6 cmH2O). Chez 50 femmes enceintes, un Pilates intégrant des contractions du périnée n'a pas fait mieux qu'un exercice classique sur la force mesurée au manomètre. Dans l'essai turc de préparation à la naissance, les fuites étaient moins sévères jusqu'à un mois après l'accouchement, sans que l'on puisse isoler la part du Pilates. Le plus sûr reste d'intégrer de vraies contractions du périnée aux séances.
Assise ou allongée sur le côté, serrez et remontez les muscles qui retiennent l'urine et les gaz, sans serrer les fesses ni bloquer la respiration ; tenez quelques secondes, puis relâchez complètement. En cas de doute, une sage-femme ou un kinésithérapeute vérifie la contraction.
Diastasis des grands droits : ce que l'exercice peut faire
Le diastasis est l'écartement des grands droits le long de la ligne blanche. Dans une cohorte norvégienne de 300 femmes enceintes de leur premier enfant, un écart d'au moins deux travers de doigt concernait 33,1 % d'entre elles à 21 semaines de grossesse, 60 % six semaines après la naissance, 45,4 % à six mois et 32,6 % à un an. À un an, les femmes avec ou sans diastasis ne déclaraient pas davantage de douleurs lombopelviennes.
Chez 175 primipares, 4 mois de cours hebdomadaires supervisés de renforcement du périnée et des abdominaux, débutés six semaines après la naissance et complétés par des exercices quotidiens du périnée à la maison, n'ont pas réduit la fréquence du diastasis : 55,2 % et 54,5 % des femmes étaient concernées au départ, sans différence entre les groupes à six mois ni à un an.
Gluppe SL, Hilde G, Tennfjord MK, et al. Phys Ther 2018;98(4):260-268. DOI : 10.1093/ptj/pzy008
Sur l'écart lui-même, l'effet est modeste : une revue de 16 essais trouve, avec une certitude modérée tirée de 6 essais, une réduction de 0,43 cm avec les exercices abdominaux, jugée non cliniquement significative par ses auteurs. La méta-analyse de 2025 trouve −0,52 cm au repos et rappelle qu'aucun seuil d'écart cliniquement important n'est établi : un écart large peut ne poser aucun problème si la ligne blanche se tend à l'effort.
L'enroulement du buste rapproche les deux muscles : chez 26 femmes présentant un diastasis, il réduisait l'écart de 1,19 cm au-dessus du nombril mais déformait davantage la ligne blanche, qui se déformait moins quand le muscle transverse était contracté d'abord. Le Pilates, qui associe respiration, transverse et enroulement contrôlé, reprend ces principes : dans une étude contrôlée non randomisée de 35 primipares, quatre semaines de Pilates, cinq fois par semaine, ont réduit l'écart et le tour de taille et amélioré l'endurance abdominale par rapport aux témoins, un résultat à confirmer.
Allongée sur le dos, genoux fléchis, décollez la tête et les épaules, puis palpez la ligne médiane au nombril, 4,5 cm au-dessus et 4,5 cm au-dessous : dans la cohorte norvégienne, un écart d'au moins deux travers de doigt, ou un bombement, définissait le diastasis. En cas d'écart large, de bombement ou de douleur, un kinésithérapeute ou une sage-femme adapte les exercices ; notre article ventre plat : ce qui marche vraiment complète ce point.
Reprendre après l'accouchement : délais et étapes
Selon une revue des recommandations de 22 pays, la plupart conseillent une reprise progressive : l'Autriche dès 4 à 6 semaines, le Royaume-Uni après la visite postnatale de 6 à 8 semaines, la France après la consultation postnatale, avec 15 minutes par jour 3 à 5 fois par semaine, puis au moins 30 minutes 3 fois par semaine après l'examen des 6 mois. L'Organisation mondiale de la santé vise à terme 150 minutes d'activité modérée par semaine, avec du renforcement et des étirements doux, et une reprise décidée avec un professionnel de santé après une césarienne.
Le Qatar propose 4 à 8 semaines après une voie basse mais 8 à 12 semaines en cas de césarienne et, après une césarienne, ni abdominaux avant 4 mois ni sport à impact avant 3 à 4 mois ; l'Islande demande au moins 6 semaines de prudence après une césarienne, sans porter plus lourd que le bébé. Seule la France distingue la voie basse avec ou sans épisiotomie, laquelle allonge souvent la récupération, rappellent les auteurs.
La marche reste la base : la recommandation française cite 3 000 pas en 30 minutes après l'examen des 6 mois et déconseille d'enchaîner les journées à moins de 5 000 pas ; notre guide combien de pas par jour donne d'autres repères.
Pilates post-partum : fatigue, sommeil et moral
Deux articles d'une même équipe iranienne rapportent le même programme, du Pilates à domicile 30 minutes cinq fois par semaine pendant 8 semaines, commencé 72 heures après l'accouchement, face à l'absence d'intervention, chez 80 femmes (40 par groupe).
Chez 80 jeunes mères, ce programme a abouti à des scores de fatigue nettement plus bas que chez les témoins sur toutes les dimensions mesurées : fatigue générale 7,80 contre 12,72, fatigue physique 7,12 contre 10,42, fatigue mentale 6,85 contre 10,72.
Ashrafinia F, Mirmohammadali M, Rajabi H, et al. Singapore Med J 2015;56(3):169-173. DOI : 10.11622/smedj.2015042
Chez 80 femmes ayant eu leur premier enfant, le même protocole a amélioré la qualité subjective du sommeil, l'endormissement et la forme dans la journée, sans changer la durée ni l'efficacité du sommeil. Ces travaux restent modestes et menés dans un seul pays ; le délai de 72 heures se discute avec la sage-femme, surtout après une césarienne.
Sur le moral, la méta-analyse en réseau citée plus haut trouve les exercices corps-esprit, dont le Pilates et le yoga, particulièrement efficaces après la naissance (−1,60). L'exercice pendant la grossesse, lui, ne modifiait pas le risque de dépression du post-partum dans la méta-analyse canadienne : ce sont les programmes menés après la naissance qui montrent un effet. Notre Tapis de Pilates NP, qui se roule en un geste, se sort facilement pour une séance de 30 minutes à la maison.
Allaitement et nutrition : ce que disent les études
Dans un essai randomisé chez 33 femmes sédentaires qui allaitaient exclusivement, les 18 du groupe exercice ont suivi, dès 6 à 8 semaines après la naissance, 45 minutes d'exercice aérobie 5 jours par semaine pendant 12 semaines : leur capacité aérobie a progressé de 25 %, contre 5 % chez les témoins, sans différence de volume ni de composition du lait, ni de prise de poids du bébé.
Sur 22 recommandations nationales, 7 précisent que l'activité physique ne modifie pas la quantité de lait, une preuve que l'Australie juge de très faible qualité ; le Qatar conseille d'allaiter avant la séance ou une heure après. Sur la lactation, voyez notre article sur le fenugrec et l'allaitement.
Pendant la grossesse, les supplémentations se décident avec la sage-femme ou le médecin : l'acide folique (voir notre guide sur la vitamine B9 pendant la grossesse), mais aussi la vitamine D et les oméga-3, évalués par deux revues Cochrane.
Pour la vitamine D, la revue de 2024 invite à la prudence : après un contrôle de fiabilité, 20 des 30 études de la version précédente ont été mises en attente. Face à un placebo ou à l'absence de supplément (8 études, 2 313 femmes), son effet sur la prééclampsie, le diabète gestationnel et la prématurité est très incertain ; elle pourrait réduire le risque d'hémorragie sévère après l'accouchement, d'après une seule étude, et celui de petit poids de naissance, sans que l'inverse puisse être exclu. La revue rappelle que la carence pendant la grossesse est associée à des complications chez la mère et l'enfant, et note que les données sur les effets indésirables manquent.
Si une supplémentation est retenue, notre Vitamine D3 végétale apporte 1 000 UI (25 µg) par goutte ; pendant la grossesse et l'allaitement, demandez d'abord conseil à votre sage-femme ou à votre médecin. Nos articles sur la vitamine D3 de lichen et le surdosage en vitamine D complètent ce point.
Les oméga-3 disposent de preuves plus solides : selon la revue Cochrane de 2018 (70 essais, 19 927 femmes), les oméga-3 à longue chaîne pris pendant la grossesse réduisent le risque d'accouchement prématuré avant 37 semaines (11,9 % contre 13,4 %, preuve de qualité élevée) et avant 34 semaines (2,7 % contre 4,6 %), mais augmentent probablement les grossesses prolongées au-delà de 42 semaines (2,6 % contre 1,6 %) ; rien ne permet de conclure sur la dépression du post-partum. Notre Oméga 3 Omegavie apporte 640 mg d'EPA et 440 mg de DHA pour 4 capsules (les essais ont utilisé des apports variés, pas cette formule) ; pendant la grossesse et l'allaitement, toute supplémentation se fait sur avis médical. Voir aussi notre article sur les effets des oméga-3.
Un revêtement en microsuède, doux et absorbant même sur les séances longues, sur une base en caoutchouc antidérapant qui ancre chaque posture au sol. Fin et stable, il privilégie l'équilibre et la précision du mouvement, et se roule en un geste pour passer du salon au studio.
Voir le Tapis de PilatesNotre Vitamine D3 végétale apporte 1 000 UI par goutte ; pendant la grossesse et l'allaitement, demandez d'abord conseil à votre sage-femme ou à votre médecin.
Questions fréquentes
Peut-on faire du Pilates enceinte ?
Oui, si la grossesse se déroule normalement et après avis de la sage-femme ou du médecin. Une trentaine de recommandations conseillent 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine, avec renforcement et exercices du périnée, et les essais de Pilates prénatal n'ont pas rapporté d'effet indésirable grave.
Quels sont les bienfaits du Pilates pour la femme enceinte ?
Dans des essais encore petits, le Pilates prénatal est associé à un travail plus court, à des douleurs lombopelviennes moins intenses et à moins de symptômes dépressifs. L'exercice pendant la grossesse réduit aussi le risque de diabète gestationnel et de prééclampsie.
Quelles sont les contre-indications au Pilates pendant la grossesse ?
Les recommandations citent notamment les saignements persistants, le placenta praevia, la béance du col ou le cerclage, le travail prématuré, la rupture des membranes, la prééclampsie, la grossesse multiple, l'anémie et certaines maladies cardiaques, respiratoires ou thyroïdiennes. L'activité est alors suspendue ou adaptée avec le médecin.
Peut-on faire du Pilates au premier trimestre ?
Oui, si vous pratiquiez déjà et que la grossesse est normale. Pour débuter, une ancienne recommandation canadienne jugeait le deuxième trimestre plus propice, et les essais de Pilates prénatal commençaient le plus souvent entre 14 et 30 semaines.
Quels exercices de Pilates éviter enceinte ?
Après le premier trimestre, les exercices prolongés sur le dos, comme le hundred, sont remplacés par des positions sur le côté, assises ou à quatre pattes. On évite aussi les positions sur le ventre, les exercices à risque de chute, le blocage de la respiration, les charges lourdes et les cours en salle chauffée.
Peut-on faire du Pilates reformer enceinte ?
Aucun essai n'a évalué le reformer pendant la grossesse. S'il est pratiqué, mieux vaut un professeur formé au Pilates prénatal, des ressorts légers, des exercices assis, à genoux ou sur le côté, et une grande prudence pour monter et descendre du chariot.
Le Pilates renforce-t-il le périnée ?
En partie : chez 62 femmes, hors grossesse, sans trouble pelvien notable, le Pilates a renforcé le périnée sans différence significative avec un entraînement spécifique, mais pas mieux qu'un exercice classique chez 50 femmes enceintes. L'entraînement spécifique du périnée reste le plus étudié : chez les femmes sans fuites, il réduit probablement de 62 % le risque de fuites en fin de grossesse.
Quand reprendre le Pilates après l'accouchement ?
Respiration, périnée et marche reprennent tôt si l'accouchement s'est bien passé. Les recommandations situent la reprise d'un programme structuré autour de la visite postnatale, entre 4 et 8 semaines après une voie basse selon les pays, plus tard après une césarienne, toujours progressivement.
Peut-on faire du Pilates après une césarienne ?
Oui, mais plus progressivement. Le Qatar propose d'attendre 8 à 12 semaines et de repousser les abdominaux à 4 mois, l'Islande de ne rien porter de plus lourd que le bébé pendant 6 semaines. L'Organisation mondiale de la santé recommande d'en parler avec un professionnel de santé avant de reprendre.
Le Pilates est-il efficace contre le diastasis ?
Les exercices abdominaux réduisent l'écart entre les grands droits de 0,4 à 0,5 cm environ dans les méta-analyses, et une étude non randomisée sur le Pilates va dans ce sens. En cas d'écart large ou de bombement, un bilan avec un kinésithérapeute s'impose.
Peut-on faire du Pilates en allaitant ?
Oui. Dans un essai randomisé, 12 semaines d'exercice aérobie chez des mères allaitantes n'ont modifié ni le volume ni la composition du lait, ni la prise de poids des bébés. Pensez à bien boire et à allaiter avant la séance si la poitrine est tendue.
Sources
Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.
- Hayman M, Brown WJ, Brinson A, et al. Recommandations de santé publique sur l'activité physique pendant la grossesse dans le monde : une revue de portée. British Journal of Sports Medicine, 2023;57(14):940-947. DOI
- Mottola MF, Davenport MH, Ruchat SM, et al. Recommandation canadienne de 2019 sur l'activité physique tout au long de la grossesse. Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada, 2018;40(11):1528-1537. DOI
- Davenport MH, Ruchat SM, Poitras VJ, et al. Exercice prénatal pour prévenir le diabète gestationnel et les troubles hypertensifs de la grossesse : revue systématique et méta-analyse. British Journal of Sports Medicine, 2018;52(21):1367-1375. DOI
- Davenport MH, Ruchat SM, Sobierajski F, et al. Effet de l'exercice prénatal sur les risques maternels, le travail et l'accouchement : revue systématique et méta-analyse. British Journal of Sports Medicine, 2019;53(2):99-107. DOI
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