Gainer : à quoi ça sert vraiment, pour qui, et ce que montrent les essais

Par L'équipe Nutrition•pro
Gainer : à quoi ça sert vraiment, pour qui, et ce que montrent les essais

L'équipe Nutrition•pro
Publié en septembre 2026
4 références PubMed vérifiées

Le gainer a mauvaise réputation, et pas tout à fait à tort : c'est le produit qu'on achète pour aller plus vite, et c'est celui avec lequel on prend le plus souvent du gras. Mais la question n'est pas de savoir si le gainer est bon ou mauvais. C'est de savoir pour qui il a un sens, et à quelle condition.

Ce guide rapporte ce que les essais montrent sur la prise de masse : le seul essai randomisé qui a comparé un petit et un grand surplus calorique, la méta-analyse qui fixe le plafond utile des protéines, la revue qui admet que la taille idéale du surplus n'a jamais été validée, et la position de l'ISSN sur la répartition des prises. Puis il en déduit le profil précis pour qui un gainer est le bon outil, et comment le doser à la balance plutôt qu'à l'étiquette.

★ NOTRE LEAN GAINER
Lean Gainer Mass Nutrition•pro, 189 kcal et 12,6 g de protéines par dose
Lean Gainer Mass, 1 kg
189 kcal, 32 g de glucides et 12,6 g de protéines par dose de 50 g dans 300 ml. Un ratio glucides-protéines de 2,5 pour 1, plus modéré que les gainers classiques, pour ajouter des calories par petits paliers et ajuster à la balance. Pour ceux qui n'arrivent pas à manger assez, pas pour les autres.
Voir le Lean Gainer
En bref

Le surplus. Le seul essai randomisé ayant comparé des tailles de surplus, 21 pratiquants entraînés pendant huit semaines, conclut qu'un surplus de 15 % augmente surtout les plis cutanés par rapport à un surplus de 5 %, sans gain d'épaisseur musculaire supplémentaire. Une revue de l'Institut australien du sport admet que la taille idéale du surplus n'a jamais été validée. Les protéines. La méta-analyse de 49 essais fixe le plafond utile à environ 1,6 g par kilo par jour ; au-delà, plus de gain de masse maigre.

Le gainer. Il n'apporte rien qui construise du muscle par lui-même : il apporte des calories et des protéines dans un format facile. Il a un sens pour une seule personne : celle qui s'entraîne, dont le poids ne monte pas, et qui n'arrive pas à manger davantage. Pour elle, il se dose à la balance en visant une prise lente. Pour tous les autres, la nourriture suffit, et la whey si les protéines manquent.

i
Information. Cet article présente des essais et revues identifiés via PubMed. Un gainer est un aliment calorique, pas un complément aux propriétés particulières. Il ne convient pas aux personnes en surpoids, diabétiques ou ayant un trouble du comportement alimentaire, et une prise de poids inexpliquée ou une incapacité durable à en prendre malgré une alimentation suffisante se discutent avec un médecin.
1,6g/kg
Le plafond utile des protéines, 49 essais
5 vs 15%
Les deux surplus comparés dans le seul essai randomisé
0
Différence d'épaisseur musculaire entre petit et grand surplus
3h
Espacement des prises protéiques recommandé par l'ISSN
Réponse rapide
Un gainer apporte des calories et des protéines dans un format facile, rien de plus. Il a un sens pour celui qui s'entraîne, dont le poids ne monte pas, et qui n'arrive pas à manger davantage. Le seul essai randomisé montre qu'un gros surplus fait surtout du gras ; le plafond utile des protéines est à 1,6 g par kilo. Doser à la balance, viser une prise lente, et compter le gainer dans le total protéique.
1

Ce qu'est un gainer, et ce qu'il n'est pas

Un aliment calorique en poudre, pas un actif.

Un gainer est un mélange de glucides et de protéines, avec un ratio qui va typiquement de deux à quatre parts de glucides pour une de protéines. Sa fonction est quantitative : apporter des calories et des protéines dans un volume liquide, plus facile à consommer qu'un repas supplémentaire. Il ne contient aucun ingrédient qui construise du muscle par lui-même. C'est l'entraînement en résistance qui construit ; le gainer fournit une partie de l'énergie et des matériaux, comme le ferait un repas de plus.

Cette distinction change la manière de le juger. On ne demande pas à un gainer s'il « marche » : on demande si la personne qui le prend avait besoin de calories supplémentaires, et si oui, si ce format était le bon moyen de les apporter. La suite de l'article répond à ces deux questions avec ce que les essais ont mesuré.

2

Le surplus : ce que le seul essai randomisé montre

Petit ou grand surplus, huit semaines, des pratiquants entraînés.
Essai randomisé en groupes parallèles, Sports Medicine - Open 2023

Vingt et un pratiquants entraînés réalisant un entraînement en résistance trois jours par semaine pendant huit semaines ont été randomisés entre maintien énergétique, surplus modéré de 5 pour cent et surplus élevé de 15 pour cent, pour déterminer si les plis cutanés, le maximum au squat et au développé couché, ou l'épaisseur du biceps, du triceps et du quadriceps différaient selon le groupe. L'analyse par groupes n'a fourni aucune preuve en faveur d'une différence d'épaisseur musculaire ni de squat. Le surplus élevé a davantage augmenté le développé couché que les deux autres groupes, mais aussi davantage augmenté les plis cutanés que le maintien. L'analyse par régression a fourni une preuve forte que la variation de poids corporel prédit la variation des plis cutanés, et une preuve faible qu'elle prédit l'épaisseur du biceps. Les auteurs concluent qu'une prise de poids plus rapide, et donc un surplus plus grand, augmente principalement la vitesse de prise de gras plutôt que la force ou l'épaisseur musculaire.

Helms ER, Spence AJ, Sousa C, et al. Sports Med Open 2023;9(1):102. DOI : 10.1186/s40798-023-00651-y

C'est un petit essai, ses auteurs le disent, et il porte sur des pratiquants déjà entraînés pendant huit semaines seulement. Mais c'est le seul à avoir comparé des tailles de surplus de façon randomisée, et son résultat est le contraire de l'intuition qui fait vendre les gainers : tripler le surplus n'a pas triplé le muscle. Cela a surtout accéléré la prise de gras. Le seul signal en faveur du gros surplus concerne le biceps, le muscle le plus sollicité du programme, et il est faible.

Ce que la revue de référence admet

Une revue publiée dans Frontiers in Nutrition par des chercheurs de l'Institut australien du sport pose la question dans son titre : un surplus énergétique est-il nécessaire pour maximiser l'hypertrophie ? Sa réponse est honnête. Il existe une preuve claire d'un stimulus anabolique lié à un surplus, même sans entraînement. Mais le surplus précis nécessaire n'a jamais été validé dans une population entraînée, et les recommandations courantes reposent sur l'énergie théoriquement stockée dans le tissu, sans tenir compte des autres coûts de la synthèse musculaire ni des ajustements métaboliques que le corps opère face à un excès. Personne ne connaît le point d'équilibre optimal entre muscle et gras. Ce qu'on sait, c'est que plus vite n'est pas mieux.

3

Les protéines : le plafond de 1,6 g par kilo

La méta-analyse de référence, et ce qu'elle dit des gainers.
Méta-analyse et méta-régression, British Journal of Sports Medicine 2018

Les données de 49 études et 1 863 participants montrent que la supplémentation en protéines alimentaires augmente significativement les gains de force, avec 2,49 kg de plus au maximum sur une répétition, de masse maigre, avec 0,30 kg de plus, et de taille musculaire, pendant des périodes prolongées d'entraînement en résistance. L'impact de la supplémentation sur les gains de masse maigre diminue avec l'âge et est plus important chez les individus entraînés. La supplémentation au-delà d'un apport protéique total de 1,62 g par kilo et par jour n'a entraîné aucun gain supplémentaire de masse maigre induit par l'entraînement.

Morton RW, Murphy KT, McKellar SR, et al. Br J Sports Med 2018;52(6):376-384. DOI : 10.1136/bjsports-2017-097608

Deux conséquences pour le gainer. D'abord, les protéines comptent : la supplémentation augmente la force et la masse maigre, et davantage chez les pratiquants entraînés. Ensuite, elles comptent jusqu'à un plafond : environ 1,6 g par kilo de poids corporel et par jour, apports alimentaires et compléments confondus. Au-delà, plus de gain. Un homme de 75 kg est donc à son plafond vers 120 g de protéines par jour ; ce qu'il mange déjà s'en approche souvent, et ce que le gainer ajoute doit se compter dedans, pas en plus.

La position de l'International Society of Sports Nutrition sur le timing des nutriments complète le tableau : ce qui compte d'abord est l'apport total quotidien, réparti en prises espacées d'environ trois heures, avec 20 à 40 g de protéines de qualité par prise pour stimuler au maximum la synthèse protéique. Le moment précis de la prise importe moins que cette répartition.

4

Gainer ou whey : la seule question qui compte

Votre problème est-il les protéines, ou les calories ?

La question « gainer ou whey » a une réponse simple une fois posée correctement. Si vous mangez assez de calories mais que vos protéines sont sous le plafond de 1,6 g par kilo, votre problème est protéique : une whey isolat apporte près de 23 g de protéines pour 117 kcal, sans surplus dont vous n'avez pas besoin. Si vous n'arrivez pas à atteindre l'apport calorique qui fait monter la balance malgré une alimentation correcte, votre problème est calorique : un gainer apporte calories et protéines ensemble, et notre Lean Gainer en apporte 189 kcal et 12,6 g par dose.

Par dose Whey 100 % isolat, 30 g Lean Gainer Mass, 50 g
Calories 117 kcal 189 kcal
Protéines 22,9 g 12,6 g
Glucides 1,8 g 32,1 g, dont 16,4 g de sucres
Lipides 2,0 g 1,0 g
Le problème qu'elle résout Protéines insuffisantes, calories suffisantes Calories insuffisantes malgré les efforts
L'erreur classique La prendre quand c'est le poids qui ne monte pas Le prendre quand on mange déjà assez
L'erreur qui fait la réputation du gainer

Prendre un gainer alors que le problème est protéique, ou alors qu'on mange déjà assez, ajoute 190 à 400 kcal par jour dont le corps n'a pas besoin. L'essai de Helms dit ce qu'il en fait : du gras, plus vite. Ce n'est pas le produit qui est en cause, c'est le diagnostic. Un gainer est un outil pour un problème précis, et la plupart des gens qui en achètent n'ont pas ce problème.

5

Pour qui, et comment le doser

Le profil, la balance, et la place dans la journée.

Le profil pour qui le gainer a un sens est précis. Quelqu'un qui s'entraîne sérieusement en résistance, dont le poids stagne ou baisse malgré des efforts alimentaires réels, et qui n'arrive physiquement pas à manger davantage, par manque d'appétit, de temps ou de volume. La revue de Frontiers in Nutrition nomme explicitement la gestion de la satiété comme problème pratique quand on cherche à augmenter l'apport énergétique. Pour cette personne, un liquide calorique passe là où un quatrième repas ne passe pas.

Doser à la balance, pas à l'étiquette
Semaine 0
Peser, et noter ce qu'on mangeTrois jours de suivi honnête. Si l'apport est déjà correct et que le poids ne monte pas, le gainer a un sens. S'il y a des repas sautés ou des portions minuscules, c'est la nourriture d'abord.
Cible
Une prise lenteLa logique de l'essai de Helms : viser environ 0,25 à 0,5 % du poids corporel par semaine, soit 200 à 400 g pour 80 kg. C'est le repère que les praticiens déduisent des données ; il n'a pas été validé lui-même, comme la revue australienne le rappelle.
Départ
Une dose par jour189 kcal et 12,6 g de protéines, à la place de la prise que vous sautez : autour de l'entraînement si vous n'avez rien mangé avant ou après, ou en collation si le repas suivant est loin. Jamais à la place d'un repas que vous pourriez manger.
Semaines 2 à 4
AjusterPoids stable : ajouter une demi-dose. Poids qui monte plus vite que la cible : retirer une demi-dose. Le gainer est une variable d'ajustement, pas une dose fixe.
Toujours
Compter les protéines en totalRepas plus gainer, vers 1,6 g par kilo, répartis toutes les trois heures environ. Si le total est déjà atteint, le gainer n'ajoute que des calories.
Sans
Entraînement en résistance, pas de gainerSans stimulus, le surplus n'a aucune raison de devenir du muscle. Le gainer fait alors exactement ce qu'il promet : du poids, mais pas celui qu'on voulait.
Pour ceux qui n'arrivent pas à manger assez
Le Lean Gainer Mass Nutrition•pro

189 kcal, 32 g de glucides et 12,6 g de protéines par dose de 50 g dans 300 ml d'eau. Un ratio de 2,5 pour 1, plus modéré que les gainers classiques, conçu pour ajouter des calories par petits paliers et ajuster à la balance semaine après semaine. Pour le pratiquant dont le poids ne monte pas malgré ses efforts, à compter dans le total protéique.

Voir le Lean Gainer

Si le problème est protéique et non calorique, la whey isolat est le bon choix. Ne convient pas en cas de surpoids, de diabète ou de trouble alimentaire.

Test rapide
Gainer, whey, ou juste manger : votre cas

Choisissez ce qui vous ressemble le plus : la réponse s'affiche juste en dessous.

Profil A : le gainer est fait pour vous

C'est exactement le profil : un entraînement, un apport déjà correct, un poids qui ne monte pas, et une limite physique à manger davantage. Une dose par jour à la place de la prise que vous sautez, une pesée hebdomadaire, un ajustement par demi-dose. Comptez ses 12,6 g de protéines dans votre total vers 1,6 g par kilo.

Profil B : la whey, pas le gainer

Votre problème est protéique, pas calorique. Un gainer ajouterait des calories dont vous n'avez pas besoin, et l'essai de Helms dit ce qu'elles deviennent. Une whey isolat apporte près de 23 g de protéines pour 117 kcal : c'est elle qui vous rapproche du plafond de 1,6 g par kilo sans surplus inutile.

Profil C : surtout pas

Votre surplus est déjà trop grand : la prise de gras le dit. Ajouter un gainer l'accélérerait. Réduisez plutôt le surplus jusqu'à une prise d'environ 0,25 à 0,5 % du poids par semaine, vérifiez que vos protéines sont vers 1,6 g par kilo, et laissez l'entraînement faire le tri.

Profil D : le gainer ne fera que du poids

Sans entraînement en résistance, le surplus n'a aucune raison de devenir du muscle. Un gainer vous ferait prendre du poids, mais pas celui que vous cherchez. Commencez par le programme d'entraînement, deux à trois séances par semaine ; la question du gainer se posera après, et seulement si le poids ne suit pas.

Ce test oriente, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

Gainer : que faire selon votre situation
Entraînement sérieux, poids qui stagne, impossible de manger plus
Gainer, une dose par jour, ajusté à la balance
Calories suffisantes, protéines sous 1,6 g par kilo
Whey isolat, pas gainer
Prise de gras déjà visible
Réduire le surplus ; pas de gainer
Repas sautés ou portions très petites
La nourriture d'abord ; le gainer ne remplace pas un repas possible
Pas d'entraînement en résistance
Le programme d'abord, le gainer peut-être après
Poids qui monte plus vite que 0,5 % par semaine
Retirer une demi-dose
Impossible de prendre du poids malgré tout, depuis des mois
En parler à un médecin

Questions fréquentes

Le principe

Qu'est-ce qu'un gainer ?

Une poudre qui mélange glucides et protéines, avec un ratio généralement de deux à quatre parts de glucides pour une de protéines, destinée à augmenter l'apport calorique quotidien. Sa fonction est purement quantitative : apporter des calories et des protéines dans un volume et un format faciles à consommer, pour les personnes qui n'arrivent pas à manger assez avec des aliments solides. Il ne contient rien qui construise du muscle par lui-même ; c'est l'entraînement en résistance qui construit, et le gainer fournit une partie de l'énergie et des matériaux.

Faut-il un surplus calorique pour prendre du muscle ?

Un surplus aide, mais sa taille idéale n'est pas connue. Une revue publiée dans Frontiers in Nutrition par des chercheurs de l'Institut australien du sport rappelle qu'il existe une preuve claire d'un stimulus anabolique lié à un surplus énergétique, même sans entraînement, mais que le surplus précis nécessaire à l'hypertrophie n'a jamais été validé dans une population entraînée. Les recommandations courantes reposent sur l'énergie théoriquement stockée dans le tissu, sans tenir compte des autres coûts de la synthèse musculaire ni des ajustements métaboliques à un surplus. Autrement dit, personne ne connaît le point d'équilibre optimal entre gain de muscle et gain de gras.

Un gros surplus fait-il prendre plus de muscle ?

Non, il fait surtout prendre plus de gras. C'est le résultat du seul essai randomisé ayant comparé des tailles de surplus : 21 pratiquants entraînés, huit semaines de musculation trois fois par semaine, répartis entre maintien calorique, surplus modéré de 5 % et surplus élevé de 15 %. L'analyse par groupes n'a montré aucune différence d'épaisseur musculaire ni de squat maximal ; le groupe à surplus élevé a davantage progressé au développé couché, mais aussi davantage augmenté ses plis cutanés. L'analyse par régression, plus robuste, conclut qu'une prise de poids plus rapide, donc un surplus plus grand, augmente surtout la vitesse de prise de gras plutôt que la force ou l'épaisseur musculaire.

Combien de protéines faut-il pour prendre du muscle ?

La méta-analyse de référence, 49 essais randomisés et 1 863 participants publiée dans le British Journal of Sports Medicine, montre qu'une supplémentation en protéines augmente les gains de force, de masse maigre et de taille musculaire pendant un entraînement en résistance prolongé. Mais elle fixe un plafond : au-delà d'un apport total d'environ 1,6 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour, la supplémentation n'apporte plus de gain supplémentaire de masse maigre. Elle montre aussi que l'effet est plus fort chez les pratiquants entraînés et diminue avec l'âge.

En pratique

Gainer ou whey : lequel choisir ?

Cela dépend d'une seule question : votre problème est-il les protéines ou les calories ? Si vous mangez assez de calories mais que vos protéines sont sous 1,6 g par kilo, la whey isolat apporte près de 23 g de protéines pour 117 kcal, sans surplus inutile. Si vous n'arrivez pas à atteindre votre apport calorique malgré une alimentation correcte, un gainer apporte des calories et des protéines ensemble : notre Lean Gainer apporte 189 kcal et 12,6 g de protéines par dose. Prendre un gainer alors que le problème est protéique ajoute des calories dont vous n'avez pas besoin ; prendre une whey alors que le problème est calorique ne résout pas le problème.

Pour qui un gainer a-t-il du sens ?

Pour un profil précis : la personne qui s'entraîne sérieusement, dont le poids stagne ou baisse malgré des efforts alimentaires, et qui n'arrive physiquement pas à manger davantage, par manque d'appétit, de temps ou de volume. La revue de Frontiers in Nutrition cite explicitement la gestion de la satiété comme problème pratique quand on cherche à augmenter l'apport énergétique. Pour cette personne, un liquide calorique passe là où un repas de plus ne passe pas. Pour tous les autres, ceux qui mangent déjà assez ou qui prennent déjà du gras, le gainer n'a pas de sens.

Comment doser un gainer ?

En partant de la balance, pas de l'étiquette. La logique de l'essai de Helms est qu'une prise de poids lente vaut mieux qu'une rapide : viser environ 0,25 à 0,5 % du poids corporel par semaine, soit 200 à 400 g pour une personne de 80 kg, est le repère que les praticiens déduisent de ces données. Si le poids ne monte pas, ajouter une demi-dose ; s'il monte plus vite, retirer. Le gainer est une variable d'ajustement, pas une dose fixe. Et il compte dans le total protéique : la dose de gainer et les repas ensemble, pas l'un sans l'autre.

Quand prendre le gainer ?

La position de l'ISSN sur le timing des nutriments est nette : ce qui compte d'abord est l'apport total quotidien en protéines, réparti en prises espacées d'environ trois heures, avec 20 à 40 g de protéines de qualité par prise pour stimuler au maximum la synthèse protéique. Le moment du gainer importe donc moins que sa place dans cette répartition. En pratique, il remplace la prise que vous sautez : autour de l'entraînement si vous n'avez rien mangé avant ou après, ou en collation si le repas suivant est loin. Jamais à la place d'un repas complet que vous pourriez manger.

Le gainer fait-il grossir ?

Il fait prendre du poids, c'est sa fonction. Que ce poids soit du muscle ou du gras dépend de trois choses : l'entraînement en résistance, qui donne au corps une raison de construire du muscle ; l'apport protéique, autour de 1,6 g par kilo ; et la taille du surplus, qui doit rester modérée. Le seul essai randomisé sur la question montre qu'un surplus de 15 % augmente surtout les plis cutanés par rapport à un surplus de 5 %. Un gainer pris sans entraînement, ou en plus d'une alimentation déjà suffisante, fait exactement ce qu'il promet : prendre du poids, mais pas celui qu'on voulait.

Que retenir sur le gainer ?

Qu'un surplus aide mais que sa taille idéale est inconnue, et qu'un gros surplus fait surtout du gras selon le seul essai randomisé. Que le plafond utile des protéines est d'environ 1,6 g par kilo. Que le gainer n'a de sens que pour ceux qui n'arrivent pas à manger assez malgré leurs efforts. Qu'il se dose à la balance, en visant une prise lente, et qu'il compte dans le total protéique. Et que sans entraînement en résistance, il ne fait que du poids.

Glossaire

Les termes de ce guide
Surplus calorique
Apport énergétique supérieur à la dépense ; exprimé en pourcentage du besoin de maintien, 5 % et 15 % dans l'essai de Helms.
Plis cutanés
Mesure de l'épaisseur du gras sous la peau par pince ; le critère qui a le plus augmenté avec le grand surplus.
Épaisseur musculaire
Mesure de la taille d'un muscle par échographie ; n'a pas différé entre petit et grand surplus.
Masse maigre
Tout ce qui n'est pas de la graisse ; le critère de la méta-analyse sur les protéines, plafonné vers 1,6 g par kilo.
Méta-régression
Analyse qui cherche le seuil au-delà duquel une variable, ici l'apport protéique, n'a plus d'effet ; c'est elle qui donne le plafond.
Ratio glucides-protéines
Rapport des deux macronutriments dans un gainer ; 2,5 pour 1 dans le Lean Gainer, jusqu'à 4 pour 1 dans les gainers classiques.
Synthèse protéique musculaire
Fabrication de protéines par le muscle, stimulée par l'entraînement et par 20 à 40 g de protéines par prise selon l'ISSN.

Sources

Références de ce guide

Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.

  1. Helms ER, Spence AJ, Sousa C, et al. Effet de petits et grands surplus énergétiques sur la force, le muscle et les plis cutanés chez des individus entraînés en résistance : essai en groupes parallèles. Sports Medicine - Open, 2023;9(1):102. DOI
  2. Morton RW, Murphy KT, McKellar SR, et al. Revue systématique, méta-analyse et méta-régression de l'effet de la supplémentation en protéines sur les gains de masse et de force musculaires induits par l'entraînement en résistance chez l'adulte sain. British Journal of Sports Medicine, 2018;52(6):376-384. DOI
  3. Slater GJ, Dieter BP, Marsh DJ, Helms ER, Shaw G, Iraki J. Un surplus énergétique est-il nécessaire pour maximiser l'hypertrophie musculaire associée à l'entraînement en résistance ? Frontiers in Nutrition, 2019;6:131. DOI
  4. Kerksick CM, Arent S, Schoenfeld BJ, et al. Position de l'International Society of Sports Nutrition : le timing des nutriments. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2017;14:33. DOI

Pour aller plus loin

À propos de cet article. Rédigé par L'équipe Nutrition•pro à partir de l'essai randomisé, de la méta-analyse, de la revue et de la position d'experts identifiés via PubMed, dont les références et liens DOI figurent ci-dessus. Nous vendons un gainer, et nous avons écrit qu'il n'a de sens que pour un profil précis, qu'un gros surplus fait surtout du gras, que la taille idéale du surplus n'a jamais été validée, et que pour la plupart des gens la nourriture ou la whey sont le bon choix. Découvrez notre méthodologie éditoriale.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Un gainer est un aliment calorique qui ne convient pas en cas de surpoids, de diabète ou de trouble du comportement alimentaire. Une incapacité durable à prendre du poids malgré une alimentation suffisante se discute avec un médecin. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Dernière mise à jour : septembre 2026.

Pas sûr de ce qu'il vous faut ?

2 minutes, des questions de praticien, et votre protocole personnalisé — aux dosages des études cliniques.

Faire mon bilan nutritionnel