Carence en fer : symptômes, ferritine, causes et comment la corriger (le guide complet 2026)

Par L'équipe Nutrition•pro
Carence en fer : symptômes, ferritine, causes et comment la corriger (le guide complet 2026)

L'équipe Nutrition•pro
Mis à jour en août 2026
14 sources scientifiques vérifiées

La carence en fer est la carence nutritionnelle la plus répandue au monde, et l'une des plus sournoises : elle s'installe sur des mois, se cache derrière une fatigue que l'on met sur le compte du travail ou du manque de sommeil, et peut rester invisible sur une simple numération sanguine tant que l'anémie n'est pas déclarée. Pourtant, bien avant ce stade, le manque de fer pèse déjà sur l'énergie, la concentration, les cheveux, le sommeil et même les jambes.

Ce guide fait le point, preuves à l'appui : à quoi sert le fer et comment le corps le régule, les trois stades de la carence, les symptômes précoces et méconnus, ce que disent vraiment les études sur la fatigue et la chute de cheveux, qui est à risque et pourquoi, comment lire sa ferritine sans se tromper, combien de fer il faut, quels aliments en apportent, quel complément choisir, et surtout comment le prendre pour l'absorber vraiment. Sans promesse exagérée, et sans remplacer votre médecin.

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14 mg de fer chélaté à la glycine (100 % des VNR), associé à 80 mg de vitamine C pour l'absorption et 200 µg de vitamine B9. La forme la mieux tolérée du fer, en une gélule végétale par jour. Fabriqué en France.

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En bref

La carence en fer évolue en trois stades : réserves épuisées (ferritine basse), déficit fonctionnel, puis anémie ferriprive. On peut donc être carencé avec une hémoglobine normale, et en ressentir les effets : un essai français a réduit la fatigue de près de moitié en corrigeant une ferritine inférieure à 50 µg/L chez des femmes non anémiques (Vaucher, CMAJ, 2012). Les causes principales sont les règles abondantes, la grossesse, une alimentation pauvre en fer héminique, une malabsorption et, chez l'homme ou la femme ménopausée, un saignement digestif à rechercher systématiquement. Pour corriger : confirmer par une prise de sang, traiter la cause, choisir une forme bien tolérée comme le bisglycinate, et la prendre le matin, un jour sur deux, à distance du thé, du café et des laitages.

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Information santé. Les signes décrits ici ne sont pas spécifiques et une carence en fer se confirme uniquement par une prise de sang. Le traitement d'une anémie, la recherche d'un saignement et la supplémentation pendant la grossesse relèvent du médecin. Un complément alimentaire accompagne l'alimentation, il ne remplace pas un traitement.
1,2milliard
Personnes anémiques par carence en fer (Camaschella 2018)
< 30µg/L
Ferritine : seuil usuel du déficit (Lancet 2020)
-48%
Fatigue en 12 semaines sans anémie (Vaucher 2012)
+34%
Absorption en prise un jour sur deux (Stoffel 2017)

1. Le fer dans le corps : à quoi il sert, comment il est régulé

À retenir
Le fer transporte l'oxygène (hémoglobine), le stocke dans les muscles (myoglobine) et fait tourner des centaines d'enzymes, dont celles de la production d'énergie et des neurotransmetteurs. Le corps ne sait pas l'excréter activement : il règle tout à l'entrée, grâce à une hormone, l'hepcidine.

Un adulte contient 3 à 4 g de fer. Les deux tiers sont dans l'hémoglobine des globules rouges, qui capte l'oxygène dans les poumons et le livre aux tissus. Une part est dans la myoglobine des muscles, réserve d'oxygène pour l'effort. Le reste est stocké dans le foie, la rate et la moelle osseuse sous forme de ferritine, ou circule lié à la transferrine. Une petite fraction, indispensable, alimente des centaines d'enzymes : celles de la chaîne respiratoire des mitochondries (l'énergie cellulaire), de la synthèse de l'ADN, de la dopamine et de la sérotonine, de la thyroïde et de l'immunité. C'est ce qui explique que le manque de fer fatigue bien avant de rendre anémique, et qu'il touche aussi l'humeur, la concentration et la résistance aux infections.

Le fer a une particularité : l'organisme n'a aucun moyen actif de l'éliminer. Il n'en perd qu'un à deux milligrammes par jour, par la desquamation des cellules de l'intestin et de la peau, plus les pertes menstruelles chez la femme. Tout se joue donc à l'absorption, dans le duodénum, et cette absorption est pilotée par une hormone fabriquée par le foie, l'hepcidine. Quand les réserves sont pleines ou qu'il y a une inflammation, l'hepcidine monte et verrouille la porte ; quand les réserves baissent, elle chute et l'intestin absorbe davantage. Deux conséquences pratiques, que nous retrouverons plus loin : l'inflammation peut créer une carence « fonctionnelle » avec des réserves pourtant présentes, et chaque dose de fer avalée fait monter l'hepcidine pendant 24 à 48 heures, ce qui change la façon de prendre un complément (Pasricha, Lancet, 2021).

Sur le plan réglementaire, l'EFSA reconnaît au fer six allégations de santé : il contribue à la formation normale des globules rouges et de l'hémoglobine, au transport normal de l'oxygène, à un métabolisme énergétique normal, à réduire la fatigue, à une fonction cognitive normale et au fonctionnement normal du système immunitaire. Ces formulations décrivent le maintien de fonctions normales : un complément de fer ne « dope » pas quelqu'un qui n'en manque pas.

2. Carence en fer ou anémie : les 3 stades

À retenir
La carence ne se résume pas à l'anémie. Elle commence par l'épuisement des réserves (ferritine basse, hémoglobine normale), se poursuit par un déficit fonctionnel (les tissus manquent de fer, les globules rouges se fabriquent encore), et finit en anémie ferriprive. Les deux premiers stades sont les plus fréquents et les plus souvent ignorés.

Le langage courant confond « manque de fer » et « anémie ». Ce sont deux choses différentes, et la nuance change tout pour le diagnostic. Une revue de référence de la revue Blood rappelle que l'anémie ferriprive touche plus de 1,2 milliard de personnes, et que la carence en fer sans anémie est encore plus fréquente (Camaschella, Blood, 2019). Voici les trois stades :

Stade Ce qui se passe Ce que montre la prise de sang
1. Réserves épuisées Le stock de ferritine baisse, la moelle osseuse fabrique encore normalement les globules rouges. Ferritine basse (moins de 30 µg/L), hémoglobine normale. Souvent déjà symptomatique (fatigue, cheveux, concentration).
2. Déficit fonctionnel Le fer disponible ne suffit plus aux tissus ni à la production optimale d'hémoglobine. Ferritine basse, coefficient de saturation de la transferrine sous 20 %, hémoglobine encore dans les normes ou à leur limite basse.
3. Anémie ferriprive La moelle manque de fer : elle produit des globules rouges plus petits et moins chargés en hémoglobine. Hémoglobine sous 12 g/dL (femme), 13 g/dL (homme), 11 g/dL (grossesse) ; globules rouges petits (VGM inférieur à 80 fL) et pâles.

Le point clé : une numération sanguine classique ne voit que le stade 3. Une personne qui se plaint de fatigue et dont « la prise de sang est normale » a souvent eu une hémoglobine normale, sans dosage de la ferritine. C'est le dosage de la ferritine, et si besoin de la saturation de la transferrine, qui révèle les deux premiers stades. Nous y revenons dans la section diagnostic.

3. Symptômes d'une carence en fer

À retenir
Fatigue persistante, essoufflement, pâleur et perte de concentration sont les signes classiques. Les signes méconnus sont tout aussi parlants : chute de cheveux, ongles cassants ou creusés, jambes sans repos, frilosité, envies de glace ou de terre, langue lisse, infections à répétition.

Parce que le fer intervient à la fois dans le transport de l'oxygène et dans des centaines d'enzymes, les symptômes sont nombreux et souvent attribués à autre chose. Ils s'installent progressivement, ce qui explique que beaucoup de personnes ne les reconnaissent qu'une fois la carence avancée. Trois familles :

Signes précoces

Fatigue, souffle court, concentration

Ils apparaissent dès le stade des réserves basses, sans anémie.

Fatigue qui ne cède pas au repos, baisse d'endurance à l'effort, essoufflement dans les escaliers, palpitations, difficultés de concentration et de mémoire, irritabilité, humeur en berne, frilosité et extrémités froides, maux de tête, vertiges au lever.

Signes visibles

Pâleur, peau, ongles, cheveux, bouche

Le miroir parle souvent avant la prise de sang.

Pâleur du visage, de l'intérieur des paupières et des gencives ; peau sèche ; cheveux ternes qui tombent plus que d'habitude ; ongles cassants, striés ou creusés en cuillère (koïlonychie) ; langue lisse, rouge et douloureuse ; fissures aux commissures des lèvres ; difficulté à avaler.

Signes méconnus

Jambes sans repos, pica, infections

Rarement reliés au fer, et pourtant caractéristiques.

Besoin irrépressible de bouger les jambes le soir (syndrome des jambes sans repos), envies irrésistibles de croquer de la glace, de manger de la terre ou de l'argile (pica) ou de sentir certaines odeurs, infections ORL à répétition, chez l'enfant un retard de croissance et des difficultés d'apprentissage.

Une revue clinique résume bien la situation : au-delà de l'anémie, le manque de fer a des manifestations multiples, dont la fatigue, la chute de cheveux et les jambes sans repos, et le test le plus efficace pour le détecter est la ferritine (DeLoughery, Med Clin North Am, 2017). Si plusieurs de ces signes coexistent, surtout chez une femme réglée, un végétarien ou un sportif d'endurance, une prise de sang est justifiée. Si vous avez des palpitations importantes, un essoufflement au repos ou un malaise, consultez sans attendre.

4. Carence en fer et fatigue : la preuve, même sans anémie

À retenir
Chez des femmes fatiguées, non anémiques mais avec une ferritine inférieure à 50 µg/L, 12 semaines de fer ont réduit la fatigue de 48 %, contre 29 % sous placebo (Vaucher, CMAJ, 2012). Le manque de fer fatigue donc bien avant l'anémie, et le corriger fonctionne.

C'est la question que tout le monde se pose : « Je suis fatigué, mon hémoglobine est normale, est-ce que le fer peut quand même m'aider ? » Un essai randomisé mené en France, chez 44 médecins généralistes, y répond directement. 198 femmes de 18 à 53 ans se plaignant de fatigue, avec une hémoglobine normale (supérieure à 12 g/dL) mais une ferritine inférieure à 50 µg/L, ont reçu pendant 12 semaines soit du fer (80 mg de fer élément par jour), soit un placebo.

Essai randomisé, 198 femmes, France

Le score de fatigue a diminué de 47,7 % dans le groupe fer contre 28,8 % sous placebo. Le fer a aussi augmenté l'hémoglobine et la ferritine. Les auteurs recommandent d'envisager une supplémentation chez les femmes fatiguées dont la ferritine est inférieure à 50 µg/L, et d'en vérifier l'effet par un bilan sanguin après six semaines.

Vaucher P, Druais PL, Waldvogel S, Favrat B. CMAJ 2012;184(11):1247-1254. DOI : 10.1503/cmaj.110950

Deux nuances d'honnêteté. D'abord, l'effet placebo est réel (près de 30 %), ce qui rappelle que la fatigue a beaucoup de causes et qu'un bilan complet (thyroïde, vitamine D, B12, sommeil) reste utile ; notre guide fatigue chronique : 11 plantes et nutriments validés en fait le tour. Ensuite, l'essai n'a pas montré d'amélioration de la qualité de vie, de la dépression ni de l'anxiété : le fer corrige la fatigue liée au fer, pas tout le reste. Mais pour la population la plus concernée, les femmes réglées avec une ferritine basse, le bénéfice est net et mesurable en quelques semaines. Pour les sportifs, l'enjeu est le même avec un facteur en plus : l'endurance dépend directement du transport de l'oxygène (voir fatigue ou surentraînement).

5. Carence en fer et chute de cheveux

À retenir
Une méta-analyse de 36 études portant sur 10 029 femmes montre que celles qui perdent leurs cheveux ont une ferritine en moyenne 18,5 ng/mL plus basse, et qu'une sur cinq a une ferritine de 15 ng/mL ou moins (Treister-Goltzman, 2022). Le fer n'explique pas tout, mais une ferritine basse est à corriger.

Le follicule pileux est l'un des tissus qui se divisent le plus vite du corps, et la division cellulaire consomme du fer. Lorsque les réserves baissent, l'organisme priorise les fonctions vitales et le cheveu passe au second plan : le cycle se raccourcit, davantage de cheveux entrent en phase de chute, et la chevelure s'affine de façon diffuse. C'est l'effluvium télogène, la forme de chute la plus fréquemment associée au manque de fer chez la femme.

Méta-analyse 2022, 36 études

Chez 10 029 participantes, les femmes souffrant d'alopécie non cicatricielle avaient une ferritine inférieure de 18,5 ng/mL à celle des femmes sans chute de cheveux, et 21 % d'entre elles avaient une ferritine de 10 à 15 ng/mL ou moins. Conclusion des auteurs : les femmes qui perdent leurs cheveux peuvent tirer bénéfice d'une ferritine plus élevée.

Treister-Goltzman Y, Yarza S, Peleg R. Skin Appendage Disord 2022;8(2):83-92. DOI : 10.1159/000519952

Les dermatologues restent prudents sur le seuil exact, et une revue de référence sur les micronutriments et la chute de cheveux rappelle que les preuves d'une amélioration sous fer chez les femmes carencées existent mais restent à consolider par de grands essais (Almohanna, Dermatol Ther, 2019). En pratique, devant une chute diffuse, le bilan comprend presque toujours la ferritine, et de nombreux praticiens visent une valeur au-dessus de 40 à 70 µg/L avant de conclure que le fer n'est pas en cause. La chute de cheveux a aussi d'autres moteurs (thyroïde, zinc, vitamine D, hormones, stress), que nous détaillons dans cheveux qui tombent : les 8 actifs prouvés.

6. Jambes sans repos : le lien avec le fer

À retenir
Le syndrome des jambes sans repos est lié à un manque de fer dans le cerveau, même lorsque le sang paraît normal. Les recommandations internationales proposent du fer oral dès que la ferritine est inférieure ou égale à 75 µg/L, et du fer intraveineux dans les formes sévères sous 300 µg/L (IRLSSG, 2018).

Ce besoin impérieux de bouger les jambes le soir ou la nuit, accompagné de sensations désagréables qui s'apaisent au mouvement, touche 5 à 10 % des adultes et gâche le sommeil. Son mécanisme implique la dopamine, dont la synthèse dépend d'une enzyme à fer, et les études d'imagerie montrent une baisse du fer dans certaines zones du cerveau chez les personnes atteintes. D'où une particularité : les seuils de ferritine utilisés ici sont bien plus élevés que pour la carence classique.

Recommandations internationales 2018

Après revue de 31 études, le groupe d'experts conclut que le fer oral (65 mg de fer élément) est probablement efficace lorsque la ferritine est inférieure ou égale à 75 µg/L, et que le fer intraveineux (carboxymaltose ferrique, 1 000 mg) est efficace dans les formes modérées à sévères lorsque la ferritine est inférieure à 300 µg/L, pouvant être proposé en première intention chez l'adulte.

Allen RP, et al. Sleep Med 2018;41:27-44. DOI : 10.1016/j.sleep.2017.11.1126

Si vous avez des jambes agitées le soir, ne vous contentez pas d'un « votre ferritine est dans les normes » : demandez la valeur exacte, et parlez-en à un médecin qui connaît ces seuils. Les jambes sans repos sont différentes des jambes lourdes, d'origine veineuse, que nous traitons dans jambes lourdes : 11 remèdes validés, et des crampes nocturnes, abordées dans crampes : causes et solutions.

7. Les causes : qui est à risque de carence en fer ?

À retenir
Quatre mécanismes : des besoins accrus (règles, grossesse, croissance, sport), des apports insuffisants (régime pauvre en fer héminique), une absorption réduite (cœliaque, antiacides, chirurgie bariatrique) et des pertes de sang, surtout digestives. Chez l'homme et la femme ménopausée, une carence impose de chercher un saignement.
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Information santé. Une carence en fer chez un homme adulte ou une femme ménopausée n'est jamais « normale » : les recommandations internationales demandent une exploration digestive pour exclure une lésion qui saigne (Pasricha, Lancet, 2021). Ne la corrigez pas avec un complément sans avoir consulté.

Les femmes en âge de procréer. C'est la première population touchée, de loin. Chaque cycle coûte 15 à 30 mg de fer, davantage en cas de règles abondantes (plus de 80 mL par cycle, soit des protections changées toutes les deux heures, des caillots, des règles de plus de 7 jours). Les études épidémiologiques retrouvent une ferritine basse chez une femme réglée sur cinq en Europe. L'endométriose, les fibromes et les stérilets au cuivre augmentent les pertes (voir endométriose : symptômes et accompagnement).

La grossesse et le post-partum. Les besoins grimpent à 16 mg par jour selon l'ANSES : le volume sanguin augmente de 40 %, le fœtus et le placenta se construisent, et l'accouchement coûte du sang. La carence pendant la grossesse est associée à un risque de prématurité et de petit poids de naissance, raison pour laquelle la ferritine est surveillée et le fer souvent prescrit. Dans cette situation, le choix et la dose relèvent de la sage-femme ou du médecin.

Les enfants et les adolescents. La croissance multiplie les besoins, et l'adolescente cumule croissance et règles. Chez le jeune enfant, une alimentation trop lactée et pauvre en viande ou légumineuses est la cause classique.

Les végétariens et végétaliens. Leur apport total en fer est souvent correct, mais il s'agit exclusivement de fer non héminique, absorbé 2 à 20 % contre 15 à 35 % pour le fer de la viande. Sans stratégie (vitamine C aux repas, légumineuses, éloignement du thé), les réserves s'érodent, surtout chez les femmes. Le fer s'ajoute ici à la vigilance sur la vitamine B12.

Les sportifs d'endurance. Course à pied, trail, cyclisme, sports de combat : l'hémolyse liée aux impacts, la sudation, les micro-saignements digestifs à l'effort et l'inflammation post-entraînement (qui fait monter l'hepcidine) abaissent les réserves. Une ferritine basse se traduit directement par une perte de performance aérobie, souvent confondue avec du surentraînement.

Les troubles de l'absorption. La maladie cœliaque, parfois révélée par une carence en fer isolée (les recommandations proposent de la dépister systématiquement), les maladies inflammatoires de l'intestin, la gastrite atrophique, l'infection à Helicobacter pylori, la chirurgie bariatrique (bypass, sleeve) et la prise prolongée d'antiacides (IPP), qui suppriment l'acidité nécessaire à l'absorption du fer.

Les pertes digestives. Ulcère, polypes, angiodysplasies, cancer colorectal, maladie hémorroïdaire, ou simplement la prise régulière d'aspirine ou d'anti-inflammatoires. Ce sont les causes à rechercher en priorité chez l'homme et la femme ménopausée. Les dons de sang répétés (un don = 200 à 250 mg de fer) sont une cause bénigne mais réelle.

Votre profil, la bonne réponse
Vous êtes une femme réglée, fatiguée, avec des règles abondantes ou longues
Demandez ferritine + hémoglobine. Une ferritine sous 30 (et même sous 50 avec fatigue) justifie une supplémentation et, si les règles sont très abondantes, un avis gynécologique.
Vous êtes végétarien, végétalien ou sportif d'endurance
Bilan annuel ferritine. Optimisez l'alimentation (vitamine C, légumineuses, thé à distance) et envisagez un apport nutritionnel bien toléré si les réserves sont basses.
Vous êtes enceinte, vous allaitez, ou vous avez moins de 18 ans
Le fer est souvent nécessaire mais la dose et la forme sont décidées par le médecin ou la sage-femme, sur la base du bilan. Pas d'automédication.
Vous êtes un homme, ou une femme ménopausée, avec une ferritine basse
Consultation avant tout complément : recherche d'un saignement digestif (endoscopie) et dépistage de la maladie cœliaque. Le fer vient après le diagnostic, pas avant.

8. Diagnostic : lire sa prise de sang

À retenir
La ferritine est le meilleur marqueur des réserves : sous 15 µg/L le déficit est certain, sous 30 µg/L très probable. Mais elle monte avec l'inflammation : en cas de CRP élevée, on s'appuie sur le coefficient de saturation de la transferrine (sous 20 %) et un seuil de ferritine de 100 µg/L. L'hémoglobine et le VGM disent seulement si l'anémie est installée.
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Information santé. Les seuils ci-dessous sont des repères issus des recommandations internationales. Leur interprétation tient compte de l'âge, du sexe, des symptômes, des traitements et du contexte inflammatoire : elle revient à votre médecin.

Quatre chiffres suffisent le plus souvent, et un cinquième évite les erreurs :

Marqueur Ce qu'il mesure Repères
Ferritine Les réserves de fer de l'organisme. Marqueur le plus sensible et le plus spécifique en l'absence d'inflammation. Moins de 15 µg/L : déficit certain (OMS). Moins de 30 µg/L : déficit très probable. Avec fatigue ou chute de cheveux, beaucoup de cliniciens visent plus de 50. Jambes sans repos : moins de 75 justifie un traitement.
Coefficient de saturation de la transferrine (CST) La part de la transferrine chargée en fer, c'est-à-dire le fer réellement disponible pour les tissus. Moins de 20 % : déficit fonctionnel. Utile quand la ferritine est faussée par l'inflammation.
Hémoglobine La capacité de transport de l'oxygène. Ne baisse qu'au stade 3. Anémie si moins de 12 g/dL (femme), 13 g/dL (homme), 11 g/dL (grossesse).
VGM et CCMH La taille des globules rouges et leur charge en hémoglobine. VGM sous 80 fL et CCMH basse : anémie microcytaire hypochrome, typique du manque de fer (à distinguer d'une carence en B12 ou B9, qui donne des globules rouges trop grands).
CRP L'inflammation. Indispensable pour interpréter la ferritine. Si la CRP est élevée, la ferritine peut être « normale » malgré une vraie carence : on retient alors un seuil de 100 µg/L et le CST.

Le piège le plus fréquent est celui de la ferritine faussement rassurante. La ferritine est aussi une protéine de l'inflammation : infection, maladie chronique, obésité, entraînement intense ou simple rhume la font monter. Une revue du Lancet insiste sur ce point : en contexte inflammatoire, l'hepcidine séquestre le fer et la ferritine grimpe, alors que les tissus en manquent (Pasricha, Lancet, 2021). C'est pourquoi les recommandations pour l'insuffisance cardiaque, la maladie rénale ou les MICI définissent la carence par une ferritine inférieure à 100 µg/L, ou comprise entre 100 et 300 avec un CST sous 20 % (Cappellini, Am J Hematol, 2017). Demandez une CRP en même temps que la ferritine, c'est la seule façon de lire le résultat correctement. Pour décoder votre chiffre palier par palier, lisez ferritine basse : symptômes, seuils et que faire.

Autre repère utile : le « fer sérique » seul ne sert à rien. Il varie d'une heure à l'autre, avec les repas et la prise de compléments. Si votre ordonnance ne comporte que lui, demandez la ferritine. Notre guide des carences les plus fréquentes détaille les autres dosages utiles quand la fatigue persiste.

9. Combien de fer par jour ? Les besoins selon le profil

À retenir
L'ANSES retient 11 mg par jour pour un homme et une femme aux pertes menstruelles faibles, 16 mg pour une femme aux règles abondantes et pendant la grossesse. Ces chiffres tiennent compte d'une absorption de 10 à 15 % seulement : pour absorber 1 mg, il faut en manger une dizaine.
Population Référence (mg par jour) Remarque
Hommes adultes 11 Pertes physiologiques seules (environ 1 mg par jour)
Femmes, pertes menstruelles faibles ou ménopausées 11 Même niveau que les hommes
Femmes, règles abondantes 16 Concerne environ une femme sur cinq
Femmes enceintes 16 Supplémentation fréquente, sur prescription
Enfants 1 à 6 ans 5 à 7 Période à risque : croissance et alimentation lactée
Adolescentes 13 à 17 ans 13 Croissance + règles
VNR d'étiquetage (adultes) 14 Règlement UE n° 1169/2011, valeur des étiquettes

Références nutritionnelles ANSES 2021 et EFSA 2015 ; valeurs indicatives pour une population en bonne santé, hors correction d'une carence avérée.

Deux notions font toute la différence. Le fer héminique, présent dans la viande, le poisson et les abats, est absorbé à 15 à 35 % et peu sensible aux autres aliments du repas. Le fer non héminique, celui des végétaux, des œufs, des produits laitiers et de tous les compléments, est absorbé à 2 à 20 % et dépend fortement de ce qui l'accompagne : la vitamine C et les protéines animales l'augmentent, les tanins du thé et du café, le calcium et les phytates des céréales complètes le freinent. C'est ce qui explique qu'une alimentation végétale « riche en fer » sur le papier puisse laisser des réserves basses.

10. Aliments riches en fer et comment mieux l'absorber

À retenir
Boudin noir, foie, coquillages, viande rouge et poissons apportent du fer héminique bien absorbé. Lentilles, tofu, graines de courge, cacao et céréales enrichies apportent du fer végétal, à associer à de la vitamine C et à éloigner du thé, du café et des laitages.
Aliment Fer (mg pour 100 g) Type et repère
Boudin noir 20 à 23 Héminique. L'aliment le plus riche : une portion couvre largement la journée
Foie (veau, volaille, agneau) 7 à 13 Héminique. Riche aussi en B12 et vitamine A (limiter pendant la grossesse)
Palourdes, moules, huîtres 5 à 15 Héminique. Les palourdes sont parmi les plus riches
Viande rouge (bœuf, agneau) 2 à 3,5 Héminique. Un steak de 150 g apporte 3 à 5 mg bien absorbés
Sardines, maquereau, thon 1 à 3 Héminique. Bonus oméga-3
Lentilles cuites 3 à 3,5 Non héminique. 200 g cuits = 6 à 7 mg, à associer à de la vitamine C
Tofu, tempeh 2,5 à 5 Non héminique. Bonne source pour les végétariens
Graines de courge, sésame 8 à 15 Non héminique. Riches mais consommées en petites quantités
Cacao en poudre, chocolat noir 70 % 10 à 12 / 6 à 11 Non héminique. Les polyphénols limitent l'absorption
Épinards cuits 2 à 3,5 Non héminique. Mal absorbé (oxalates) : la légende de Popeye
Spiruline, moringa (poudres) 25 à 30 Non héminique. Teneur élevée, mais une cuillère de 5 g apporte 1 à 1,5 mg : un appoint, pas une solution

Teneurs indicatives d'après la table Ciqual (ANSES) et l'USDA, avant absorption. Les fourchettes reflètent les variations selon l'origine et la cuisson.

Quelques règles simples multiplient l'absorption du fer végétal : ajoutez une source de vitamine C au repas (agrumes, kiwi, poivron, persil, ou une poudre d'acérola bio), qui peut doubler voire tripler l'absorption du fer non héminique ; éloignez le thé et le café d'au moins une heure, et de préférence deux, des repas riches en fer ; séparez le calcium (laitages, compléments) de la prise de fer ; faites tremper ou germer les légumineuses et céréales pour réduire leurs phytates ; et cuisinez à la fonte, qui libère un peu de fer dans les plats acides. La spiruline et le moringa complètent utilement une assiette végétale, sans remplacer un apport ciblé quand les réserves sont déjà basses. Pour un panorama, voir la collection vitamines et minéraux.

Le fer qui s'absorbe, sans inconfort digestif
Un apport quotidien de fer bien toléré

Le Fer bisglycinate Nutrition•pro apporte 14 mg de fer chélaté à la glycine (100 % des VNR), avec 80 mg de vitamine C pour l'absorption et 200 µg de vitamine B9. Une gélule végétale par jour, sans goût métallique, fabriquée en France.

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Déconseillé en cas d'hémochromatose, pendant la grossesse et l'allaitement sans avis médical. Un déficit confirmé se corrige avec votre médecin.

11. Se supplémenter : quel fer, quelle dose, quel rythme

À retenir
Trois leviers comptent : la forme (le sulfate double le risque de troubles digestifs, le bisglycinate est nettement mieux toléré), la dose (adaptée au stade de la carence) et le rythme (une seule prise le matin, un jour sur deux, augmente l'absorption d'un tiers). Vitamine C avec, thé, café et laitages à distance.
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Information santé. Les doses de correction d'une anémie (généralement 80 à 200 mg de fer élément par jour, en médicament) relèvent d'une prescription. Les repères ci-dessous concernent les déficits modérés et l'entretien. Ils ne remplacent pas l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Quelle forme de fer ?

Toutes les formes apportent du fer, mais elles ne se valent pas sur deux points décisifs : la tolérance et la biodisponibilité. Le sulfate ferreux est la référence historique des traitements, efficace et peu coûteux, mais redouté pour ses effets digestifs. Une méta-analyse de 43 essais l'a quantifié :

Méta-analyse 2015, 43 essais, 6 831 adultes

Le sulfate ferreux multiplie par 2,3 le risque d'effets indésirables digestifs (nausées, douleurs, constipation, diarrhée) par rapport au placebo, et par 3 par rapport au fer intraveineux, sans relation claire avec la dose. Ces effets sont la première cause d'abandon du traitement.

Tolkien Z, et al. PLoS One 2015;10(2):e0117383. DOI : 10.1371/journal.pone.0117383

Le fer bisglycinate est une forme chélatée : l'atome de fer est lié à deux molécules de glycine, ce qui le protège des inhibiteurs du repas (phytates, tanins) et le fait traverser la paroi intestinale par une voie différente de celle des sels ferreux, avec moins de fer libre irritant dans le tube digestif. Les essais le confirment :

Revue systématique et méta-analyse 2023, 17 essais

Comparé aux autres compléments de fer, le bisglycinate ferreux pris 4 à 20 semaines a davantage augmenté l'hémoglobine chez la femme enceinte et a provoqué près de trois fois moins d'effets indésirables digestifs (ratio 0,36). Les auteurs appellent à davantage d'essais dans les autres populations.

Fischer JAJ, Cherian AM, Bone JN, Karakochuk CD. Nutr Rev 2023;81(8):904-920. DOI : 10.1093/nutrit/nuac106

Par honnêteté, une limite : dans un essai chez 480 Cambodgiennes majoritairement non carencées, 18 mg de bisglycinate n'ont pas fait monter la ferritine autant que 60 mg de sulfate (84 contre 99 µg/L après 12 semaines), sans différence sur l'inflammation intestinale (Fischer, J Nutr, 2023). Autrement dit, la meilleure absorption par milligramme ne compense pas une dose trois fois plus faible quand l'objectif est de remonter vite des réserves très basses. Le bisglycinate à dose nutritionnelle est la forme idéale pour un déficit modéré, un entretien ou une personne qui ne tolère pas les sels ferreux ; l'anémie installée réclame une dose de correction prescrite, quelle que soit la forme.

Forme Absorption Tolérance Points forts Usage
Sulfate ferreux 10 à 15 %, très sensible au repas Faible : risque digestif x 2,3 (Tolkien 2015) Le plus étudié, le moins cher, doses élevées disponibles Traitement médical de l'anémie
Fumarate, gluconate ferreux Proche du sulfate Similaire, parfois un peu meilleure Alternatives classiques Traitement médical
Fer bisglycinate 2 à 4 fois supérieure par mg, peu sensible aux inhibiteurs Bonne : 3 fois moins d'effets digestifs (Fischer 2023) Dose modérée suffisante, pas de goût métallique, pas de constipation Déficit modéré, entretien, sensibilité digestive, alimentation végétale
Fer liposomal, sucrosomial Bonne, données plus récentes Bonne Intéressant en cas d'intolérance Alternative, plus coûteuse
Fer intraveineux 100 % (perfusion) Bonne avec les formulations modernes, rares réactions Reconstitue les réserves en 1 à 2 perfusions Hôpital, sur prescription

Quelle dose ?

Tout dépend du stade. Entretien ou prévention (femme réglée, végétarien, sportif, ferritine entre 30 et 50 sans anémie) : 14 à 30 mg de fer élément par jour suffisent, idéalement en bisglycinate avec de la vitamine C ; c'est le positionnement du Fer bisglycinate Nutrition•pro (14 mg par gélule). Déficit modéré (ferritine sous 30, hémoglobine normale) : 30 à 60 mg par jour ou un jour sur deux, en accord avec le médecin, pendant 3 mois minimum. Anémie : 80 à 200 mg par jour en traitement prescrit, avec contrôle. Au-delà de 60 à 80 mg par prise, l'absorption n'augmente plus, seuls les effets digestifs augmentent.

Quel rythme ? La découverte qui change tout

Pendant des décennies, on a recommandé de fractionner le fer en deux ou trois prises quotidiennes. Deux essais suisses ont renversé cette habitude en mesurant l'absorption réelle avec du fer marqué par isotopes :

Deux essais randomisés, Lancet Haematology 2017

Chez des femmes aux réserves basses, 60 mg de fer pris un jour sur deux ont été absorbés à 21,8 % contre 16,3 % en prise quotidienne, soit un tiers de plus, parce que chaque prise fait monter l'hepcidine qui bloque la dose suivante. Fractionner une dose de 120 mg en deux prises n'a rien apporté et a augmenté l'hepcidine. Conclusion : une seule prise le matin, un jour sur deux, optimise l'absorption.

Stoffel NU, et al. Lancet Haematol 2017;4(11):e524-e533. DOI : 10.1016/S2352-3026(17)30182-5

Ce schéma a depuis été confirmé chez des femmes anémiques et repris dans les revues de référence (Pasricha, Lancet, 2021). Il a un second avantage : moins de prises, c'est moins d'effets digestifs et une meilleure observance. Pour un apport nutritionnel modéré et bien toléré comme le bisglycinate, la prise quotidienne reste possible ; pour les doses de correction, le jour sur deux est devenu la règle.

Corriger une carence en fer : le protocole
Étape 1
Confirmer par une prise de sangFerritine, CST, hémoglobine, VGM, CRP. Jamais de fer « au cas où » : sans carence, aucun bénéfice, et un risque de masquer une cause.
Étape 2
Traiter la causeRègles abondantes, alimentation, malabsorption, saignement : sans cela, la carence reviendra. Homme ou femme ménopausée = exploration digestive d'abord.
Étape 3
Choisir la forme et la doseBisglycinate à dose nutritionnelle pour un déficit modéré ou l'entretien ; dose de correction prescrite pour une anémie. Toujours avec de la vitamine C.
Étape 4
Prendre le matin, en une foisÀ jeun ou une heure avant le repas, avec un verre d'eau ou un jus riche en vitamine C. Thé, café, laitages, calcium et antiacides à 2 heures au moins. Un jour sur deux pour les doses élevées.
Étape 5
Contrôler et tenir la duréeHémoglobine à 6 semaines, ferritine à 3 mois. La fatigue s'améliore en 4 à 6 semaines, les réserves se reconstituent en 3 à 6 mois : ne pas arrêter dès que l'on se sent mieux.

Et les selles noires ? Elles sont normales sous fer et sans gravité. Une constipation peut survenir avec les sels ferreux : hydratation, fibres (psyllium blond) ou passage au bisglycinate la règlent le plus souvent. Le mode d'emploi horaire complet (matin ou soir, avec quoi, loin de quoi, erreurs à éviter) est dans quand prendre le fer. Pour comparer les formes en détail, notre article fer bisglycinate vs autres formes de fer va plus loin.

12. Quand la voie orale ne suffit pas : le fer intraveineux

À retenir
Intolérance digestive majeure, malabsorption, pertes de sang importantes, besoin de correction rapide ou échec du fer oral après 4 à 8 semaines : le médecin peut prescrire une perfusion de fer, dont les formulations modernes reconstituent les réserves en une ou deux séances avec un bon profil de sécurité.

Le fer oral reste le traitement de première intention dans la grande majorité des cas (Camaschella, NEJM, 2015). Mais certaines situations le mettent en échec : la maladie cœliaque non contrôlée, les MICI en poussée, le bypass gastrique, les saignements qui dépassent ce que l'intestin peut absorber, l'inflammation chronique qui verrouille l'absorption par l'hepcidine, ou tout simplement une intolérance telle que le traitement est abandonné. Les hématologues rappellent que les anciennes craintes liées aux réactions allergiques concernaient des formulations abandonnées ; les formes actuelles (carboxymaltose, dérisomaltose) permettent une dose complète en une perfusion de quelques minutes à une heure, avec une réponse hématologique plus rapide et durable, y compris pendant la grossesse à partir du deuxième trimestre (Auerbach, Am J Hematol, 2016). Cette décision appartient au médecin, qui met en balance bénéfices, risques et coût dans chaque situation.

13. Sécurité, surdosage et interactions

À retenir
Le fer est sûr chez une personne carencée aux doses recommandées. Il est contre-indiqué en cas d'hémochromatose ou de surcharge en fer, doit être tenu hors de portée des enfants (intoxication grave), et s'éloigne de 2 heures de certains médicaments (lévothyroxine, antibiotiques, antiacides). Sans carence, il n'apporte rien.

Contrairement aux vitamines hydrosolubles, le fer en excès ne s'élimine pas : il s'accumule dans le foie, le cœur et le pancréas, où il favorise le stress oxydatif. C'est pourquoi se supplémenter « pour l'énergie » sans carence confirmée est une mauvaise idée, et pourquoi la prise de sang précède toujours le complément. L'EFSA n'a pas fixé de limite supérieure de sécurité faute de données suffisantes, mais les effets digestifs deviennent fréquents au-delà de 45 à 60 mg par prise.

Précautions et interactions

Hémochromatose et surcharges en fer : le fer est contre-indiqué. L'hémochromatose génétique touche environ une personne sur 300 en France et passe souvent inaperçue : une ferritine et un CST élevés avant toute supplémentation doivent alerter.

Enfants : l'ingestion accidentelle de comprimés de fer est l'une des premières causes d'intoxication grave chez le jeune enfant. Flacon fermé, hors de portée, toujours.

Médicaments : le fer diminue l'absorption de la lévothyroxine, de certains antibiotiques (tétracyclines, quinolones), des bisphosphonates et de la lévodopa ; espacez-les d'au moins 2 heures, 4 pour la lévothyroxine. À l'inverse, les antiacides (IPP), le calcium et certains pansements gastriques réduisent l'absorption du fer.

Grossesse, allaitement, enfants, maladie chronique : les besoins et les doses diffèrent ; demandez l'avis d'un professionnel de santé avant toute supplémentation. Ne dépassez pas la dose journalière indiquée et ne substituez pas les compléments à une alimentation variée et équilibrée.

Infections : en cas d'infection aiguë, le corps verrouille volontairement le fer ; la supplémentation se discute une fois l'épisode passé.

14. Bien choisir son complément de fer

À retenir
Lisez la quantité de fer élément (pas celle du sel), choisissez une forme nommée et bien tolérée (bisglycinate), privilégiez l'association à la vitamine C, une gélule propre sans additifs inutiles, et une dose cohérente avec votre stade de carence.
  • La dose de fer élément, clairement lisible. « 70 mg de bisglycinate de fer » signifie 14 mg de fer ; « 100 mg de sulfate ferreux » signifie environ 20 mg. Comparez toujours le fer élément.
  • La forme nommée : bisglycinate (ou bisglycinate chélaté), plutôt qu'un vague « fer » ou « fer marin ».
  • L'association à la vitamine C (60 à 100 mg) au sein de la même prise, qui augmente l'absorption du fer non héminique.
  • La vitamine B9 (folates), utile chez la femme en âge de procréer et dans toute anémie, car fer et folates travaillent ensemble à la fabrication des globules rouges (voir notre guide de l'acide folique).
  • Une gélule propre : enveloppe végétale (HPMC), sans dioxyde de titane, sans colorant ni arôme, fabrication traçable.
  • Une dose adaptée à votre situation : 14 à 30 mg pour l'entretien et les déficits modérés, une prescription au-delà.
Quel fer pour quelle situation
Ferritine entre 30 et 50, fatigue, règles normales ou alimentation végétale
Bisglycinate à dose nutritionnelle (14 mg + vitamine C), une gélule le matin, 3 mois, puis contrôle.
Ferritine sous 30 sans anémie, ou sels ferreux mal tolérés
Bisglycinate, dose discutée avec le médecin (souvent 2 gélules, un jour sur deux), 3 à 6 mois, contrôle à 6 semaines et 3 mois.
Anémie confirmée, grossesse, ou saignement identifié
Traitement prescrit (fer oral à dose de correction ou fer intraveineux) et traitement de la cause. Un complément nutritionnel prendra le relais en entretien.
Chélaté, absorbé, toléré
Le Fer bisglycinate Nutrition•pro

14 mg de fer chélaté à la glycine, 80 mg de vitamine C et 200 µg de vitamine B9 dans une gélule végétale. Sans goût métallique ni inconfort digestif, pour un apport quotidien en fer bien absorbé. Fabriqué en France.

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Test rapide
Carence en fer : quelle démarche pour vous ?

Choisissez la situation qui vous ressemble le plus : la réponse s'affiche juste en dessous.

Profil A : bilan, puis apport régulier

Vous êtes dans la population la plus touchée. Demandez ferritine, hémoglobine et CRP. Si la ferritine est sous 50 avec fatigue, un apport en fer bien toléré est justifié : le Fer bisglycinate le matin, à distance du thé et du café, pendant 3 mois, puis contrôle. Si vos règles durent plus de 7 jours ou vous obligent à changer de protection toutes les deux heures, consultez aussi un gynécologue : traiter la cause évite la rechute.

Profil B : optimiser l'assiette, surveiller les réserves

Vitamine C à chaque repas riche en fer végétal, thé et café à distance, légumineuses trempées, et une ferritine une fois par an. Si elle est basse, le Fer bisglycinate est le complément le plus adapté à un apport nutritionnel régulier. Pour l'endurance, surveillez aussi la vitamine D et, si vous êtes végétarien, la vitamine B12.

Profil C : changer de forme et de rythme

Les effets digestifs viennent surtout des sels ferreux et des prises fractionnées. Passez à une forme chélatée comme le Fer bisglycinate, en une seule prise le matin, un jour sur deux si la dose est élevée, avec de la vitamine C. Si la ferritine ne remonte pas en 8 semaines ou si une malabsorption est suspectée, parlez à votre médecin du fer intraveineux.

Profil D : consulter avant de se supplémenter

Chez vous, la carence en fer est un signal, pas une fatalité. Les recommandations demandent une exploration digestive (recherche de saignement) et un dépistage de la maladie cœliaque avant tout traitement. Prenez rendez-vous avec votre médecin avec vos résultats ; le fer viendra après le diagnostic, et il sera alors prescrit à la bonne dose.

Ce test oriente, il ne remplace pas un bilan sanguin ni l'avis d'un professionnel de santé.

Questions fréquentes sur la carence en fer

Quels sont les premiers symptômes d'une carence en fer ?

Une fatigue qui ne cède pas au repos, une baisse d'endurance, un essoufflement à l'effort, des difficultés de concentration, une frilosité inhabituelle et une pâleur (visage, intérieur des paupières, gencives). Ces signes apparaissent souvent avant l'anémie, dès que les réserves (ferritine) sont basses.

Peut-on avoir une carence en fer sans anémie ?

Oui, c'est même le cas le plus fréquent. La carence évolue en trois stades : réserves épuisées (ferritine basse, hémoglobine normale), déficit fonctionnel, puis anémie ferriprive. Un essai français a montré que corriger une ferritine inférieure à 50 µg/L réduisait la fatigue de près de moitié chez des femmes dont l'hémoglobine était normale (Vaucher, CMAJ, 2012).

Quel taux de ferritine indique une carence en fer ?

Une ferritine inférieure à 15 µg/L signe un déficit certain (OMS) et la plupart des cliniciens retiennent un seuil de 30 µg/L. En cas d'inflammation (CRP élevée), la ferritine monte artificiellement : un seuil de 100 µg/L et un coefficient de saturation de la transferrine inférieur à 20 % sont alors utilisés. L'interprétation revient au médecin.

La carence en fer fait-elle tomber les cheveux ?

Une méta-analyse de 36 études (10 029 femmes) montre que les femmes souffrant de chute de cheveux diffuse ont une ferritine en moyenne 18,5 ng/mL plus basse que les autres, et qu'une femme sur cinq a une ferritine de 15 ng/mL ou moins (Treister-Goltzman, 2022). Le fer n'explique pas toutes les chutes de cheveux, mais une ferritine basse mérite d'être corrigée.

Quel est le lien entre carence en fer et jambes sans repos ?

Le syndrome des jambes sans repos est associé à un déficit en fer dans le cerveau. Les recommandations internationales (IRLSSG, 2018) proposent un traitement par fer oral lorsque la ferritine est inférieure ou égale à 75 µg/L, et du fer intraveineux dans les formes modérées à sévères avec une ferritine inférieure à 300 µg/L, sur décision médicale.

Quelles sont les causes d'une carence en fer ?

Des besoins accrus (règles abondantes, grossesse, croissance, sport d'endurance), des apports insuffisants (alimentation végétarienne ou pauvre en viande), une absorption réduite (maladie cœliaque, antiacides au long cours, chirurgie bariatrique, gastrite) ou des pertes de sang chroniques, notamment digestives. Chez un homme ou une femme ménopausée, une carence impose toujours de rechercher un saignement.

Combien de fer par jour ?

Selon l'ANSES, 11 mg par jour pour un homme adulte et une femme aux pertes menstruelles faibles, 16 mg pour une femme aux règles abondantes et pendant la grossesse. Seuls 10 à 15 % du fer alimentaire sont absorbés en moyenne, davantage pour le fer héminique (viande, poisson) que pour le fer végétal.

Quels aliments sont les plus riches en fer ?

Le boudin noir, le foie, les coquillages, la viande rouge et les poissons pour le fer héminique, bien absorbé. Côté végétal, les lentilles, le tofu, les graines de courge, le cacao et les céréales enrichies, dont le fer s'absorbe moins bien mais beaucoup mieux avec de la vitamine C (agrumes, poivron, kiwi) au même repas.

Quel fer prendre en complément : sulfate ou bisglycinate ?

Le sulfate ferreux est la référence des traitements, mais il double le risque de troubles digestifs par rapport au placebo (Tolkien, PLoS One, 2015). Le fer bisglycinate, chélaté à la glycine, provoque près de trois fois moins d'effets digestifs et augmente davantage l'hémoglobine chez la femme enceinte (Fischer, Nutr Rev, 2023). À faible dose, il fait moins monter la ferritine qu'une forte dose de sulfate : la dose compte autant que la forme.

Faut-il prendre le fer tous les jours ou un jour sur deux ?

Deux essais randomisés ont montré qu'une prise un jour sur deux, en une seule fois le matin, augmente l'absorption d'environ un tiers par rapport à une prise quotidienne, car chaque dose fait monter l'hepcidine, l'hormone qui bloque l'absorption du fer pendant 24 à 48 heures (Stoffel, Lancet Haematol, 2017). Les doses fractionnées dans la journée n'apportent rien de plus.

Quand prendre le fer, matin ou soir, avec ou sans repas ?

Le matin, à jeun ou une heure avant le repas, avec de l'eau ou un jus riche en vitamine C. À distance (au moins 2 heures) du thé, du café, des produits laitiers, du calcium et des antiacides, qui réduisent fortement l'absorption. Si l'estomac ne tolère pas la prise à jeun, un repas léger vaut mieux qu'un abandon.

Au bout de combien de temps une carence en fer se corrige-t-elle ?

La fatigue s'améliore souvent en 4 à 6 semaines, l'hémoglobine remonte en 4 à 8 semaines, mais reconstituer les réserves (ferritine) demande 3 à 6 mois. Un contrôle sanguin à 6 semaines puis à 3 mois permet de vérifier que le traitement fonctionne et que la cause a été traitée.

Le fer en complément peut-il être dangereux ?

Aux doses nutritionnelles, le fer est sûr chez une personne carencée. Il est déconseillé en cas d'hémochromatose ou de toute surcharge en fer, et les compléments doivent être tenus hors de portée des enfants, chez qui une ingestion massive est toxique. Se supplémenter sans carence avérée n'apporte aucun bénéfice et peut masquer une cause sérieuse.

Quand le fer en comprimés ne suffit-il pas ?

En cas d'intolérance digestive majeure, de malabsorption (maladie cœliaque, Crohn, chirurgie bariatrique), de saignements importants ou de besoin de correction rapide, le médecin peut prescrire du fer intraveineux, dont les formulations modernes reconstituent les réserves en une ou deux perfusions (Auerbach, Am J Hematol, 2016).

Les femmes enceintes peuvent-elles prendre du fer bisglycinate ?

La grossesse multiplie les besoins et le fer y est souvent prescrit, mais la dose et la forme relèvent du médecin ou de la sage-femme, qui s'appuient sur le bilan sanguin. Ne commencez pas de complément de fer enceinte sans avis médical.

Le thé et le café empêchent-ils vraiment d'absorber le fer ?

Oui. Les tanins du thé et les polyphénols du café peuvent réduire l'absorption du fer non héminique de 50 à 90 % s'ils sont consommés au même moment. Le calcium (produits laitiers, compléments) et les phytates des céréales complètes ont aussi un effet freinant. Espacez-les de 1 à 2 heures des repas riches en fer ou de la prise du complément.

Glossaire
Ferritine
Protéine de stockage du fer. Son taux sanguin reflète les réserves de l'organisme, sauf en cas d'inflammation où il s'élève artificiellement.
Hepcidine
Hormone produite par le foie qui contrôle l'absorption du fer. Elle monte quand les réserves sont pleines, en cas d'inflammation, et pendant 24 à 48 heures après chaque prise de fer.
Coefficient de saturation de la transferrine (CST)
Proportion de la transferrine, protéine de transport, chargée en fer. Inférieur à 20 %, il signe un déficit fonctionnel, même quand la ferritine paraît normale.
Fer héminique et non héminique
Le fer héminique (viande, poisson, abats) est absorbé à 15-35 % ; le fer non héminique (végétaux, œufs, laitages, compléments) à 2-20 %, selon le reste du repas.
Anémie ferriprive
Anémie par manque de fer : hémoglobine abaissée et globules rouges petits (microcytaires) et pâles (hypochromes). Stade final de la carence.
VGM
Volume globulaire moyen, la taille des globules rouges. Inférieur à 80 fL dans la carence en fer, supérieur à 100 fL dans les carences en B12 ou B9.
Hémochromatose
Maladie génétique de surcharge en fer, fréquente en France (environ 1 personne sur 300), qui contre-indique toute supplémentation.
Sources scientifiques
  1. Pasricha SR, Tye-Din J, Muckenthaler MU, Swinkels DW. Iron deficiency. Lancet. 2021;397(10270):233-248. doi:10.1016/S0140-6736(20)32594-0
  2. Camaschella C. Iron deficiency. Blood. 2019;133(1):30-39. doi:10.1182/blood-2018-05-815944
  3. Camaschella C. Iron-deficiency anemia. N Engl J Med. 2015;372(19):1832-1843. doi:10.1056/NEJMra1401038
  4. Lopez A, Cacoub P, Macdougall IC, Peyrin-Biroulet L. Iron deficiency anaemia. Lancet. 2016;387(10021):907-916. doi:10.1016/S0140-6736(15)60865-0
  5. Vaucher P, Druais PL, Waldvogel S, Favrat B. Effect of iron supplementation on fatigue in nonanemic menstruating women with low ferritin: a randomized controlled trial. CMAJ. 2012;184(11):1247-1254. doi:10.1503/cmaj.110950
  6. Stoffel NU, Cercamondi CI, Brittenham G, et al. Iron absorption from oral iron supplements given on consecutive versus alternate days and as single morning doses versus twice-daily split dosing in iron-depleted women: two open-label, randomised controlled trials. Lancet Haematol. 2017;4(11):e524-e533. doi:10.1016/S2352-3026(17)30182-5
  7. Tolkien Z, Stecher L, Mander AP, Pereira DI, Powell JJ. Ferrous sulfate supplementation causes significant gastrointestinal side-effects in adults: a systematic review and meta-analysis. PLoS One. 2015;10(2):e0117383. doi:10.1371/journal.pone.0117383
  8. Fischer JAJ, Cherian AM, Bone JN, Karakochuk CD. The effects of oral ferrous bisglycinate supplementation on hemoglobin and ferritin concentrations in adults and children: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Nutr Rev. 2023;81(8):904-920. doi:10.1093/nutrit/nuac106
  9. Fischer JAJ, Pei LX, Elango R, et al. Is a lower dose of more bioavailable iron (18-mg ferrous bisglycinate) noninferior to 60-mg ferrous sulfate in increasing ferritin concentrations? A randomized controlled noninferiority trial. J Nutr. 2023;153(8):2453-2462. doi:10.1016/j.tjnut.2023.05.029
  10. Treister-Goltzman Y, Yarza S, Peleg R. Iron deficiency and nonscarring alopecia in women: systematic review and meta-analysis. Skin Appendage Disord. 2022;8(2):83-92. doi:10.1159/000519952
  11. Almohanna HM, Ahmed AA, Tsatalis JP, Tosti A. The role of vitamins and minerals in hair loss: a review. Dermatol Ther (Heidelb). 2019;9(1):51-70. doi:10.1007/s13555-018-0278-6
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  13. Auerbach M, Adamson JW. How we diagnose and treat iron deficiency anemia. Am J Hematol. 2016;91(1):31-38. doi:10.1002/ajh.24201
  14. DeLoughery TG. Iron deficiency anemia. Med Clin North Am. 2017;101(2):319-332. doi:10.1016/j.mcna.2016.09.004
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  16. ANSES. Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux (2021) et table de composition Ciqual. anses.fr. Allégations de santé : règlement (UE) n° 432/2012 ; valeurs nutritionnelles de référence : règlement (UE) n° 1169/2011.

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À propos de cet article. Rédigé par l'équipe Nutrition•pro à partir de revues de référence (Lancet, NEJM, Blood), d'essais randomisés et de méta-analyses indexés sur PubMed, des références nutritionnelles de l'ANSES et des avis de l'EFSA, selon notre méthodologie éditoriale. Les informations publiées ici ont une vocation informative et ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments : ils ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. En cas de symptômes, de traitement en cours, de grossesse ou d'allaitement, demandez conseil à un professionnel de santé.

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