Règles abondantes et carence en fer : reconnaître, compenser, et quand consulter

Par L'équipe Nutrition•pro
Règles abondantes et carence en fer : reconnaître, compenser, et quand consulter

L'équipe Nutrition•pro
Mis à jour en août 2026
8 sources scientifiques vérifiées

« Mes règles ont toujours été comme ça. » C'est la phrase qui retarde le plus de diagnostics. Une femme sur trois aura des règles abondantes au cours de sa vie, et la plupart ne le savent pas, parce qu'elles n'ont que leurs propres règles comme référence. Pourtant, chaque millilitre de sang perdu emporte 0,5 mg de fer, et le corps n'en absorbe qu'un ou deux par jour. Le compte finit toujours par ne plus tomber juste.

Cet article vous aide à objectiver l'abondance de vos règles avec des critères concrets, explique ce qu'un cycle coûte en fer, passe en revue les causes, le bilan à demander, la façon de compenser chaque mois, et surtout quand le problème relève du gynécologue. C'est le complément « femmes réglées » de notre guide complet de la carence en fer.

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★ Compenser chaque mois, sans inconfort
Fer bisglycinate (60 gélules)

14 mg de fer chélaté à la glycine (100 % des VNR), 80 mg de vitamine C pour l'absorption et 200 µg de vitamine B9. Une gélule végétale le matin, sans goût métallique ni constipation. Fabriqué en France.

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En bref

Des règles sont abondantes au-delà de 80 mL par cycle, ce qui se traduit en pratique par plus de 7 jours de saignement, une protection changée toutes les heures ou deux heures pendant plusieurs heures, des caillots de plus de 2 cm ou des débordements. Un cycle normal coûte 15 à 30 mg de fer ; des règles abondantes en coûtent 40 à plus de 100 mg, que l'alimentation, absorbée à 10 ou 15 %, ne compense pas. Résultat : une femme réglée sur cinq a une ferritine basse, avec fatigue, chute de cheveux et essoufflement souvent attribués à autre chose. La démarche : objectiver un cycle, doser ferritine, CRP et hémoglobine, chercher la cause avec le gynécologue (fibromes, adénomyose, endométriose, DIU au cuivre, thyroïde, coagulation, périménopause), compenser chaque mois avec un fer bien toléré pris correctement, et traiter la source. Saignements entre les règles, après 45 ans ou avec malaise : consultation sans attendre.

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Information santé. Des règles abondantes ont toujours une cause, parfois bénigne, parfois à traiter. Le diagnostic et le traitement relèvent du gynécologue ou du médecin traitant. Un complément de fer compense une perte, il ne la réduit pas et ne remplace pas la consultation.
0,5mg
De fer perdu par millilitre de sang
> 80mL
Seuil médical des règles abondantes
1 sur 3
Femmes concernées au cours de leur vie
16mg/j
Besoin ANSES avec règles abondantes

1. Ce que coûte un cycle en fer

À retenir
1 mL de sang = 0,5 mg de fer. Cycle normal (30 à 60 mL) : 15 à 30 mg. Règles abondantes (80 mL et plus) : 40 à plus de 100 mg. Avec une absorption de 10 à 15 %, il faudrait avaler 300 à 700 mg de fer alimentaire par mois pour suivre. Le déficit s'accumule silencieusement.

Le sang contient environ 0,5 mg de fer par millilitre, logé dans l'hémoglobine. Chaque cycle est donc une perte sèche de fer que le corps, qui ne sait pas en fabriquer, doit récupérer dans l'assiette. Or l'absorption intestinale est faible : 15 à 35 % pour le fer de la viande, 2 à 20 % pour le fer végétal, 10 à 15 % en moyenne pour une alimentation mixte. Un cycle normal demande déjà 1 à 2 mg de fer absorbé par jour en plus des pertes de base ; des règles abondantes doublent ou triplent ce besoin. C'est pourquoi l'ANSES fixe la référence à 16 mg par jour pour les femmes aux pertes menstruelles élevées, contre 11 mg pour les autres.

L'arithmétique est implacable et lente. Un déficit de 10 mg par cycle passe inaperçu pendant des mois, puis la ferritine, qui reflète les réserves, finit sous 30 µg/L, puis sous 15, et un jour l'hémoglobine baisse : c'est l'anémie. Une revue de référence rappelle que les règles abondantes, la grossesse et le post-partum sont les trois grandes causes de carence en fer chez la femme, et que cette carence reste massivement sous-diagnostiquée et sous-traitée (Cappellini, Fertil Steril, 2022). Le détail des stades est dans le guide complet.

2. Règles abondantes : les critères objectifs

À retenir
Personne ne mesure 80 mL. Ce qui compte : la durée, la fréquence des changements, les caillots, les débordements et le retentissement sur la vie. Notez un cycle avec la grille ci-dessous.
Critère Règles normales Règles abondantes
Durée 3 à 7 jours Plus de 7 jours, ou plus de 2 jours très abondants
Changement de protection Toutes les 3 à 4 heures au plus fort Toutes les heures ou deux heures pendant plusieurs heures d'affilée
Nuit Une protection tient la nuit Obligation de se lever pour changer, ou de doubler les protections
Caillots Rares, petits Fréquents, de plus de 2 à 3 cm (taille d'une pièce de 2 euros)
Débordements Exceptionnels Vêtements ou draps tachés malgré les précautions
Retentissement Aucun Sorties annulées, travail ou sport empêchés, anxiété liée aux fuites
Coupe menstruelle (si utilisée) Moins de 80 mL au total sur le cycle Plus de 80 mL au total (graduations de la coupe)

Deux critères ou plus dans la colonne de droite, sur plusieurs cycles, suffisent à parler de règles abondantes et à justifier un bilan. La coupe menstruelle graduée est le seul moyen simple de mesurer réellement le volume.

3. Pourquoi on ne s'en rend pas compte

À retenir
On n'a que ses propres règles comme référence, on en parle peu, et la fatigue qui en découle s'installe si lentement qu'on l'attribue au travail, aux enfants ou au sommeil. Les spécialistes parlent de « normalisation » par les femmes, par la société et par les soignants eux-mêmes.
Revue, American Journal of Obstetrics and Gynecology 2023

Les règles abondantes sont très fréquentes chez les femmes en âge de procréer et constituent un facteur majeur de carence en fer et d'anémie ferriprive. Leur lien est mal apprécié et fréquemment normalisé par la société, les professionnels de santé et les femmes elles-mêmes. Les deux affectent la qualité de vie : les règles pendant les saignements, la carence au quotidien, avec un retentissement sur les fonctions cognitives, l'absentéisme et la performance au travail ou à l'école. Les auteurs appellent à un dépistage systématique.

Munro MG, Mast AE, Powers JM, et al. Am J Obstet Gynecol 2023;229(1):1-9. DOI : 10.1016/j.ajog.2023.01.017

Le cercle est vicieux : la carence en fer fatigue, la fatigue réduit l'activité, et le manque de fer lui-même, en perturbant la coagulation et l'utérus, peut aggraver les saignements. Les symptômes de la carence, fatigue persistante, essoufflement, cheveux qui tombent, ongles cassants, jambes agitées le soir, frilosité, concentration difficile, sont détaillés dans ferritine basse : que faire. Chez une femme qui coche deux critères de la grille précédente, ils doivent faire penser au fer avant toute autre chose.

4. Les causes de règles abondantes

À retenir
Fibromes et polypes, adénomyose, endométriose, DIU au cuivre, troubles de la coagulation, dérèglement thyroïdien, cycles sans ovulation (puberté, périménopause, SOPK), certains médicaments. Et parfois aucune cause retrouvée. Chacune se traite différemment : d'où le bilan.

Les gynécologues classent les causes en deux familles. Les causes structurelles : fibromes (présents chez une femme sur trois après 35 ans, pas toujours responsables), polypes de l'endomètre, adénomyose, et plus rarement une lésion à biopsier. Les causes non structurelles : troubles de l'ovulation (périménopause, puberté, syndrome des ovaires polykystiques, hypothyroïdie), troubles de la coagulation (la maladie de Willebrand touche 1 % de la population et se révèle souvent par des règles abondantes dès la puberté), DIU au cuivre, anticoagulants, et un dysfonctionnement local de l'endomètre sans cause visible (Petraglia et Dolmans, Fertil Steril, 2022). L'endométriose, de son côté, donne plus souvent des règles douloureuses qu'abondantes, mais les deux coexistent fréquemment ; notre article endométriose : symptômes et accompagnement en fait le tour.

Votre situation, la piste à explorer
Règles abondantes depuis la puberté, saignements de nez fréquents, bleus faciles, saignements prolongés après une dent ou une coupure
Bilan de coagulation (maladie de Willebrand, plaquettes). Se demande au médecin traitant ou à l'hématologue.
Règles devenues abondantes après 35 ans, ventre tendu, envie d'uriner fréquente, douleurs pelviennes
Échographie pelvienne : fibromes, polypes, adénomyose. Gynécologue.
Règles plus longues et plus abondantes depuis la pose d'un DIU au cuivre
Effet connu (+20 à 50 % de volume). Ferritine à surveiller ; discuter avec le gynécologue d'un DIU hormonal si la carence s'installe.
Cycles irréguliers, règles imprévisibles, parfois très abondantes, après 45 ans ou en cas de SOPK
Cycles sans ovulation probables. Bilan hormonal et TSH, examen gynécologique pour écarter une cause utérine, surtout après 45 ans.
Règles abondantes et douloureuses, douleurs pendant les rapports, troubles digestifs pendant les règles
Endométriose ou adénomyose à évoquer. Gynécologue, idéalement spécialisé.

5. Le bilan à demander

À retenir
Ferritine, CRP et hémoglobine pour le fer ; TSH pour la thyroïde ; examen gynécologique et échographie pour la cause ; bilan de coagulation si les règles sont abondantes depuis toujours ou si vous saignez facilement.
  • Ferritine : les réserves. Sous 30 µg/L, la carence est établie ; sous 50 avec fatigue, elle mérite d'être corrigée (Vaucher, CMAJ, 2012).
  • CRP : l'inflammation, qui fausse la ferritine à la hausse. Toujours la demander en même temps.
  • Hémoglobine, VGM : pour savoir si l'anémie est installée (hémoglobine sous 12 g/dL), auquel cas le traitement est prescrit.
  • TSH : l'hypothyroïdie allonge et alourdit les règles.
  • Examen gynécologique et échographie pelvienne : fibromes, polypes, adénomyose, épaisseur de l'endomètre.
  • Bilan de coagulation (TP, TCA, facteur Willebrand, plaquettes) : si les règles sont abondantes depuis la puberté, en cas d'antécédents familiaux ou de saignements faciles ailleurs.

Le dosage de la ferritine se fait de préférence en dehors des règles, et à distance d'une infection ou d'un effort intense. Si vous prenez déjà du fer, signalez-le : le résultat reflète alors le traitement, pas l'état de départ.

6. Compenser chaque mois

À retenir
Alimentation riche en fer héminique et en vitamine C d'abord. Si la ferritine est basse, un apport en fer bien toléré, le matin à jeun avec vitamine C, loin du thé, du café et des laitages, en continu ou renforcé autour des règles, pendant 3 à 6 mois. La forme fait la différence sur la durée.
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Information santé. Les doses de correction d'une anémie sont prescrites. Les repères ci-dessous concernent une ferritine basse sans anémie, après avis d'un professionnel de santé. Le fer compense une perte ; il ne traite pas des règles abondantes.
Règles abondantes : compenser le fer
Assiette
Du fer héminique et de la vitamine CViande rouge, boudin, foie, coquillages, sardines deux à trois fois par semaine ; lentilles, tofu et graines avec un agrume, un kiwi, du poivron ou une cuillère d'acérola. Thé et café à distance des repas riches en fer.
Forme
Un fer que l'on tient six moisLe sulfate ferreux provoque des troubles digestifs chez une femme sur trois et finit souvent abandonné. Le bisglycinate, chélaté à la glycine, est absorbé 2 à 4 fois mieux par milligramme et provoque près de trois fois moins d'effets digestifs (Fischer, Nutr Rev, 2023). Sur une compensation mensuelle qui dure des années, la tolérance est le premier critère.
Rythme
Continu ou renforcé autour des règlesLe plus simple : une gélule chaque matin, toute l'année, pour les femmes dont la ferritine est entre 30 et 50. Alternative : prise renforcée (sur avis médical) du premier jour des règles jusqu'à deux semaines après, un jour sur deux si la dose est élevée (Stoffel 2017). Ferritine sous 30 : 3 à 6 mois de correction avant de passer à l'entretien.
Prise
Le matin, à jeun, avec vitamine CThé, café, lait, yaourts, calcium, magnésium, zinc et antiacides à 2 heures au moins. Le mode d'emploi complet est dans quand prendre le fer.
Contrôle
Ferritine à 3 mois, puis une fois par anObjectif 50 µg/L ou plus. Si elle ne remonte pas malgré une prise correcte, les pertes dépassent ce que l'intestin absorbe : retour au gynécologue pour traiter la source, et fer intraveineux à discuter.
Le fer des femmes réglées
Le Fer bisglycinate Nutrition•pro

14 mg de fer chélaté à la glycine, 80 mg de vitamine C déjà dans la gélule, 200 µg de vitamine B9 (utile chez toute femme en âge de procréer). Absorbé, toléré, sans goût métallique ni constipation : le fer que l'on peut prendre chaque mois sans y penser. Fabriqué en France.

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Déconseillé en cas d'hémochromatose, pendant la grossesse et l'allaitement sans avis médical. Retrouvez aussi notre collection confort féminin.

7. Traiter la source

À retenir
Le fer corrige la conséquence. Réduire les saignements relève du médecin : acide tranexamique, anti-inflammatoires, contraceptions hormonales (pilule, DIU au lévonorgestrel), traitement des fibromes ou polypes, prise en charge d'un trouble de la coagulation ou de la thyroïde.

Tant que la source n'est pas traitée, la compensation est un tonneau des Danaïdes. Les options, toutes médicales, sont bien codifiées : l'acide tranexamique pendant les règles, qui réduit le volume de 30 à 50 % ; les anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui le réduisent de 20 à 40 % et calment la douleur ; la pilule combinée ou progestative ; le DIU au lévonorgestrel, qui réduit les saignements de 70 à 90 % et est devenu un traitement de première intention des règles abondantes ; et selon la cause, le traitement des fibromes (médicaments, embolisation, myomectomie) ou des polypes (hystéroscopie). Une maladie de Willebrand ou une hypothyroïdie se traitent pour elles-mêmes. Le choix dépend de la cause, de l'âge, du désir de grossesse et des contre-indications : c'est une discussion avec le gynécologue, pas un article de blog.

Pour les femmes atteintes d'endométriose ou d'adénomyose, la prise en charge globale du cycle, douleur comprise, est détaillée dans notre article dédié, et notre formule Endométrine s'inscrit dans l'accompagnement du confort menstruel, en complément du suivi médical.

8. Quand consulter sans attendre

Consultez rapidement si

Vous trempez une protection par heure pendant plus de deux heures, ou vous avez un malaise, des palpitations, un essoufflement au repos : il peut s'agir d'une hémorragie ou d'une anémie sévère.

Vous saignez entre les règles, après un rapport, ou après la ménopause : ces saignements doivent toujours être examinés.

Vos règles sont devenues abondantes après 45 ans, ou s'accompagnent de douleurs nouvelles, d'un ventre qui grossit ou d'une envie d'uriner fréquente.

Votre hémoglobine est basse (moins de 12 g/dL) : l'anémie relève d'un traitement prescrit, parfois intraveineux, et d'un bilan de cause.

Vous êtes enceinte ou vous essayez de l'être avec une ferritine basse : la carence en fer en début de grossesse a des conséquences pour l'enfant (Munro 2023) ; la correction se décide avec le médecin ou la sage-femme.

Test rapide
Mes règles et mon fer

Choisissez la situation qui vous ressemble : la réponse s'affiche juste en dessous.

Profil A : dosez, puis compensez

Demandez ferritine, CRP et hémoglobine. Sous 50 avec fatigue, un apport en fer bien toléré comme le Fer bisglycinate, le matin à jeun, pendant 3 mois, puis contrôle. Et notez un cycle avec la grille de la section 2 : si deux critères sont cochés, prenez rendez-vous avec un gynécologue pour chercher la cause.

Profil B : forme, prise, et retour à la source

Vérifiez d'abord la prise : matin à jeun, vitamine C, thé, café et laitages à 2 heures, une seule prise, un jour sur deux si la dose est élevée. Si les effets digestifs font abandonner, passez au bisglycinate. Si la ferritine ne remonte toujours pas après 3 mois, les pertes dépassent l'absorption : c'est la source qu'il faut traiter, avec le gynécologue, et le fer intraveineux se discute.

Profil C : bilan de coagulation

Ce tableau évoque un trouble de la coagulation, le plus souvent une maladie de Willebrand, qui touche 1 % de la population et passe souvent inaperçue. Demandez à votre médecin un bilan (TP, TCA, facteur Willebrand, plaquettes). La prise en charge des règles et du fer en découle.

Profil D : examen gynécologique d'abord

Un changement récent doit être examiné : échographie pelvienne pour fibromes, polypes ou adénomyose, TSH, et après 45 ans exploration de l'endomètre. Avec un DIU au cuivre, l'augmentation du volume est attendue ; si la ferritine chute, un DIU hormonal peut être discuté. Compensez le fer en parallèle, pas à la place.

Ce test oriente, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

Questions fréquentes sur les règles abondantes et le fer

À partir de quand des règles sont-elles considérées comme abondantes ?

La définition médicale est une perte supérieure à 80 mL par cycle, mais personne ne la mesure. Les critères pratiques : règles de plus de 7 jours, protection changée toutes les heures ou deux heures pendant plusieurs heures, nécessité de doubler les protections ou de se lever la nuit, caillots de plus de 2 à 3 cm, et un retentissement sur la vie quotidienne.

Combien de fer perd-on pendant les règles ?

Un millilitre de sang contient environ 0,5 mg de fer. Un cycle normal (30 à 60 mL) coûte 15 à 30 mg ; des règles abondantes (plus de 80 mL) coûtent 40 mg et davantage, parfois plus de 100 mg. À raison de 10 à 15 % d'absorption, il faut manger 300 à 700 mg de fer par mois pour compenser, ce que l'alimentation seule n'assure souvent pas.

Les règles abondantes provoquent-elles forcément une anémie ?

Pas forcément une anémie, mais très souvent une carence en fer sans anémie, dont les symptômes (fatigue, chute de cheveux, essoufflement, concentration) sont déjà présents. L'anémie survient quand les réserves sont épuisées depuis longtemps. Les deux situations méritent un dosage de la ferritine.

Quel bilan demander en cas de règles abondantes ?

Ferritine, CRP et hémoglobine pour le fer ; TSH pour la thyroïde ; un examen gynécologique avec échographie pour rechercher fibromes, polypes ou adénomyose ; et, si les règles sont abondantes depuis la puberté ou si vous saignez facilement par ailleurs, un bilan de coagulation (maladie de Willebrand).

Le stérilet au cuivre augmente-t-il le risque de carence en fer ?

Oui. Le DIU au cuivre augmente le volume des règles de 20 à 50 % en moyenne, surtout la première année. Une surveillance de la ferritine est conseillée. À l'inverse, le DIU hormonal réduit les saignements de 70 à 90 % et fait partie des traitements des règles abondantes.

Comment compenser la perte de fer chaque mois ?

Par une alimentation riche en fer héminique et en vitamine C, et, si la ferritine est basse, par un apport continu en fer bien toléré (bisglycinate avec vitamine C), pris le matin à distance du thé, du café et des laitages. Certaines femmes préfèrent renforcer la prise pendant la semaine des règles et la suivante ; l'important est la régularité sur plusieurs mois.

Faut-il prendre du fer pendant les règles ou après ?

Les deux fonctionnent, à condition de tenir dans la durée. Un apport quotidien continu est le plus simple à suivre. Si vous optez pour une prise renforcée, commencez le premier jour des règles et poursuivez deux semaines. La correction d'une ferritine basse demande de toute façon 3 à 6 mois.

Quels traitements existent pour réduire des règles abondantes ?

L'acide tranexamique pendant les règles, les anti-inflammatoires, les contraceptions hormonales (pilule, DIU au lévonorgestrel), et selon la cause, le traitement des fibromes ou des polypes. Ce sont des décisions médicales, prises avec le gynécologue ou le médecin traitant. Le fer corrige la conséquence, pas la cause.

Les règles abondantes sont-elles normales à l'approche de la ménopause ?

Elles sont fréquentes en périménopause à cause des cycles sans ovulation, mais elles ne sont pas anodines : c'est la période où la carence en fer s'installe souvent, et tout saignement inhabituel après 45 ans doit être examiné pour écarter une cause utérine.

Quand consulter en urgence pour des règles abondantes ?

Saignement qui trempe une protection par heure pendant plus de 2 heures, malaise, palpitations ou essoufflement au repos, saignements entre les règles ou après un rapport, saignements après la ménopause, ou règles abondantes avec douleurs inhabituelles. Dans ces cas, consultez sans attendre.

Glossaire
Ménorragies
Terme médical des règles abondantes : plus de 80 mL par cycle ou plus de 7 jours.
Ferritine
Protéine de stockage du fer ; sa concentration sanguine reflète les réserves, sauf en cas d'inflammation.
Adénomyose
Présence de tissu endométrial dans le muscle utérin, cause fréquente de règles abondantes et douloureuses après 35 ans.
Maladie de Willebrand
Trouble héréditaire de la coagulation (1 % de la population), souvent révélé par des règles abondantes dès la puberté.
Acide tranexamique
Médicament pris pendant les règles qui réduit le volume des saignements de 30 à 50 %, sur prescription.
Sources scientifiques
  1. Munro MG, Mast AE, Powers JM, et al. The relationship between heavy menstrual bleeding, iron deficiency, and iron deficiency anemia. Am J Obstet Gynecol. 2023;229(1):1-9. doi:10.1016/j.ajog.2023.01.017
  2. Cappellini MD, Santini V, Braxs C, Shander A. Iron metabolism and iron deficiency anemia in women. Fertil Steril. 2022;118(4):607-614. doi:10.1016/j.fertnstert.2022.08.014
  3. Petraglia F, Dolmans MM. Iron deficiency anemia: impact on women's reproductive health. Fertil Steril. 2022;118(4):605-606. doi:10.1016/j.fertnstert.2022.08.850
  4. Pasricha SR, Tye-Din J, Muckenthaler MU, Swinkels DW. Iron deficiency. Lancet. 2021;397(10270):233-248. doi:10.1016/S0140-6736(20)32594-0
  5. Lopez A, Cacoub P, Macdougall IC, Peyrin-Biroulet L. Iron deficiency anaemia. Lancet. 2016;387(10021):907-916. doi:10.1016/S0140-6736(15)60865-0
  6. Vaucher P, Druais PL, Waldvogel S, Favrat B. Effect of iron supplementation on fatigue in nonanemic menstruating women with low ferritin: a randomized controlled trial. CMAJ. 2012;184(11):1247-1254. doi:10.1503/cmaj.110950
  7. Stoffel NU, Cercamondi CI, Brittenham G, et al. Iron absorption from oral iron supplements given on consecutive versus alternate days and as single morning doses versus twice-daily split dosing in iron-depleted women. Lancet Haematol. 2017;4(11):e524-e533. doi:10.1016/S2352-3026(17)30182-5
  8. Fischer JAJ, Cherian AM, Bone JN, Karakochuk CD. The effects of oral ferrous bisglycinate supplementation on hemoglobin and ferritin concentrations in adults and children: a systematic review and meta-analysis. Nutr Rev. 2023;81(8):904-920. doi:10.1093/nutrit/nuac106
  9. ANSES. Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux (2021). anses.fr

Pour aller plus loin

À propos de cet article. Rédigé par l'équipe Nutrition•pro à partir de revues gynécologiques et hématologiques de référence, d'essais randomisés et de méta-analyses indexés sur PubMed et des références nutritionnelles de l'ANSES, selon notre méthodologie éditoriale. Les informations publiées ici ont une vocation informative et ne remplacent pas l'avis d'un médecin, d'un gynécologue ou d'un pharmacien. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments : ils ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. En cas de symptômes, de traitement en cours, de grossesse ou d'allaitement, demandez conseil à un professionnel de santé.

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