La vitamine B6 est la vitamine des paradoxes. C'est l'une des plus présentes dans les compléments, du magnésium B6 des pharmacies aux boissons énergisantes, et l'une des rares dont l'excès abîme les nerfs exactement comme le ferait la carence. C'est la seule vitamine dont l'Europe reconnaît qu'elle « contribue à réguler l'activité hormonale », et en même temps celle dont l'autorité européenne de sécurité des aliments a divisé la limite de sécurité par deux en 2023, de 25 à 12 mg par jour. Elle soulage les nausées de grossesse et les symptômes prémenstruels à des doses qui, prises au long cours sans contrôle, peuvent provoquer des fourmillements durables.
Ce guide remet tout cela à plat, preuves à l'appui : ce qu'est la B6 et pourquoi la forme compte, à quoi elle sert, combien il en faut, où la trouver dans l'assiette, qui risque d'en manquer, à partir de quand elle devient toxique et comment éliminer un excès, ce que vaut vraiment le couple magnésium B6, ce que disent les essais sur le syndrome prémenstruel et les nausées, et comment choisir un complément sans dépasser la limite. Il prolonge notre dossier sur les vitamines B et complète nos guides de la vitamine B12 et de l'acide folique, avec lesquels la B6 partage le contrôle de l'homocystéine.
Les huit vitamines du groupe B dans une gélule végétale quotidienne, dont la B6 sous sa forme active, le pyridoxal-5-phosphate (5 mg, bien sous la limite de sécurité), la B9 Quatrefolic® et la B12 en méthylcobalamine. Sans allergène, fabriqué en France.
La vitamine B6 (pyridoxine, active sous forme de pyridoxal-5-phosphate) est le cofacteur de plus de 140 enzymes : elle transforme les acides aminés, fabrique la sérotonine, la dopamine et le GABA, participe à la formation des globules rouges, au métabolisme énergétique et au contrôle de l'homocystéine, et contribue à réguler l'activité hormonale (allégations EFSA). Les besoins sont de 1,6 à 1,7 mg par jour, largement couverts par une alimentation variée : poissons, volaille, pommes de terre, bananes, pistaches, légumineuses. La carence touche surtout les buveurs excessifs, les personnes âgées, les patients sous certains médicaments et les maladies inflammatoires. L'excès, lui, vient toujours des compléments : au-delà de quelques dizaines de milligrammes par jour au long cours, la B6 peut provoquer une neuropathie sensitive, ce qui a conduit l'EFSA à abaisser la limite de sécurité à 12 mg par jour en 2023. Le couple magnésium B6 aide surtout les stressés sévères ; la B6 à dose médicale soulage le syndrome prémenstruel et les nausées de grossesse, sur prescription. Pour un complément au long cours : dose modérée, forme P-5-P, et un seul produit à la fois.
- Vitamine B6, pyridoxine, P-5-P : qui est qui ?
- À quoi sert la vitamine B6 ? Les allégations reconnues par l'EFSA
- Combien de vitamine B6 par jour ? Besoins et limite de sécurité
- Les aliments riches en vitamine B6
- Carence en vitamine B6 : symptômes, diagnostic et personnes à risque
- Surdosage : quand la vitamine B6 abîme les nerfs
- Magnésium et vitamine B6 : ce que vaut vraiment le couple
- Vitamine B6 et syndrome prémenstruel
- Vitamine B6 et nausées de grossesse
- Homocystéine, humeur, immunité, inflammation
- Pyridoxine ou pyridoxal-5-phosphate : quelle forme choisir ?
- Interactions et précautions
- Bien choisir : B6 seule, complexe B ou magnésium B6 ?
- Questions fréquentes
1. Vitamine B6, pyridoxine, P-5-P : qui est qui ?
La vitamine B6 a été découverte en 1934 comme le facteur qui guérissait une dermatite chez le rat. On sait aujourd'hui qu'elle regroupe six vitamères : la pyridoxine (un alcool), le pyridoxal (un aldéhyde) et la pyridoxamine (une amine), chacun existant aussi sous forme phosphorylée. Une seule de ces six formes travaille réellement dans les cellules : le pyridoxal-5-phosphate, ou P-5-P, qui sert de coenzyme à plus de 140 réactions.
| Forme | Où on la trouve | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Pyridoxine (chlorhydrate de pyridoxine) | Végétaux, compléments classiques, médicaments, aliments enrichis | Forme stable et bon marché ; doit être phosphorylée puis oxydée par le foie pour devenir active ; dans les végétaux, souvent liée à un glucose qui réduit son absorption ; c'est la forme impliquée dans les cas de neurotoxicité |
| Pyridoxal et pyridoxal-5-phosphate (P-5-P) | Aliments d'origine animale, compléments premium | Le P-5-P est la coenzyme active ; en complément, il est déphosphorylé dans l'intestin puis rephosphorylé dans les cellules ; n'inhibe pas l'enzyme d'activation, d'où un profil de sécurité différent |
| Pyridoxamine et pyridoxamine-5-phosphate | Aliments d'origine animale | Forme intermédiaire du métabolisme ; étudiée comme anti-glycation ; pas un complément courant en Europe |
| Acide 4-pyridoxique | Urines | Produit de dégradation, éliminé dans les urines ; témoigne des apports récents ; n'a pas d'activité vitaminique |
Ce détail biochimique explique deux choses pratiques. D'abord pourquoi la B6 des aliments d'origine animale (pyridoxal, pyridoxamine) est mieux absorbée que celle des végétaux (pyridoxine liée à un sucre). Ensuite pourquoi les compléments ne se valent pas tous : la pyridoxine doit passer par une enzyme, la pyridoxal kinase, puis par une oxydase hépatique, pour devenir du P-5-P. Quand on en absorbe beaucoup, l'enzyme sature et la pyridoxine s'accumule dans le sang et les tissus ; c'est le point de départ du mécanisme de toxicité décrit en section 6.
2. À quoi sert la vitamine B6 ? Les allégations reconnues par l'EFSA
Le P-5-P est une coenzyme polyvalente. Sa spécialité est de manipuler les acides aminés : il les transforme les uns en les autres (transamination), leur retire leur groupement acide (décarboxylation) ou les réarrange. C'est par cette dernière réaction qu'il fabrique les principaux neurotransmetteurs : la sérotonine à partir du tryptophane, la dopamine et la noradrénaline à partir de la tyrosine, le GABA, principal frein du système nerveux, à partir du glutamate. Il intervient aussi dans la première étape de la synthèse de l'hème, le cœur de l'hémoglobine, dans la libération du glucose stocké sous forme de glycogène musculaire, dans la dégradation de l'homocystéine en cystéine, et dans la transformation du tryptophane en niacine (vitamine B3).
Le règlement européen n° 432/2012 autorise neuf allégations pour la vitamine B6, à condition que le produit en apporte au moins 15 % des VNR (0,21 mg) par portion. La vitamine B6 contribue :
- à un métabolisme énergétique normal ;
- au fonctionnement normal du système nerveux ;
- au métabolisme normal de l'homocystéine ;
- au métabolisme normal des protéines et du glycogène ;
- à des fonctions psychologiques normales ;
- à la formation normale des globules rouges ;
- au fonctionnement normal du système immunitaire ;
- à réduire la fatigue ;
- à réguler l'activité hormonale.
La dernière est unique dans toute la liste des allégations européennes, aucune autre vitamine ni aucun minéral ne la porte. Elle repose sur le rôle du P-5-P comme modulateur des récepteurs aux hormones stéroïdes (œstrogènes, progestérone, androgènes, glucocorticoïdes) : en se fixant sur ces récepteurs, il module leur activité sur les gènes. C'est aussi l'un des mécanismes avancés pour expliquer son effet sur les symptômes prémenstruels (section 8), même si, comme toujours avec les allégations, « contribuer à réguler » ne signifie pas « traiter ».
Elle ne fait pas dormir : elle participe à la synthèse de la sérotonine puis de la mélatonine, mais aucun essai n'a montré qu'un apport de B6 chez une personne non carencée améliore le sommeil ; l'effet rapporté sur les rêves est anecdotique. Elle ne booste pas l'énergie de qui n'en manque pas : la réduction de la fatigue concerne les apports insuffisants. Elle ne traite ni l'anxiété ni la dépression : elle intervient dans la fabrication des neurotransmetteurs, mais en fabriquer plus n'est pas en manquer moins. Et elle n'est pas inoffensive parce qu'hydrosoluble : c'est le contre-exemple le mieux documenté de cette idée reçue.
3. Combien de vitamine B6 par jour ? Besoins et limite de sécurité
| Profil | Référence (mg / jour) | Source |
|---|---|---|
| Enfants de 1 à 3 ans | 0,6 | EFSA |
| Enfants de 4 à 6 ans | 0,7 | EFSA |
| Enfants de 7 à 10 ans | 1,0 | EFSA |
| Adolescents de 11 à 14 ans | 1,4 | EFSA |
| Hommes adultes | 1,7 | ANSES (RNP) et EFSA (PRI) |
| Femmes adultes | 1,6 | ANSES (RNP) et EFSA (PRI) |
| Femmes enceintes | 1,8 | ANSES, EFSA |
| Femmes allaitantes | 1,7 | ANSES, EFSA |
| VNR d'étiquetage (tous adultes) | 1,4 | Règlement UE n° 1169/2011 |
| Limite de sécurité adulte (compléments et aliments enrichis) | 12 (contre 25 avant 2023) | EFSA 2023 |
La révision de 2023 mérite une explication, parce qu'elle change la donne pour beaucoup de compléments vendus en France. Jusque-là, la limite de sécurité européenne était de 25 mg par jour, et des produits à 10, 20 ou 50 mg de B6 étaient courants. En réexaminant les cas publiés de neuropathie sous supplémentation, l'EFSA a constaté que des atteintes avaient été rapportées à des doses bien inférieures à ce qu'on pensait, et a fixé la nouvelle limite à 12 mg par jour pour l'adulte, grossesse et allaitement compris, avec des valeurs proportionnellement plus basses pour les enfants (de 2,2 mg entre 1 et 3 ans à 10,7 mg entre 15 et 17 ans). Cette limite s'applique au total des compléments et aliments enrichis, pas aux aliments naturels, qui n'ont jamais causé de surdosage.
Concrètement : un complexe B à 5 mg, un magnésium B6 à 2 mg et un multivitamines à 1,4 mg cumulés sont encore sous la limite ; un seul produit « haute dose » à 25 ou 50 mg la dépasse. Et les doses utilisées en médecine pour le syndrome prémenstruel (jusqu'à 100 mg) ou les nausées de grossesse (30 à 75 mg) sont des doses de médicament, prescrites pour une durée limitée : ce n'est pas une contradiction avec la limite, c'est sa raison d'être. Nous y revenons en section 6.
4. Les aliments riches en vitamine B6
| Aliment | Teneur (mg / 100 g) | Repère |
|---|---|---|
| Pistaches | 1,7 | Une poignée de 30 g apporte un tiers des besoins |
| Germe de blé, graines de tournesol | 1,1 à 1,3 | Une cuillère à soupe de germe de blé : environ 0,15 mg |
| Foie (veau, volaille, bœuf) | 0,8 à 1,0 | Une portion couvre la journée ; à limiter en grossesse (vitamine A) |
| Thon, saumon, maquereau, sardine | 0,5 à 1,0 | Une portion de 120 g de saumon apporte environ 0,9 mg |
| Volaille (blanc de poulet, dinde) | 0,5 à 0,8 | Une escalope de 120 g : 0,6 à 0,9 mg |
| Pruneaux, abricots secs | 0,5 à 0,7 | Les fruits secs concentrent la vitamine |
| Pois chiches, lentilles (cuits) | 0,2 à 0,5 | Une portion de 200 g de pois chiches : environ 0,9 mg |
| Banane | 0,4 | Le fruit frais le plus riche ; une banane moyenne couvre un quart des besoins |
| Pomme de terre (cuite avec la peau) | 0,3 | Source majeure en France par les quantités consommées |
| Avocat | 0,3 | Un demi-avocat : environ 0,2 mg |
Ordres de grandeur indicatifs d'après les tables de composition (Ciqual, USDA) ; les teneurs varient selon la variété, la fraîcheur et la cuisson.
Deux points pratiques. La B6 est sensible à la chaleur et passe dans l'eau de cuisson : les pertes atteignent 30 à 50 % pour les viandes et poissons cuits longtemps et pour les légumes bouillis, beaucoup moins à la vapeur ou pour les pommes de terre cuites avec la peau. Et la B6 d'origine végétale est en partie liée à un glucose (pyridoxine glucoside) que l'intestin humain absorbe mal : un régime strictement végétal apporte une B6 moins disponible, ce qui reste sans conséquence quand les apports sont variés, mais mérite attention chez les végétaliens âgés ou sous médicaments.
Un adulte français consomme en moyenne 1,5 à 2 mg de B6 par jour d'après les enquêtes alimentaires, soit autour de la référence : la carence franche par manque d'apports est rare en dehors des situations de précarité, d'alcoolisme ou de régimes très restrictifs. C'est en revanche le statut, mesuré par le P-5-P sanguin, qui est plus souvent insuffisant que l'apport ne le laisse penser, pour des raisons qui tiennent à l'inflammation, à l'âge et aux médicaments, comme l'explique la section suivante.
5. Carence en vitamine B6 : symptômes, diagnostic et personnes à risque
Le marqueur de référence est le pyridoxal-5-phosphate (PLP) plasmatique : en dessous de 20 nmol/L, la carence est établie ; entre 20 et 30 nmol/L, le statut est insuffisant ; au-dessus de 30 nmol/L (7,4 µg/L), il est adéquat pour tous les âges (Reddy, Am J Ther, 2021). Au-dessus de 100 nmol/L, on entre dans la zone où des effets neurotoxiques ont été observés. Un PLP bas chez une personne qui mange normalement doit faire chercher une inflammation, une insuffisance rénale ou un médicament avant de conclure à une carence alimentaire. L'interprétation revient au médecin, avec l'hémogramme, l'homocystéine et la CRP.
Qui manque de B6 ? Le premier facteur est l'alcool : apports pauvres, absorption réduite, et surtout l'acétaldéhyde, produit de dégradation de l'alcool, qui chasse le P-5-P de ses protéines porteuses et accélère sa destruction. C'est pourquoi la vitamine B6 fait partie, avec la B1 et la PP, de la supplémentation systématique du sevrage alcoolique : la B1 pour prévenir l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke, urgence neurologique, la B6 pour corriger un déficit presque constant et soutenir la synthèse du GABA que le sevrage met à mal, la PP pour la pellagre. Ces doses sont médicales et prescrites.
Viennent ensuite les médicaments qui se lient à la vitamine ou l'inactivent : l'isoniazide (tuberculose), dont la prescription s'accompagne systématiquement de B6, l'hydralazine, la pénicillamine, la cyclosérine, certains antiépileptiques, et de façon plus modeste la contraception orale œstroprogestative, qui abaisse le PLP sans provoquer de carence clinique chez les femmes bien nourries. Puis les situations de besoins accrus ou de pertes : insuffisance rénale et dialyse, maladie cœliaque et maladies inflammatoires de l'intestin, chirurgie bariatrique, grossesse, et l'âge, qui combine apports plus faibles et statut plus bas à apport égal. Enfin, comme détaillé en section 10, les maladies inflammatoires chroniques (polyarthrite, maladies cardiovasculaires, diabète, obésité) s'accompagnent d'un PLP bas qui traduit une mobilisation de la vitamine vers les sites d'inflammation plus qu'un manque d'apport.
6. Surdosage : quand la vitamine B6 abîme les nerfs
L'histoire commence en 1983, quand une équipe américaine décrit sept patients qui, après avoir pris 2 à 6 g de pyridoxine par jour pendant des mois, ont perdu le sens de la position de leurs membres au point de ne plus pouvoir marcher dans le noir. Depuis, des centaines de cas ont été publiés, à des doses de plus en plus basses à mesure que l'usage des compléments se répandait et que les médecins apprenaient à y penser. Le tableau est toujours le même : une neuropathie sensitive, symétrique, qui commence aux pieds et aux mains, avec fourmillements, engourdissements, sensation de brûlure ou de décharge, perte de la sensibilité vibratoire et du sens de la position, d'où une démarche instable. La force musculaire est en général préservée : ce sont les nerfs sensitifs qui trinquent.
Des concentrations élevées de vitamine B6, qui résultent en général de la prise de compléments, peuvent entraîner une neuropathie principalement, sinon exclusivement, sensitive et de type axonal. Après l'arrêt de la pyridoxine, les patients rapportent une amélioration de leurs symptômes. À l'inverse, si des taux bas de B6 sont retrouvés dans des neuropathies de causes variées, il n'existe pas de preuve solide d'un lien causal direct, et aucune donnée ne soutient la B6 seule comme traitement d'une neuropathie. Les données actuelles établissent un rôle neurotoxique de la B6 à forte concentration.
Muhamad R, Akrivaki A, Papagiannopoulou G, Zavridis P, Zis P. Nutrients 2023;15(13):2823. DOI : 10.3390/nu15132823
Le mécanisme, et pourquoi la forme compte. Pendant longtemps, on a trouvé paradoxal qu'une vitamine indispensable aux nerfs puisse les détruire. L'explication la plus solide aujourd'hui tient à la pyridoxine elle-même, pas au P-5-P. Pour devenir active, la pyridoxine doit être phosphorylée par la pyridoxal kinase. À forte concentration, elle sature puis inhibe cette enzyme : les tissus se retrouvent inondés de pyridoxine inactive et appauvris en P-5-P actif, ce qui perturbe notamment la synthèse du GABA dans les neurones sensitifs périphériques, que la pyridoxine atteint facilement alors qu'elle franchit mal la barrière du cerveau. La neuropathie d'excès serait donc, au niveau cellulaire, une carence fonctionnelle en forme active (Hadtstein et Vrolijk, Adv Nutr, 2021). Cela explique pourquoi les signes d'excès et de carence se ressemblent, et pourquoi, en laboratoire, le P-5-P se montre nettement moins toxique pour les neurones que la pyridoxine à concentration égale (Reddy, Am J Ther, 2021).
À partir de quelle dose ? Le risque est certain et rapide au-delà de 500 mg par jour. Il est bien documenté entre 100 et 200 mg pris pendant des mois ou des années, et des cas existent à 50 mg par jour au long cours. Ce qui a conduit l'EFSA à réviser sa limite, c'est l'accumulation de cas à des doses encore plus basses, souvent par cumul de plusieurs produits : un multivitamines, un magnésium B6, une boisson énergisante enrichie. Le cas le plus frappant est celui d'un homme de 73 ans souffrant depuis trois ans d'une neuropathie progressive, dont le PLP atteignait 260 nmol/L (normale 20 à 125) alors qu'il ne prenait, selon ses dires, qu'un multivitamines quotidien apportant 6 mg de B6, soit la moitié de la limite actuelle (Paluszny, Cureus, 2023). Un cas isolé ne fait pas une règle, et une susceptibilité individuelle (âge, fonction rénale, variants génétiques de la pyridoxal kinase) est probable, mais il rappelle que la marge entre dose utile et dose toxique est plus étroite qu'on ne le croyait. En Australie, l'agence du médicament a rendu obligatoire en 2022 un avertissement sur tout complément apportant plus de 10 mg de B6 par jour.
Il n'y a pas d'antidote. La seule mesure efficace est d'arrêter toutes les sources : complexes B, multivitamines, magnésium B6, boissons et barres enrichies, certains produits « énergie » ou « cheveux ». Faites l'inventaire, les étiquettes réservent des surprises.
Le corps fait le reste, mais lentement. La B6 est hydrosoluble et s'élimine par les urines, mais le P-5-P est lié aux protéines et stocké dans les muscles, et sa demi-vie se compte en semaines. Le taux sanguin redescend en quelques semaines ; les symptômes nerveux, eux, mettent souvent plusieurs mois à régresser et peuvent d'abord s'aggraver transitoirement après l'arrêt (phénomène de « coasting »). La récupération est la règle, mais elle est d'autant plus complète que l'arrêt a été précoce.
Consultez si des fourmillements, une perte de sensibilité ou une instabilité apparaissent sous supplément : le médecin dosera le PLP plasmatique, éliminera les autres causes de neuropathie (diabète, carence en B12, alcool, thyroïde) et décidera d'un avis neurologique. Ne reprenez aucune B6 sans son accord.
7. Magnésium et vitamine B6 : ce que vaut vraiment le couple
« Magnésium B6 » est une association si installée en France qu'on oublie de se demander pourquoi. La logique est double. Le P-5-P participerait au transport du magnésium à travers la membrane cellulaire, ce qui améliorerait sa rétention dans les tissus à apport égal. Et les deux nutriments convergent sur le système nerveux : le magnésium freine l'excitabilité des neurones en bloquant les récepteurs du glutamate, la B6 fabrique le GABA, qui fait la même chose par une autre voie. Sur le papier, le couple est cohérent. Que disent les essais ?
Chez des adultes en bonne santé présentant un stress élevé et un magnésium sérique bas, huit semaines de magnésium 300 mg associé à 30 mg de vitamine B6 ont réduit le score de stress de 44,9 %, contre 42,4 % pour le magnésium seul : aucune différence significative sur l'ensemble du groupe. Chez les participants présentant un stress sévère ou extrêmement sévère, en revanche, l'association a apporté une amélioration supérieure de 24 % à celle du magnésium seul. L'analyse secondaire a retrouvé une amélioration de l'anxiété et des symptômes dépressifs dans les deux bras, surtout pendant les quatre premières semaines.
Pouteau E, Kabir-Ahmadi M, Noah L, et al. PLoS One 2018;13(12):e0208454. DOI : 10.1371/journal.pone.0208454 ; Noah L, Dye L, Bois De Fer B, et al. Stress Health 2021;37(5):1000-1009. DOI : 10.1002/smi.3051
Trois remarques pour lire ces résultats honnêtement. L'essai a été financé par un fabricant de magnésium B6, ce qui n'invalide pas le résultat mais incite à la prudence. L'effet principal, la baisse de stress de plus de 40 %, est obtenu par le magnésium seul chez des personnes dont le magnésium sanguin était bas : c'est lui le moteur, la B6 est un appoint chez les plus stressés. Et la dose de B6 utilisée, 30 mg par jour, est une dose médicale, au-dessus de la limite de sécurité des compléments, acceptable sur huit semaines sous surveillance, pas au long cours. Une revue systématique chez la femme aboutit à la même conclusion : l'association magnésium et B6 réduit l'anxiété prémenstruelle là où chacun pris isolément n'a pas d'effet démontré (McCabe, JBI, 2017).
En pratique, si vous êtes stressé, fatigué, sujet aux crampes ou aux paupières qui sautent, c'est d'abord de magnésium bien absorbé que vous avez besoin, idéalement sous forme de bisglycinate, et la B6 l'accompagne utilement à dose modérée. Notre Magnésium+ associe un bisglycinate microencapsulé, du malate de magnésium et de la taurine à 2 mg de vitamine B6 par jour, une dose nutritionnelle compatible avec une prise à l'année et avec un complexe B. Pour le détail des formes de magnésium, lisez notre comparatif dans le guide de la fatigue chronique.
Le Complexe Vitamines B apporte chaque jour 5 mg de pyridoxal-5-phosphate, la forme active de la B6, bien en dessous de la limite de sécurité, avec la B12 en méthylcobalamine, la B9 Quatrefolic® et les cinq autres vitamines du groupe. Une gélule végétale le matin, sans allergène, fabriquée en France.
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8. Vitamine B6 et syndrome prémenstruel
Le syndrome prémenstruel touche, à des degrés divers, près d'une femme sur deux en âge de procréer : irritabilité, humeur basse, anxiété, tension mammaire, ballonnements, fatigue, dans la semaine qui précède les règles. La B6 y est utilisée depuis les années 1970, sur une hypothèse plausible : le P-5-P fabrique la sérotonine et le GABA, dont les fluctuations suivent celles de la progestérone, et module les récepteurs aux hormones stéroïdes. La preuve a mis du temps à venir, et elle reste de qualité moyenne, mais elle est cohérente.
Par rapport au placebo, la vitamine B6 a multiplié par 2,32 les chances d'amélioration de l'ensemble des symptômes prémenstruels (intervalle de confiance 1,95 à 2,54) et par 1,69 celles des symptômes dépressifs prémenstruels, sur quatre essais totalisant 541 patientes. Les conclusions sont limitées par la faible qualité de la plupart des essais, mais les résultats suggèrent que des doses jusqu'à 100 mg par jour sont susceptibles d'être bénéfiques.
Wyatt KM, Dimmock PW, Jones PW, Shaughn O'Brien PM. BMJ 1999;318(7195):1375-1381. DOI : 10.1136/bmj.318.7195.1375
Vingt-cinq ans plus tard, la revue systématique la plus complète sur les interventions nutritionnelles dans le syndrome prémenstruel, portant sur 31 essais randomisés et 3 254 femmes, aboutit à la même place pour la B6 : avec le calcium et le zinc, elle fait partie des trois nutriments dont l'effet sur les symptômes psychologiques est constant d'un essai à l'autre, là où le magnésium seul, la vitamine D, les isoflavones ou les multivitamines n'ont pas fait leurs preuves (Robinson, Nutr Rev, 2025). Les auteurs soulignent qu'un seul essai était à faible risque de biais : le niveau de preuve est « probable », pas « établi ».
Comment l'utiliser, alors ? Les essais positifs ont employé 50 à 100 mg par jour, en continu ou pendant la seconde moitié du cycle. Ce sont des doses de prescription, à prendre sous contrôle, en surveillant l'apparition de fourmillements, et sans cumul avec d'autres sources. À dose nutritionnelle, un apport régulier de B6 dans le cadre d'un complexe B, associé au magnésium et au calcium, soutient les fonctions psychologiques et l'équilibre hormonal au sens des allégations, sans prétendre traiter un syndrome. Pour le confort du cycle, notre formule Endométrine mise sur une autre voie, celle des extraits végétaux (gattilier, safran Safr'Inside®, gingembre, curcuma) associés au zinc et au sélénium ; elle se complète d'un apport en vitamines B et en magnésium, et d'un avis gynécologique si les symptômes perturbent la vie quotidienne.
9. Vitamine B6 et nausées de grossesse
Plus de deux femmes enceintes sur trois ont des nausées au premier trimestre, souvent dès la sixième semaine et jusqu'à la seizième ; une sur deux vomit. La vitamine B6 est étudiée dans cette indication depuis les années 1940 et reste, avec le gingembre, le premier traitement proposé quand les mesures simples (fractionner les repas, éviter les odeurs, manger avant de se lever) ne suffisent pas. En France comme dans la plupart des pays, l'association de la pyridoxine à un antihistaminique, la doxylamine, est disponible sur prescription.
Sur 41 essais et 5 449 femmes, la revue Cochrane juge les preuves limitées mais en faveur de la vitamine B6 et de l'association doxylamine-pyridoxine pour soulager les nausées et vomissements légers à modérés, en soulignant le manque d'essais de haute qualité pour toutes les interventions étudiées. L'évaluation systématique du NHS britannique conclut que la vitamine B6 fait mieux que le placebo de la forme légère à la forme sévère, que le gingembre et les antihistaminiques sont efficaces dans les formes légères, et que l'association doxylamine-pyridoxine est plus efficace que le placebo.
Matthews A, Haas DM, O'Mathúna DP, Dowswell T. Cochrane Database Syst Rev 2015;9:CD007575. DOI : 10.1002/14651858.CD007575.pub4 ; O'Donnell A, McParlin C, Robson SC, et al. Health Technol Assess 2016;20(74):1-268. DOI : 10.3310/hta20740
Les protocoles médicaux utilisent 10 à 25 mg de pyridoxine trois à quatre fois par jour, soit 30 à 100 mg quotidiens, pendant quelques semaines. Ces doses dépassent la limite de sécurité des compléments, mais la balance est différente : la durée est courte, le bénéfice est réel pour une femme qui ne parvient plus à s'alimenter, et le recul de sécurité pour l'enfant, sur des décennies d'usage, est rassurant. Un seul cas de tremblements chez un nouveau-né a été rapporté après une supplémentation maternelle à très forte dose pendant la grossesse et l'allaitement, résolu à l'arrêt : la dose compte, là aussi. Le message est donc simple : oui à la B6 contre les nausées, mais prescrite, dosée et limitée dans le temps par votre médecin ou votre sage-femme, pas en empilant des compléments. Et une fois les nausées passées, les besoins de la grossesse (1,8 mg par jour) sont couverts par l'alimentation et, si besoin, une formule prénatale à dose nutritionnelle. Pour les autres nutriments clés de cette période, lisez notre guide de l'acide folique.
10. Homocystéine, humeur, immunité, inflammation
L'homocystéine a deux sorties possibles. La première la recycle en méthionine et dépend des folates et de la vitamine B12. La seconde la dégrade définitivement en cystéine, puis en glutathion et en taurine, par deux enzymes qui dépendent toutes deux du P-5-P : c'est la voie de la transsulfuration. Quand la B6 manque, cette voie ralentit et l'homocystéine monte, surtout après un repas riche en protéines. Dans les essais cardiovasculaires, la B6 a toujours été associée aux folates et à la B12 ; sa contribution propre à la baisse de l'homocystéine est modeste à jeun, plus nette après charge en méthionine, et son effet clinique isolé n'est pas démontré. Pour comprendre ce que les essais sur les vitamines B et les AVC ont montré, lisez notre guide de l'acide folique.
De nombreuses maladies inflammatoires sont associées à des concentrations basses de pyridoxal-5-phosphate plasmatique, sans qu'il y ait d'apport alimentaire plus faible, de catabolisme excessif de la vitamine ni de défaut congénital de son métabolisme. L'association inverse entre PLP et inflammation résulterait de la mobilisation de cette coenzyme vers les sites d'inflammation, pour les enzymes de la voie de la kynurénine (dégradation du tryptophane), le métabolisme des sphingolipides immunomodulateurs et la prolifération des cellules immunitaires.
Paul L, Ueland PM, Selhub J. Nutr Rev 2013;71(4):239-244. DOI : 10.1111/nure.12014
Cette observation change la lecture d'un P-5-P bas. Chez une personne atteinte de polyarthrite rhumatoïde, de maladie inflammatoire de l'intestin, de diabète, d'obésité ou de maladie cardiovasculaire, un PLP sous le seuil ne signifie pas forcément qu'elle mange mal : il signifie que la vitamine est consommée par l'inflammation. Les conséquences pratiques sont doubles. Ces patients ont probablement des besoins un peu supérieurs, et un apport modéré est raisonnable. Mais aucun essai n'a montré que de fortes doses de B6 réduisent l'inflammation elle-même : le marqueur suit la maladie, il ne la cause pas.
Le même raisonnement vaut pour l'humeur et l'immunité. La B6 est indispensable à la synthèse de la sérotonine, de la dopamine et du GABA, et les personnes carencées sont plus souvent irritables ou déprimées ; la corriger améliore ces symptômes. Chez les femmes âgées, la B6 seule a réduit l'anxiété dans une revue systématique (McCabe, 2017), là où les folates et la B12 ne l'ont pas fait. Mais chez une personne au statut normal, ajouter de la B6 ne fabrique pas plus de sérotonine : les enzymes sont déjà saturées. Côté immunité, la carence réduit le nombre de lymphocytes et la production d'anticorps, et le P-5-P alimente la prolifération des cellules immunitaires ; la corriger restaure ces fonctions, la dépasser n'apporte rien. La B6 est une condition nécessaire, pas un accélérateur.
11. Pyridoxine ou pyridoxal-5-phosphate : quelle forme choisir ?
| Critère | Pyridoxine (chlorhydrate) | Pyridoxal-5-phosphate (P-5-P) |
|---|---|---|
| Nature | Précurseur synthétique, stable, bon marché | Coenzyme active, plus chère, sensible à la lumière |
| Activation | Doit être phosphorylée (pyridoxal kinase) puis oxydée dans le foie | Déphosphorylée dans l'intestin, absorbée en pyridoxal, rephosphorylée dans les cellules ; court-circuite l'oxydase hépatique |
| Efficacité à dose nutritionnelle | Élève le PLP plasmatique de façon fiable | Élève le PLP plasmatique au moins aussi bien ; pas de supériorité démontrée à dose égale |
| Sécurité à forte dose | Inhibe la pyridoxal kinase ; forme impliquée dans les neuropathies publiées | N'inhibe pas la pyridoxal kinase ; moins toxique pour les neurones in vitro ; recul clinique à forte dose plus limité |
| Situations où la différence compte | Médicaments à dose élevée et courte (nausées, isoniazide), où le coût et la stabilité priment | Complément au long cours, foie fragile, insuffisance rénale, personne âgée, variants de la pyridoxal kinase |
Il faut être honnête sur un point : à 2 ou 5 mg par jour, le risque de neuropathie est nul avec l'une comme avec l'autre, et personne n'a besoin de changer un médicament prescrit en pyridoxine pour du P-5-P. L'argument en faveur de la forme active n'est pas qu'elle « marche mieux », aucune étude ne le montre à dose égale, mais qu'elle évite le mécanisme même par lequel la pyridoxine devient toxique quand elle s'accumule : elle n'encombre pas la pyridoxal kinase et ne crée pas de carence fonctionnelle en forme active (Hadtstein et Vrolijk, 2021 ; Reddy, 2021). Pour un complexe de vitamines B pris tous les jours, pendant des mois, par des personnes dont on ne connaît ni la fonction hépatique ni les autres compléments, c'est une marge de sécurité qui se justifie. C'est la raison pour laquelle notre Complexe Vitamines B utilise le P-5-P, à 5 mg, et non la pyridoxine à 10 ou 20 mg comme beaucoup de complexes du marché.
Un mot sur les étiquettes : « vitamine B6 (chlorhydrate de pyridoxine) » et « vitamine B6 (pyridoxal-5-phosphate) » sont les deux mentions réglementaires autorisées. Un produit qui écrit simplement « vitamine B6 » sans préciser utilise presque toujours la pyridoxine. Vérifiez aussi la quantité exprimée en vitamine B6 élémentaire et non en sel : 10 mg de chlorhydrate de pyridoxine apportent environ 8 mg de B6, et 10 mg de P-5-P monohydrate environ 6,5 mg.
12. Interactions et précautions
Lévodopa (maladie de Parkinson) : la B6 accélère sa transformation en dopamine avant qu'elle n'atteigne le cerveau et en réduit l'efficacité. L'interaction ne concerne que la lévodopa seule ; les associations avec la carbidopa ou le bensérazide, qui sont la règle aujourd'hui, la neutralisent. Dans le doute, pas de B6 sans l'avis du neurologue.
Isoniazide, pénicillamine, hydralazine, cyclosérine : ces médicaments se lient à la B6 ou l'inactivent, et exposent à une neuropathie de carence. Leur prescription s'accompagne en général d'une supplémentation décidée par le médecin, qu'il ne faut ni doubler ni interrompre seul.
Antiépileptiques (phénytoïne, phénobarbital) : de fortes doses de B6 peuvent abaisser leurs concentrations sanguines et réduire le contrôle des crises. Dose nutritionnelle sans problème ; dose élevée uniquement avec le neurologue.
Contraception orale œstroprogestative : abaisse le P-5-P sans carence clinique chez les femmes bien nourries ; un apport modéré est raisonnable, une forte dose ne se justifie pas.
Amiodarone : une forte supplémentation en B6 majore la photosensibilité induite par ce médicament. Altrétamine (chimiothérapie) : la B6 peut réduire son efficacité ; à signaler à l'oncologue.
Précautions. La vitamine B6 à dose nutritionnelle est compatible avec la grossesse et l'allaitement, dont elle couvre les besoins accrus ; les doses médicales contre les nausées sont prescrites et limitées dans le temps. En cas de neuropathie existante (diabète, chimiothérapie, alcool), le médecin dosera le PLP avant toute supplémentation : un déficit se corrige, mais un excès aggraverait les symptômes. L'insuffisance rénale modifie l'élimination de la vitamine et justifie un suivi. Les effets indésirables à dose nutritionnelle sont exceptionnels (nausées légères, rares réactions cutanées) ; l'urine colorée en jaune vif n'est pas un signe d'alerte, c'est la riboflavine du complexe. Respectez la dose journalière indiquée, tenez les compléments hors de portée des enfants, et ne les utilisez pas comme substituts d'une alimentation variée et équilibrée.
13. Bien choisir : B6 seule, complexe B ou magnésium B6 ?
La B6 ne travaille jamais seule. Sa conversion en P-5-P dépend de la vitamine B2 ; son action sur l'homocystéine complète celle des folates et de la B12 ; son rôle dans l'énergie s'inscrit dans le cycle des huit vitamines du groupe. Une B6 isolée à forte dose est à la fois la configuration la moins utile (les autres vitamines manquent) et la plus risquée (la neuropathie). À l'inverse, un complexe B à doses nutritionnelles couvre le groupe entier, et la B6 y est naturellement plafonnée. Quelques critères de choix, valables pour tous les produits :
- La dose de B6 par jour, en milligrammes : 2 à 5 mg suffisent largement pour un apport quotidien ; méfiez-vous des produits à 10, 25 ou 50 mg « pour l'énergie », qui dépassent ou frôlent la limite de 12 mg à eux seuls.
- La forme nommée : pyridoxal-5-phosphate plutôt que chlorhydrate de pyridoxine pour une prise au long cours, et une mention explicite sur l'étiquette plutôt qu'un vague « vitamine B6 ».
- Le total de toutes vos sources : additionnez complexe B, multivitamines, magnésium B6, boissons enrichies. Sous 12 mg, vous êtes dans la zone de sécurité européenne.
- La présence des autres vitamines B, en particulier la B2, la B9 et la B12, si vous visez l'énergie, l'homocystéine ou le système nerveux.
- Une gélule propre : enveloppe végétale, sans dioxyde de titane ni colorant, fabrication traçable.
Pyridoxal-5-phosphate (5 mg), méthylcobalamine, Quatrefolic®, riboflavine : le Complexe Vitamines B apporte chaque jour les huit vitamines du groupe en formes actives, à des doses nutritionnelles, sans allergène ni dioxyde de titane. Trente gélules, une par jour au petit-déjeuner.
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Votre besoin premier est un magnésium bien absorbé : 300 mg de magnésium élément sous forme de bisglycinate, pris le soir, ont réduit le stress de plus de 40 % chez des adultes dont le magnésium sanguin était bas. La B6 y ajoute un bénéfice chez les plus stressés, à dose modérée. Notre Magnésium+ associe bisglycinate microencapsulé, malate, taurine et 2 mg de B6 ; le Complexe Vitamines B complète avec les huit vitamines B en formes actives. Le total de B6 reste à 7 mg, sous la limite. Si la fatigue persiste au-delà d'un mois, une prise de sang (hémogramme, ferritine, B12, vitamine D, thyroïde) fera le tri.
La B6 fait partie des trois nutriments dont l'effet sur les symptômes psychologiques du syndrome prémenstruel est constant dans les essais, avec le calcium et le zinc. Les doses étudiées (50 à 100 mg par jour) dépassent la limite de sécurité des compléments : parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme, qui pourra les prescrire en cure limitée et surveiller l'absence de fourmillements. En parallèle, un apport quotidien modéré en vitamines B et en magnésium soutient l'équilibre nerveux, et notre formule Endométrine accompagne le confort du cycle par les plantes (gattilier, safran, gingembre) et le zinc. Si les symptômes perturbent votre vie quotidienne, un avis gynécologique s'impose.
La vitamine B6 est le traitement de première intention des nausées légères à modérées du début de grossesse, seule ou associée à la doxylamine, avec un recul de sécurité important pour le bébé. Les doses utilisées (10 à 25 mg trois à quatre fois par jour) sont prescrites par le médecin ou la sage-femme, pour quelques semaines, après avoir écarté une forme sévère. N'empilez pas les compléments pour y parvenir : un seul produit prescrit, dosé, limité dans le temps. Une fois les nausées passées, une formule prénatale à dose nutritionnelle couvre les besoins, et notre guide de l'acide folique détaille l'autre vitamine B clé de cette période.
Des fourmillements, engourdissements ou une instabilité sous supplément contenant de la B6 doivent faire penser à un excès, surtout si vous cumulez plusieurs produits ou si l'un d'eux dépasse 10 mg par jour. Arrêtez toutes les sources (complexe B, multivitamines, magnésium B6, boissons enrichies), faites l'inventaire des étiquettes, et consultez pour un dosage du pyridoxal-5-phosphate plasmatique et la recherche des autres causes de neuropathie (diabète, B12, alcool, thyroïde). Les symptômes peuvent s'aggraver quelques semaines après l'arrêt avant de régresser ; la récupération prend des mois mais elle est la règle. Ne reprenez aucune B6 sans l'accord du médecin.
Ce test oriente, il ne remplace pas un bilan sanguin ni l'avis d'un professionnel de santé.
Questions fréquentes sur la vitamine B6
À quoi sert la vitamine B6 ?
La vitamine B6 est le cofacteur de plus de 140 enzymes, surtout dans le métabolisme des acides aminés et la fabrication des neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine, GABA). Selon les allégations autorisées par l'EFSA, elle contribue au métabolisme énergétique normal, au fonctionnement normal du système nerveux, au métabolisme normal de l'homocystéine, des protéines et du glycogène, à des fonctions psychologiques normales, à la formation normale des globules rouges, au fonctionnement normal du système immunitaire, à la réduction de la fatigue et à la régulation de l'activité hormonale.
Où trouver la vitamine B6 dans l'alimentation ?
Les meilleures sources sont le foie, les poissons gras (thon, saumon, maquereau), la volaille, les pistaches, les graines de tournesol, le germe de blé, les pommes de terre, les bananes, les avocats, les pois chiches et les lentilles. La vitamine B6 des aliments d'origine animale est mieux absorbée que celle des végétaux, en partie liée à un sucre. Une alimentation variée couvre sans difficulté les 1,6 à 1,7 mg quotidiens d'un adulte.
Quel est le fruit le plus riche en vitamine B6 ?
Parmi les fruits frais, la banane arrive en tête avec environ 0,4 mg pour 100 g, soit un quart des besoins quotidiens pour une banane moyenne, suivie de l'avocat (0,3 mg). Les fruits secs concentrent davantage la vitamine : les pruneaux atteignent 0,7 mg pour 100 g. Les fruits à coque font mieux encore, notamment les pistaches (1,7 mg pour 100 g) et les noisettes.
Combien de vitamine B6 par jour ?
La référence nutritionnelle est de 1,7 mg par jour pour un homme et 1,6 mg pour une femme (ANSES), 1,8 mg pendant la grossesse et 1,7 mg pendant l'allaitement. La valeur nutritionnelle de référence des étiquettes est de 1,4 mg. La limite de sécurité fixée par l'EFSA en 2023 est de 12 mg par jour chez l'adulte, toutes sources de compléments confondues, contre 25 mg auparavant. Les doses plus élevées parfois utilisées pour le syndrome prémenstruel ou les nausées de grossesse relèvent d'une prescription médicale.
Quels sont les symptômes d'un manque de vitamine B6 ?
La carence se manifeste par une dermatite séborrhéique autour du nez et de la bouche, des lèvres gercées et une langue douloureuse, une anémie à petits globules rouges qui ne répond pas au fer, une fatigue, une irritabilité ou une humeur dépressive, des troubles de la concentration, une baisse des défenses immunitaires et, dans les cas sévères, des convulsions. Le diagnostic repose sur le dosage du pyridoxal-5-phosphate plasmatique, dont une valeur inférieure à 20 nmol/L signe la carence et une valeur supérieure à 30 nmol/L un statut adéquat.
Quels sont les symptômes d'un excès de vitamine B6 ?
L'excès de vitamine B6, presque toujours dû aux compléments, provoque une neuropathie sensitive : fourmillements et engourdissements des pieds et des mains, sensation de brûlure, perte de la sensibilité, troubles de l'équilibre et de la coordination. Paradoxalement, ces signes ressemblent à ceux de la carence. Ils apparaissent classiquement avec des doses de plusieurs centaines de milligrammes par jour pendant des mois, mais des cas ont été décrits avec 50 mg, voire moins, sur de longues durées. Ils régressent le plus souvent après l'arrêt, en quelques semaines à quelques mois.
Comment éliminer un excès de vitamine B6 ?
Il n'existe pas d'antidote : la seule mesure est d'arrêter tous les compléments qui en contiennent (complexes B, multivitamines, magnésium B6, boissons énergisantes enrichies) et de laisser l'organisme l'éliminer. La vitamine B6 est hydrosoluble mais sa forme active s'accumule dans les tissus et sa demi-vie est longue ; le taux sanguin redescend en plusieurs semaines et les symptômes nerveux peuvent mettre des mois à régresser. Un dosage du pyridoxal-5-phosphate et un avis neurologique sont recommandés si des fourmillements persistent.
Pourquoi prescrit-on les vitamines B1 et B6 lors d'un sevrage alcoolique ?
L'alcool entraîne une carence quasi constante en vitamines du groupe B, par des apports pauvres, une absorption réduite et une dégradation accélérée. La vitamine B1 (thiamine) est donnée en priorité pour prévenir l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke, une urgence neurologique. La vitamine B6 corrige un déficit fréquent, participe à la synthèse du GABA, le neurotransmetteur calmant que le sevrage met à mal, et contribue à corriger l'anémie et la neuropathie associées à l'alcool. La vitamine PP (B3) complète souvent ce trio, sur prescription et à doses médicales.
Magnésium et vitamine B6 : pourquoi les associer ?
La vitamine B6 favorise l'entrée du magnésium dans les cellules et les deux agissent sur le système nerveux. Dans un essai randomisé mené chez 264 adultes stressés avec un magnésium sanguin bas, l'association magnésium 300 mg et B6 30 mg n'a pas fait mieux que le magnésium seul sur l'ensemble du groupe, mais a apporté 24 % d'amélioration supplémentaire chez les personnes les plus stressées (Pouteau, 2018). L'association est donc utile pour les stressés sévères, pas indispensable pour les autres, et la dose de B6 d'un complément au long cours doit rester modérée.
La vitamine B6 est-elle efficace contre le syndrome prémenstruel ?
Les données vont dans ce sens. Une revue de neuf essais totalisant 940 femmes a trouvé que la vitamine B6, à des doses allant jusqu'à 100 mg par jour, multipliait par 2,3 les chances d'amélioration des symptômes prémenstruels et par 1,7 celles des symptômes dépressifs, malgré des essais de qualité modeste (Wyatt, BMJ, 1999). Une revue systématique de 2025 portant sur 31 essais confirme un effet constant de la B6, du calcium et du zinc sur les symptômes psychologiques du syndrome prémenstruel. Les doses utilisées dépassant la limite de sécurité de 12 mg, elles relèvent d'un avis médical.
La vitamine B6 aide-t-elle contre les nausées de grossesse ?
Oui, c'est l'un des traitements de première intention des nausées légères à modérées du début de grossesse, seule ou associée à la doxylamine dans une spécialité disponible sur prescription. La revue Cochrane de 2015 et l'évaluation britannique de 2016 la jugent supérieure au placebo, avec un recul de sécurité important. Les doses utilisées (10 à 25 mg plusieurs fois par jour) dépassent la limite de sécurité applicable aux compléments alimentaires : elles sont prescrites et encadrées par le médecin ou la sage-femme, pour une durée limitée.
Pyridoxine ou pyridoxal-5-phosphate (P-5-P) : quelle forme choisir ?
La pyridoxine est la forme la plus courante et la moins chère ; elle doit être transformée par le foie en pyridoxal-5-phosphate (P-5-P), la forme active. Le P-5-P est directement utilisable et, contrairement à la pyridoxine, n'inhibe pas l'enzyme qui active la vitamine, mécanisme soupçonné d'expliquer la neurotoxicité des fortes doses de pyridoxine. À dose nutritionnelle (quelques milligrammes par jour), les deux formes sont efficaces et sûres ; l'intérêt du P-5-P tient surtout à ce profil de sécurité et aux situations où la conversion hépatique est altérée.
Quelles sont les contre-indications et interactions de la vitamine B6 ?
La vitamine B6 diminue l'efficacité de la lévodopa prise seule dans la maladie de Parkinson (pas lorsqu'elle est associée à la carbidopa ou au bensérazide). À fortes doses, elle peut abaisser les concentrations de certains antiépileptiques (phénytoïne, phénobarbital). À l'inverse, l'isoniazide, la pénicillamine, l'hydralazine et la contraception orale abaissent la vitamine B6. L'amiodarone expose à une photosensibilité accrue en cas de forte supplémentation. Dans tous ces cas, et en cas de grossesse, d'allaitement ou de neuropathie existante, demandez l'avis de votre médecin ou pharmacien.
- Vitamine B6
- Nom collectif de six molécules apparentées (pyridoxine, pyridoxal, pyridoxamine et leurs formes phosphorylées), hydrosolubles, convertibles les unes en les autres.
- Pyridoxine
- Forme alcool de la vitamine B6, la plus stable et la plus utilisée dans les compléments et les médicaments, en général sous forme de chlorhydrate. Doit être activée par le foie.
- Pyridoxal-5-phosphate (P-5-P ou PLP)
- Forme active de la vitamine B6, coenzyme de plus de 140 réactions. Son dosage dans le plasma est le marqueur de référence du statut en B6.
- Pyridoxal kinase
- Enzyme qui ajoute un phosphate aux formes de la vitamine B6 pour les activer. Saturée puis inhibée par un excès de pyridoxine, elle est au centre du mécanisme de neurotoxicité.
- Neuropathie sensitive
- Atteinte des nerfs périphériques sensitifs : fourmillements, engourdissements, douleurs, perte de la sensibilité et du sens de la position, troubles de l'équilibre. Signe à la fois de carence et d'excès en B6.
- Limite supérieure de sécurité (UL)
- Apport quotidien maximal au-delà duquel un risque d'effet indésirable ne peut être exclu, fixé par l'EFSA. Pour la vitamine B6 : 12 mg par jour chez l'adulte depuis 2023, toutes sources de compléments confondues.
- GABA
- Acide gamma-aminobutyrique, principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux, fabriqué à partir du glutamate par une enzyme dépendante du P-5-P.
- Transsulfuration
- Voie métabolique qui dégrade l'homocystéine en cystéine grâce à deux enzymes dépendantes de la vitamine B6, complémentaire de la voie de reméthylation qui dépend des folates et de la B12.
- Wyatt KM, Dimmock PW, Jones PW, Shaughn O'Brien PM. Efficacy of vitamin B-6 in the treatment of premenstrual syndrome: systematic review. BMJ. 1999;318(7195):1375-1381. doi:10.1136/bmj.318.7195.1375
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