Le gingembre est vendu comme « anti-inflammatoire naturel », et l'arthrose est l'endroit où cette promesse est mise à l'épreuve : une maladie fréquente, chronique, douloureuse, où les patients cherchent à limiter les anti-inflammatoires médicamenteux. Le gingembre y a été testé sérieusement, contre placebo, et une fois contre l'ibuprofène.
Le résultat tient en trois phrases que cet article développe. Il y a un effet, et il est petit. Il s'accompagne de troubles digestifs qui font abandonner deux fois plus de patients. Et dans la seule comparaison directe, l'ibuprofène gagne. Nous vendons du gingembre. Nous allons quand même vous dire cela, parce que la personne qui a mal au genou mérite une réponse exacte plutôt qu'une réponse flatteuse.
L'effet. Une méta-analyse de cinq essais contre placebo et 593 patients retrouve une réduction de la douleur avec une taille d'effet de 0,30, et de l'incapacité avec 0,22. C'est significatif, homogène, et petit. Le meilleur essai, 261 patients avec arthrose du genou sur six semaines, donne 63 % de répondeurs contre 50 % sous placebo, avec un extrait qui associait du galanga.
Le prix. Les patients sous gingembre arrêtent 2,3 fois plus souvent le traitement, pour troubles digestifs, légers mais réels. La comparaison. Face à l'ibuprofène, en essai croisé, le classement est ibuprofène, puis gingembre, puis placebo, et le gingembre ne se distingue pas du placebo sur l'ensemble. La ligne rouge. Articulation gonflée, chaude, raide plus de trente minutes le matin, douloureuse au repos : ce n'est probablement pas une arthrose, et cela se consulte.
- Arthrose ou arthrite : la distinction qui précède tout
- Ce que dit la méta-analyse, et ce que vaut 0,30
- Le meilleur essai, et son extrait qui n'est pas que du gingembre
- Face à l'ibuprofène : le classement
- Le prix à payer : les abandons digestifs
- Extrait ou poudre : ce que cela change ici
- Questions fréquentes
Arthrose ou arthrite : la distinction qui précède tout
Le mot « douleur articulaire » recouvre deux familles de maladies qui n'ont ni la même cause, ni la même prise en charge, ni le même degré d'urgence.
| Arthrose | Arthrite inflammatoire | |
|---|---|---|
| Mécanisme | Usure mécanique du cartilage | Attaque de l'articulation par le système immunitaire |
| Douleur | Augmente à l'effort, se calme au repos | Présente au repos, réveille souvent la nuit |
| Raideur matinale | Courte, moins de trente minutes | Prolongée, souvent plus d'une heure |
| Aspect | Peu ou pas de gonflement, pas de chaleur | Gonflement, chaleur, parfois rougeur |
| Articulations | Genoux, hanches, mains, colonne, souvent asymétrique | Petites articulations des mains et pieds, souvent symétrique |
| Ce que couvre cet article | Oui : tous les essais portent sur l'arthrose | Non : relève d'un rhumatologue |
Une arthrite inflammatoire non traitée détruit l'articulation en quelques mois ou années, et les traitements qui l'arrêtent existent. Le risque de ce sujet n'est pas que le gingembre fasse du mal ; c'est qu'il retarde le diagnostic d'une maladie qui se traite, en atténuant un peu une douleur qu'on aura cru arthrosique.
Gonflement, chaleur, raideur matinale prolongée, plusieurs articulations symétriques, douleur au repos ou nocturne, fièvre, fatigue : devant l'un de ces signes, la première étape est une consultation, pas un complément.
Ce que dit la méta-analyse, et ce que vaut 0,30
Une équipe danoise et internationale, publiant dans Osteoarthritis and Cartilage, a passé au crible 122 références pour n'en retenir que cinq essais randomisés contre placebo, totalisant 593 patients arthrosiques. C'est peu, mais ce sont les seuls qui tiennent méthodologiquement.
| Critère | Résultat | Lecture |
|---|---|---|
| Douleur | Taille d'effet 0,30, p = 0,005, hétérogénéité 27 % | Significatif, cohérent entre essais, petit |
| Incapacité fonctionnelle | Taille d'effet 0,22, p = 0,01, hétérogénéité 0 % | Significatif, parfaitement homogène, petit |
| Abandons pour effets indésirables | Risque relatif 2,33, p = 0,04 | Plus de deux fois plus d'arrêts sous gingembre |
| Qualité des preuves | Modérée | Peu de participants, analyses en intention de traiter inadéquates |
La taille d'effet standardisée permet de comparer des essais qui n'utilisent pas la même échelle. Par convention, 0,2 est petit, 0,5 est moyen, 0,8 est grand. À 0,30, le gingembre est fermement dans la zone des effets petits.
Concrètement : à l'échelle d'un groupe de patients, la douleur moyenne baisse un peu plus sous gingembre que sous placebo. À l'échelle d'une personne, l'effet peut être perceptible, ou ne pas l'être du tout. Les auteurs de la méta-analyse le disent avec le mot exact : le gingembre a été « modestement efficace ». Nous ne trouverons pas de mot plus flatteur, parce qu'il n'y en a pas de plus juste.
Le meilleur essai, et son extrait qui n'est pas que du gingembre
Le plus grand essai du dossier a été publié dans Arthritis & Rheumatism. 261 patients avec arthrose du genou et douleur modérée à sévère ont reçu, pendant six semaines, deux fois par jour, un extrait standardisé ou un placebo, le paracétamol étant autorisé en secours.
| Critère | Extrait | Placebo |
|---|---|---|
| Répondeurs, douleur debout réduite d'au moins 15 mm | 63 % | 50 % |
| Réduction de la douleur debout, sur 100 mm | 24,5 mm | 16,4 mm |
| Réduction de la douleur après 15 m de marche | 15,1 mm | 8,7 mm |
| Score fonctionnel composite | 12,9 mm | 9,0 mm, différence non significative |
| Qualité de vie | Inchangée | Inchangée |
| Effets digestifs | 59 patients | 21 patients |
Lisez la première ligne avec attention : la moitié des patients sous placebo ont eu une réduction cliniquement pertinente de leur douleur. C'est l'ordre de grandeur habituel de l'effet placebo dans l'arthrose, et c'est ce qui rend les 63 % du gingembre beaucoup moins spectaculaires qu'ils ne le paraissent isolément. L'écart réel est de 13 points, et la qualité de vie n'a pas bougé. Les auteurs qualifient l'effet de « modéré ».
L'extrait testé, nommé EV.EXT 77, était un extrait hautement concentré et standardisé de deux plantes : Zingiber officinale, le gingembre, et Alpinia galanga, le galanga, un rhizome de la même famille utilisé en cuisine thaïe.
Ce n'est donc pas un essai sur le gingembre au sens strict, et encore moins sur une poudre de rhizome. Son résultat s'applique à cet extrait précis, à cette concentration, avec cette association. Le transposer à une gélule de poudre de gingembre est un raccourci que le protocole ne permet pas.
Face à l'ibuprofène : le classement
La question que se pose une personne arthrosique n'est pas « le gingembre bat-il le placebo », c'est « le gingembre peut-il remplacer mon anti-inflammatoire ». Un essai a posé exactement cette question.
Chez des patients avec arthrose de hanche ou de genou, un essai croisé en double aveugle a comparé trois périodes de trois semaines chacune, dans un ordre aléatoire : extrait de gingembre, ibuprofène, placebo, avec paracétamol en secours.
| Ce qui a été mesuré | Résultat |
|---|---|
| Classement sur la douleur | Ibuprofène > gingembre > placebo, p < 0,00001 |
| Classement sur l'index fonctionnel | Ibuprofène > gingembre > placebo, p < 0,00005 |
| Gingembre contre placebo, sur l'ensemble de l'essai | Aucune différence significative |
| Gingembre contre placebo, première période seulement | Avantage du gingembre, en analyse exploratoire |
| Effets indésirables graves | Aucun |
L'ibuprofène est clairement supérieur. Le classement est net, hautement significatif, et il place l'anti-inflammatoire devant le gingembre sur la douleur comme sur la fonction. Quiconque envisage de remplacer son anti-inflammatoire par du gingembre doit savoir qu'il perdra en efficacité.
Le gingembre n'a pas battu le placebo sur l'ensemble. L'effet n'apparaît que dans la première période, avant les croisements, en analyse exploratoire. Les auteurs le disent : un effet significatif n'a pu être démontré que par des méthodes exploratoires dans la première période, et pas dans l'étude prise dans son ensemble. C'est un résultat faible, et il fait partie du dossier autant que les résultats favorables.
Le prix à payer : les abandons digestifs
Sur une maladie chronique où le bénéfice attendu est petit, la tolérance devient l'arbitre. Et sur ce point, les données sont convergentes et peu favorables.
- Dans la méta-analyse, les patients sous gingembre étaient 2,33 fois plus susceptibles d'arrêter le traitement que ceux sous placebo, avec une homogénéité parfaite entre essais.
- Dans l'essai de 261 patients, 59 patients sous extrait ont rapporté des effets digestifs, contre 21 sous placebo, soit près de trois fois plus. Ils étaient le plus souvent légers.
- Dans l'essai croisé, aucun effet indésirable grave, mais le gingembre y était pris trois semaines seulement.
Extrait ou poudre : ce que cela change ici
Dans nos articles sur les nausées de grossesse et les règles douloureuses, nous avons souligné que les essais utilisaient de la poudre de rhizome en gélules, la forme que nous commercialisons. Sur l'arthrose, ce n'est pas le cas.
Les essais de l'arthrose ont utilisé des extraits concentrés et standardisés, dont l'un associait du galanga. Un extrait n'est pas une poudre : il concentre certains composés, en élimine d'autres, et sa dose en milligrammes ne se convertit pas en une dose de rhizome. La molécule est la même, gingérols et shogaols ; la concentration, le profil et la quantité effectivement ingérée ne le sont pas.
Une poudre de gingembre n'a pas, pour l'arthrose, la fidélité aux essais qu'elle a pour d'autres usages. Nous ne pouvons pas vous dire quelle quantité de notre poudre correspond à l'extrait testé, parce que personne ne le sait. Ce que nous pouvons dire : les composés actifs sont présents, la dose est définie, et l'effet à attendre est au mieux celui, petit, que les extraits ont montré, sans garantie de l'atteindre.
Un lecteur qui veut reproduire exactement ce qui a été étudié dans l'arthrose cherchera un extrait standardisé. Nous préférons le dire que le laisser découvrir. Notre article sur les formes du gingembre détaille la question.
Une articulation gonflée, chaude ou rouge. Une raideur matinale qui dure plus de trente minutes. Une atteinte de plusieurs articulations, surtout symétrique, touchant les mains ou les pieds. Une douleur qui réveille la nuit ou persiste au repos. Une fièvre, une fatigue inhabituelle, une perte de poids. Une douleur articulaire nouvelle et intense sans traumatisme. Ces signes évoquent autre chose qu'une arthrose, et la réponse est un médecin, pas un complément.
Que faire concrètement
Questions fréquentes
L'effet
Le gingembre soulage-t-il l'arthrose ?
Un peu, et c'est mesuré. Une méta-analyse de cinq essais randomisés contre placebo, totalisant 593 patients arthrosiques, retrouve une réduction significative de la douleur et de l'incapacité, avec une taille d'effet standardisée de 0,30 pour la douleur. C'est un effet réel, homogène entre essais, et petit. Les auteurs le qualifient eux-mêmes de modeste, et jugent la qualité des preuves modérée.
Qu'est-ce qu'une taille d'effet de 0,30 ?
C'est une façon de mesurer un effet indépendamment de l'échelle utilisée. Par convention, 0,2 est un effet petit, 0,5 un effet moyen, 0,8 un effet grand. À 0,30, le gingembre se situe dans la zone des effets petits : perceptible à l'échelle d'un groupe, mais qu'une personne donnée peut très bien ne pas ressentir. Pour comparaison, les anti-inflammatoires oraux dans l'arthrose ont généralement des tailles d'effet plus élevées.
Quel est le meilleur essai sur le sujet ?
Un essai multicentrique en double aveugle chez 261 patients avec arthrose du genou et douleur modérée à sévère, sur six semaines. Avec un extrait standardisé pris deux fois par jour, 63 % des patients ont eu une réduction cliniquement pertinente de la douleur en position debout, contre 50 % sous placebo. La douleur en station debout a baissé de 24,5 mm contre 16,4 mm sur une échelle de 100. Les auteurs qualifient l'effet de modéré.
Cet extrait était-il du gingembre pur ?
Non, et c'est un point souvent omis. L'extrait testé dans l'essai de 261 patients associait deux espèces : Zingiber officinale, le gingembre, et Alpinia galanga, le galanga, une plante de la même famille. Il s'agissait d'un extrait hautement concentré et standardisé. Le résultat ne se transpose donc pas directement à une poudre de gingembre seul, ni à une dose de rhizome.
Le gingembre agit-il sur le cartilage ?
Aucun essai chez l'humain ne montre que le gingembre ralentit l'usure du cartilage ou modifie l'évolution de l'arthrose. Les critères mesurés sont la douleur et la fonction, c'est-à-dire le ressenti et la capacité à bouger, pas la structure de l'articulation. Un produit qui promet de reconstruire ou protéger le cartilage va au-delà de ce que les données sur le gingembre permettent de dire.
Le gingembre est-il un anti-inflammatoire naturel ?
Ses composés, gingérols et shogaols, agissent en laboratoire sur les voies de l'inflammation, notamment les prostaglandines, ce qui donne une plausibilité biologique à son effet sur la douleur arthrosique. Mais anti-inflammatoire naturel est un raccourci : l'effet clinique mesuré est petit, bien inférieur à celui d'un anti-inflammatoire médicamenteux, et il s'accompagne d'effets digestifs. Le mot décrit un mécanisme, pas une puissance.
Comparaisons et tolérance
Le gingembre fait-il aussi bien que l'ibuprofène ?
Non. Un essai croisé en double aveugle a comparé extrait de gingembre, ibuprofène et placebo chez des patients avec arthrose de hanche ou de genou, chaque traitement pendant trois semaines. Le classement était sans ambiguïté : ibuprofène, puis gingembre, puis placebo. Et sur l'ensemble de l'essai, aucune différence significative entre gingembre et placebo n'a pu être démontrée ; seule la première période de traitement montrait un avantage. L'ibuprofène était clairement supérieur.
Le gingembre a-t-il des effets indésirables dans l'arthrose ?
Oui, digestifs, et plus fréquents qu'on ne le dit. Dans la méta-analyse, les patients sous gingembre étaient plus de deux fois plus susceptibles d'arrêter le traitement que ceux sous placebo, avec un risque relatif de 2,33. Dans l'essai de 261 patients, 59 patients sous extrait ont eu des effets digestifs contre 21 sous placebo. Ils étaient le plus souvent légers, mais ils ont pesé sur la poursuite du traitement.
Le gingembre remplace-t-il les anti-inflammatoires ?
Non, et le seul essai comparatif le montre : l'ibuprofène était nettement supérieur. Le gingembre peut être envisagé comme un appoint, chez quelqu'un qui souhaite limiter les anti-inflammatoires, en sachant que l'effet attendu est petit. Il ne se substitue pas à un traitement prescrit, et la question de l'ajouter ou de l'alterner se pose avec le médecin, d'autant que les deux agissent sur des voies proches.
Peut-on associer gingembre et anti-inflammatoire ?
L'association n'a pas été étudiée dans l'arthrose. Les deux agissent sur des voies proches et les deux peuvent irriter l'estomac, ce qui rend l'addition des effets digestifs plausible. Si vous prenez un anti-inflammatoire, même en automédication, la question se pose au pharmacien ou au médecin, et plus encore en cas de traitement anticoagulant.
Forme, dose, durée
Quelle dose a été étudiée ?
Les essais de l'arthrose ont surtout utilisé des extraits concentrés et standardisés, pris deux fois par jour, pas de la poudre de rhizome brute. Les doses en milligrammes d'extrait ne se convertissent pas simplement en dose de poudre. Cela rend le transfert vers un complément de poudre de gingembre incertain : la molécule est la même, la concentration et le profil ne le sont pas. Notre article sur les formes du gingembre détaille cette difficulté.
Faut-il préférer un extrait ou une poudre ?
Les essais sur l'arthrose ont utilisé des extraits concentrés et standardisés, ce qui plaide pour cette forme si l'on veut reproduire ce qui a été étudié. La poudre de rhizome est la forme des essais sur d'autres usages, nausées ou règles douloureuses, mais pas de ceux sur l'arthrose. Un produit de poudre n'a donc pas, pour cette indication, la fidélité aux essais qu'il a ailleurs, et il faut le savoir en l'achetant.
Combien de temps avant un effet ?
Les essais ont duré de trois à six semaines, et l'effet était mesuré à la fin de cette période. L'arthrose est une affection chronique et l'effet du gingembre, s'il survient, n'est pas immédiat comme celui d'un antalgique. Si rien ne change après six à huit semaines de prise régulière, insister n'a pas de fondement dans les données.
Le gingembre en application locale est-il utile ?
Les essais cités ici portent sur le gingembre par voie orale. Il existe des travaux sur des applications locales, compresses ou gels, mais ils sont de petite taille et de qualité variable, et nous ne les avons pas retenus. Ce qui est documenté à un niveau de preuve modéré concerne la prise orale d'extraits.
Le gingembre est-il utile pour les douleurs musculaires après le sport ?
C'est une autre question, avec d'autres essais, et elle n'est pas l'objet de cet article. Les douleurs musculaires d'effort ne sont pas de l'arthrose, et les résultats sur l'une ne se transposent pas à l'autre. Nous restons ici sur ce qui a été mesuré chez des patients arthrosiques.
Quand consulter
Quelle différence entre arthrose et arthrite ?
L'arthrose est une usure mécanique du cartilage, avec une douleur qui augmente à l'effort et se calme au repos, sans inflammation majeure. Les arthrites inflammatoires, comme la polyarthrite rhumatoïde, sont des maladies du système immunitaire qui attaquent l'articulation, avec gonflement, chaleur, raideur matinale prolongée et souvent atteinte de plusieurs articulations symétriques. Les essais sur le gingembre portent sur l'arthrose. Une arthrite inflammatoire relève d'un rhumatologue et de traitements spécifiques, et le gingembre n'y a pas sa place comme traitement.
Quels signes doivent faire consulter ?
Une articulation gonflée, chaude ou rouge. Une raideur matinale qui dure plus de trente minutes. Une atteinte de plusieurs articulations, surtout symétrique et touchant les mains ou les pieds. Une douleur qui réveille la nuit ou persiste au repos. Une fièvre, une fatigue inhabituelle, une perte de poids. Une douleur articulaire nouvelle et intense sans traumatisme. Ces signes évoquent autre chose qu'une arthrose et imposent un avis médical rapide.
Que retenir sur le gingembre et l'arthrose ?
Qu'il existe un effet réel sur la douleur et la fonction, petit, avec une taille d'effet de 0,30 sur 593 patients. Que les essais ont utilisé des extraits concentrés, l'un d'eux associant du galanga, pas de la poudre. Que les patients sous gingembre abandonnent deux fois plus souvent pour troubles digestifs. Que l'ibuprofène fait nettement mieux dans le seul essai comparatif. Et qu'une articulation gonflée, chaude, raide le matin ou douloureuse au repos n'est probablement pas une arthrose et se consulte.
Glossaire
- Arthrose
- Usure mécanique du cartilage articulaire, avec douleur à l'effort calmée au repos, sans inflammation majeure.
- Arthrite inflammatoire
- Maladie où le système immunitaire attaque l'articulation, avec gonflement, chaleur et raideur matinale prolongée ; polyarthrite rhumatoïde notamment.
- Taille d'effet standardisée
- Différence entre deux groupes exprimée en écarts-types ; 0,2 petit, 0,5 moyen, 0,8 grand.
- Risque relatif
- Rapport entre la fréquence d'un événement dans un groupe et dans l'autre ; 2,33 signifie 2,33 fois plus fréquent.
- Essai croisé
- Essai où chaque participant reçoit successivement tous les traitements comparés, dans un ordre aléatoire, séparés par des périodes de lavage.
- Extrait standardisé
- Préparation concentrée dont la teneur en composés marqueurs est garantie ; distinct de la poudre de rhizome brute.
- Galanga
- Alpinia galanga, rhizome de la famille du gingembre, présent dans l'extrait de l'essai principal.
- Intention de traiter
- Analyse incluant tous les participants randomisés, y compris ceux qui ont arrêté ; son absence surestime souvent l'effet.
- Prostaglandines
- Médiateurs de l'inflammation et de la douleur, cibles des anti-inflammatoires et, en laboratoire, des composés du gingembre.
Sources
Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.
- Bartels EM, et al. Efficacité et sécurité du gingembre chez les patients arthrosiques : méta-analyse d'essais randomisés contre placebo. Osteoarthritis and Cartilage, 2015;23(1):13-21. DOI
- Altman RD, Marcussen KC. Effets d'un extrait de gingembre sur la douleur du genou chez des patients arthrosiques. Arthritis & Rheumatism, 2001;44(11):2531-2538. DOI
- Bliddal H, et al. Étude randomisée croisée contre placebo d'extraits de gingembre et d'ibuprofène dans l'arthrose. Osteoarthritis and Cartilage, 2000;8(1):9-12. DOI


