La glutamine est le premier carburant des cellules qui tapissent l'intestin, avant le glucose. C'est sur cette base physiologique que l'on en parle pour la barrière intestinale, le côlon irritable et ce qu'internet appelle l'intestin perméable. La base est solide ; ce qui l'est moins, c'est la façon dont on en déduit des promesses.
Ce guide rapporte ce que les essais ont mesuré : une méta-analyse de dix études sur la perméabilité intestinale, un essai randomisé publié dans Gut chez des patients très précis, ce que l'expression « intestin perméable » recouvre réellement, les données chez le sportif, et la limite de sécurité que fixe un essai du New England Journal of Medicine. Notre guide de la glutamine et de la récupération traite, lui, du muscle.
Perméabilité. Une méta-analyse de dix essais et 352 patients ne trouve aucun effet global de la glutamine sur la perméabilité intestinale ; un effet apparaît en sous-groupe au-delà de 30 g par jour sur moins de deux semaines. Côlon irritable post-infectieux. Un essai de Gut, 5 g trois fois par jour pendant huit semaines chez des patients avec hyperperméabilité mesurée : 79,6 % de répondeurs contre 5,8 % sous placebo, perméabilité normalisée, aucun effet grave. Un terrain étroit et net.
L'intestin perméable est une grandeur mesurable, pas un diagnostic autonome. Le sportif : la revue de référence ne trouve pas de soutien solide pour l'immunité. Sécurité : jusqu'à 30 g par jour bien tolérés chez l'adulte sain ; en réanimation, l'essai REDOXS a montré une surmortalité à forte dose, d'où la règle : maladie grave, médecin d'abord.
Pourquoi la glutamine et l'intestin
La glutamine est l'acide aminé le plus abondant du sang et des muscles, et l'organisme la fabrique lui-même. Les entérocytes, les cellules qui tapissent l'intestin et se renouvellent tous les quelques jours, l'utilisent comme premier carburant, avant le glucose. En situation de stress métabolique, infection, chirurgie, brûlure, effort très prolongé, la demande peut dépasser la production : c'est ce qui fait de la glutamine un acide aminé conditionnellement essentiel, et la raison pour laquelle elle a d'abord été étudiée en nutrition clinique, chez des patients, avant d'arriver en complément.
Cette base physiologique est solide. Elle ne dit pas, à elle seule, qu'avaler de la glutamine change quelque chose à un intestin qui fonctionne : c'est aux essais de le dire.
La perméabilité : ce que dit la méta-analyse
La revue a inclus dix essais randomisés contre placebo publiés entre 1998 et 2014, totalisant 352 participants, 216 dans les groupes glutamine et 212 dans les groupes témoins, d'âge moyen 46,5 ans et présentant différentes pathologies. La glutamine était administrée par voie orale dans toutes les études. Globalement, la supplémentation n'a pas modifié significativement la perméabilité intestinale. L'analyse en sous-groupes a montré une réduction significative de la perméabilité avec des doses supérieures à 30 g par jour, sur des durées inférieures à deux semaines. Les auteurs appellent à des investigations complémentaires selon les doses et les populations.
Abbasi F, Haghighat Lari MM, Khosravi GR, Mansouri E, Payandeh N, Milajerdi A. Amino Acids 2024;56(1):60. DOI : 10.1007/s00726-024-03420-7
Deux lectures de ce résultat, et les deux sont vraies. La première : chez des patients variés, aux doses habituelles, la glutamine ne change pas la perméabilité intestinale en moyenne. La seconde : à forte dose, plus de 30 g par jour, et sur une période courte, elle la réduit. C'est cohérent avec son histoire clinique : la glutamine a montré ses effets sur la barrière là où la demande est forte et l'apport massif, pas en entretien à petite dose chez quelqu'un qui va bien.
Le côlon irritable post-infectieux : l'essai de Gut
Des adultes ayant développé un syndrome de l'intestin irritable à diarrhée prédominante, avec une perméabilité intestinale augmentée, à la suite d'une infection intestinale, ont été randomisés entre glutamine, 5 g trois fois par jour, et placebo pendant huit semaines. Le critère principal était une réduction d'au moins 50 points du score de sévérité IBS-SS. Cinquante-quatre patients sous glutamine et 52 sous placebo ont terminé l'étude. Le critère principal a été atteint chez 43 patients, 79,6 pour cent, dans le groupe glutamine et 3, 5,8 pour cent, dans le groupe placebo. La glutamine a aussi réduit tous les critères secondaires : score IBS-SS à huit semaines, 181 contre 301 ; fréquence quotidienne des selles, 2,9 contre 5,4 ; échelle de Bristol, 3,9 contre 6,5 ; perméabilité intestinale, 0,05 contre 0,11. L'hyperperméabilité a été normalisée dans le groupe glutamine mais pas dans le groupe témoin. Les effets indésirables étaient rares et similaires dans les deux groupes ; aucun effet grave n'a été observé. Les auteurs concluent que de grands essais randomisés doivent maintenant valider ces résultats.
Zhou Q, Verne ML, Fields JZ, et al. Gut 2019;68(6):996-1002. DOI : 10.1136/gutjnl-2017-315136
C'est un résultat rare par son ampleur, un écart de quatorze fois entre glutamine et placebo, obtenu par une équipe universitaire de Tulane avec un financement public, et publié dans la revue de gastro-entérologie la plus exigeante. Il faut le lire exactement pour ce qu'il est.
Les patients avaient trois caractéristiques réunies : un côlon irritable à diarrhée prédominante, apparu après une infection intestinale, avec une hyperperméabilité mesurée au test lactulose-mannitol. L'essai ne porte pas sur le côlon irritable en général, ni sur les ballonnements, ni sur la constipation, ni sur l'intestin perméable tel qu'il est évoqué sur internet. Sur ce terrain étroit, l'effet est net et la perméabilité s'est normalisée ; en dehors, l'essai ne dit rien, et la méta-analyse ci-dessus dit que l'effet moyen est nul. C'est aussi un essai unique, de 106 patients, dont les auteurs eux-mêmes demandent la réplication.
« Intestin perméable » : ce que l'expression recouvre
La perméabilité intestinale est une grandeur que l'on mesure : on fait boire deux sucres, le lactulose et le mannitol, et on dose leur rapport dans les urines des heures suivantes. Un rapport élevé signale une barrière plus perméable. On l'observe dans les maladies inflammatoires de l'intestin, la maladie cœliaque non traitée, après certaines infections, chez certains patients de réanimation, et après des efforts extrêmes. C'est sur cette mesure que portent la méta-analyse et l'essai de Gut.
Le « syndrome de l'intestin perméable », lui, désigne sur internet un diagnostic autonome qui expliquerait fatigue, douleurs articulaires, allergies, troubles de l'humeur ou prise de poids. Ce syndrome, comme entité clinique à part entière, n'est pas reconnu par les sociétés de gastro-entérologie, et aucun essai sur la glutamine ne porte sur lui. Dire qu'une barrière peut être plus perméable dans certaines maladies est exact ; en déduire qu'une perméabilité non mesurée explique des symptômes généraux, et qu'un complément la répare, ne l'est pas.
Des symptômes digestifs qui durent méritent un diagnostic, pas une étiquette. Une diarrhée apparue après une gastro-entérite et qui persiste des mois, précisément le tableau de l'essai de Gut, se discute avec un médecin, qui pourra écarter une maladie inflammatoire, une maladie cœliaque ou une infection persistante avant de parler de côlon irritable. La glutamine vient après ce diagnostic, pas à sa place.
Le sportif et l'immunité
L'exercice prolongé et les périodes d'entraînement intense s'accompagnent d'une baisse de la glutamine plasmatique, ce qui a été proposé comme cause de l'altération immunitaire induite par l'effort et de la susceptibilité accrue aux infections chez les athlètes. Cependant, plusieurs études récentes de supplémentation indiquent que, bien que la concentration plasmatique puisse être maintenue constante pendant et après un effort prolongé, la glutamine n'empêche pas les modifications post-effort de plusieurs aspects de la fonction immunitaire. La glutamine est essentielle à la prolifération lymphocytaire, mais sa concentration ne baisse pas assez après l'effort pour la compromettre. Des prises aiguës de 20 à 30 g paraissent sans effet indésirable chez l'adulte sain, et aucun dommage n'a été rapporté chez des athlètes consommant 28 g par jour pendant 14 jours. Les raisons avancées pour la supplémentation, soutien immunitaire, synthèse du glycogène, effet anticatabolique, ont reçu peu de soutien des études bien contrôlées chez des humains sains et bien nourris.
Gleeson M. J Nutr 2008;138(10):2045S-2049S. DOI : 10.1093/jn/138.10.2045S
Le raisonnement était élégant, la glutamine baisse après l'effort, les lymphocytes en ont besoin, donc la supplémenter protège ; les essais ne l'ont pas confirmé, parce que la baisse n'est pas assez profonde pour compter. Ce que la revue apporte en revanche, c'est une donnée de tolérance précieuse : 20 à 30 g en une prise, 28 g par jour pendant deux semaines, sans effet indésirable chez l'adulte sain. Pour la récupération musculaire, notre article dédié fait le point sur les essais.
Dose, durée, et la limite de sécurité
| Situation | Dose des essais | Durée | Résultat |
|---|---|---|---|
| Côlon irritable post-infectieux, hyperperméabilité mesurée | 5 g trois fois par jour, 15 g | 8 semaines | 79,6 % de répondeurs contre 5,8 %, perméabilité normalisée |
| Perméabilité chez des patients variés | Doses usuelles | Variable | Aucun effet global |
| Perméabilité à forte dose | Plus de 30 g par jour | Moins de 2 semaines | Réduction significative en sous-groupe |
| Sportif, immunité | 20 à 30 g | Prise unique à 14 jours | Bien toléré, pas d'effet immunitaire démontré |
| Réanimation, défaillance multiviscérale | Forte dose, intraveineuse et entérale | Dès l'admission | Surmortalité : contre-indication de fait |
L'essai REDOXS, publié en 2013 dans le New England Journal of Medicine, a randomisé 1 223 patients de réanimation en défaillance multiviscérale sous ventilation mécanique, dans 40 services au Canada, aux États-Unis et en Europe, entre glutamine à forte dose par voie intraveineuse et entérale, antioxydants, les deux, ou placebo. La mortalité à 28 jours tendait à être plus élevée sous glutamine, 32,4 contre 27,2 pour cent, et la mortalité à l'hôpital comme à six mois était significativement plus élevée. La glutamine n'a eu aucun effet sur les défaillances d'organes ni les infections.
Ce contexte, des patients en défaillance rénale et hépatique recevant des doses massives par perfusion, n'a rien à voir avec un complément alimentaire chez une personne en bonne santé. Mais il fixe une règle sans exception : en cas d'insuffisance rénale ou hépatique, de maladie grave ou d'hospitalisation, la glutamine se décide avec l'équipe soignante, jamais seul.
Heyland D, Muscedere J, Wischmeyer PE, et al. N Engl J Med 2013;368(16):1489-1497. DOI : 10.1056/NEJMoa1212722
L-glutamine pure, sans additif, dosée à la mesure de 5 g dans un verre d'eau. Le format qui permet de retrouver les prises fractionnées des essais, 5 g une à trois fois par jour selon la situation, et d'ajuster plutôt que de subir une dose fixe. Pour celles et ceux chez qui le terrain a été posé avec un médecin.
Voir la L-GlutamineNe traite aucune maladie. Symptômes digestifs persistants : diagnostic d'abord. Insuffisance rénale ou hépatique, maladie grave : avis médical indispensable.
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C'est exactement la population de l'essai : un côlon irritable à diarrhée apparu après une infection. Mais l'essai exigeait aussi une hyperperméabilité mesurée et un diagnostic de côlon irritable, donc l'exclusion d'une maladie inflammatoire, d'une maladie cœliaque ou d'une infection persistante. Consultez d'abord ; si le diagnostic est posé, 5 g trois fois par jour pendant huit semaines est le protocole qui a 79,6 % de répondeurs contre 5,8 %, dans un essai unique que ses auteurs demandent de répliquer.
Le syndrome de l'intestin perméable n'est pas un diagnostic reconnu, et aucun essai sur la glutamine ne porte sur des ballonnements sans cause identifiée. La méta-analyse montre un effet nul sur la perméabilité aux doses usuelles chez des patients variés. Des symptômes qui durent méritent une consultation. Pour le confort digestif, notre guide du psyllium et nos articles sur les probiotiques couvrent des actifs qui ont des essais sur ces symptômes.
La revue de référence est nette : la glutamine maintient le taux plasmatique après l'effort mais n'empêche pas les modifications immunitaires, parce que la baisse n'est pas assez profonde pour compter. Pas d'effet démontré sur les infections du sportif. Notre article sur le zinc couvre un nutriment qui a, lui, des méta-analyses sur le rhume.
C'est le terrain où la glutamine a été le plus étudiée en nutrition clinique, et aussi celui où l'essai REDOXS a montré une surmortalité à forte dose chez des patients en défaillance d'organes. Insuffisance rénale ou hépatique, maladie inflammatoire active, chimiothérapie : la question de la glutamine se pose à l'équipe soignante, qui connaît votre dossier. Pas en automédication.
Ce test oriente, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.
Questions fréquentes
Pourquoi parle-t-on de glutamine pour l'intestin ?
Parce que les cellules qui tapissent l'intestin, les entérocytes, utilisent la glutamine comme premier carburant, avant le glucose. C'est l'acide aminé le plus abondant du sang et des muscles, et l'organisme le fabrique lui-même ; mais en situation de stress métabolique, infection, chirurgie, effort prolongé, la demande peut dépasser la production, ce qui en fait un acide aminé dit conditionnellement essentiel. C'est sur cette base que la glutamine a été étudiée pour la barrière intestinale.
La glutamine répare-t-elle la perméabilité intestinale ?
Pas de façon générale, et c'est une méta-analyse de 2024 qui le dit. Publiée dans Amino Acids, elle a réuni dix essais randomisés contre placebo, de 1998 à 2014, 352 participants, tous atteints de pathologies diverses, et mesuré la perméabilité avant et après glutamine orale. Globalement, aucun effet significatif. En sous-groupe, une réduction significative de la perméabilité avec des doses supérieures à 30 g par jour sur moins de deux semaines. La conclusion des auteurs : la glutamine agit sur la perméabilité à forte dose et sur une courte durée, et d'autres essais sont nécessaires selon les doses et les populations.
Que montre l'essai de Gut sur le côlon irritable ?
C'est l'essai le plus marquant sur la glutamine et l'intestin. Publié dans Gut en 2019 par l'université Tulane, il a randomisé des adultes ayant développé un côlon irritable à diarrhée prédominante après une infection intestinale, avec une perméabilité intestinale augmentée mesurée au test lactulose-mannitol. Huit semaines à 5 g de glutamine trois fois par jour ou placebo. Le critère principal, une baisse d'au moins 50 points du score de sévérité, a été atteint chez 79,6 % des patients sous glutamine contre 5,8 % sous placebo. La fréquence des selles est passée de 5,4 à 2,9 par jour, la perméabilité s'est normalisée, et aucun effet indésirable grave n'a été observé. Les auteurs demandent de grands essais pour confirmer.
Est-ce que cela vaut pour tout le monde ?
Non, et c'est le point essentiel. L'essai de Gut porte sur une population très précise : un côlon irritable apparu après une infection, avec une hyperperméabilité mesurée. Il ne porte pas sur le côlon irritable en général, ni sur les ballonnements, ni sur l'intestin perméable tel qu'il est évoqué sur internet. La méta-analyse montre par ailleurs qu'en population malade diverse, l'effet moyen sur la perméabilité est nul aux doses usuelles. La glutamine a donc un terrain documenté, étroit et net, et pas une efficacité générale sur l'intestin.
Qu'est-ce que l'intestin perméable, vraiment ?
La perméabilité intestinale est une grandeur mesurable : on fait boire deux sucres, le lactulose et le mannitol, et on mesure leur rapport dans les urines. Un rapport élevé signale une barrière plus perméable, ce qu'on observe dans certaines maladies inflammatoires, la maladie cœliaque, après certaines infections ou efforts extrêmes. En revanche, le syndrome de l'intestin perméable comme diagnostic autonome, cause de fatigue, de douleurs articulaires ou d'allergies, n'est pas une entité médicale reconnue. Les essais sur la glutamine portent sur la grandeur mesurée, pas sur le syndrome.
La glutamine protège-t-elle l'immunité du sportif ?
Pas selon la revue de référence. Publiée dans le Journal of Nutrition par Michael Gleeson, de l'université de Loughborough, elle rappelle que l'effort prolongé fait baisser la glutamine plasmatique, mais que les essais de supplémentation, bien qu'ils maintiennent ce taux, n'empêchent pas les modifications immunitaires post-effort, parce que la baisse n'est pas suffisante pour limiter la prolifération des lymphocytes. Elle note que 20 à 30 g en prise unique et 28 g par jour pendant 14 jours ont été bien tolérés, et conclut que les raisons avancées pour la supplémentation, immunité, glycogène, effet anticatabolique, ont reçu peu de soutien des essais bien contrôlés chez des adultes sains et bien nourris.
La glutamine est-elle sûre ?
Chez l'adulte en bonne santé, aux doses des essais, oui : jusqu'à 30 g par jour sans effet indésirable notable, et aucun effet grave dans l'essai de Gut à 15 g par jour pendant huit semaines. Mais il existe une limite nette, fixée par l'essai REDOXS publié dans le New England Journal of Medicine : chez 1 223 patients de réanimation en défaillance multiviscérale, une glutamine à forte dose par voie intraveineuse et entérale a été associée à une augmentation de la mortalité à l'hôpital et à six mois. C'est un contexte sans rapport avec un complément alimentaire chez une personne en bonne santé, mais il fixe la règle : en cas d'insuffisance rénale ou hépatique, de maladie grave ou d'hospitalisation, la glutamine se décide avec un médecin, jamais seul.
Quelle dose et combien de temps ?
L'essai de Gut utilisait 5 g trois fois par jour, soit 15 g, pendant huit semaines. La méta-analyse sur la perméabilité ne trouve d'effet qu'au-delà de 30 g par jour sur moins de deux semaines, chez des patients. Les quantités qui ont montré quelque chose sont donc de l'ordre de 15 à 30 g par jour, en plusieurs prises, et sur des semaines. Une poudre se dose à la mesure de 5 g, ce qui permet d'ajuster. Et toute douleur abdominale persistante, tout saignement, toute perte de poids ou diarrhée qui dure se discutent avec un médecin avant tout complément.
Que retenir sur la glutamine et l'intestin ?
Que la glutamine est le carburant des cellules intestinales, et que c'est la base de son étude. Qu'une méta-analyse ne trouve pas d'effet général sur la perméabilité, sauf à forte dose. Qu'un essai de Gut montre un effet net, 79,6 contre 5,8 % de répondeurs, chez des patients très précis : côlon irritable post-infectieux avec hyperperméabilité mesurée. Que l'intestin perméable comme syndrome n'est pas un diagnostic reconnu. Que l'immunité du sportif n'a pas de données solides. Et que la glutamine est sûre chez l'adulte sain, mais se décide avec un médecin en cas de maladie grave.
Glossaire
- Entérocytes
- Cellules absorbantes de la paroi de l'intestin grêle, renouvelées en quelques jours, dont la glutamine est le premier carburant.
- Acide aminé conditionnellement essentiel
- Acide aminé que l'organisme fabrique en temps normal, mais dont la demande peut dépasser la production en situation de stress métabolique.
- Perméabilité intestinale
- Capacité de la paroi à laisser passer des molécules entre ses cellules ; mesurée par le rapport urinaire lactulose sur mannitol.
- Test lactulose-mannitol
- Mesure de la perméabilité : deux sucres ingérés, l'un absorbé entre les cellules, l'autre à travers ; leur rapport urinaire renseigne sur la barrière.
- SII-D post-infectieux
- Syndrome de l'intestin irritable à diarrhée prédominante apparu après une infection digestive ; la population de l'essai de Gut.
- IBS-SS
- Score de sévérité du syndrome de l'intestin irritable ; une baisse de 50 points est considérée comme cliniquement significative.
- REDOXS
- Essai randomisé de 2013 chez 1 223 patients de réanimation, qui a montré une surmortalité sous glutamine à forte dose en défaillance multiviscérale.
Sources
Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.
- Abbasi F, Haghighat Lari MM, Khosravi GR, Mansouri E, Payandeh N, Milajerdi A. Revue systématique et méta-analyse des essais cliniques sur les effets de la supplémentation en glutamine sur la perméabilité intestinale chez l'adulte. Amino Acids, 2024;56(1):60. DOI
- Zhou Q, Verne ML, Fields JZ, et al. Essai randomisé contre placebo de la glutamine alimentaire dans le syndrome de l'intestin irritable post-infectieux. Gut, 2019;68(6):996-1002. DOI
- Gleeson M. Dosage et efficacité de la supplémentation en glutamine dans l'exercice et l'entraînement sportif chez l'humain. Journal of Nutrition, 2008;138(10):2045S-2049S. DOI
- Heyland D, Muscedere J, Wischmeyer PE, et al. Essai randomisé de la glutamine et des antioxydants chez des patients en état critique. New England Journal of Medicine, 2013;368(16):1489-1497. DOI


