Immunité avant l'hiver : ce qui marche vraiment selon la science

Par L'équipe Nutrition•pro
Immunité avant l'hiver : ce qui marche vraiment selon la science

 

L'équipe Nutrition•pro
Mis à jour en août 2026
5 méta-analyses PubMed vérifiées

Chaque automne, les mêmes produits reviennent en tête de gondole, et chaque hiver, les mêmes personnes tombent malades. Le problème n'est pas tellement le choix des compléments : c'est qu'on les utilise presque tous au mauvais moment et sous la mauvaise forme.

Cet article part de cinq méta-analyses, dont deux portant ensemble sur plus de 86 000 participants, pour répondre à trois questions précises. Qu'est-ce qui réduit réellement le risque d'infection respiratoire, et de combien. À quelles conditions, car elles changent tout et sont presque toujours ignorées. Et quand commencer, ce qui, pour l'un de ces nutriments, se joue maintenant plutôt qu'en décembre.

Guide saisonnier, août 2026
Trois nutriments, trois moments, et presque tout le monde se trompe
La vitamine D fonctionne en fond de saison mais pas en ampoules. Le zinc raccourcit les rhumes, à une forme et une dose très précises. La vitamine C ne prévient rien en population générale, sauf si vous vous entraînez dur.
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En bref

La vitamine D est le levier le mieux documenté. Une méta-analyse du BMJ sur 11 321 participants et une autre du Lancet Diabetes & Endocrinology sur 75 541 participants montrent une réduction du risque d'infection respiratoire. Mais l'effet dépend entièrement du schéma de prise : en prise quotidienne, le risque baisse nettement ; en doses de charge espacées, l'effet disparaît complètement. Et chez les personnes très déficitaires, la réduction atteint 70 %.

Le zinc agit ailleurs qu'on ne croit. Il ne s'agit pas de prévention mais de traitement : des pastilles à sucer d'acétate de zinc, prises dans les 24 heures suivant les premiers symptômes, raccourcissent les rhumes de 2,7 à 2,9 jours sur une durée moyenne de sept. Au cinquième jour, 70 % des patients étaient guéris contre 27 % sous placebo. La vitamine C : aucun effet préventif en population générale, mais un risque divisé par deux chez les sportifs d'endurance.

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Information santé. Cet article présente l'état des méta-analyses identifiées via PubMed et ne remplace pas un avis médical. Une fièvre persistante, une gêne respiratoire, un essoufflement ou des infections à répétition justifient une consultation. Les compléments ne remplacent ni la vaccination, ni un traitement prescrit. En cas de traitement en cours, de pathologie chronique, de grossesse ou d'allaitement, demandez conseil à un professionnel de santé avant toute supplémentation.
86862
Participants des deux méta-analyses vitamine D
-70%
Risque chez les très déficitaires en vitamine D
2,7j
Rhume raccourci par les pastilles de zinc
0
Effet des ampoules espacées de vitamine D
Réponse rapide
Le nutriment avec les meilleures preuves est la vitamine D, à condition d'être prise tous les jours et non en ampoules espacées, à des doses de l'ordre de 400 à 1 000 UI par jour. Le zinc ne prévient pas les rhumes mais les raccourcit, sous forme de pastilles à sucer prises dès les premiers symptômes. La vitamine C ne prévient rien en population générale, sauf chez ceux qui s'entraînent intensément.
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Pourquoi commencer maintenant et pas en décembre

Une question de calendrier, et elle a une explication physiologique.

La vitamine D est produite par la peau sous l'effet du rayonnement solaire, et cette synthèse dépend de l'angle du soleil. Sous nos latitudes, aux alentours du 49e parallèle pour la France métropolitaine, cet angle devient insuffisant à partir de l'automne : pendant plusieurs mois, la peau ne produit pratiquement plus de vitamine D, quelle que soit la durée passée dehors.

L'organisme puise alors dans ses réserves, constituées pendant l'été. Ces réserves diminuent progressivement, et c'est en fin d'hiver que les concentrations sanguines atteignent leur point le plus bas.

La conséquence pratique, et elle est contre-intuitive

Beaucoup de gens commencent une supplémentation en décembre ou en janvier, quand ils commencent à se sentir fatigués ou qu'ils voient leur entourage tomber malade. À ce moment, les réserves ont déjà largement baissé.

Commencer à l'entrée de l'automne revient à entretenir un niveau plutôt qu'à tenter de le remonter une fois qu'il a chuté. Sur un nutriment dont l'effet, comme nous allons le voir, dépend d'une prise régulière et prolongée plutôt que d'un coup ponctuel, cette différence de timing n'est pas anodine.

Notre guide complet sur la vitamine D détaille la question des dosages, et notre article sur quand et comment la prendre aborde le moment de la journée.

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La vitamine D, le levier le mieux documenté

Deux méta-analyses, et un niveau de preuve rare sur ce terrain.

C'est de loin le nutriment sur lequel les données sont les plus solides, et elles proviennent de deux travaux de grande ampleur.

Méta-analyse Ampleur Résultat global
BMJ, 2017
Données individuelles des participants
25 essais randomisés
11 321 participants, de 0 à 95 ans
Risque d'infection respiratoire aiguë réduit, rapport de cotes de 0,88 (0,81 à 0,96)
Lancet Diabetes & Endocrinology, 2021
Mise à jour élargie
46 essais randomisés
75 541 participants
Rapport de cotes de 0,92 (0,86 à 0,99), réduction réelle mais de faible ampleur

Deux points méritent d'être soulignés. Le premier est que les auteurs de la méta-analyse du BMJ qualifient l'ensemble des données contributives de haute qualité, ce qui est rare dans ce domaine. Le second est que la supplémentation s'est révélée sûre dans les deux travaux, sans augmentation de la proportion de participants ayant présenté un effet indésirable grave.

Un effet réel, mais modeste en moyenne

Soyons précis sur l'ordre de grandeur : un rapport de cotes de 0,92 correspond à une réduction du risque de l'ordre de 8 % en moyenne. Ce n'est pas spectaculaire, et les auteurs du Lancet le disent eux-mêmes en parlant d'une réduction de faible ampleur.

Mais cette moyenne masque l'essentiel, car elle agrège des situations très différentes. Dès qu'on regarde comment la vitamine D a été administrée et à qui, les chiffres changent radicalement. C'est l'objet de la section suivante, et c'est l'information la plus utile de tout cet article.

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La condition qui décide : quotidien, pas en ampoules

Le résultat le plus important, et le plus ignoré.

Voici ce qui distingue une supplémentation efficace d'une supplémentation inutile, et cela ne tient pas à la marque ni au prix.

Modalité de prise Effet mesuré Verdict
Prise quotidienne ou hebdomadaire, sans dose de charge Rapport de cotes 0,81 (0,72 à 0,91) Efficace
Doses de charge espacées, type ampoule Rapport de cotes 0,97 (0,86 à 1,10) Aucun effet
Prise quotidienne, méta-analyse de 2021 Rapport de cotes 0,78 (0,65 à 0,94) Efficace
400 à 1 000 UI par jour Rapport de cotes 0,70 (0,55 à 0,89) La fenêtre la plus favorable
Ce que ce tableau dit vraiment

Le contraste est net. Une prise quotidienne réduit le risque de 19 à 22 % selon la méta-analyse. Les doses de charge espacées donnent un rapport de cotes de 0,97 avec un intervalle qui traverse largement 1 : autrement dit, rien.

C'est un point d'une portée pratique considérable, parce que la prise en ampoule espacée reste une habitude très répandue. Elle a ses raisons, notamment l'observance : une ampoule tous les deux ou trois mois, on l'oublie moins qu'un comprimé quotidien. Mais sur ce critère précis, la prévention des infections respiratoires, les données ne la soutiennent pas.

Notez aussi la fenêtre de dose : 400 à 1 000 UI par jour est le créneau où l'effet est le plus marqué, avec une réduction du risque de 30 %. Plus n'est pas mieux, ce qui est plutôt rassurant.

Le facteur qui multiplie tout : votre statut de départ

C'est le second enseignement majeur de la méta-analyse du BMJ, et il explique pourquoi la moyenne générale paraît modeste.

Statut initial en vitamine D Effet de la supplémentation quotidienne
Concentration très basse, sous 25 nmol/l Rapport de cotes 0,30 (0,17 à 0,53), soit une réduction du risque d'environ 70 %
Concentration supérieure, à partir de 25 nmol/l Rapport de cotes 0,75 (0,60 à 0,95), soit environ 25 %
La logique à retenir
Ce n'est pas un produit qui dope l'immunité de tout le monde. C'est un nutriment qui, lorsqu'il manque, fait défaut au système immunitaire, et dont la correction produit alors un effet important. Plus vous partez de bas, plus vous y gagnez. C'est aussi pourquoi un dosage sanguin est la démarche la plus rationnelle avant de se supplémenter longtemps.
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Le zinc : ce qui marche, et sur quelle forme exactement

Un résultat spectaculaire, avec une condition que presque personne ne respecte.

Sur le zinc, l'erreur de raisonnement est différente : on l'utilise pour prévenir, alors que les données les plus fortes concernent le traitement.

Deux méta-analyses portant sur les données individuelles de trois essais randomisés contre placebo, chez 199 patients enrhumés, donnent des résultats remarquables.

Critère Résultat
Durée du rhume Raccourcie de 2,73 jours (1,8 à 3,3) à 2,94 jours (2,1 à 3,8) selon la méthode, sur une durée moyenne de 7 jours
Vitesse de guérison Rapport de taux de 3,1 (2,1 à 4,7), soit une guérison environ trois fois plus rapide
Au cinquième jour 70 % des patients sous zinc étaient guéris, contre 27 % sous placebo
Facteurs modifiant l'effet Aucun : ni l'âge, ni le sexe, ni le tabagisme, ni les allergies, ni la sévérité initiale
Sécurité Aucun effet indésirable grave observé dans les trois essais
La condition, et elle est décisive

Ces résultats portent sur des pastilles à sucer d'acétate de zinc, à 80 à 92 mg de zinc élémentaire par jour, commencées dans les 24 heures suivant l'apparition des symptômes.

Trois éléments comptent donc simultanément. La forme : une pastille qui se dissout lentement dans la bouche, ce qui suggère une action locale au niveau de la gorge, et non une gélule avalée. La dose, très supérieure aux apports habituels d'un complément quotidien. Et le moment, dès les toutes premières heures.

Nous devons être clairs sur notre propre produit : notre zinc se présente en gélules, à un dosage nutritionnel. Il ne reproduit pas le protocole de ces essais et nous ne transposons donc pas ces résultats à notre référence. Le zinc contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, et c'est à ce titre, celui d'un apport de fond, qu'il a sa place ici.

C'est une distinction importante et rarement faite : un même minéral peut avoir un usage nutritionnel de fond, documenté et reconnu, et un usage thérapeutique ponctuel qui relève d'un tout autre format et d'un tout autre dosage.

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La vitamine C : pour qui elle change quelque chose

Le résultat le plus contre-intuitif des trois.

C'est le réflexe le plus ancré et le moins étayé. La revue Cochrane, portant sur 11 306 participants, est sans ambiguïté sur la prévention en population générale : rapport de risque de 0,97, intervalle de 0,94 à 1,00, autrement dit pas d'effet.

Mais elle contient un résultat que presque personne ne cite, et qui désigne un public très précis.

Population Effet sur le risque de rhume
Population générale
10 708 participants
Rapport de risque 0,97 : aucun effet préventif
Effort physique intense
598 marathoniens, skieurs, soldats en conditions subarctiques
Rapport de risque 0,48 (0,35 à 0,64) : risque divisé par deux
Durée des épisodes
9 745 épisodes
Réduite de 8 % chez l'adulte et 14 % chez l'enfant, sévérité également réduite
Prise démarrée aux premiers symptômes
3 249 épisodes
Aucun effet constant
Qui a réellement intérêt à en prendre
Si vous vous entraînez intensément, préparez une course, ou êtes exposé à un stress physique important, c'est le seul contexte où la vitamine C montre un effet préventif fort. Dans les autres cas, elle réduit modestement la durée des épisodes, à condition d'être prise régulièrement et non au premier éternuement. Notre guide sur l'acérola détaille cette question.
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Ce qui pèse plus que tous les compléments réunis

Nous vendons des compléments, et cette section reste nécessaire.

Mettons les ordres de grandeur en perspective. Les effets présentés ci-dessus sont réels et mesurés, mais ils se comptent en pourcentages modestes. Quatre facteurs pèsent davantage, et aucun ne s'achète.

Levier Pourquoi il compte
Le sommeil C'est le déterminant le plus puissant de la fonction immunitaire, et le plus souvent sacrifié. Aucun complément ne compense une dette de sommeil installée
L'hygiène des mains La transmission des virus respiratoires passe largement par les mains et les surfaces. C'est le geste au meilleur rapport effort-bénéfice de toute cette liste
La vaccination Pour la grippe, elle relève d'une autre catégorie d'efficacité que tout ce dont parle cet article, en particulier pour les personnes à risque
L'alimentation d'ensemble Un apport suffisant et varié fait davantage qu'un nutriment isolé. Les compléments corrigent des manques, ils ne construisent pas un terrain
Pourquoi nous écrivons cela

Parce qu'un lecteur qui achèterait des compléments en pensant s'être protégé pour l'hiver serait mal informé, et finirait par s'en rendre compte. La place honnête des produits dont nous parlons est celle d'un appoint qui vient après ces quatre leviers, pas à leur place.

C'est aussi la lecture la plus fidèle aux données : la vitamine D agit surtout quand elle manque, ce qui en fait la correction d'un déficit plutôt qu'un renforcement.

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Le plan, concrètement

Ce que les données suggèrent de faire, dans l'ordre.
Quatre étapes pour la saison
Maintenant
Installer la vitamine D en prise quotidienneC'est la seule chose de cette liste qui dépend du calendrier. Une prise quotidienne, dans la fourchette de 400 à 1 000 UI qui ressort comme la plus favorable, entretenue tout au long de la saison sombre. Le format goutte se prête bien à ce schéma, contrairement aux ampoules espacées dont les données ne montrent aucun effet.
Si possible
Faire doser sa vitamine DC'est la démarche la plus rationnelle, parce que l'effet dépend massivement du point de départ : jusqu'à 70 % de réduction du risque chez les personnes très déficitaires, contre 25 % chez les autres. Un dosage oriente aussi la posologie avec votre médecin plutôt qu'à l'aveugle.
Toute la saison
Assurer les apports de fondZinc et vitamine C contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire. C'est un apport régulier de terrain, pas une intervention ponctuelle. Si vous vous entraînez intensément, la vitamine C prend une importance particulière au vu des données Cochrane.
D'abord
Ne pas négliger ce qui pèse le plusLe sommeil, l'hygiène des mains, la vaccination pour les personnes concernées et une alimentation d'ensemble correcte font davantage que l'ensemble des compléments de cette page. Les produits viennent en appoint, jamais en remplacement.
Le bon réflexe selon votre situation
Vous prenez de la vitamine D en ampoules espacées
Sur ce critère, les données ne montrent aucun effet : parlez d'un schéma quotidien à votre médecin
Vous ne savez pas où vous en êtes
Un dosage sanguin oriente tout le reste, l'effet dépendant massivement du point de départ
Vous vous entraînez intensément
C'est le seul profil où la vitamine C montre un effet préventif fort, avec un risque divisé par deux
Vous attendez décembre pour commencer
Les réserves ont déjà baissé : entretenir un niveau vaut mieux que le remonter
Vous cherchez à raccourcir un rhume déclaré
Les données portent sur des pastilles de zinc à sucer fortement dosées, pas sur une gélule quotidienne
Vos infections se répètent anormalement
C'est un motif de consultation, pas de supplémentation
Le principe qui résume tout

Les trois nutriments de cet article fonctionnent, mais à des conditions précises qui sont presque toujours ignorées. La vitamine D en prise quotidienne et non en ampoules, surtout si vous partez d'un niveau bas. Le zinc comme apport de fond, la performance spectaculaire sur le rhume relevant d'une forme et d'une dose très différentes. La vitamine C régulièrement, et surtout si vous vous entraînez dur. Et tout cela après le sommeil, le lavage des mains et la vaccination, qui pèsent davantage et ne coûtent rien.

Questions fréquentes

Vitamine D

La vitamine D réduit-elle vraiment les infections respiratoires ?

Oui, avec un bon niveau de preuve. Une méta-analyse du BMJ sur 25 essais et 11 321 participants trouve un rapport de cotes de 0,88, et une mise à jour dans le Lancet Diabetes and Endocrinology sur 46 essais et 75 541 participants trouve 0,92. Les deux sont statistiquement significatifs. Les auteurs du BMJ qualifient l'ensemble des données de haute qualité, ce qui est rare dans ce domaine.

Pourquoi dit-on que l'effet est modeste ?

Parce qu'un rapport de cotes de 0,92 correspond à une réduction du risque d'environ 8 % en moyenne, et les auteurs du Lancet parlent eux-mêmes d'une réduction de faible ampleur. Mais cette moyenne agrège des situations très différentes : dès qu'on distingue le schéma de prise et le statut de départ, les chiffres changent radicalement, jusqu'à 70 % de réduction chez les personnes très déficitaires.

Les ampoules espacées fonctionnent-elles ?

Pas sur ce critère. La méta-analyse du BMJ distingue explicitement les deux schémas : en prise quotidienne ou hebdomadaire sans dose de charge, le rapport de cotes est de 0,81, donc efficace. Avec une ou plusieurs doses de charge espacées, il est de 0,97 avec un intervalle de 0,86 à 1,10, autrement dit aucun effet. C'est le résultat le plus important et le plus ignoré de ce dossier.

Quelle dose quotidienne ?

La méta-analyse de 2021 identifie une fenêtre : les doses équivalant à 400 à 1 000 UI par jour donnent le rapport de cotes le plus favorable, à 0,70. Plus n'est pas mieux sur ce critère. Cela dit, la posologie adaptée dépend de votre statut, de votre âge et de votre situation : c'est une question à poser à votre médecin, idéalement après un dosage.

Pourquoi commencer en automne plutôt qu'en hiver ?

Parce que la synthèse cutanée de vitamine D dépend de l'angle du soleil, qui devient insuffisant sous nos latitudes dès l'automne. L'organisme puise alors dans ses réserves d'été, qui atteignent leur point le plus bas en fin d'hiver. Commencer à l'entrée de l'automne revient à entretenir un niveau plutôt qu'à tenter de le remonter une fois qu'il a chuté.

Faut-il faire doser sa vitamine D ?

C'est la démarche la plus rationnelle, parce que l'effet dépend massivement du point de départ. Chez les personnes dont la concentration initiale était sous 25 nmol/l, le rapport de cotes tombe à 0,30, soit environ 70 % de réduction du risque. Au-dessus de ce seuil, il est de 0,75, soit environ 25 %. Un dosage permet aussi d'ajuster la posologie avec votre médecin.

La supplémentation est-elle sûre ?

Les deux méta-analyses concluent à la sécurité de la supplémentation, sans augmentation de la proportion de participants ayant présenté un effet indésirable grave. Cela dit, la vitamine D est liposoluble et peut s'accumuler, contrairement aux vitamines hydrosolubles : les doses très élevées prolongées ne sont pas anodines et relèvent d'un avis médical.

Zinc

Le zinc empêche-t-il d'attraper un rhume ?

Ce n'est pas là que se situent les données les plus fortes. Les résultats les plus marquants concernent le traitement d'un rhume déjà déclaré, pas sa prévention. En tant qu'apport de fond, le zinc contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, ce qui est un effet reconnu, mais différent d'une prévention démontrée des rhumes.

Qu'a montré exactement la recherche sur le zinc ?

Deux méta-analyses portant sur les données individuelles de trois essais randomisés contre placebo, chez 199 patients enrhumés, trouvent des rhumes raccourcis de 2,73 à 2,94 jours sur une durée moyenne de sept jours, une guérison environ trois fois plus rapide, et au cinquième jour 70 % de patients guéris sous zinc contre 27 % sous placebo. Aucun effet indésirable grave n'a été observé.

Pourquoi la forme compte-t-elle autant ?

Parce que ces essais utilisaient des pastilles à sucer d'acétate de zinc, à 80 à 92 mg de zinc élémentaire par jour, commencées dans les 24 heures suivant les premiers symptômes. La dissolution lente dans la bouche suggère une action locale au niveau de la gorge, qu'une gélule avalée ne reproduit pas. La dose est par ailleurs très supérieure à celle d'un complément quotidien.

Vos gélules de zinc reproduisent-elles ces résultats ?

Non, et nous préférons le dire. Notre zinc se présente en gélules à un dosage nutritionnel : il ne reproduit ni la forme, ni la dose, ni le protocole de ces essais, et nous ne transposons donc pas ces résultats à notre référence. Le zinc contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, et c'est à ce titre d'apport de fond qu'il a sa place.

L'effet du zinc dépend-il du profil ?

Non, et c'est notable. Les auteurs relèvent que l'effet n'était modifié ni par l'âge, ni par le sexe, ni par l'origine, ni par le tabagisme, ni par les allergies, ni par la sévérité initiale du rhume. Cette constance entre sous-groupes suggère que l'estimation s'applique largement.

Vitamine C

La vitamine C protège-t-elle du rhume ?

Pas en population générale. La revue Cochrane, sur 10 708 participants pour cette analyse, aboutit à un rapport de risque de 0,97 avec un intervalle de 0,94 à 1,00 : aucun effet préventif. C'est l'un des réflexes les plus ancrés et les moins étayés en matière de compléments.

Alors pourquoi en parler ?

À cause d'un résultat que presque personne ne cite. Chez 598 marathoniens, skieurs et soldats soumis à des exercices en conditions subarctiques, le rapport de risque tombe à 0,48, avec un intervalle de 0,35 à 0,64 : le risque de rhume est divisé par deux. Si vous vous entraînez intensément, vous êtes précisément dans ce profil.

Et sur la durée des rhumes ?

La durée diminue de 8 % chez l'adulte et de 14 % chez l'enfant, sur 9 745 épisodes, et la sévérité est également réduite. C'est modeste mais constant d'une étude à l'autre. En revanche, la prise démarrée au moment des symptômes ne montre aucun effet constant sur 3 249 épisodes.

En pratique

Faut-il prendre les trois ensemble ?

Ils n'agissent pas au même moment ni de la même façon. La vitamine D est un apport de fond dépendant du calendrier et du statut. Le zinc et la vitamine C sont des apports de terrain contribuant au fonctionnement normal du système immunitaire. Si vous deviez n'en retenir qu'un, les données les plus solides concernent la vitamine D en prise quotidienne.

Qu'est-ce qui compte plus que les compléments ?

Le sommeil, qui est le déterminant le plus puissant de la fonction immunitaire et le plus souvent sacrifié. L'hygiène des mains, puisque les virus respiratoires se transmettent largement par les mains et les surfaces. La vaccination antigrippale pour les personnes concernées, qui relève d'une autre catégorie d'efficacité. Et une alimentation d'ensemble correcte.

Quand faut-il consulter plutôt que se supplémenter ?

Devant une fièvre qui persiste, une gêne respiratoire ou un essoufflement, et devant des infections qui se répètent de façon inhabituelle. Ce dernier point mérite une évaluation médicale : des infections à répétition ont des causes identifiables qu'un complément ne traite pas. Une fatigue persistante justifie également un bilan.

Que retenir de cet article ?

Que la vitamine D est le levier le mieux documenté, à condition d'être prise quotidiennement et non en ampoules espacées, dans une fourchette de 400 à 1 000 UI, avec un bénéfice d'autant plus grand qu'on part d'un niveau bas. Que le zinc raccourcit les rhumes, mais sous une forme et une dose bien précises. Que la vitamine C ne prévient rien sauf chez les sportifs d'endurance. Et que le sommeil et le lavage des mains pèsent davantage que tout cela réuni.

Glossaire

Les termes de ce guide
Infection respiratoire aiguë
Terme regroupant les atteintes des voies respiratoires, du simple rhume aux formes plus basses.
Rapport de cotes
Mesure comparant la probabilité d'un événement entre deux groupes ; une valeur de 1 signifie aucune différence.
Dose de charge
Quantité importante administrée en une fois, typiquement une ampoule, par opposition à une prise quotidienne.
25-hydroxyvitamine D
Forme circulante de la vitamine D mesurée lors d'un dosage sanguin, exprimée en nmol/l ou ng/ml.
Zinc élémentaire
Quantité de zinc réellement apportée, distincte du poids total du sel qui le transporte.
Pastille à sucer
Forme se dissolvant lentement dans la bouche, permettant une action locale au niveau de la gorge.
Données individuelles des participants
Méthode de méta-analyse réunissant les données de chaque patient plutôt que les résultats agrégés.
Nombre de sujets à traiter
Nombre de personnes à traiter pour obtenir un bénéfice supplémentaire par rapport au placebo.

Sources

Références de ce guide

Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.

  1. Martineau AR, et al. Supplémentation en vitamine D pour prévenir les infections respiratoires aiguës : revue systématique et méta-analyse des données individuelles des participants. BMJ, 2017;356:i6583. DOI
  2. Jolliffe DA, et al. Supplémentation en vitamine D pour prévenir les infections respiratoires aiguës : revue systématique et méta-analyse de données agrégées d'essais contrôlés randomisés. The Lancet Diabetes & Endocrinology, 2021;9(5):276-292. DOI
  3. Hemilä H, et al. Les pastilles d'acétate de zinc peuvent améliorer le taux de guérison des patients enrhumés : méta-analyse des données individuelles. Open Forum Infectious Diseases, 2017;4(2):ofx059. DOI
  4. Hemilä H, et al. Pastilles d'acétate de zinc pour le traitement du rhume : méta-analyse des données individuelles. British Journal of Clinical Pharmacology, 2016;82(5):1393-1398. DOI
  5. Hemilä H, Chalker E. Vitamine C pour prévenir et traiter le rhume. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2013;(1):CD000980. DOI

Pour aller plus loin

À propos de cet article. Rédigé par L'équipe Nutrition•pro à partir de cinq méta-analyses identifiées via PubMed, dont deux portant ensemble sur plus de 86 000 participants, avec les liens DOI ci-dessus. Notre parti pris : dire à quelles conditions chaque nutriment fonctionne plutôt que d'aligner une liste de produits, et signaler quand notre propre référence ne correspond pas au protocole des essais, comme c'est le cas pour le zinc. Découvrez notre méthodologie éditoriale.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Les compléments alimentaires ne remplacent ni la vaccination, ni un traitement prescrit, ni une alimentation variée et équilibrée. Une fièvre persistante, une gêne respiratoire, un essoufflement ou des infections à répétition justifient une consultation. En cas de traitement en cours, de pathologie chronique, de grossesse ou d'allaitement, demandez conseil à un professionnel de santé avant toute supplémentation. Dernière mise à jour : août 2026.

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