Les bouffées de chaleur ne durent pas quelques mois. Dans la grande étude américaine SWAN, qui a suivi 3 302 femmes, celles qui en avaient fréquemment les ont gardées 7,4 ans en médiane, et encore 4,5 ans après les dernières règles.
Ce comparatif classe les compléments les plus vendus, du soja au safran, selon les études identifiées via PubMed : taille des essais, écart réel avec le placebo, forme et dose testées, sécurité. Il situe aussi les options médicales et propose une méthode de choix.
Bouffées de chaleur : les isoflavones de soja ont l'ampleur d'effet la mieux documentée parmi les compléments, avec 20,6 % de bouffées en moins que sous placebo dans une méta-analyse de 17 essais, un effet modeste et variable d'un essai à l'autre. Trèfle rouge, sauge, houblon et pollen reposent sur des essais plus petits ou plus fragiles ; l'actée à grappes noires ne fait pas mieux que le placebo. Le traitement hormonal reste le plus efficace, et se discute avec votre médecin, comme les médicaments non hormonaux.
Humeur, sommeil, os, peau : le safran et l'ashwagandha ont amélioré l'humeur ou le score global de symptômes dans des essais de 6 à 12 semaines, la maca dans de très petits essais. La mélatonine aide surtout les femmes qui dorment déjà mal. Pour l'os, l'association calcium et vitamine D a réduit le risque de fracture, pas la vitamine D seule. Oméga-3 et magnésium n'ont pas réduit les bouffées de chaleur.
- Ce que l'on cherche à soulager, et le piège du placebo
- Traitement hormonal et médicaments non hormonaux
- Le comparatif : chaque actif classé par niveau de preuve
- Isoflavones de soja : le mieux étudié
- Trèfle rouge et kudzu, les autres sources d'isoflavones
- Sauge et houblon : des essais encourageants mais petits
- Actée à grappes noires, onagre, pollen : des résultats décevants
- Humeur et sommeil : safran, ashwagandha, maca, mélatonine
- Os, peau et muqueuses : vitamine D, calcium, collagène
- Sécurité : antécédents, foie et cumuls à éviter
- Choisir selon son symptôme principal
- Questions fréquentes
Ce que l'on cherche à soulager, et le piège du placebo
La ménopause n'est pas une maladie : c'est une étape de la vie, que certaines femmes traversent presque sans gêne et d'autres avec des symptômes marqués. Les plus fréquents sont les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, puis les troubles du sommeil, les variations d'humeur, la fatigue, la sécheresse vaginale et, à long terme, la perte osseuse. Notre guide de la ménopause détaille ces symptômes et leur chronologie.
Leur durée varie beaucoup. Dans la cohorte SWAN, les femmes qui ont eu leurs premières bouffées fréquentes avant ou au tout début de la périménopause les ont gardées plus de 11,8 ans en médiane, contre 3,4 ans pour celles chez qui elles sont apparues après la ménopause. Les signes de la préménopause méritent donc d'être pris au sérieux dès le début.
Dans un essai américain, 354 participantes devaient classer les symptômes qu'elles voulaient soulager en premier : les bouffées de chaleur arrivaient en tête (322 les citaient), devant le sommeil (191), la concentration (140) et la fatigue (116). C'est la première question à se poser.
Dans les essais sur les phytoestrogènes, le placebo réduisait à lui seul la fréquence des bouffées de chaleur de 1 % à 59 % selon les essais. Sur 43 essais randomisés réunissant 4 364 femmes, les auteurs ne trouvent pas de preuve concluante d'un effet des compléments de phytoestrogènes dans leur ensemble, tout en jugeant que les extraits concentrés en génistéine méritent d'être étudiés davantage.
Lethaby A, Marjoribanks J, Kronenberg F, et al. Cochrane Database Syst Rev 2013;(12):CD001395. DOI : 10.1002/14651858.CD001395.pub4
Les bouffées fluctuent et diminuent souvent avec le temps : seul compte ici l'écart avec le placebo dans des essais randomisés.
Traitement hormonal et médicaments non hormonaux
Le traitement hormonal de la ménopause reste, selon la position 2022 de la Société nord-américaine de la ménopause, le traitement le plus efficace des symptômes vasomoteurs et du syndrome génito-urinaire de la ménopause, et il prévient la perte osseuse et les fractures. Ses risques dépendent notamment du type d'hormones, de la dose, de la voie d'administration et du moment où il est commencé. Pour les femmes de moins de 60 ans ou ménopausées depuis moins de 10 ans, sans contre-indication, la balance bénéfice-risque est jugée favorable ; elle l'est moins au-delà, en raison de risques absolus plus élevés de maladie coronaire, d'accident vasculaire cérébral, de thrombose veineuse et de démence.
Pour les femmes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas prendre d'hormones, la position 2023 de la même société recommande, avec le niveau de preuve le plus élevé, la thérapie cognitivo-comportementale, l'hypnose clinique, certains antidépresseurs (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, ou de la sérotonine et de la noradrénaline), la gabapentine et le fézolinétant. À l'inverse, elle ne recommande pas les compléments et remèdes à base de plantes pour les bouffées de chaleur (niveau de preuve I à II), ni le soja sous forme d'aliments ou d'extraits, ni l'équol (preuves limitées ou incohérentes).
Chez 899 femmes ayant au moins 14 bouffées de chaleur par semaine, l'estradiol oral à faible dose (0,5 mg par jour) réduisait la fréquence des bouffées de 2,4 par jour de plus que le placebo après 8 semaines, la venlafaxine de 1,8 et l'escitalopram de 1,4. L'exercice aérobie, le yoga et 1,8 g d'oméga-3 par jour n'avaient aucun effet sur la fréquence ou la gêne.
Guthrie KA, LaCroix AZ, Ensrud KE, et al. Obstet Gynecol 2015;126(2):413-422. DOI : 10.1097/AOG.0000000000000927
Le fézolinétant agit sur un récepteur cérébral impliqué dans le contrôle de la température. Dans l'essai SKYLIGHT 1, financé par son fabricant, 527 femmes de 40 à 65 ans ayant en moyenne au moins 7 bouffées modérées à sévères par jour ont été réparties en trois groupes : à 12 semaines, les doses de 30 et 45 mg réduisaient la fréquence des bouffées de 2,39 et 2,55 par jour de plus que le placebo. Ces options se choisissent avec votre médecin.
Le comparatif : chaque actif classé par niveau de preuve
Le niveau de preuve tient compte du nombre, de la taille et de la durée des essais, de la présence d'un placebo et de la cohérence des résultats. Un résultat obtenu avec un extrait standardisé ne se transpose pas à une poudre de plante.
| Actif | Symptôme étudié | Ce que montrent les essais | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| Isoflavones de soja (extraits) | Bouffées de chaleur | −20,6 % de fréquence, −26,2 % de sévérité | Modéré, méta-analyse de 17 essais |
| Trèfle rouge (extraits) | Bouffées de chaleur | −1,73 bouffée par jour ; non significatif dans une autre méta-analyse | Faible à modéré, résultats discordants |
| Kudzu (racine) | Score global de symptômes | Score en baisse, sans groupe placebo | Très faible |
| Sauge (extraits de feuilles) | Bouffées de chaleur, sueurs | Plus de répondeuses que sous placebo | Faible, petits essais |
| Houblon (extrait titré en 8-PN) | Bouffées, score global | Supérieur au placebo à 6 semaines, pas à 12 | Faible, 2 petits essais |
| Actée à grappes noires | Bouffées de chaleur | Aucune différence avec le placebo | Faible à modéré, sans effet démontré |
| Huile d'onagre | Bouffées de chaleur | Sévérité un peu réduite, ni fréquence ni durée | Faible |
| Extraits de pollen | Bouffées de chaleur | Non significatif quand les études contrôlées sont regroupées | Très faible |
| Safran (extraits) | Humeur, anxiété | Symptômes psychologiques améliorés | Faible à modéré |
| Ashwagandha (extrait de racine) | Score global en périménopause | Score de symptômes réduit | Faible, un essai |
| Maca (poudre de racine) | Humeur, libido | Effets favorables dans 4 petits essais | Très faible |
| Mélatonine | Sommeil | Mieux chez les femmes qui dormaient mal | Faible à modéré |
| Calcium et vitamine D | Fractures | −15 % de fractures ; vitamine D seule sans effet | Modéré |
| Collagène hydrolysé | Peau | Hydratation, élasticité, rides améliorées | Modéré, 19 essais |
| Oméga-3, magnésium | Bouffées de chaleur | Aucun effet face au placebo | Modéré, en défaveur |
Isoflavones de soja : le mieux étudié
Les isoflavones, ou phytoestrogènes, sont des composés végétaux de structure proche des œstrogènes ; le soja contient surtout de la génistéine et de la daidzéine.
Chez des femmes en périménopause et après la ménopause, des isoflavones de soja extraites ou synthétisées, à une dose médiane de 54 mg par jour exprimée en aglycones, prises de 6 semaines à 12 mois, ont réduit la fréquence des bouffées de chaleur de 20,6 % et leur sévérité de 26,2 % par rapport au placebo. Les compléments apportant plus de 18,8 mg de génistéine étaient plus de deux fois plus efficaces sur la fréquence que ceux qui en apportaient moins.
Taku K, Melby MK, Kronenberg F, et al. Menopause 2012;19(7):776-790. DOI : 10.1097/gme.0b013e3182410159
Deux nuances s'imposent. Les résultats varient beaucoup d'un essai à l'autre : l'hétérogénéité atteignait 67 % pour la fréquence et 86 % pour la sévérité ; certains essais trouvent un effet net, d'autres presque rien. La revue Cochrane, plus prudente, n'a pas pu regrouper la plupart des essais sur le soja ; elle relève en revanche que les quatre essais utilisant des extraits riches en génistéine, plus de 30 mg par jour, réduisaient régulièrement la fréquence des bouffées.
Sur la durée, un essai italien invite à la prudence. Chez 376 femmes ménopausées ayant leur utérus, 150 mg d'isoflavones de soja par jour pendant 5 ans ont été associés à 3,37 % d'hyperplasies de l'endomètre, un épaississement anormal de la muqueuse utérine, contre aucune sous placebo ; aucun cancer n'a été détecté. La dose était nettement plus élevée que la médiane des essais, mais ce résultat justifie de ne pas prolonger indéfiniment un complément d'isoflavones sans avis médical.
Pour l'os, l'effet est discret. Dans un essai croisé chez 11 femmes ménopausées, les isoflavones de cotylédon de soja ont réduit la résorption osseuse nette de 9 % en 50 jours, celles de germe de soja de 5 %, contre 22 à 24 % pour un médicament de l'ostéoporose et pour un traitement hormonal. Les isoflavones de kudzu et de trèfle rouge testées dans le même essai n'avaient pas d'effet significatif.
Les essais expriment souvent la dose en aglycones, la forme libre des isoflavones, alors que les aliments et certains extraits les contiennent surtout sous forme liée à un sucre (glycosides), plus lourde. Une même quantité affichée peut donc correspondre à des doses actives différentes. La teneur en génistéine est le repère le plus utile.
Trèfle rouge et kudzu, les autres sources d'isoflavones
Pour le trèfle rouge, une méta-analyse de 8 essais publiée en 2021 retrouve 1,73 bouffée de chaleur de moins par jour qu'avec le placebo, avec un intervalle de confiance large (de 0,18 à 3,28 bouffées) et une forte hétérogénéité. L'écart était plus net chez les femmes ménopausées ayant au moins 5 bouffées par jour, après 12 semaines, à 80 mg d'isoflavones par jour ou plus. La revue Cochrane, qui avait regroupé 5 essais menés avec un même extrait de trèfle rouge, ne trouvait pas de différence significative (0,93 bouffée de moins par jour, intervalle compatible avec une absence d'effet).
Le kudzu (Pueraria montana var. lobata, longtemps appelé Pueraria lobata) est une plante de la pharmacopée chinoise dont la racine contient de la puérarine, de la daidzine et de la daidzéine. Les données cliniques sont rares, comme le détaille notre article sur le kudzu et la ménopause.
Cinquante femmes ménopausées ont pris pendant 4 semaines un extrait éthanolique de racine de kudzu, de 0,84 à 2,52 g par jour selon le groupe (113 à 338 mg de puérarine). Le score de symptômes de la ménopause a baissé dans 4 groupes sur 5, jusqu'à 7,1 points sur 44, et les marqueurs de résorption osseuse ont diminué. L'essai n'avait pas de groupe placebo, ce que les auteurs présentent comme sa principale limite, et il était financé par une société de recherche liée aux auteurs.
Bihlet AR, Byrjalsen I, Andersen JR, et al. Front Pharmacol 2021;12:760629. DOI : 10.3389/fphar.2021.760629
Un essai antérieur chez 127 femmes ménopausées, comparant pendant 3 mois une préparation de racine de kudzu apportant 100 mg d'isoflavones par jour à un traitement hormonal et à l'absence de traitement, n'avait pas montré de bénéfice net sur les symptômes ni sur un marqueur de résorption osseuse. Dans l'essai de 2021, 90 % des participantes ont signalé un effet indésirable, le plus souvent léger, surtout des maux de tête (30 %). Elles étaient invitées à éviter l'alcool, des effets de type antabuse ayant été rapportés avec la racine de kudzu. Voir aussi les études cliniques du kudzu.
Notre Kudzu apporte 750 mg de racine pour deux gélules ; sa teneur en isoflavones n'est pas indiquée, et l'essai de 2021 utilisait un extrait éthanolique dosé en puérarine : les quantités ne sont donc pas comparables. Il est déconseillé aux femmes ayant un antécédent personnel ou familial de cancer du sein, pendant la grossesse et l'allaitement, et en cas de trouble hormonodépendant (cancers de l'utérus, des ovaires ou de la prostate, endométriose, fibromes). Voir notre article sur les effets secondaires du kudzu.
Sauge et houblon : des essais encourageants mais petits
La sauge officinale (Salvia officinalis) est utilisée de longue date contre la transpiration excessive. Une méta-analyse de 2023 a réuni 4 études et 310 femmes ménopausées : elle conclut à une baisse de la fréquence des bouffées par rapport au placebo, mais sur 3 études seulement, très hétérogènes, et l'intervalle de confiance (de −2,37 à 0,14) inclut l'absence d'effet ; l'effet sur la sévérité n'était pas significatif. Le résultat n'est donc pas établi.
Quatre-vingts femmes ménopausées de 48 à 65 ans, ayant au moins 5 bouffées par jour ou des bouffées intenses quotidiennes, ont pris pendant 4 semaines des comprimés d'extrait de sommités fraîches de sauge sans thuyone (280 mg d'extrait par comprimé) ou un placebo. Dans l'analyse principale, menée sur 48 femmes, 59,1 % ont vu leur score de bouffées baisser d'au moins moitié, contre 26,9 % sous placebo ; sur l'ensemble des participantes, 55 % contre 32,5 %. L'essai était financé par le fabricant de l'extrait, dont une salariée cosigne l'article.
Dimpfel W, Chiegoua Dipah GN, Bommer S. Heliyon 2021;7(2):e05910. DOI : 10.1016/j.heliyon.2021.e05910
Un essai iranien en double aveugle chez 66 femmes ménopausées, avec 3 comprimés par jour de 100 mg d'extrait de sauge pendant 3 mois, a aussi trouvé une baisse du score de bouffées par rapport au placebo, ainsi qu'une amélioration du score de sommeil dans le groupe sauge. Un essai suisse plus ancien, chez 71 femmes prenant un comprimé de feuilles fraîches de sauge par jour pendant 8 semaines, rapportait 64 % de baisse du score de bouffées, mais sans groupe placebo et avec un auteur lié au fabricant : ce chiffre ne peut pas être lu comme l'effet de la sauge.
Le houblon (Humulus lupulus) contient de la 8-prénylnaringénine, ou 8-PN, un phytoestrogène puissant. Dans un essai belge de 12 semaines chez 67 femmes ménopausées, un extrait standardisé apportant 100 µg de 8-PN par jour était supérieur au placebo à 6 semaines, mais plus à 12 semaines, et la dose de 250 µg ne faisait pas mieux que la plus faible. Un second essai croisé chez 36 femmes, à 100 µg par jour, ne montrait pas d'effet global significatif, avec des résultats favorables seulement dans la seconde période de traitement.
Notre Ménopause Bio associe houblon (480 mg), sauge (390 mg), mélisse (300 mg), maca (300 mg) et cassis (100 mg) pour trois gélules. Aucun essai n'a testé cette formule, et la forme de ses plantes (poudre ou extrait) et leur titrage ne sont pas précisés : ses quantités ne peuvent pas être comparées aux 280 mg d'extrait de sauge ou aux 100 µg de 8-PN de ces études. Elle s'utilise à la dose indiquée, sans usage au long cours, et elle est déconseillée aux femmes ayant un antécédent personnel ou familial de cancer du sein.
Actée à grappes noires, onagre, pollen : des résultats décevants
L'actée à grappes noires (Cimicifuga racemosa, aussi appelée Actaea racemosa) est l'une des plantes les plus étudiées pour la ménopause. La revue Cochrane de 2012 a réuni 16 essais randomisés et 2 027 femmes, à une dose médiane de 40 mg par jour pendant 23 semaines en moyenne. Elle ne trouve aucune différence avec le placebo sur la fréquence des bouffées (0,07 bouffée de plus par jour, intervalle de −0,43 à 0,56 ; 3 essais, 393 femmes) ni sur les scores de symptômes, tandis que le traitement hormonal faisait mieux que l'actée.
Elle soulève aussi une question de sécurité hépatique : dans un recensement des cas publiés d'atteinte du foie liés aux plantes et compléments sur 50 ans, l'actée à grappes noires arrivait au deuxième rang des plantes par nombre de publications, derrière la germandrée. La causalité reste discutée : dans une analyse de 573 cas d'atteinte du foie d'abord attribués à des plantes, dont l'actée, une autre cause était retrouvée dans 48,5 % des cas (virus, maladie auto-immune, médicament associé). Par prudence, toute fatigue inhabituelle, urine foncée ou jaunisse impose d'arrêter et de consulter.
L'huile d'onagre est riche en acide gamma-linolénique. Une méta-analyse de 2024 retrouve une sévérité des bouffées un peu plus faible que sous placebo sur des durées de moins de 6 mois, mais aucune différence sur leur fréquence ni leur durée ; les effets indésirables rapportés étaient des nausées et des maux de tête légers. Dans un essai chez 56 femmes pendant 6 semaines, seule la sévérité faisait mieux que le placebo (42 % contre 32 % d'amélioration). Notre Huile d'onagre et bourrache bio associe 500 mg d'huile d'onagre, 500 mg d'huile de bourrache et 10 mg de vitamine E pour deux capsules (capsule d'origine porcine) : c'est une formule différente de l'huile d'onagre seule testée dans ces essais. Voir notre article sur l'huile d'onagre et de bourrache.
Les extraits de pollen purifiés ont un essai randomisé positif : chez 64 femmes, 65 % ont vu leurs bouffées diminuer contre 38 % sous placebo après 3 mois, avec 27 % de bouffées en moins que dans le groupe placebo selon les carnets. Mais une méta-analyse de 2024, qui réunit un essai randomisé et 4 études observationnelles (420 femmes), note que l'amélioration disparaît quand on ne regroupe que les études contrôlées, et suggère qu'une partie de l'effet observé relève du placebo.
Humeur et sommeil : safran, ashwagandha, maca, mélatonine
Safran. Dans un essai australien de 12 semaines chez 86 femmes en périménopause, un extrait standardisé de safran à 14 mg deux fois par jour a davantage réduit les symptômes psychologiques que le placebo, avec 33 % d'anxiété et 32 % de symptômes dépressifs en moins par rapport au début de l'étude ; il n'a pas fait mieux que le placebo sur les bouffées de chaleur. Dans un essai iranien de 6 semaines chez 60 femmes ménopausées souffrant à la fois de bouffées de chaleur et d'un épisode dépressif caractérisé, 30 mg de safran par jour ont amélioré à la fois la gêne liée aux bouffées et le score de dépression. Voir aussi notre article sur le safran et le sommeil.
Ashwagandha. Un essai indien de 8 semaines chez 100 femmes en périménopause a comparé 300 mg d'extrait de racine deux fois par jour à un placebo : le score total de symptômes de la ménopause a nettement baissé, dans ses composantes psychologique, somatique et urogénitale, et l'estradiol sanguin a augmenté. C'est un seul essai. Des atteintes hépatiques ont par ailleurs été décrites, dont une série de 5 cas d'Islande et des États-Unis avec jaunisse apparue après 2 à 12 semaines, normalisée en 1 à 5 mois chez 4 patients. Voir notre article sur les précautions de l'ashwagandha.
Maca. Une revue systématique de 2011 n'a trouvé que 4 essais randomisés, tous favorables mais trop petits et de qualité trop limitée pour conclure. Le plus cité, un essai croisé chez 14 femmes ménopausées avec 3,5 g de poudre de maca par jour pendant 6 semaines, a réduit l'anxiété, les symptômes dépressifs et les difficultés sexuelles par rapport au placebo, sans modifier les hormones sanguines. Notre article sur la maca reprend ces données.
Mélatonine. Une revue systématique de 24 études (1 173 participantes) conclut que la mélatonine améliore la qualité subjective du sommeil chez les femmes ménopausées qui dormaient déjà mal, et qu'à partir de 3 mg elle améliore certains symptômes climatériques ; elle relève aussi une possible hausse des triglycérides. Chez 41 femmes ménopausées en bonne santé, dont le sommeil était pourtant médiocre au départ, 10 mg par jour pendant 3 mois n'ont pas amélioré la qualité du sommeil par rapport au placebo. Notre Sommeil Optimal apporte, par gélule, 1,9 mg de mélatonine avec de la mélisse (100 mg), du houblon (100 mg), de la passiflore (50 mg) et de la valériane (50 mg) ; il est déconseillé avant 12 ans.
Os, peau et muqueuses : vitamine D, calcium, collagène
La baisse des œstrogènes accélère la perte osseuse. Une méta-analyse de 8 essais randomisés (30 970 participants), conduite pour une fondation américaine de l'ostéoporose, trouve que l'association calcium et vitamine D réduit de 15 % le risque de fracture et de 30 % celui de fracture de la hanche. À l'inverse, une méta-analyse de 81 essais montre que la vitamine D seule ne réduit ni les fractures, ni les chutes, et ne modifie pas de façon cliniquement utile la densité osseuse, quelle que soit la dose.
La vitamine D garde son intérêt pour corriger une carence, que l'on vérifie par une prise de sang (voir notre article sur la carence en vitamine D). Notre Vitamine D3 végétale apporte 1 000 UI par goutte, à raison de 2 gouttes par jour chez l'adulte ; l'apport en calcium, lui, passe d'abord par l'alimentation.
Pour la peau, qui s'amincit et se dessèche avec la baisse des œstrogènes, une méta-analyse de 19 essais randomisés en double aveugle (1 125 participants de 20 à 70 ans, à 95 % des femmes) montre que le collagène hydrolysé améliore l'hydratation, l'élasticité et les rides par rapport au placebo, avec des prises d'environ 90 jours. Notre Collagène marin et acide hyaluronique en gélules apporte, pour 4 gélules, 1 208 mg de collagène marin, 200 mg d'acide hyaluronique et 160 mg de vitamine C ; les essais ont utilisé des produits et des doses variés, détaillés dans notre article sur le collagène et la peau.
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause, dont la sécheresse vaginale, touche selon les estimations 27 à 84 % des femmes ménopausées. Les lubrifiants et hydratants vaginaux en vente libre suffisent le plus souvent aux gênes légères ; pour les gênes modérées à sévères, les œstrogènes vaginaux à faible dose et d'autres traitements sont efficaces et se prescrivent, après échange avec votre médecin.
Enfin, les oméga-3, à 1,8 g par jour, n'ont pas réduit les bouffées de chaleur dans les essais MsFLASH. Le magnésium non plus : dans un essai randomisé chez 289 femmes ménopausées ayant un antécédent de cancer du sein, l'oxyde de magnésium à 800 ou 1 200 mg par jour n'a pas fait mieux que le placebo, avec davantage de diarrhées.
Sécurité : antécédents, foie et cumuls à éviter
Les phytoestrogènes agissent faiblement sur les récepteurs des œstrogènes. Les essais de la revue Cochrane excluaient les femmes ayant un antécédent de cancer du sein : les données manquent dans cette population.
Antécédent personnel ou familial de cancer du sein, ou maladie hormonodépendante (cancer de l'utérus ou des ovaires, endométriose, fibromes) : pas de complément à base de phytoestrogènes (soja, trèfle rouge, kudzu, houblon) sans l'accord de votre médecin ; notre Ménopause Bio est déconseillé en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein, notre Kudzu dans l'ensemble de ces situations. Maladie du foie : avis médical avant l'actée à grappes noires ou l'ashwagandha, et arrêt immédiat en cas de jaunisse, d'urines foncées ou de fatigue inhabituelle. Grossesse et allaitement : le kudzu est déconseillé, et une grossesse reste possible en périménopause ; demandez un avis avant toute plante. Traitement en cours (antidiabétique, anticoagulant, antihypertenseur, antidépresseur, hormones) : demandez à votre médecin ou à votre pharmacien. Usage prolongé : 150 mg d'isoflavones par jour pendant 5 ans ont été associés à des hyperplasies de l'endomètre ; faites le point régulièrement.
Les cumuls sont l'autre piège : notre Sommeil Optimal contient aussi du houblon (100 mg par gélule) et de la mélisse (100 mg), notre Maca bio apporte 1,28 g de racine pour 4 gélules et notre Libido Femme 580 mg de maca pour 3 gélules, des plantes déjà présentes dans Ménopause Bio. Cumuler plusieurs sources de phytoestrogènes n'a pas été étudié.
| Association | Ce qui se cumule | Conseil |
|---|---|---|
| Ménopause Bio et Kudzu | Houblon et isoflavones de kudzu, deux sources de phytoestrogènes | Choisir l'un ou l'autre, ou demander l'avis de votre médecin |
| Ménopause Bio et Sommeil Optimal | Houblon et mélisse présents dans les deux | Éviter de les associer sans avis d'un professionnel |
| Ménopause Bio et Maca bio ou Libido Femme | Maca présente dans les deux | Additionner les doses de maca, ne pas les cumuler par défaut |
| Isoflavones de soja et trèfle rouge ou kudzu | Plusieurs sources d'isoflavones | Une seule source à la fois |
Choisir selon son symptôme principal
Si vos symptômes altèrent votre sommeil, votre travail ou votre vie de couple, parlez-en d'abord à votre médecin.
Selon la position 2023 déjà citée, la thérapie cognitivo-comportementale et l'hypnose clinique font partie des approches les mieux étayées, et la perte de poids figure aussi parmi les options. Nos conseils pratiques contre les bouffées de chaleur complètent ce comparatif.
Cinq plantes issues de l'agriculture biologique, en gélules végétales : houblon, sauge, mélisse, maca et cassis. Trois gélules par jour, avec un grand verre d'eau au cours des repas, apportent 480 mg de houblon, 390 mg de sauge, 300 mg de mélisse, 300 mg de maca et 100 mg de cassis.
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Questions fréquentes
Quel est le meilleur complément pour la ménopause ?
Tout dépend du symptôme principal et des antécédents. Pour les bouffées de chaleur, les isoflavones de soja ont l'effet le mieux mesuré, environ 20 % de bouffées en moins que sous placebo. Pour l'humeur, le safran a les essais les plus favorables.
Quel complément alimentaire est efficace contre les bouffées de chaleur ?
Les isoflavones de soja ont réduit la fréquence des bouffées de 20,6 % et leur sévérité de 26,2 % par rapport au placebo dans une méta-analyse de 17 essais. La sauge, le trèfle rouge et le houblon ont des essais plus petits et des résultats plus fragiles. L'actée à grappes noires n'a pas fait mieux que le placebo.
Quelle plante pour la ménopause et les bouffées de chaleur ?
La sauge est la plante la plus étudiée hors isoflavones : dans un essai de 4 semaines chez 80 femmes, financé par le fabricant de l'extrait, 59 % des femmes ont vu leur score de bouffées baisser d'au moins moitié, contre 27 % sous placebo dans l'analyse principale.
Les compléments pour la ménopause sont-ils aussi efficaces qu'un traitement hormonal ?
Non. Selon la Société nord-américaine de la ménopause, le traitement hormonal reste le plus efficace des bouffées de chaleur. Dans une analyse groupée de 3 essais, l'estradiol à faible dose les réduisait de 2,4 par jour de plus que le placebo. Le choix du traitement se fait avec votre médecin.
Que prendre à la ménopause sans hormones ?
Plusieurs médicaments non hormonaux ont des essais solides, comme certains antidépresseurs, la gabapentine ou le fézolinétant, ainsi que la thérapie cognitivo-comportementale et l'hypnose clinique. Votre médecin peut vous aider à choisir.
L'actée à grappes noires est-elle efficace ?
Dans la revue Cochrane de 16 essais et 2 027 femmes, elle ne faisait pas mieux que le placebo sur la fréquence des bouffées de chaleur ni sur les scores de symptômes. Des atteintes du foie ont aussi été rapportées, avec une causalité discutée.
Le kudzu est-il efficace pour la ménopause ?
Les données sont rares. Dans un essai de 4 semaines chez 50 femmes avec un extrait de racine, le score de symptômes a baissé, mais sans groupe placebo, et un essai plus ancien avec une préparation de racine n'avait pas montré de bénéfice net. Le kudzu contient des isoflavones et il est déconseillé en cas d'antécédent de cancer du sein, de trouble hormonodépendant, de grossesse ou d'allaitement.
Peut-on prendre des phytoestrogènes après un cancer du sein ?
Pas sans l'accord de l'oncologue. Les essais sur les phytoestrogènes excluaient le plus souvent les femmes ayant eu un cancer du sein, et les compléments de phytoestrogènes sont déconseillés en cas d'antécédent personnel ou familial.
Quel complément pour dormir à la ménopause ?
La mélatonine a amélioré la qualité subjective du sommeil chez les femmes ménopausées qui dormaient déjà mal, selon une revue de 24 études, mais pas dans un essai de 3 mois à 10 mg chez 41 femmes en bonne santé dormant déjà mal.
Quel complément pour le moral à la ménopause ?
Le safran a davantage amélioré les symptômes psychologiques que le placebo, avec 33 % d'anxiété et 32 % de symptômes dépressifs en moins par rapport au début de l'étude, en 12 semaines chez 86 femmes en périménopause, à 14 mg d'extrait deux fois par jour. L'ashwagandha a réduit le score global de symptômes dans un essai de 8 semaines. Une tristesse persistante justifie de consulter.
Faut-il prendre de la vitamine D et du calcium à la ménopause ?
L'association calcium et vitamine D a réduit de 15 % le risque de fracture et de 30 % celui de fracture de la hanche dans une méta-analyse de 8 essais. La vitamine D seule n'a pas réduit les fractures.
Combien de temps prendre un complément pour la ménopause ?
La plupart des essais durent de 8 à 12 semaines. Sans amélioration nette à ce terme, inutile de prolonger. Les compléments à base de phytoestrogènes ne se prennent pas indéfiniment, car 150 mg d'isoflavones par jour pendant 5 ans ont été associés à des hyperplasies de l'endomètre.
Sources
Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.
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