Une femme sur dix a un syndrome des ovaires polykystiques, et beaucoup l'apprennent au moment où elles essaient d'avoir un enfant : des cycles irréguliers depuis toujours, une ovulation rare ou absente, et un diagnostic qui arrive avec un mot, insulinorésistance, et un complément dont tout le monde parle, le myo-inositol.
Ce guide dit ce que les études montrent sur ce complément, et avec autant de soin ce qu'elles ne montrent pas : dix essais sur l'ovulation, neuf sur l'insuline, et zéro sur les naissances. Puis la revue Cochrane sur les antioxydants chez la femme subfertile, et le cadre médical qui vient avant tout, parce qu'un SOPK se diagnostique, se suit, et se traite.
Le SOPK touche une femme sur dix, se diagnostique chez un gynécologue, et son cœur est le plus souvent une résistance à l'insuline qui dérègle l'ovulation. Le myo-inositol : dix essais et 362 femmes, ovulation multipliée par 2,3, fréquence des cycles par 6,8 contre placebo ; neuf essais, insuline à jeun et index HOMA en baisse, SHBG en hausse après 24 semaines. Zéro essai sur les naissances vivantes ni les fausses couches. Doses des essais : 2 à 4 g par jour, trois à six mois.
Les antioxydants : Cochrane 2020, 63 essais et 7 760 femmes subfertiles, un signal sur les grossesses et les naissances de qualité faible à très faible, financements peu déclarés. Le cadre : diagnostic, bilan du couple à douze mois, spermogramme du partenaire, mode de vie, et l'induction de l'ovulation par le médecin, qui a, elle, des données sur les naissances. Le myo-inositol vient en complément de ce cadre.
Le SOPK : ce que c'est, et pourquoi l'ovulation manque
Le syndrome des ovaires polykystiques se diagnostique sur deux critères parmi trois : cycles irréguliers ou absents, signes d'excès d'androgènes, acné, pilosité, chute de cheveux, ou ovaires d'aspect polykystique à l'échographie, après avoir exclu d'autres causes, thyroïde et prolactine en tête. Chez la majorité des femmes concernées, le moteur est une résistance à l'insuline : l'insuline trop élevée stimule la production d'androgènes par l'ovaire et bloque la maturation des follicules, de sorte que l'ovulation devient rare ou absente. C'est la première cause d'infertilité par anovulation. C'est aussi un facteur de risque de diabète et de troubles métaboliques à long terme, ce qui en fait un diagnostic à poser chez un gynécologue et à suivre, au-delà du projet de bébé.
Le myo-inositol et l'ovulation : dix essais
Dix essais randomisés ont été inclus. Au total, 362 femmes étaient sous inositol, 257 sous myo-inositol et 105 sous D-chiro-inositol, 179 sous placebo et 60 sous metformine. L'inositol était associé à un taux d'ovulation significativement amélioré, risque relatif 2,3, et à une fréquence accrue des cycles menstruels, risque relatif 6,8, par rapport au placebo. Une étude rapportait le taux de grossesse clinique avec l'inositol contre placebo, risque relatif 3,3 avec un intervalle de confiance de 0,4 à 27,1, et une étude le comparait à la metformine. Aucune étude n'a évalué les taux de naissances vivantes ni de fausses couches. L'inositol paraît régulariser les cycles, améliorer l'ovulation et induire des changements métaboliques dans le SOPK ; cependant la preuve manque pour la grossesse, la fausse couche et la naissance vivante. Un essai multicentrique bien conçu est justifié pour fournir une preuve robuste de bénéfice.
Pundir J, Psaroudakis D, Savnur P, et al. BJOG 2018;125(3):299-308. DOI : 10.1111/1471-0528.14754
Deux chiffres et une absence. Les chiffres : l'ovulation multipliée par 2,3 et les cycles par 6,8, ce qui, pour une femme qui ovule deux ou trois fois par an, est un changement réel. L'absence : aucun essai sur les naissances, le seul résultat qui compte vraiment pour un couple, et un seul essai sur les grossesses, non significatif. Ovuler plus souvent est la condition de la grossesse, pas sa garantie, et les auteurs, dont fait partie Helena Teede qui dirige les recommandations internationales sur le SOPK, le disent sans détour.
Le myo-inositol et l'insuline : le mécanisme
Neuf essais randomisés impliquant 247 cas et 249 témoins ont été inclus. Des diminutions significatives de l'insuline à jeun et de l'index HOMA ont été identifiées après supplémentation en myo-inositol. L'analyse séquentielle de la méta-analyse sur l'insuline montre que la courbe cumulative a franchi la limite de surveillance, fournissant une preuve ferme de l'effet de l'intervention. Une légère tendance à la réduction de la testostérone a été trouvée, tandis que l'androstènedione restait inchangée. En analyse de sous-groupes, une augmentation significative de la SHBG sérique n'était observée que dans les études où le myo-inositol était administré pendant au moins 24 semaines. Ces résultats soulignent l'effet bénéfique du myo-inositol sur le profil métabolique des femmes avec un SOPK, réduisant concomitamment leur hyperandrogénie.
Unfer V, Facchinetti F, Orrù B, Giordani B, Nestler J. Endocr Connect 2017;6(8):647-658. DOI : 10.1530/EC-17-0243
Le myo-inositol est un second messager de l'insuline : il participe à la transmission du signal de l'insuline dans la cellule, et les femmes avec un SOPK en ont souvent un métabolisme perturbé. En le supplémentant, on améliore la sensibilité à l'insuline, l'insuline baisse, la stimulation androgénique de l'ovaire diminue, et l'ovulation revient : la mécanique est cohérente avec les dix essais de la section précédente. La réserve : deux des cinq auteurs sont salariés d'un fabricant d'inositol, ce que la publication déclare. Cela n'invalide pas la méta-analyse, qui porte sur des essais publiés par d'autres, mais c'est une information que le lecteur doit avoir.
Ce que les essais ne montrent pas, et les doses
| Ce que l'on cherche | Ce que les essais montrent | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Insuline, résistance à l'insuline | En baisse, 9 essais | Ferme selon l'analyse séquentielle |
| Régularité des cycles | Fréquence × 6,8 contre placebo | Cohérent entre essais |
| Ovulation | × 2,3 contre placebo, 10 essais | Significatif, hétérogène |
| Androgènes | Testostérone en tendance, SHBG en hausse après 24 semaines | Modeste, lent |
| Grossesse clinique | Un seul essai contre placebo, non significatif | Insuffisant |
| Naissance vivante, fausse couche | Aucun essai | Absent |
Les essais utilisent en général 2 à 4 g de myo-inositol par jour, le plus souvent 2 g deux fois par jour, souvent avec 200 à 400 µg d'acide folique, pendant trois à six mois ; les effets hormonaux lents, comme la SHBG, demandent 24 semaines. Certains associent le D-chiro-inositol dans un rapport 40 pour 1. Notre formule Fertilité féminine apporte 1 g de myo-inositol par jour, la moitié de la dose basse des essais, dans une association plus large avec la vitamine D3, le fer, le zinc, le sélénium, les vitamines C, E et B9 et la maca : c'est une couverture nutritionnelle préconceptionnelle, pas une reproduction des protocoles sur le SOPK. Une femme qui veut le dosage des essais le trouve en myo-inositol pur, et en parle à son gynécologue.
Les antioxydants : Cochrane
Soixante-trois essais et 7 760 femmes subfertiles suivies en clinique de reproduction ont été inclus, comparant au placebo ou à l'absence de traitement des antioxydants oraux, dont la N-acétylcystéine, la mélatonine, la L-arginine, le myo-inositol, la carnitine, le sélénium, la vitamine E, les vitamines B, la vitamine C, la vitamine D avec calcium, la CoQ10 et les oméga-3. Seuls 27 des 63 essais déclaraient leur source de financement. En raison de la très faible qualité de la preuve, nous sommes incertains quant à savoir si les antioxydants améliorent le taux de naissances vivantes, rapport de cotes 1,81, 13 essais et 1 227 femmes : chez des femmes subfertiles avec un taux attendu de 19 pour cent, le taux sous antioxydants serait de 24 à 36 pour cent. Une preuve de faible qualité suggère que les antioxydants pourraient améliorer le taux de grossesse clinique, 35 essais et 5 165 femmes. Pas de différence sur les fausses couches, les grossesses multiples, les troubles digestifs ni les grossesses extra-utérines. À ce jour, la preuve en faveur des antioxydants oraux chez la femme subfertile est limitée.
Showell MG, Mackenzie-Proctor R, Jordan V, Hart RJ. Cochrane Database Syst Rev 2020;8:CD007807. DOI : 10.1002/14651858.CD007807.pub4
Depuis la publication, sept des essais inclus ont été rétractés et deux font l'objet d'expressions de préoccupation. Les éditeurs de Cochrane ont évalué l'impact de leur retrait et jugent qu'il ne change pas les conclusions, qui seront mises à jour sans ces études. C'est une illustration de ce qu'est ce champ : beaucoup de petits essais, des financements peu déclarés, et une qualité de preuve que Cochrane qualifie de faible à très faible. Le signal existe, sur les grossesses surtout ; il ne permet pas de promettre.
Le cadre, dans l'ordre
Myo-inositol 1 000 mg, vitamine D3 1 000 UI, acide folique 300 µg, fer 14 mg, zinc 10 mg, sélénium 50 µg, vitamines C et E, avec de la maca, en quatre gélules par jour. Les micronutriments que les recommandations placent avant la grossesse, et une première dose de myo-inositol ; pour reproduire les 2 à 4 g des essais sur le SOPK, le myo-inositol pur se complète, avec le gynécologue.
Voir Fertilité féminineNotre article sur l'acide folique détaille pourquoi il commence avant la conception.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le SOPK et pourquoi gêne-t-il la fertilité ?
Le syndrome des ovaires polykystiques touche environ une femme sur dix en âge de procréer. Il se diagnostique chez un gynécologue sur deux critères parmi trois : cycles irréguliers ou absents, signes d'excès d'androgènes, ou ovaires d'aspect polykystique à l'échographie, après exclusion d'autres causes. Au cœur du syndrome, chez la majorité des femmes concernées, une résistance à l'insuline : l'insuline trop élevée stimule la production d'androgènes par l'ovaire et perturbe la maturation des follicules, de sorte que l'ovulation devient rare ou absente. C'est la première cause d'infertilité par anovulation, et un facteur de risque métabolique à long terme.
Le myo-inositol fait-il ovuler ?
Les essais le suggèrent nettement. La méta-analyse publiée dans le BJOG a réuni dix essais randomisés : 362 femmes sous inositol, 179 sous placebo et 60 sous metformine. Par rapport au placebo, l'inositol multipliait le taux d'ovulation par 2,3 et la fréquence des cycles par 6,8. Un seul essai rapportait les grossesses cliniques, avec un résultat non significatif, et aucun essai n'a mesuré les naissances vivantes ni les fausses couches. Les auteurs concluent que l'inositol régularise les cycles et améliore l'ovulation, mais que la preuve manque pour la grossesse et la naissance.
Le myo-inositol agit-il sur l'insuline et les hormones ?
Oui, et c'est son mécanisme. La méta-analyse publiée dans Endocrine Connections a réuni neuf essais randomisés, 247 femmes sous myo-inositol et 249 témoins. L'insuline à jeun et l'index HOMA baissaient significativement, avec une preuve jugée ferme pour l'insuline. La testostérone tendait à baisser, et la SHBG augmentait dans les essais d'au moins 24 semaines. Le myo-inositol est un second messager de l'insuline ; en le supplémentant, on améliore la sensibilité à l'insuline, ce qui réduit la stimulation androgénique de l'ovaire. Deux des auteurs sont salariés d'un fabricant d'inositol, ce que la publication déclare.
Quelle dose de myo-inositol dans les études ?
La plupart des essais utilisent 2 à 4 g de myo-inositol par jour, le plus souvent 2 g deux fois par jour, souvent avec 200 à 400 µg d'acide folique, pendant trois à six mois ; les effets sur la SHBG n'apparaissent qu'à partir de 24 semaines. Notre formule Fertilité féminine apporte 1 g de myo-inositol par jour, soit la moitié de la dose basse des essais, dans une association plus large avec la vitamine D3, le fer, le zinc, le sélénium, les vitamines C, E et B9 et la maca ; elle s'inscrit dans une logique de couverture nutritionnelle préconceptionnelle, pas de reproduction stricte des essais sur le SOPK.
Les antioxydants aident-ils la fertilité féminine ?
La preuve est de faible à très faible qualité. La revue Cochrane de 2020 a réuni 63 essais et 7 760 femmes subfertiles, comparant au placebo des antioxydants variés dont le myo-inositol, la mélatonine, la vitamine E, la vitamine D, la CoQ10 et les oméga-3. Sur les naissances vivantes, treize essais vont dans le sens d'une augmentation, mais la qualité est très faible et les auteurs se disent incertains. Sur les grossesses cliniques, 35 essais, preuve de faible qualité dans le même sens. Seuls 27 essais sur 63 déclaraient leur financement, et plusieurs études incluses ont été rétractées depuis. Au total, une preuve limitée.
Que faire en premier avec un SOPK et un projet de bébé ?
Poser le diagnostic chez un gynécologue, parce que les cycles irréguliers ont d'autres causes. Faire le bilan du couple dès douze mois d'essais, six si vous avez plus de 35 ans, et le spermogramme du partenaire en même temps. Discuter avec le médecin de l'induction de l'ovulation, létrozole ou citrate de clomifène, qui est le traitement de référence et qui a des données sur les naissances. L'alimentation et l'activité physique, avec une perte de poids de 5 à 10 % quand il y a un surpoids, rétablissent l'ovulation chez une partie des femmes. Le myo-inositol vient en complément de ce cadre, pas à sa place.
Que retenir sur le SOPK et la fertilité ?
Que le SOPK est un diagnostic médical, première cause d'anovulation, avec une résistance à l'insuline au cœur. Que le myo-inositol, à 2 à 4 g par jour sur plusieurs mois, améliore l'insuline, régularise les cycles et multiplie l'ovulation par 2,3 dans dix essais, sans aucune donnée sur les naissances. Que les antioxydants ont une preuve de faible à très faible qualité selon Cochrane. Que l'induction de l'ovulation par le médecin et le mode de vie sont la première ligne. Et que le bilan se fait à deux.
Sources
Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.
- Pundir J, Psaroudakis D, Savnur P, et al. Traitement de l'anovulation par l'inositol chez les femmes avec un syndrome des ovaires polykystiques : méta-analyse d'essais randomisés. BJOG, 2018;125(3):299-308. DOI
- Unfer V, Facchinetti F, Orrù B, Giordani B, Nestler J. Effets du myo-inositol chez les femmes avec un SOPK : méta-analyse d'essais randomisés. Endocrine Connections, 2017;6(8):647-658. DOI
- Showell MG, Mackenzie-Proctor R, Jordan V, Hart RJ. Antioxydants pour la subfertilité féminine. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2020;8:CD007807. DOI


