Une revue publiée en 2022 a réuni quinze essais contrôlés contre placebo menés chez la femme ménopausée. Sa conclusion : le ginseng réduit modestement, mais de façon significative, les symptômes de la ménopause et les bouffées de chaleur, sans effet mesurable sur les hormones. Derrière le mot ginseng se cachent pourtant des préparations très différentes, ginseng rouge coréen, Panax ginseng, ginseng américain, extraits standardisés ou racine entière, dont les résultats ne se transposent pas de l'une à l'autre.
Ce guide rassemble ce que montrent les études identifiées via PubMed, sujet par sujet : ménopause, désir, fatigue et carence en fer, humeur, peau, cycle et fertilité. Il explique aussi pourquoi le ginseng se déconseille pendant la grossesse et l'allaitement, ce que l'on sait du cancer du sein et des interactions médicamenteuses, et se termine par un mode d'emploi pratique.
Ce que montrent les essais : chez la femme ménopausée, le ginseng réduit un peu les symptômes de la ménopause et les bouffées de chaleur (tailles d'effet de −0,40 et −0,34 dans la méta-analyse de 2022), sans modifier l'estradiol ni l'épaisseur de l'endomètre. Plusieurs essais retrouvent un gain sur la fonction sexuelle, jusqu'à 6,32 points au score total du questionnaire FSFI, mais les méta-analyses divergent. Sur la fatigue, les effets restent petits ; chez la femme réglée, une carence en fer est à écarter d'abord par une prise de sang.
Précautions et données manquantes : le ginseng se déconseille pendant la grossesse et l'allaitement, et demande un avis médical en cas de traitement antidiabétique ou anticoagulant, d'antécédent de cancer du sein ou de saignement inexpliqué. Pour la peau, le cycle et la fertilité, les données humaines restent minces. L'extrait HRG80 a fait l'objet d'un essai pilote contrôlé, positif sur l'attention et le stress perçu, et d'un essai ouvert sur la fatigue chronique.
- Ginseng et femme : de quelles plantes parle-t-on ?
- Ménopause : bouffées de chaleur et score de Kupperman
- Ménopause : houblon, sauge et maca, les autres plantes étudiées
- Désir et fonction sexuelle féminine
- Fatigue : ce que montrent les essais chez les femmes
- HRG80 : ce que disent les études sur cet extrait
- Humeur, stress et mémoire
- Peau : les rares essais par voie orale
- Cycle, syndrome prémenstruel et fertilité
- Grossesse et allaitement : pourquoi s'abstenir
- Cancer du sein, saignements et interactions
- Mode d'emploi : bien prendre le ginseng rouge
- Questions fréquentes
Ginseng et femme : de quelles plantes parle-t-on ?
Le mot ginseng recouvre plusieurs plantes. Le Panax ginseng, ou ginseng asiatique, est celui de la plupart des essais présentés ici : sa racine séchée donne le ginseng blanc, sa racine cuite à la vapeur le ginseng rouge, dont la composition en ginsénosides, ses principaux actifs, diffère. Le ginseng américain, Panax quinquefolius, est une autre espèce. L'extrait HRG80 est un ginseng rouge issu d'un Panax ginseng cultivé en hydroponie.
Ces différences comptent. Dans une revue systématique de 10 essais menés chez la femme ménopausée, les doses allaient de 200 à 3 000 mg par jour, pendant 2 à 16 semaines, avec du ginseng rouge coréen, du ginseng rouge fermenté ou des préparations commerciales : chaque étude est donc présentée ici avec sa préparation et sa dose. Notre guide complet du ginseng et notre comparatif ginseng rouge ou blanc détaillent les espèces et leur transformation.
La qualité des preuves reste faible. Une revue de 19 méta-analyses, publiée en 2023, retrouve des bénéfices sur la fatigue, la fonction sexuelle et les symptômes de la ménopause, mais juge la qualité méthodologique de 14 d'entre elles critiquement faible ; les effets indésirables relevés sont surtout digestifs, avec un risque possible de saignement, sans effet indésirable grave. Dans la revue de 2016, 8 des 10 essais avaient été menés en Corée et 8 financés par des industriels, un biais potentiel.
Les méta-analyses expriment souvent leurs résultats en taille d'effet, qui rapporte l'écart entre deux groupes à la dispersion des mesures. Par convention, 0,2 correspond à un petit effet, 0,5 à un effet moyen et 0,8 à un grand effet. Le signe moins indique ici une baisse des symptômes.
Ménopause : bouffées de chaleur et score de Kupperman
La revue de 2022 réunit 15 essais contrôlés contre placebo chez des femmes ménopausées, dont une majorité présente un risque de biais. Dans les trois essais qui mesuraient l'ensemble des symptômes, soit 515 femmes, le ginseng les a réduits avec une taille d'effet de −0,40 ; les bouffées de chaleur ont baissé de −0,34 et le score de qualité de vie s'est amélioré de −0,31 : de petits effets, mais significatifs. La revue de 2016 ne trouvait pas encore d'effet significatif sur les bouffées de chaleur (−0,18, sur 459 femmes).
Chez 72 femmes ménopausées de 45 à 60 ans, 3 g de ginseng rouge par jour, apportant 60 mg de ginsénosides, ont amélioré en 12 semaines le score de Kupperman et l'échelle de cotation de la ménopause par rapport au placebo. Le cholestérol total et le LDL ont baissé, sans modification de l'estradiol sanguin.
Kim SY, Seo SK, Choi YM, et al. Menopause 2012;19(4):461-466. DOI : 10.1097/gme.0b013e3182325e4b
Un essai chinois récent va dans le même sens chez 112 femmes de 45 à 60 ans, en périménopause ou ménopausées : une boisson apportant 2,1 g d'extrait concentré de ginseng rouge par jour pendant 90 jours a réduit le score de Kupperman par rapport au placebo, notamment les bouffées de chaleur et les sueurs, l'insomnie, l'irritabilité et la fatigue, sans modifier les hormones ni l'endomètre. La boisson et le placebo étaient fournis par la Korea Ginseng Corporation.
Tous les essais ne concluent pas ainsi. Chez 384 femmes, une préparation commerciale de ginseng n'a réduit ni les bouffées de chaleur ni le score global de bien-être, son critère principal ; seule une analyse exploratoire suggérait un gain sur la dépression et le bien-être. Chez 55 femmes opérées d'un cancer gynécologique avant leur ménopause, 3 g de ginseng rouge coréen par jour pendant 12 semaines n'ont pas fait mieux que le placebo, sauf sur les plaintes d'ordre sexuel.
| Essai | Préparation et durée | Résultat |
|---|---|---|
| Kim, 2012, 72 femmes ménopausées | Ginseng rouge, 3 g par jour, 12 semaines | Score de Kupperman amélioré, estradiol inchangé |
| Wang, 2026, 112 femmes de 45 à 60 ans | Boisson à 2,1 g d'extrait de ginseng rouge par jour, 90 jours | Bouffées de chaleur, insomnie et irritabilité en baisse, hormones stables |
| Chung, 2021, 55 femmes opérées | Ginseng rouge coréen, 3 g par jour, 12 semaines | Pas de différence avec le placebo, sauf sur les plaintes sexuelles |
| Lee, 2022, revue de 15 essais | Préparations variées contre placebo | Symptômes −0,40, bouffées de chaleur −0,34, qualité de vie −0,31 |
Ce questionnaire additionne les principaux symptômes de la ménopause : bouffées de chaleur et sueurs, fourmillements, insomnie, irritabilité, humeur dépressive, fatigue. Plus il baisse, plus les symptômes reculent.
Ces effets restent modestes au regard du traitement hormonal de la ménopause, de loin le plus efficace contre les bouffées de chaleur selon une revue des traitements, qui jugeait aussi prometteuses des options non hormonales comme certains antidépresseurs ou la gabapentine. Des bouffées de chaleur qui perturbent le sommeil justifient d'en parler à son médecin ; notre guide sur la ménopause fait le point sur les symptômes et leur durée.
Ménopause : houblon, sauge et maca, les autres plantes étudiées
Le houblon contient de la 8-prénylnaringénine, un phytoestrogène. Chez 67 femmes ménopausées, un extrait de houblon standardisé à 100 µg de 8-prénylnaringénine par jour a fait davantage baisser le score de Kupperman que le placebo à 6 semaines, mais pas de façon significative à 12 semaines, le placebo ayant lui aussi réduit les symptômes ; la dose de 250 µg n'a pas fait mieux, et le score des bouffées de chaleur baissait davantage à 6 semaines avec les deux doses.
La sauge a été évaluée dans un essai ouvert, sans placebo, chez 71 femmes ménopausées ayant au moins cinq bouffées de chaleur par jour : un comprimé quotidien de feuilles fraîches de sauge a réduit le score d'intensité des bouffées de chaleur de 50 % en 4 semaines et de 64 % en 8 semaines. Ce résultat demande donc confirmation. Pour la maca, une revue systématique de 4 essais retrouve des effets favorables sur les symptômes de la ménopause, mais juge les preuves limitées.
Notre formule Ménopause bio réunit des plantes issues de l'agriculture biologique : houblon, sauge, mélisse, maca et cassis. Elle ne contient pas de ginseng et se conçoit comme une formule complémentaire. Les essais cités ont utilisé d'autres préparations, un extrait de houblon standardisé en 8-prénylnaringénine ou des feuilles fraîches de sauge : leurs résultats ne se transposent pas tels quels à la formule. Elle est déconseillée en cas d'antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein et n'est pas destinée à un usage à long terme.
Le kudzu, autre plante étudiée contre les symptômes hormonaux de la ménopause, fait l'objet d'un guide dédié.
Désir et fonction sexuelle féminine
Chez la femme, les effets du ginseng sur le désir ont surtout été étudiés après la ménopause. Dans un essai croisé, trois gélules de 1 g de ginseng rouge coréen par jour ont fait passer le score d'excitation du questionnaire de fonction sexuelle féminine, le FSFI, de 3,10 à 3,50 chez 28 femmes ménopausées, avec une appréciation globale meilleure que sous placebo. Deux saignements vaginaux sont survenus pendant la prise de ginseng.
Chez 62 femmes ménopausées souffrant de troubles sexuels, 500 mg de Panax ginseng deux fois par jour pendant 4 semaines ont augmenté le score total de fonction sexuelle de 6,32 points de plus que le placebo, et réduit les symptômes de la ménopause.
Ghorbani Z, Mirghafourvand M, Charandabi SM, Javadzadeh Y. Complement Ther Med 2019;45:57-64. DOI : 10.1016/j.ctim.2019.05.015
Chez 66 femmes ménopausées souffrant de dépression majeure, qui poursuivaient leur traitement antidépresseur, 250 mg de ginseng deux fois par jour pendant 8 semaines, sans précision d'espèce, ont amélioré le score de fonction sexuelle de 2,17 points de plus que le placebo. Une méta-analyse consacrée aux produits naturels attribue au Panax ginseng un effet moyen sur l'excitation (0,54) et sur le désir (0,59), mais la revue de 2022 ne trouve pas d'effet significatif sur la fonction sexuelle globale (0,31, sur 3 essais et 491 femmes) : les conclusions dépendent des essais retenus.
| Essai | Préparation et durée | Résultat |
|---|---|---|
| Oh, 2010, 28 femmes ménopausées | Ginseng rouge coréen, 3 g par jour, essai croisé | Excitation de 3,10 à 3,50 ; deux saignements vaginaux |
| Ghorbani, 2019, 62 femmes ménopausées | Panax ginseng, 500 mg deux fois par jour, 4 semaines | +6,32 points de fonction sexuelle contre placebo |
| Sharifpour, 2025, 66 femmes ménopausées dépressives | Ginseng, 250 mg deux fois par jour, 8 semaines | +2,17 points, humeur et symptômes de ménopause améliorés |
| Sha'ari, 2021, méta-analyse | Panax ginseng contre placebo | Excitation 0,54, désir 0,59 : effets moyens |
| Lee, 2022, 3 essais, 491 femmes | Préparations variées contre placebo | Fonction sexuelle 0,31, non significatif |
Ces essais sont courts et portent sur quelques dizaines de femmes. Les essais menés chez l'homme sont détaillés dans notre article ginseng, libido et érection, et notre comparatif maca, tribulus et ginseng passe en revue les autres plantes du désir. Notre formule Libido Femme, sans ginseng, associe pour 3 gélules maca 580 mg, rhodiola 600 mg, muira puama 300 mg et ginkgo 60 mg ; elle est déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement, aux mineures, en cas d'antécédents de cancer du sein et sous traitement antihypertenseur, anticoagulant ou antidiabétique.
Fatigue : ce que montrent les essais chez les femmes
Chez 90 adultes souffrant de fatigue chronique inexpliquée, dont 69 femmes, un extrait éthanolique de Panax ginseng, à 1 ou 2 g par jour pendant 4 semaines, n'a pas réduit le score total de fatigue par rapport au placebo, mais a amélioré la fatigue mentale ; seule la dose de 2 g a fait baisser l'échelle visuelle de fatigue, de 7,3 à 4,4, contre 7,1 à 5,8 sous placebo. Chez 52 femmes atteintes de sclérose en plaques, 250 mg de ginseng deux fois par jour pendant 3 mois, sans précision d'espèce, ont réduit la fatigue et amélioré la qualité de vie par rapport au placebo.
Une méta-analyse de 19 essais, avec du ginseng seul ou des formules de plantes à base de ginseng, ne trouve pas de baisse significative de la fatigue toutes situations confondues (−0,36), mais un petit effet sur la fatigue chronique (−0,30) et sur la fatigue sans maladie identifiée (−0,48), sans plus d'effets indésirables que dans les groupes témoins. Chez 364 personnes fatiguées, atteintes ou ayant été atteintes d'un cancer, 2 000 mg par jour de ginseng américain du Wisconsin (Panax quinquefolius) ont amélioré le score de fatigue de 20 points à 8 semaines, contre 10,3 sous placebo, sans différence significative à 4 semaines.
Chez 198 femmes réglées de 18 à 53 ans, fatiguées, non anémiées mais avec une ferritine inférieure à 50 µg/L, recrutées par 44 médecins généralistes en France, 80 mg de fer par jour pendant 12 semaines ont réduit le score de fatigue de 47,7 %, contre 28,8 % sous placebo.
Vaucher P, Druais PL, Waldvogel S, Favrat B. CMAJ 2012;184(11):1247-1254. DOI : 10.1503/cmaj.110950
Chez une femme réglée, la fatigue mérite donc d'abord un dosage sanguin de la ferritine : notre guide sur la ferritine basse en détaille la lecture, et notre article sur les règles abondantes explique le lien avec la carence en fer. Cet essai utilisait 80 mg de fer sous forme de sulfate ferreux, une dose et une forme différentes de notre Fer bisglycinate, qui apporte 14 mg de fer, 80 mg de vitamine C et 200 µg de vitamine B9 par gélule, 1 h avant un repas ; il ne se conçoit que si une prise de sang confirme une carence, et pas pendant la grossesse, l'allaitement ou en cas d'hémochromatose. Notre article ginseng et fatigue détaille les autres essais.
Une fatigue qui dure plusieurs semaines, ou qui s'accompagne d'essoufflement, de palpitations, d'une perte de poids, de fièvre ou de règles très abondantes, justifie une consultation et un bilan sanguin avant tout complément.
HRG80 : ce que disent les études sur cet extrait
L'extrait HRG80 provient d'un Panax ginseng cultivé en hydroponie, puis cuit à la vapeur pour donner un ginseng rouge. Selon les chercheurs qui l'ont étudié, ce procédé convertit une partie des ginsénosides majeurs en ginsénosides dits rares, comme Rg3 ou Rk1, mieux absorbés.
Chez 50 adultes des deux sexes exposés à un stress professionnel, deux gélules par jour de HRG80, soit environ 418 mg de racine de ginseng rouge HRG80, ont réduit pendant 14 jours les erreurs à un test d'attention passé en fin de journée de travail et amélioré la mémoire par rapport au placebo ; le stress perçu a baissé dès le cinquième jour. Un ginseng conventionnel, utilisé comme comparateur, ne se distinguait pas du placebo au test d'attention, mais égalait le HRG80 sur la mémoire.
Mariage PA, Hovhannisyan A, Panossian AG. Pharmaceuticals (Basel) 2020;13(4):57. DOI : 10.3390/ph13040057
Il s'agit d'une étude pilote, sur 50 personnes et deux semaines par traitement, menée par des chercheurs liés au producteur de l'extrait : un résultat encourageant, à confirmer. Un second essai, ouvert et sans placebo, a suivi 188 personnes atteintes de syndrome de fatigue chronique ou de fibromyalgie, en majorité des femmes : après un mois de HRG80, 60,1 % se sont déclarées améliorées. Les auteurs en soulignent les limites : pas de groupe placebo, des critères subjectifs, environ un quart des inscrits perdus de vue.
Dans ces deux essais, le HRG80 est décrit comme une poudre de racine de ginseng rouge, prise à raison d'environ 418 mg par jour dans l'essai pilote, et dans l'essai ouvert de 200 à 400 mg en gélules ou de 100 à 200 mg en comprimés associés à une cyclodextrine. Notre Ginseng rouge HRG80 apporte 200 mg d'extrait de racine HRG80 par jour, en 2 gélules végétales, soit environ la moitié de la dose de l'essai pilote. Réservé à l'adulte, il est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes et aux personnes sous traitement antidiabétique.
Humeur, stress et mémoire
Chez la femme ménopausée, plusieurs essais mesurent l'humeur. La préparation commerciale citée plus haut n'a montré un gain sur la dépression et le bien-être qu'en analyse exploratoire ; dans l'essai chinois, la boisson au ginseng rouge a réduit les scores de dépression et d'insomnie ; chez des femmes ménopausées souffrant de dépression majeure, 8 semaines de ginseng ont abaissé le score de dépression d'environ 4 points de plus que le placebo, en complément de leur traitement. À l'inverse, chez 57 femmes ménopausées de 51 à 66 ans, une association de ginkgo (120 mg) et de Panax ginseng (200 mg) prise pendant 12 semaines n'a amélioré ni l'humeur, ni les symptômes de la ménopause, ni les tests de mémoire et d'attention.
Sur la mémoire, la revue Cochrane consacrée à la cognition conclut à l'absence de preuve convaincante d'un effet du Panax ginseng chez les personnes en bonne santé. L'essai pilote HRG80 mesurait, lui, l'attention en situation de stress professionnel.
Pour l'humeur, le safran a fait l'objet d'essais que notre guide du safran détaille ; notre Safran (Safr'Inside) apporte 30 mg d'extrait de safran standardisé en safranal, en une gélule le matin. Il est déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement et avant 12 ans, et demande un avis médical en cas de traitement antidépresseur, anxiolytique ou anticoagulant. Une humeur dépressive qui dure plus de deux semaines relève d'une consultation.
Peau : les rares essais par voie orale
Par voie orale, un premier essai a suivi 82 femmes de plus de 40 ans pendant 24 semaines : 3 g par jour d'un mélange d'extrait de ginseng rouge, de Torilus fructus et de Corni fructus ont amélioré les rides du visage et augmenté la production de procollagène de type I, mesurée sur des prélèvements de peau, dans le groupe traité seulement. L'élasticité, l'hydratation, les rougeurs et la pigmentation n'ont pas changé, et l'effet ne peut pas être attribué au ginseng seul, puisqu'il s'agissait d'un mélange.
Un essai oral a testé un ginseng seul : chez 78 femmes de 40 à 60 ans, 750 mg par jour d'un extrait de ginseng rouge traité par enzymes pendant 24 semaines ont réduit les rides du coin de l'œil et la perte d'eau de la peau, et amélioré son élasticité, par rapport au placebo. Petit essai, à confirmer. Notre guide collagène, peau et rides analyse les essais menés avec le collagène.
Cycle, syndrome prémenstruel et fertilité
Sur le cycle, les données humaines se résument à un petit essai coréen en simple aveugle, consacré d'abord à l'exposition au bisphénol A : chez 22 jeunes femmes, 2,7 g de ginseng rouge coréen par jour pendant 2 semaines ont atténué, selon leurs réponses aux questionnaires, les irrégularités du cycle, les douleurs de règles et la constipation. C'est trop peu pour conclure, et nous n'avons identifié aucun essai sur le syndrome prémenstruel.
Sur la fertilité féminine, nous n'avons identifié dans PubMed aucun essai clinique évaluant le ginseng seul : les travaux disponibles sont menés chez l'animal ou en laboratoire. En revanche, un ginsénoside isolé, le Rb1, a montré des effets toxiques sur des embryons de rat cultivés in vitro. En cas de projet de grossesse, mieux vaut donc en parler à son médecin avant d'en prendre. Notre guide augmenter sa fertilité naturellement détaille les approches étudiées chez l'humain.
Grossesse et allaitement : pourquoi s'abstenir
Trois raisons : des effets toxiques d'un ginsénoside sur l'embryon observés en laboratoire, des données humaines trop minces pour écarter un risque rare, et aucun essai de qualité sur la sécurité du ginseng pendant l'allaitement.
Exposés à 30 µg/mL de ginsénoside Rb1 pendant l'organogenèse, des embryons de rat cultivés in vitro ont obtenu un score morphologique médian de 35, contre 45 pour les embryons témoins ; à 50 µg/mL, le score tombait à 28, avec des embryons plus courts et moins de somites. Les auteurs recommandent la prudence chez la femme en âge de procréer.
Chan LY, Chiu PY, Lau TK. Hum Reprod 2003;18(10):2166-2168. DOI : 10.1093/humrep/deg401
Ces résultats, obtenus avec un ginsénoside isolé sur des embryons en culture, ne se transposent pas directement à la femme, mais justifient la prudence. Côté humain, un registre suédois de 860 215 femmes ayant accouché a recensé 787 femmes (moins de 0,1 %) déclarant des plantes en début de grossesse, le ginseng figurant parmi les plus citées : aucun effet sur les nouveau-nés n'a été retrouvé, mais le nombre d'expositions était trop faible pour exclure des effets rares, comme certaines malformations. Pendant l'allaitement, une revue consacrée aux plantes les plus vendues, dont le ginseng, conclut qu'aucune n'a été évaluée par des essais de qualité.
Nos produits au ginseng sont déconseillés aux femmes enceintes ou allaitantes. Pour les nausées de grossesse, notre article gingembre et nausées de grossesse détaille les essais menés avec le gingembre ; parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme avant tout complément.
Cancer du sein, saignements et interactions
Dans les essais menés chez la femme ménopausée comme dans la revue de 2022, le ginseng n'a modifié ni l'estradiol, ni la FSH, ni l'épaisseur de l'endomètre ; la revue de 2016 relève seulement une différence sur la DHEA. En laboratoire, le tableau est plus contrasté : à faible concentration, un extrait au méthanol de ginseng américain a stimulé la multiplication de cellules de cancer du sein sensibles aux œstrogènes, un effet bloqué par les anti-œstrogènes, alors que l'extrait aqueux ne le faisait pas ; à concentration plus élevée, les deux extraits freinaient au contraire leur croissance.
Chez l'humain, une cohorte de 1 455 femmes atteintes d'un cancer du sein, à Shanghai, a observé que les consommatrices régulières de ginseng avant le diagnostic, environ 27 % des patientes, avaient un risque de décès plus faible pendant le suivi (rapport de risque de 0,71). Il s'agit d'une association, qui ne prouve pas un effet protecteur et ne renseigne pas sur la sécurité d'une prise pendant un traitement du cancer. Par prudence, en cas d'antécédent de cancer du sein ou de cancer hormonodépendant, le ginseng se discute avec l'oncologue.
Deux saignements vaginaux sont survenus sous ginseng rouge dans l'essai sur le désir cité plus haut, et la revue de 19 méta-analyses mentionne un risque possible de saignement. Tout saignement après la ménopause doit être signalé à un médecin.
Trois familles de médicaments demandent un avis médical. Les antidiabétiques : dans une méta-analyse de 16 essais, le ginseng a abaissé la glycémie à jeun de 0,31 mmol/L, un effet modeste qui peut s'ajouter à celui d'un traitement. Les anticoagulants : chez 20 volontaires sains, deux semaines de ginseng américain ont réduit l'effet de la warfarine, avec un pic d'INR abaissé de 0,19 par rapport au placebo. Certains antidépresseurs : une revue systématique des effets indésirables cite des interactions rapportées avec la phénelzine, un antidépresseur de la famille des IMAO, tout en jugeant ces événements rares avec le ginseng seul.
Grossesse et allaitement : à éviter. Traitement antidiabétique ou anticoagulant : avis médical avant toute prise ; nos produits au ginseng sont déconseillés sous antidiabétique. Antécédent de cancer du sein : avis de l'oncologue ; antécédent personnel ou familial : pas de formule Ménopause bio. Saignement après la ménopause : consultation. Effets indésirables : maux de tête, troubles du sommeil et troubles digestifs sont les plus fréquents, généralement légers et passagers.
Mode d'emploi : bien prendre le ginseng rouge
Les repères ci-dessous sont des conseils pratiques, pas des résultats d'études ; ils s'appuient sur la durée des essais menés à la ménopause, de 2 à 16 semaines, et sur les modes d'emploi de nos produits.
Un ginseng rouge HRG80 (Panax ginseng) cultivé en hydroponie, sans pesticides ni engrais chimiques, titré en ginsénosides rares (Rg3, Rg5, Rk1) et standardisé à chaque lot. Deux gélules végétales par jour apportent 200 mg d'extrait de racine HRG80, à prendre ensemble ou espacées dans la journée, avec un grand verre d'eau.
Voir le Ginseng rouge HRG80Pour la ménopause, notre formule Ménopause bio associe houblon, sauge, mélisse, maca et cassis, sans ginseng.
Questions fréquentes
Quels sont les bienfaits du ginseng pour la femme ?
Les mieux documentés concernent la ménopause : selon une revue de 15 essais contre placebo, le ginseng réduit un peu les symptômes et les bouffées de chaleur et améliore la qualité de vie, avec de petites tailles d'effet. Plusieurs essais suggèrent aussi un gain sur le désir et l'excitation, et de petits effets sur la fatigue et l'humeur. Les données restent minces pour la peau, le cycle et la fertilité.
Le ginseng rouge est-il bon pour la femme ?
C'est la forme la plus étudiée chez la femme ménopausée. Chez 72 femmes, 3 g de ginseng rouge par jour pendant 12 semaines ont amélioré le score de Kupperman sans modifier l'estradiol ; chez 112 femmes, une boisson au ginseng rouge prise 90 jours a réduit bouffées de chaleur, insomnie et irritabilité. Il reste déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement.
Le ginseng aide-t-il à la ménopause ?
Un peu. La revue la plus récente retrouve une taille d'effet de −0,40 sur les symptômes de la ménopause et de −0,34 sur les bouffées de chaleur, sur 515 femmes : de petits effets. Le traitement hormonal reste le plus efficace contre les bouffées de chaleur ; le ginseng peut accompagner une ménopause gênante, en parallèle d'un suivi médical.
Le ginseng augmente-t-il la libido féminine ?
Plusieurs essais menés chez des femmes ménopausées le suggèrent : 4 semaines de Panax ginseng ont augmenté le score de fonction sexuelle de 6,32 points de plus que le placebo. Une méta-analyse retrouve un effet moyen sur le désir (0,59), mais une autre, sur 491 femmes, ne trouve pas d'effet significatif sur la fonction sexuelle globale.
Le ginseng est-il bon pour la peau ?
Les preuves sont minces. Un essai par voie orale, chez 82 femmes de plus de 40 ans, a amélioré les rides avec 3 g par jour d'un mélange d'extrait de ginseng rouge et de deux autres plantes pendant 24 semaines, sans effet sur l'hydratation ni l'élasticité. L'effet ne peut pas être attribué au ginseng seul.
Peut-on prendre du ginseng enceinte ?
Non, il est déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement. Un ginsénoside isolé a eu des effets toxiques sur des embryons de rat en culture, les données humaines sont trop limitées pour exclure des effets rares, et aucun essai de qualité n'a évalué sa sécurité pendant l'allaitement. Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme.
Le ginseng aide-t-il à tomber enceinte ?
Nous n'avons identifié aucun essai clinique évaluant le ginseng seul sur la fertilité féminine : les travaux disponibles sont menés chez l'animal ou en laboratoire. Comme le ginseng est déconseillé pendant la grossesse, mieux vaut en parler à son médecin en cas de projet de grossesse.
Le ginseng est-il efficace contre la fatigue chez la femme ?
Ses effets sont petits et inégaux selon les préparations : dans un essai de 90 adultes, dont 69 femmes, seule la dose de 2 g par jour d'extrait de Panax ginseng a réduit la fatigue mesurée sur une échelle visuelle. Chez une femme réglée, une carence en fer est à vérifier d'abord par une prise de sang.
Le ginseng est-il déconseillé en cas de cancer du sein ?
Il demande l'avis de l'oncologue. Les essais ne montrent pas d'effet sur l'estradiol ni sur l'endomètre, mais en laboratoire, un extrait de ginseng américain a stimulé des cellules de cancer du sein sensibles aux œstrogènes à faible concentration. Une cohorte chinoise associe la consommation de ginseng à une meilleure survie, sans preuve de cause à effet.
Quels sont les effets secondaires du ginseng chez la femme ?
Dans les essais, ils sont généralement légers et passagers : maux de tête, troubles du sommeil et troubles digestifs sont les plus fréquents. Des saignements vaginaux ont été rapportés, dont deux cas dans un essai sur le ginseng rouge coréen. Le ginseng peut aussi abaisser un peu la glycémie et interférer avec certains anticoagulants.
Quelle dose de ginseng prendre, et combien de temps ?
Les essais ont utilisé de 200 à 3 000 mg par jour selon la préparation, pendant 2 à 16 semaines pour la ménopause. L'extrait HRG80 n'a pas été étudié à la ménopause ; nos gélules en apportent 200 mg par jour. Faire le point après 8 à 12 semaines, en notant ses symptômes, permet de juger de l'intérêt de la cure.
Le ginseng a-t-il un effet hormonal chez la femme ?
Pas d'effet mesuré sur l'estradiol, la FSH ou l'endomètre chez la femme ménopausée, selon plusieurs essais et la revue de 2022 ; la revue de 2016 relève seulement une différence sur la DHEA. En laboratoire, les résultats varient selon l'extrait, ce qui justifie la prudence en cas de cancer hormonodépendant.
Sources
Les études citées ci-dessous ont été identifiées via PubMed.
- Lee HW, Ang L, Lee MS. Le ginseng dans la prise en charge de la santé des femmes ménopausées : revue systématique des essais randomisés contrôlés contre placebo. Complementary Therapies in Clinical Practice, 2022;48:101615. DOI
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